‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 309 sur 554 · Const. de 303. Cod. Theod. Il, IX, De pactis · texte numérisé non relu

Const. de 303. Cod. Theod. Il, IX, De pactis

rjH PROTOCOLE INITIAL. [Liï. it. Ch.k

l'invocation verbale est en général assez courte ; c'est une Tonnule telle que : In nomine Dei; — Innomine Domint noslriihetu CArûii, etc. U faut remai-quer l'emploi, ordinaire au moyen âge, de caractères grecs dans le nom du Christ, souvent écrit en abrégé XPS. Depuis qu'au viH" siiclo le dogme de la Trinité fut redevenu l'objet d'interminables discussions, l'invocation fut souvent une eepëcc de profession de foi à la Trinité, géuéralemeut sous cette forme : fn nomine sanctae et indtvidMae Trinitatù. Plus lard on a dit communément : In nomine Patri* et PilUet Spiritut «incli: c'est la forme habituelle dans les actes en franrjiis : El nom dou Père et dou Fil et dou Saint Eiperit. Au x' siècle quelques actes ont une invocation grecque en camclércs latins ; En onomatitou Tkeo», ou bien, tou Patroi kai (ou Viou kai ton Âgiou Pneumatoi '. Au xi' siècle on s'est appliqué à varier les formules d'invocation comme toutes les autres. Quelquefois, mais rarement, la formule a été développée par une phrase, comme par escmple : In illîui nomine Jhetu Chritti qui canm iutcepil de virginali utero incorruptam '.

L'invocation monogrammaliquc est, comme on l'a dit, repi'ésenlée le plus souvent par le Clirismon (%), mais, dans les actes des époques mérovingienne et carolingienne et jusqu'au cours du xi' siècle, le monogramme s'cât généralement déformé et altéré, au point qu'il est presque Impossible d'en distinguer les éléments dans les Iraila enchevêtrés et les paraphes dont il est formé. Dans les actes privés des i' et ii' siècles notamment, il est bien probable que les scribes avaient perdu toute notion sur l'origine el la signification du griffonnage qu'ils traçaient traditionnellement en télé des actes, et que beaucoup d'entre eux, avec le grammairien Papias du xr siècle, les pouvaient considérer comme des serpents entrelacés'.

Dans les paraphes compliqués qui constituent l'invocation monogrammatique, on discerne assez souvent, depuis la fin du ix« siècle, un grand C ; c'est l'initiale du nom du Christ qui tend à se substituer au X, et ne tarde pas, dans les actes des souverains de l'Allemagne, à devenir le motif principal du monogramme, puis à le remplacer complèlenienl-

Frcquemment, et jusqu'à la fin du x' siècle, l'invocation monogranimatique est accompagnée de quelques noies tironienucs, qui exprinicul elles-mêmes une fornmle pieuse, par exemple : Ànle omnia Xpt*tui', "" bien le nom du Christ, ou simplement le mot amen'.

1. tr. pljs baut, p. ii'J l'eiemplc d'une autre invocalion grecque-

a. 1245. Acle tlu juge de la cour de Gap. Fac-sim. lilhogr. de l'École àei Clwrt"' II" «t. ^

â. t Praeccpta sigiium certum non liobcnt in exordio sed quod Tacere '^'"""['V ( vel crueein, vel cbriamon.vel litteram quamlibet circumdatam EerpcDlibus, vellii^ « libet aliud. > {Vocalmlarium, Éd. de Milan, U70, in-ful. au mot Ph.mept» * '* "" de l'art. Formatât tpUtolae.)

4. G07, U mars. Jugement de Childebert [Il en faveur de l'abb. de Tuswntal. W le fac-sim- de cette invocation, dans Mtaie iet Arch. nul., a' 32.

B. Voy. Siciiti., Afin Karel., t. I, p. SUS.

êg 1, 2] INVOCATION; SUSCRIPTION. 533

Dès Tépoque mérovingienne, {^invocation est assez souvent représentée par une croix, qui, depuis le x" siècle, est plus ou moins ornée, pattée, cantonnée de points, etc. Quelquefois aussi, de chaque côté de la croix ou du monogramme, sont placées les deux lettres grecques A et Û.

Les éditeurs ont trop souvent négligé d'indiquer Texistence d'une invocation monogrammatique dans les documents qu ils publiaient ; c'est un élément de critique qu'on ne doit pas se dispenser de mentionner. Si elle consiste en une croix, rien n'est plus simple que de la reproduire par un signe typographique; si c'est un chrisme, à défaut de ce caractère qui ne se trouve pas dans toutes les imprimeries, il faut le désigner par l'abréviation (Chr.),

L'invocation n'est pas une formule essentielle. Très générale à la fin du X* siècle, on rencontre dès le xi« beaucoup d'actes qui en sont dépourvus. Elle est depuis le xii* siècle exceptionnelle dans les actes des rois de France et en disparaît totalement sous le règne de Philippe le Bel. Depuis le xiv« siècle on ne la trouve guère qu'en tôte de certains actes ecclésiastiques d'où elle tend aussi à disparaître, mais elle a persisté dans les actes des notaires apostoliques et dans les testaments, où la tradition s'en est conservée jusqu'à nos jours.

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