SUSCRIPTION ; ADRESSE
De ce fait que leà actes de toute nature étaient communément rédigés en forme de lettres, il résulta qu*ils furent toujours compris au moyen âge, comme on Ta vu plus haut *, dans le genre épistolaire.
Les actes peuvent être adressés à un ou à plusieurs destinataires : au concessionnaire par exemple, s'il s'agit d*un acte gracieux ; à Tacheteur, s*il s*agit d'une vente ; à un ou à plusieurs fonctionnaires chargés de Texécution, c'est le cas d un grand nombre de mandements. Lorsque l'acte était adressé à un personnage à raison de ses fonctions, l'usage s'était établi dans la chancellerie pontificale, depuis la fin du xn*' siècle, de remplacer son nom par deux points : venerabili in Xpisto fratri.,, archiepis^ copo Narbonemi ; exemple qui fut imité au moyen âge, particulièrement dans les chancelleries et les juridictions ecclésiastiques. Il va de soi que cette disposition doit être fidèlement reproduite dans les éditions.
Certains actes portaient une adresse à plusieurs catégories de personnes, par exemple dans la chancellerie mérovingienne : viris inlustribusy ou avec plus de développement : viris inlustribus, omnibus episcopiSfabbalibus, ducibus, comitibm^ centenariisy ceterisque agentibus no%tris, presehiibus srilicet et futuris. D'autres fois enfin, et c'est le cas le plus fréquent, l'acte était adressé à tous, à tous les fidèles, à tous ceux à la connaissance desquels pourrait parvenir le document : omnibus in perpetuum, — omnibus Xpisti fidelibus, — omnibus fidelibus nostris et Dei ecclesiae, — universis presenlem chartam inspecturis, etc.
Un assez grand nombre d'actes du x« siècle débutent par une adresse sous cette forme bizarre : Domino fratribus ' qu'on a généralement interprétée par : « à nos frères dans le Seigneur ». Mais dans d'autres chartes de la même époque le destinataire, quelle que soit du reste sa condition, est qualifié Domino magnifico, parfois Domino magnifico fratriR,^ vieille survivance romaine, transmise jusqu'à cette époque par les formulaires^ et d'où la formule précédente est probablement dérivée.
Dans les chancelleries bien Organisées, l'expression des adresses était aussi minutieusement fixée que celle de la suscription, et des règles déterminaient exactement quelles étaient les qualifications afférentes aux divers titres.
En général Tadresse était liée à la suscription. Il était d'usage qu'elle se plaçât après la suscription si l'auteur de la lettre était de condition supérieure ou égale à celle du destinataire ; elle précédait au contraire la suscription lorsque la prééminence appartenait à celui auquel la lettre était adressée ^