Voy. Uressuv, Handbueh d. Vrhindenlt/irt, t. 1, p
4. Orig. Arcti. nal. K 23. n°5. Ce documentent omis dans Lcchmu, Louit VllrOroi. g. Deibouh el GiNCEL, Chtrle de ronfirm. des hiem de Cabb. de Ste-GlostMe par
Thierry I", 48' ^r. lit Uetz, )le(7, 1843, in-fol. avec fac-sim. chromolilh.
g 2] INITIALES ORNÉES. 505
sur la lettre initiale de Tacte, tracée en capitale, en onciale ou en écriture de fantaisie et accompagnée de quelques rinceaux. Tel est le C initial d'une charte d'Imbert, évèque de Paris, de 1045*. Au xii* siècle, quelques copistes de manuscrits, auxquels il arrivait d*écrire des chartes, y apportaient leurs habitudes de calligraphie et y plaçaient des initiales ornées et peintes. C'est le cas d'une charte de l'église de Laon de 1186*. Ces enjolivements sont un peu plus fréquents au siècle suivant, et il n'est pas très rare de rencontrer des chartes du xni^ siècle dont la lettre initiale est ornée d'une vignette. L'ornementation de la première lettre ou même de la première ligne des chartes devint bientôt presque une mode pour certaines catégories de documents. A côté de grandes initiales pleines, ajourées ou brodées, ornées de rinceaux, peintes et dorées, analogues à celles des manuscrits du même temps, on en trouve d'autres où les ornements à la plume, à peine rehaussés de touches légères de couleur, sont d'une fantaisie bizarre et charmante et d'une très grande variété ; ce sont des têtes grimaçantes, des animaux fantastiques, des monstres de toutes sortes, parfois des figures élégantes et gracieuses, ou de petites scènes de la vie réelle, qui prennent place dans les grandes lettres par lesquelles commencent les chartes. Les actes les plus sérieux, ceux même de la chancellerie royale, reçoivent parfois de la fantaisie et de l'imagination des calligraphes une décoration de ce genre. L'un des plus anciens exemples que Ton puisse citer est une charte du roi Philippe le Hardi de 1285, dont les lettres Ph. (abréviation de PliUippus) sont ornées de figures grotesques et surmontées d'un rat'. Mais ce sont surtout les actes des princes du xiv» siècle, amateurs de beaux livres, Philippe YI, Charles V, Charles VI, Louis de Bourbon, Jean de Berry, qui présentent en ce genre un véritable luxe de vignettes et d'ornements*. Toute une catégorie d'actes, les promesses de prières faites aux princes par les églises, en reconnaissance de fondations, ont reçu ainsi une ornementation calligraphique historiée, souvent d'une grande finesse et d'une grande élégance d'exécution . On peut citer à titre d'exemple des chartes de ce genre du chapitre de Rouen* (1366), de celui de Noyon* (1368), du chapitre général des Chartreux^ (1368), des Cordeliers de Paris* (1370), de l'abbaye de
1. Arch. nat., K 19, n» 2«. Fac-sim. Musée des arch. nat., n« 99.