‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 332 sur 554 · I. — IKI>RËCATIONS ET ANATJIEHES · texte numérisé non relu

I. — IKI>RËCATIONS ET ANATJIEHES

L'usage de menacer de peines spirituelles, à défaut d'autJ ceux qui contreviendraient à une volonté exprimée par un a( lorsque l'auteur avait agi dans une vue pieuse, paraît élre enti heure dans les habitudes des chrétiens, qui titiuvaient dans

1. Comme le contrat ne comporte aucune caution, ces deux renondalio lumcnt sans oLjet.

!. BLl^clBD, Doc. inid. tur le commerce de MaruiUt, I. 1, p. 76. 3. Fac-sim. lithngr- de l'École des Chiirlea, n* IBS,

^6, 7] CLAUSES RENONCIATIVES, COMMINATOIRES. 563

saints» el particulièrement dans les psaumes, un riche répertoire d'imprécations de tout genre.

On trouve des formules d*anathème gravées sur les marbres funéraires^ et exprimées dans de très anciens testaments', mais surtout dans les anciens actes ecclésiastiques, dans ceux des conciles, des papes et des évéques'. Du formulaire ecclésiastique, ces menaces passèrent par abus dans les chartes des laïques et jusque dans les plus petits contrats. Du viii« au xi« siècle, la plupart des actes sont accompagnés d'imprécations, de menaces, d'anathèmes et de malédiction. L'auteur de l'acte appelle sur lui-même, dans le cas où il reviendrait sur sa volonté, sur ses héritiers ou successeurs ou sur toute autre personne, s'ils l'attaquaient ou s'efforçaient d*en détruire l'effet S la colère céleste; il les menace d'anathème, d'excommunication, de malédiction; il leur souhaite le sort de Dathan et d'Abiron, la lèpre de Giezi, Tépilepsie (morbus regius)^ la jaunisse, la peste; il leur prédit qu'ils seront frappés sur la terre dans leur personne, dans celle de leur postérité et dans leurs biens. On emprunte au Deutéronome et au psaume 108 toutes les formules de malédiction et d'imprécation pour les accumuler à plaisir.

Ces menaces sont presque toujours accompagnées d'une courte clause de réserve : qnodabsit; — quod futurum eue non credimus; et souvent aussi on ajoute qu'elles n'auront effet que si celui contre qui elles sont dirigées persiste dans sa tentative : nisi cito resipueril ; — nisi sathfeceriL Quelquefois elles se terminent par les mots Amen ou Fiat, parfois réunis et plusieurs fois répétés.

En voici quelques exemples empruntés à des actes de diverses époques.

Le premier provient d'un testament, de 690 ou environ, distribuant à diverses églises des biens en Yexin et en Pincerais :

« Et si quis contra hanc delegationem ut sanctis basileces dilegavi, infrangere, tollere, minuare, aut [iniquam infestationeml praesumpserit inferri, p..

metu... teri ecclisiarum [efficiatur extraneus] et in perpetuo anathema per-

cruciatur, et maledictus cum Juda Scarioth in infernum inferiori, usque ad diem Domni nostri Jesu Xpisti, ignem cruciandus spectet et judicium, et insuper,. ..

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