Le Préambule
Le préambule est comme Texorde du discours diplomatique. L'auteur d*im manuel épistolaire du xiii" siècle le défmissait ainsi : « quedam pre- « fatio que ad captandam benevolentiam premittitur et facit ad omatum * » . Il consiste en efTet en considérations générales et souvent banales, sans lien bien direct avec Tobjet de Tacte, mais prises dans Tordre d'idées qui est censé en avoir inspiré Tauteur.
En tête des donations pieuses, on fait exprimer au donateur l'espérance de se ménager ainsi des récompenses dans une autre vie, le désir d'échanger des biens périssables contre des biens éternels, l'utilité d'employer des richesses mal acquises à se faire des amis, la nécessité d'expier ses péchés, la crainte de l'enfer, etc. Le prince qui concède un privilège à l'un de ses sujets exprime la convenance qu*il y a à faire
i. Conrad de Mure, Summa de arte proiandi, dans Kockinger, Briefstellery p. 4t)7.
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un accueil favorable aux demandes équitables, ou bien à récompenser la fldiïhté. A propos d'un contrat, on allèg;ue les lois et les coutumes dont la charte fait plus ou moins directement application. Souvent mémclidéi! exprimée est plus banale encore : c'est, par exemple, l'utilité de consigner par écrit ce que l'oubli ou la mécliancelé des hommes ne tarderait pas à rendre caduc, si l'on se bornait h des conventions verbales.
Comme la plupart des usages diplomatiques du moyen àgc, cclui-ti remonte â l'antiquité : en tôte des se na lus-consul tes, des édils, on exposait en un prohemium ou prologut les motifs généraux qui les avaient inspirésr Mais le moyen âge a singulièrement altéré la nature de ces considéralions et leur a donné un caractère particulier.
Le préambule n'a jamais été une partie essentielle des actes. Si, dés l'époque mérovingienne, parmi les acies royaux, les immunités, I« privilèges et en général les préceptes importants commencent par un préambule, au contraire, les jugements, les Iractoriae, certaines contirmlions, en sont dépourvus. 11 en a toujours été de même par la suite. U présence d'un préambule est toujours la marque d'une certaine solenail« dans la rédaction des actes.
On peut constater, en parcourant les plus anciens formulaii-cs, que tout d'abord chaque espèce d'actes avait eu ses préambules particuliers. Mais cela n'a pas tardé à disparaître, et, dès le ii' siècle au moins, I"» mêmes considérations ont servi pour les actes les plus divers.
Jusque vere le milieu du i' siècle, le préambule est resté générale^ ment assez court. Il ne compoile ordinairement qu'une seule phrase qui occupe tout au plus deux ou trois lignes du document original. En voicj «{uelques exemples ; le premier est emprunté A un diplôme de Dagofiert I":
* Quolienscumquc peticionebus rcdillum pcrsonarum in quo nostris ruerin< Ipalieracli, eas per singola lib[enler volum}us obaudire, et effectui in Df nominemancipari'. »
Le suivant se trouve au début d'un précepte de Chilpéric 11 :
H Se ali((Utd nd loca sanclorum de nostris munerebus pristamus vel conciu^' mus, hoc nobis ad mercidein vel slabilelate rigni nostri ia Dei nomene perlenire contidemiis". »
Le troisième enfin forme le commencement d'une donation de Charles le Chauve à l'un de ses fidèles :
Il Itegiac ccisiludinjs mos cttl fidèles regni sui donis mulliplicibus et Ii*)d<^ ribus ingfiitibus, lionorare atque suhliniarc'. »
1. Itatiricaliuii d'un parLage par D3);ol>crI 1", v. SSB. Orig., Arch. uat., K '• "' ''' TtKDir. Mon. hiit.. n'O
S. Doiialion ù l'abliaye de Sainl-Deiiis, 717, !8 févr. Orig. Ibid., K *, n* 3; !'*"'■ «OH. hiil.. n- M.
3. honalionàAdolgis, 880, Odéc. Orig. lbid.,K. 13. u" IMahbiï, J(o«. Ai<-'-"*"*'