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592 SIGNES DE VALIDATION. [^^iv. iv, Ch. nu
clauses finales du texte. Ces signes de validation, dont la nature a varié suivant les époques, les pays, Tespèce et la provenance des dociunents, ont consisté en souscriptions ou signatures, sceaux ou cachets, apposés par les auteurs, les parties contractantes, les personnes intervenantes, les témoins, ainsi que par les chanceliers, notaires ou rédacteurs des actes.
Ces dénominations : souscriptions» signatures, sceaux, cachets, pai* lesquelles nous désignons les signes de validation, n*ont pas toujours exactement correspondu aux choses auxquelles nous les appliquons aujourd'hui; il convient d*en préciser la signification aux différentes époques*.
i. Époque antérieure au IX* siècle.
Pendant les derniers temps de Tempire romain, les actes étaient validés par les souscriptions (»ubscriptio) % accompagnées généralement de signa^ des auteurs des actes, des parties contractantes ou des témoins. On entendait alors par souscription la consignation autographe des noms, titres et qualités de celui qui la traçait, à laquelle se joignait l'indication du rôle qu*il avait joué dans Tacte ; et par signum (quelquefois signaculum et très exceptionnellement sigillum), Tempreinte de son cachet ou anneau à signer*. L'usage de ces souscriptions s'est conservé à Tépoque barbare. Les papyrus de Ravenne nous font connaître la forme qu'elles affectaient dans les actes privés à la fin du v« et au vi» siècle. Mais, dès lors, les personnes incapables d'écrire elles-mêmes, à raison de leur ignorance ou de leur état de santé, se bornaient à tracer de leur main une croix et faisaient écrire leur souscription par l'un des témoins qui, dans la sienne, certifiait celle de la personne illettrée ou empêchée^. La croix, ainsi tracée, qui était un emblème fréquemment gravé sur les anneaux à signer, fut naturellement appelée signum crucis ou simplement iignum, et pour distinguer du seing de l'anneau ce nouveau signum^ on le nomma souvent signum manusy signum nuinuale et parfois aussi simplement manu».
♦ C.-G. BmnSt Die Unterschriftèn in den rômischen Hechtsurkunden (1876), dans Kleinere SchrifUiu t. H, p. 37-118. — M.-C. Guigne, De V origine de la signature et de ton emploi au moyen âge, Paris, 1865, in-^, 48 pi.
1 . Dans les testaments, où les témoins écrivaient ces mentions au dos de Tacle, on les désignait par le mot superscript io.
2. Voici par exemple la souscription de la donatrice à un acte de Tannée 252 : ff Isdem coss., eadem die, Slatia Irène... donationis monument! s(upra) s(cripti) sicut « supra scriptum est consensi, subscripsi et atsignavi. » (Bruxs, Fontes juris romani antiquU éd. 5 (1887), p. 253.)
3. Charte de Ravenne de 491 : c Chartulam Jovino, notarié mco, scribcndam dicta \i, « cuique, quia ignoro litleras, signum crucis feci ad quod Castorium V. C. carum c memn, ut pro me suscriberet conrogravi nobilesquc viros qui suas suscnptioues « dignanter adnecl;mt pari supplicatione poposco.... — Signum •}* Mariae suprafatae « donatricis. — Flavius Gastorius V. C. Imic donationi, rogante Maria saepefata, ipsa € praescnte, ad signum ejus pro ea suscripsi. » (Mabillox, De re dipl, suppL, p. 89.)
g i] SOUSCRIPTIONS ET SIGNATURES. 593
Celte pratique de tracer une croix en manière de signum, lorsqu'on était empêché ou incapable de souscrire, se perpétua pendant les premiers siècles du moyen âge. On en trouve des exemples nombreux dans les actes jusqu'à la fin du xi« siècle*. C'est, comme on le verra, la véritable origine de la signature telle que nous Tentendons aujourd'hui, et c*est ainsi qu'on a pu dire que la signature avait été inventée par ceux qui ne savaient pas écrire*. Mais l'habitude s'était bientôt établie de joindre ce signum, auquel s'attachait naturellement l'idée du symbole par excellence de la religion chrétienne (signum sanctae crucisy »alutiferae crucis), à toutes les souscriptions, qu'elles fussent ou non autographes. U finit par remplacer peu à peu l'empreinte de l'anneau à signer, dont l'usage semble s'être perdu, pour les simples particuliers du moins, au coui*s du vn« siècle. D'autres fois, au lieu ou à côté de la croix, qui dans ce cas devint seulement le signe d'une invocation, le seing manuel fut un monogramme, c'est-à-dire les lettres d'un mot combinées de manière à ne former qu'un seul caractère. Il parait légitime de voir ici encore, comme pour la croix, un emprunt aux anneaux à signer, sur le chaton desquels était souvent gravé un monogramme, seul ou accompagnant le nom du propriétaire de l'anneau, écrit en toutes lettres et disposé en légende circulaire.
Enfin, il arriva fréquemment aussi que le dernier mot de la souscription, ordinairement tubtcripsi^ devint lui-même le seing manuel. Dans ce cas, après l'initiale, ou la syllabe sub, la fin du mot se perdit en une suite de paraphes, d'entrelacs ou de traits plus ou moins compliqués, accompagnés parfois de notes tironiennes. Les signa de ce genre ont reçu des diplomatistes le nom de ruches, à cause de leur disposition en forme de cônes, disposition produite par la boucle supérieure de l'S longue, initiale du mot subscripsi. On trouvera ci-contre la reproduction de la ruche qui termine la souscription de Bercaire, évéque du Mans, à un$
1 . Voici quelques sousaiptions de ce genre : 564, Ravenne : < Signum Gratiani V. S. « subdiaconi litteras nescientem > (Charta plen. securUatis, Cuampollion, Charteê ei « manuscrite $ur papyrtis, fasc 2, pi. 10). — 662, Testament de Saint-Onier : « lu « Xpi nomine, quamvis peccator, ego Audomarus, nomine absque merito episcopus,
< banc epistolam voluntarius dictavi et recensere audivi, et qui subterius scribere debec rent rogavi. Ilaec abocellis feci et alius manum mcam tenens scripsit et subscripsit. • [Cartul. de St-Bertin, éd. Gcérabd, p. 26.) — 700 ou 715, Charte de WiUiraed, roi de iCent : a Ad cujus confirmationem pro ignorantia littcrarum H* signum sanctae crucis
< eipressi et testes idoneos ut subscriberent rogavi. » {Fac.-sim. of ancieni charters in the Brit. Mus., 1. 1, n* 4.) — Cf. une autre souscription analogue du même roi dans Du Caxge, Gtoss. lat.j au mot Cnux. — ix* s. : « f Signum Heribaldi comitis sacri palatii c qui ibi fui et proptcr ignorantiam litterarum sanctae crucis feci. » (MuiuroRi, Script.^ t. II, 2, coi. 046.) — V. 832, Lettre synodale : a Inchadus Parisiaccnsis ccclesiae cpi-
< scopus interfui et quia ob amissionem luminum scribere nequivi, manu propria signo « crucis subterfirmavi -j-. » (Orig. Arch. nat., K. 9, n» 7.) — Cf. une autre souscription analogue du même (Lasteyrie, Cartul. gén, de Paris, p. 51). — 1045, Charte d'Ariberl, archev. de Milan : « Signum + Ariberti qui propter aegriludinem scribere minime c potui. » (Mabillon, De re diplont,, p. 164.)