L'Ecriture
Les dociimenls diplomatiques originaux ont toujours été écrits à longues lignes, sans alinéas ni interlignes, d'un seul côte du parchemin ou du papier. Celte règle générale ne comporte qu'un petit nombre d'exceptions.
Quelques rares documents d'une teneur particulièrement longue ont été disposés sur deux colonnes, comme par exemple un vidimus de 1275 de la charte des coutumes de Montferrand*.
Lés alinéas ou l'inégal espacement des lignes sont plus rares encore. Dans les chartes anciennes, les souscriptions et la date se détachent seules de la teneur ; elles y sont presque toujours réunies depuis le xu« siècle. Au xi« siècle cependant, époque où l'on méconnaissait volontiers toutes les règles, on rencontre quelques actes originaux divisés par des alinéas. Mais, en dehors de ces exceptions, si long que soit le document, si multipliées qu'en soient les dispositions, elles se suivent sans intervalle du commencement à la fin. La ponctuation, qui ne comporte guère que deux signes : le point pour la fin des phrases, et le point surmonté d'une virgule retournée (î) pour la ponctuation faible, y est fort irrégulièrement marquée; parfois seulement des lettres majuscules, auxquelles le scribe a donné plus d'importance qu'à d'autres, marquent le commencement des périodes ou de ce que nous pourrions appeler des paragraphes. Quelquefois aussi, dans certains documents, quelques noms propres, écrits en capitales, en onciales ou en lettres espacées, se détachent de l'écriture uniforme du texte.
Il est bon, en publiant les documents du moyen âge, de respecter ce caractère général de leur teneur et de n'y point multiplier les alinéas; mais il est à peine besoin de dire qu'il y faut nécessairement ajouter une ponctuation rationnelle, condition indispensable à l'intelligence des textes. Dans certaines catégories de documents toutefois, comme les chartes de franchises, de commune ou de coutumes, qui se composent d'une série de clauses bien distinctes et se divisent tout naturellement en articles, il sera utile non seulement de faire de chacun de ces articles un alinéa, mais encore de les numéroter, ce qui en facilite l'étude et la comparaison et permet de les citer commodément.
La règle de n'écrire la teneur d'un document original que d'un seul côté de la feuille, du côté de la chair lorsqu'il s'agissait de parchemin, parait avoir été absolue au moyen âge. Les prétendues chartes opistographes que l'on a signalées se sont trouvées, vérification faite, n'être