J. Tardif, Mon. hist., n
710 SOCVERAINS DE LA FRANOE. [Liv. v, Ch. ii
que la souscription du référendaire est à la troisième persoane {optolit) ; enlin la date elle-même est écrite au nom du roi.
Le cliilTre de l'année du règne étant le seul élément qui permette de ramener les actes royaux mérovingiens h une date de notre style, il importe d'être bien fixé, d'une part sur la signification de cette indication, et d'autre part sur la chronologie des rois de la première race.
Il semble désormais acquis que la chancellerie mérovingienne a compté les années de règne des souverains à partir de leur premier avènement, même dans les royaumes, ou plutôt dans les parties du royauine franc qui ne sont arrivées que plus tard sous leur domination '.
Quant à la chronologie des rois mérovingiens, elle est restée longtemps très confuse. Débrouillée par Mabillon et les auteurs de l'Arl de vérifier les dates, elle comporte cependant encore des incertitudes que des travaux récents ont contribué A èclaircir*. On en a tenu compte pour dresser le tableau généalogique et chronologique ci-contre.
Les caractères indiqués plus haut sont communs k tous les diplômes des rois de la première race; i) en est d'autres qui en différencient les diverses espèces.
Les archives nous ont conservé deux sortes d'actes royaux, les uns de juridiction gracieuse, les autres de juridiction contentieuse. Les premiers sont des dons, des faveurs, concédés par les rois; ils sont généralement désignés, dans la teneur même de ces documents, par l'un des mois praeceptum, praeceplio, ou auclorilas; on tes appellera des pre'ceplet. Les autres sont des jugement», et on ne les trouve pas nommés dans les textes contemporains autrement que judicium; beaucoup d'érudits cependant ont employé pour les désigner le terme placilum, qui désignait le tribunal, le plaid, et dont on a même fait le mot français placite.
Les préceptbs. — Examinons d'abord les préceptes. Il en est de plusieurs sortes, comportant des degrés divers de solennité. Dans les plus solennels, le texte débute par un préambule et se termine par l'annonce de la souscription royale. Les signes de validation sont : la souscription du roi, celle du référendaire, le sceau, et dans quelques cas exceptionnels d'autres souscriptions.
Les actes rédigés sous cette forme solennelle sont (j'emprunte ces dénominations aux documents contemporains et spécialement aux formulaires) : les donalionei ou cemone», les immtmitates, les con/irmalionet, les praeeepla de chartii perdilis et les ratificalionet.
• Br. Krnich, Zur Chronologie der Herowîngitcheti Kônigc, dans Forêchuagrii swi deuuehen Gachichle. t. XXII (1882). p. 449: Chronologiêchei au, Hai>d,rhriflt,i. dans .Venm Arelili; t. \ (1885), p. 81.— J. HsTet. La date dun mi. dr Lurtuil (1885}; Leiekarlei de Sainl-Calaù (ISST), t. plus liant, p. 707.
1. C'est l'opinion do J. Tardir. de Sliinipr, de J. Ilavel, h l'encontrc de celte dcf anciens diplonuitistcs et notamment de Habillon ; voy. J. IIavet, La date d'un nu. de l,«zcuit, p. 4 du tirage â pari.