L'Invocation
Dès les premiers temps du christianisme lusage 8*était établi chez les chrétiens de faire précéder toute action d'une prière ou d'une invocation. Jean Chrysostome, commentant un texte où Tapôtre Paul recommandait de tout faire» en parole ou en acte, au nom du Christ, mentionne la coutume d'inscrire le nom du Seigneur au début des lettres; il ajoute que ce nom est d'un présage favorable, et que, si les noms des consuls ont la vertu de valider les décrets, combien davantage le nom du Christs C'est par un sentiment analogue qu'a dû se répandre dans toute la chrétienté l'usage de mettre une invocation comme formule initiale à tous les actes. Dès la fm du iv« siècle, une constitution impériale mentionnait l'invocation du nom de Dieu comme une formule de garantie des contrats*. En Occident comme en Orient, c'est en effet par une invocation que commencent un grand nombre d'actes. Tantôt elle consiste en une formule expresse : c'est Yinvocation verbale; et tantôt elle est représentée par un symbole, le plus souvent par le monogramme du nom du Christ formé des lettres X et P entrelacées, le Chrismon (%), parfois par une croix ou d'autres signes : c'est Yinvocation monogrammatique. Assez souvent ces deux invocations se trouvent réunies en tête du document, et dans ce cas l'invocation monogrammatique e^t toujours la première.
1. Homilia IXin epist. Pauli ad Colost, IIU dans Migne, Pair, gr., t. LXXII, col. 3ti4.