‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 433 sur 554 · Ann, Lauriss. à Tannée · texte numérisé non relu

Ann, Lauriss. à Tannée

720 SOUVERAINS DE LA FliANCE. [Liv. v, Gh. u

jours écrit par un K le nom de Karolus ; on n*a signalé à celte règle qu une seule exception.

Dans le protocole final la souscription impériale est ainsi libellée : Signum (monogr.) domni Kaivli piis$imi ac serenmimi (on gloriosistimi)^ imperatoris. Nais il faut noter que, pendant toute cette période. Tintervention personnelle de Charlemagne dans les diplômes expédiés en son nom est d*une extrême rareté; la plupart n*ont pour signes de validation que la souscription de chancellerie et le sceau.

Le sceau de Charlemagne était, depuis son avènement au trône en 768, l'empreinte d'une intaille antique représentant un buste d'empereur (on n'est pas d'accord sur son identification. Commode, Harc-Aurèie ou Antonin le Pieux) ; mais, à la différence de ceux de Pépin et de Carloman, ce sceau était entouré de la légende suivante gravée sur une bordure de métal : + XPE PROTEGE CAROLUM REGE FRANCR». H semble que ce sceau ait continué à être en usage après son avènement à rempire'; et cependant il ne parait pas douteux que, dès 807 au moins, il ait existé un sceau impérial, analogue au précédent, sauf pour la légende où les mots REGE FRANCR avaient été remplacés par IMPERATOREM».

Un autre sceau plus connu est l'empreinte d'une intaille antique sans légende, représentant le buste de Jupiter Serapis, barbu et avec le modius sur la tête*. Les deux seuls exemplaires connus étant plaqués sur des jugements, l'un de 775, l'autre de 812, M. de Sickel en a conclu avec vraisemblance qu'il fallait y voir un sceau de justice.

Enfin, il est attesté par des témoignages dignes de foi que certains diplômes de Charlemagne ont été scellés de bulles et notamment de buUes d'or; ce sont ceux dans les formules finales desquels le mot bulla a été substitué au terme ordinaire anulus, 11 ne s'est conservé aucune bulle de Charlemagne, ce qui a donné lieu de contester leur existence.

La date du diplôme impérial s'est développée parallèlement à la suscription. En voici un exemple empruntée un diplôme du i 7 juillet 808*,

(( Data XVI. kalendas augustas, anno Vlll. Christo propitio imperii nostri, et

1. DocËT d*Arcq, Coll. de sceaux, n» 15. — Voy. une bonne i*eprod. dans IIeïttikb, Die deutichen Kaiser und Kônigs-Siegel, pi. I, n» 1.

2. C'est du moins ce que prétend M. de Sickel en alléguant le sceau ti^ès endotniuagé d'un diplôme de 815 des arch. d'État de Berlin [Acta... Karolinorum, t. I, p. 351, n" 10), où d'autres avaient vu le titre impérial. Il est impossible de faire une vérification utile d*aprés la reproduction imparfaite qui se trouve avec le fac-similé du diplôme dans les Kaiserurkunden in Ahbildungeny livr. I, pi. V.

3. C'est ce que l'on voit clairement sur une bonne empreinte en papier, nécessairement fidèle, donnée par Kopp, Schriftiafelny 24 D, d'après un diplôme du 7 août S07 pour Wurzbourg, aux arch. roy. de Munich. Pourtant M. de Sickel [loc. cit.) le signale comme revêtu d'un sceau royal.

4. DoufiT d'Arcq, Coll. de sceaux j n* 16. — Les reproductions abondent. Je signalerai celle qui se trouve dans Bordibr et CHXKto^t .Histoire de France , t. I, p. 190.

5. Diplôme en faveur du Lombard Manfred. Orig. aux arch. d'État de Modène. Bdnsi- HûHLBACHER, RegestOf n* 429.

2] CHARLEMAGNE, 72i

XL. anno rcgiii nostri in Francia cl XXXYIII, initalia, indictione prima. Âctum Aquisgrani palacio nostro. In Dei nomine féliciter. Amen. »

Les anciennes indications des années de règne en France et en Italie^ sont, comme on voit, précédées d'une indication nouvelle, Tannée de l'empire, comptée naturellement à dater du 25 décembre 800. Un autre élément chronologique, Tindiction, dont Temploi sera désormais constant dans les diplômes carolingiens, s'est aussi introduit à cette époque; il parait vraisemblable qu'on s'est servi sous Charlemagne do Tindiction du i" septembre. Ajoutons enfin que le style de la date des diplômes impériaux de Charlemagne est dxé sous la forme indiquée ci>dessus et que l'apprécation y est une formule constante.

L'ancienne formule franque, Dalum quod ficUj tend de plus en plus à tomber en désuétude; on la trouve pour la dernière fois à ma connaissance dans un jugement du 8 mars 812 '.

On a vu les caractères du diplôme carolingien se fixer peu à peu, de Pépin le Bref à Charlemagne, par une série de modifications du protocole. Mais, si l'on étudie le texte même des actes, on constate que les changements y sont plus lents à se produire et qu'à la mort de Charlemagne les différences sont beaucoup moins accusées. Ce sont toujours des actes de même nature qu'expédie la chancellerie, et ces actes ont toujours pour modèles les diplômes antérieui^ ou les anciens formulaires. A la longue seulement, quelques expressions, puis des formules nouvelles, viennent témoigner des changements qui s'accomplissent dans les institutions. La langue a pris, il est vrai, un caractère moins barbare, et l'écriture plus de netteté que dans les diplômes mérovingiens ; toutefois, ce n'est guère que dans les dernières années du règne de Charlemagne que s'y manifeste l'influence de la renaissance carolingienne.

Il y a notamment une catégorie de diplômes royaux dont la forme et l'aspect sont demeurés longtemps particulièrement archaïques, ce sont les jugements. Ces documents deviennent proportionnellement plus rares, ce qui est une conséquence de la décentralisation de la justice sous les Carolingiens, mais ils demeurent tout à fait semblables, pour le style, pour la langue et même en partie pour l'écriture, à ceux de l'époque mérovingienne. Il est tel jugement de Charlemagne, daté des derniers temps de l'empire, qui, dépouillé de son protocole et des noms propres, pourrait être facilement attribué à la première moitié du vui*" siècle^. Ils étaient alors expédiés par la chancellerie particulière du comte du palais.

1. Il y a lieu de remarquer que le chiffre qui exprime l'année de régne en Italie, très lisible 9ur l'original, est dans la date de ce diplôme trop élevé de trois unités ; les trois autres éléments chonologiques correspondent au 17 juillet 808, et l'on était aloi^ dans la 55* année du règne en Italie. Yoy. Th. Sickel, Acta Karolinorum, t. I, p. 255.

2. Jugement en faveur de Salacus, Orig. Arcb. nat., K 7, n** 18. Fac-sim. lilh. de l'École des Chartes, n* 88, et Paleogr. socieiy, 1" série, n" 237.

5. Yoy. par exemple le jugement du 8 mars 812 en faveur de Salacus, cité dans la note précédente. Tardif, Mon, hUt., n" 100.

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qui deraeuraîl évidemineiit plus attachée que la chancellerie impériale aux formules anciennes.

Le formulaire du dipidme carolingien acheva de se fixer sous le règne de Louis le Pieux'. Celui-ci avait élé roi d'Aquitaine du vivant de sou père; quelques diplômes de lui, datant de cette époque, nous sont panenus. en petit nombre toutefois, car l'aulorité continuait à être exercée par Charlemagne, même dans les Étots qu'il avait attribués à son fils. Dans ces actes, Louis s'intitule : llludowiciu gratta Dei Jtx Ai/uilattorum. Dans les dates se trouvent l'année du régne de Charlemagne, l'année du règne de Louis et l'indiction. On ne peut préciser exactement,, d'après les documents, le point de dépari du compte des années de Louis: c'était une date indéterminée entre le 7 avril et le mois de mai 781, mais probablement le 15 avril, date de son couronnement à Rome, par Adrien I".

En septembre 819, il fut associé à l'empire en présence de sou père à Aix-la-Chapelle, mais on n'a pas de diplômes de lui, comme empereur, antérieurement à la mort de Charlemagne. Depuis lors, le protocole en fut ainsi réglé : l'acte débute généralement par l'invocation monogrammalique accompagnée de l'invocation verbale à la suite de laquelle est la suscription en ces termes ;

« ^ In nomine Domini Dei ct.Salvaloris nosiri Jhesu Xpisli. Hludowicus diviiia ordinanle providentia imperalor augustus. »

La souscription royale, quand elle existe, est ainsi conçue:

* Signum {monogr.) Uludowici (parfait domni Hludowici) serenissimi augusli Ifiu iinperatoris augusli). i)

Le monogramme comprend, comme sous le régne précédent, les lettres du nom royal; mais, au lieu d'être disposé en croix, il est bâti sur un H, initiale du nom Ulvdowicut (lig. 40). Ce sera désormais le monogramme de tous les monarques du nom de Louis.

La souscription de chancellerie est ordinairement apposée par un notaire, à la première personne, sous cette forme : JV, notarius (ou diaconus), ad vicem N. recognovi et tubscripii; dans la ruche sont presque toujours des notes tironiennes dont le déchiffrement est important pour la critique; elles indiquent le nom du diclator, du scribe, de celui qui a scellé, de l'amba$ciaior, etc. La date, qui n'est plus désormais au nom du roi, est ainsi conçue :

(j Data kl. maias, anno Xpo propitio VI. imperii domni Hludowici serenissimi augusli. indictione XII. Actuni Aquisgrani palalio regio. In Dei nomine féliciter. Amen', o

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