L'Adresse
Il fut pendant longtemps d'usage que tous les actes fussent rédigés sous forme épistolaire. Ils comportaient en conséquence une adresse, tantôt à une ou à plusieurs personnes, spécifiées par leurs noms ou leurs titres, tantôt à une ou à plusieurs catégories de personnes, et tantôt même à tous ceux qui auraient connaissance du document.
Cette règle, qui remontait à l'antiquité, ne comporte guère d'exceptions avant l'époque carolingienne. La chancellerie des rois mérovingiens en particulier l'observa toujours fidèlement*. Après le changement de dynastie seulement, la tradition commença à s'altérer^ et l'on put voir des diplômes royaux dépourvus d'adresse ; mais, comme le texte de ces mêmes diplômes n'en était pas moins copié servilement sur les anciens formulaires, il s'y conservait des verbes à la deuxième personne du pluriel, et notamment des formules de commandement. Cela provient certainement de ce fait que les protocoles auxquels ces formules devaient primitivement s'adapter comportaient une adresse à des fonctionnaires.
A l'exemple des actes royaux, dont l'adresse, depuis la fin du viu<» siècle, n'était plus une partie essentielle, beaucoup d'autres chartes en furent dépourvues et il s'établit plus tard une distinction entre les actes qui avaient une adresse et ceux qui n'en avaient pas : les uns furent en forme de leUres, patentes ou closes, et les* autres en forme de chartes- Tous les actes émanés de la chancellerie pontificale sont des lettres ; il en est de même d'un grand nombre de ceux des rois de France, de beaucoup de chartes ecclésiastiques et féodales, et même de contrats entre particuliers.
i. Liv. ni, chap. i.
2. Cela résulte des recherches de M. i. Havet sur la formule v. iiil.; voy. pi"* haut, p. 518.