ïoy. plus tiaut, p. 485, n" ti
3. Date d'un diplâme du 1" mai 8111 pour Saint-Denis. Fac-sim. liiliogr. de l'Éc. dc> Clwrtes, L" a» Bîiweb-JIOhl
g 2] LOUIS LE PIEUX ET LOTHAÏRE. 723
Les années de Tempire ont été comptées, non pas à dater du jour du couronnement de Louis, en 819, mais à partir du jour ou du lendemain du jour de la mort de Gharlemagne, du 28 ou du 29 janvier 814.
Il est intéressant de noter comment les vicissitudes du règne lamentable de Louis le Pieux se sont manifestées dans le protocole des diplômes.
Dans le courant de Tannée 825 on voit figurer dans la suscription des actes impériaux, à côté du nom de Louis, celui de son fils Lothaire, associé à lempire depuis rassemblée d'Aix-la-Chapelle en juillet 8i7: Hludowicus et Hlotharius divina ordinanle providentia imperatores augusti, La souscription, lorsqu'elle existe, annoncée par les mots manibtupropriis (ou nostris) firmare^ est double : celle de Louis, comme précédemment, et celle de Lothaire en ces termes : Signum (monogr.) Hlotharii gloinosissimi Augusti. Dans la date, dont la formule n'est pas, du reste, fixée dans tous ses détails, s'ajoute de môme l'année du régne de Lothaire. En voici un exemple :
(( Data llll. idus novembris, anno Xpo propitio imperii domni Hludowici ^erenissimi augusti XUII"''., domni vero Hlotharii VL, indictione Vh. Âctum Garisiaco palatio régie. In Dei nomine félicitera <>
Le nom de Lothaire disparaît quelque temps des diplômes après l'assemblée de Worms, en 829, qui avait modifié les anciens partages au profit du dernier fils de l'empereur. Il y figure de nouveau pendant quelque temps en 830, et en disparait encore à la fin de la même année. Du mois de juin 833 au mois de mai 834 il n'existe plus un seul diplôme de Louis le Pieux, On sait les événements de celte année : l'empereur, abandonné par ses fidèles, au Rothfeld, en présence de ses fils révoltés, forcé d'abdiquer, prisonnier de Lothaire, puis soudainement rétabli sur le trône.
Depuis lors, la formule de suscription est ainsi modifiée : Hludowicus divina repropitiante ciementia imperator augustus. Dans la souscription et dans la date, l'épithète piissimus remplace généralement celles de serenissimus et de gloriosisiimus qu'on employait auparavant. Lothaire ne figure plus désormais dans le protocole des diplômes.
Il ne serait pas possible, sans donner à cet ouvrage des dimensions exagérées, de suivre ainsi de règne en règne les modifications qui se produisaient dans le style des protocoles. Aussi bien, à la mort de Louis le Pieux, le diplôme carolingien est désormais constitué, et la chancellerie demeura fidèle à ses usages jusqu'au début du x« siècle. A celle époque se manifestent les premiers symptômes d'altération et de décadence, qui ne cessent de s'accentuer jusqu'à la chute de la dynastie. 11 est donc possible de tenter une description générale du diplôme royal carolingien, quitte à prévenir qu'elle ne saurait embrasser toutes les exceptions, à indiquer les principales modifications et surtout à renvoyer pour les détails aux travaux spéciaux.
1. Dalc d'un diplôme du 10 iiov. 827 pour Saint-Denis. Orig. arch. nat., K 9, n* 4, Bôiuibr-MChlbachbr, Regesta, n* 818.
72i SOUVERALNS DE LA FRANCE. [Liv,v. Cii. ii
H ne sera pas inutile d'exposer brièvement tout d'abord comment et par qui les diplômes étaient expédiés.
La chancellerie était, à l'époque carolingienne, l'un des principaux services du palais*; son personnel, exclusivement ecclésiastique, était à ce titre subordonné à l'archichapelain. A la tête de la chancellerie était le chancelier, qui prit, au x* siècle, le titre d'archichancelier {archicancellarim, summus cancellarim) , haut personnage ecclésiastique, appartenant souvent à la famille royale, el cumulant ordinairement les deux fonctions de chancelier et d'archichapelain. Il dirigeait l'expédition des actes royaux, capitulaires et diplômes, et avait la garde des archives royales ; sa souscription était indispensable à la validation des actes royaux, mais le plus souvent elle était apposée par délégation du chancelier (ad vicem). Les véritables rédacteurs des diplômes étaient les notaires, presque toujours diacres ou sous-diacres, qui composaient le personnel de la chancellerie; ils étaient eux-mêmes des personnages assez importants, car plusieurs furent élevés aux fonctions de chancelier ; c'étaient eux qui, sur l'ordre du roi ou de tel fonctionnaire qualifié] composaient les diplômes d'après les requêtes adressées par ceux qui les sollicitaient, les faisaient expédier par les scribes, veillaient à l'accomplissement de toutes les formaUtés et souscrivaient par délégation du chancelier*. C'était donc aux notaires qu'appartenait le soin de maintenir les traditions. Les diplômes du ix« siècle témoignent en général de leur capacité, de leur vigilance et de leur soin. Pendant la seconde moitié de ce siècle, toutefois, on trouve assez souvent leur chronologie en défaut ; ils calculent mal ou laissent mal calculer non seulement les indictions, mais parfois aussi les années de règne. Au x« siècle, Tincurie, la négligence, le désordre et l'ignorance s'introduisent peu à peu à la chancellerie royale, à ce point qu'on est amené à penser que les notaires ont fini par laisser les établissements ecclésiastiques qui obtenaient des concessions royales en rédiger et même en dater les diplômes à leur gré, et que le rôle de la chancellerie a dû se borner souvent à apposer sur des actes rédigés en dehors d'elle les signes de validation d'usage.
Les listes du personnel de la chancellerie, dont mention est faite dans les souscriptions, sont de la plus grande utilité pour la critique des diplômes. On en a dressé d'excellentes pour les premiers Carolingiens ainsi que pour les empereurs, pour les souverains de la Germanie, de Tltalie et de la Lorraine*. Celles que nous possédons pour les Carolingiens fran-
♦ H. Bresslau, Handbuch der Urkundenfehre, t. I, cap. vu, Die Kamleibeamten der italienUchen, frânkischen und dcutschen Kônige und Kaiser. — Th. Sickel, Bei- Iràge sur Diplomatik, VII (v. plus liant, p. 714). — Voy. aussi la plupart des ouvra «^s cités p. 714. — Hincmar, De ordine palalii, éd. M. Prou (1880), 58- fasc. de'^la Bibl. de l'École des Hautes Études.
i. Voy. dans Ratpeht {Decasibus S. Galli, c. 8) des indications curieuses el pt^cises sur l'expédition d'un diplôme du roi Louis III.
2. Voy. notamment celles de M. Mûhibacher, dans Dôiiiier-MOhlbachbr, Regesta, t. I, Yorbemerkungeiiy p. xciv-ci, et celles de Bresslau, chap, cit.
g 2] LES CAROLINGIENS. 725
çais (rois de France, d'Aquitaine et de Bourgogne) sont encore fort incomplètes et n*ont pas été établies avec une critique suffisante*.
Essayons maintenant de déterminer les caractères du diplôme royal carolingien depuis 840.
L'acte est un document en parchemin, généralement assez grand, écrit, sauf les souscriptions et la date, en une seule teneur, le plus souvent dans le sens de la plus grande dimension, et, par conséquent, plus large que haut. L'écriture est une minuscule diplomatique régulière, et celle de la première ligne entière ainsi que des souscriptions, une Caroline allongée. Le diplôme débute par une invocation monogrammatique suivie d'une invocation verbale dont la formule la plus fréquente est : In nomine sanctae et individuae Trinitatis ; cette formule comporte, du reste, des variantes et des développements. Vient ensuite la suscription, qui consiste dans le nom du monarque, suivi de son tilre accompagné de la formule ou d'une variante de la formule Dei gralia. Il est à observer que, depuis la mort de Louis le Pieux, tous les souverains des royaumes démembrés de l'empire de Charlemagne n'ajoutent jamais à leur tilre la spécification du pays ou du peuple sur lequel ils régnent. Charles le Chauve s'intitule : Karolus gralia Dei rev ; Lothaire I*"", Hlotharius divina ordinanle provU dentia imperator angustus; Louis le Germanique, Illudowicus divina favente gralia rex ; Pépin II, roi d'Aquitaine, Pippinus divina ordinante providenlia rex ; Charles, roi de Provence, Karolus divina ordinanle providenlia rex ; Zwentibold, roi de Lorraine, Zwenlebulcus divina procurante providenlia rex ; le roi Eiides, Odo clementia Dei rex^ etc. Au \^ siècle seulement, Charles le Simple, après l'acquisition de la Lorraine (9ii), revint à l'ancienne formule rex Francorum, que reprirent parfois aussi ses successeurs ; mais elle demeura exceptionnelle jusqulà la fm de la dynastie. L'adresse, assez fréquente dans les diplômes de liOuis le Pieux, est devenue de plus en plus rare, du moins à la suite de la suscription. Lorsqu'elle existe, elle prend ordinairement place après le préambule dans la formule de notification.
Le texte commence généralement par un préambule ; toutefois, certains actes d'une solennité moindre en sont dépourvus. L'exposé, toujours relié par une conjonction au préambule, s'il y a un préambule, contient généralement la mention et l'abrégé de la requête adressée au roi, soit directement, soit par un intermédiaire ; la décision royale est exprimée ensuite par le dispositif, généralement assez court. Les diplômes de cette époque n'ont cessé de reproduire les modèles antérieurs, et cependant le style s'en altéra peu à peu depuis le commencement du x® siècle. Les changements survenus dans les institutions, la formation du régime féodal, y introduisirent des expressions et des dispositions nouvelles; le
1. Voy. Du Casgb, Gloss. lai. au mot Caxcellarios ; Nat. de Wailly, ÉlémenU de paléogr., \. I, p. 220 et suiv. — Le Catalogue d'actes préparé par l'auteur du présent ouvrage et annoncé ci-dessus (p. 714) sera naturellement accompagné d'une liste du personnel des cbancelleries aussi complète que possible.
TÎG SOUVERAINS DE LA KHANCE. [Liï.t, Cm. u
goiH du temps s'y manifesta par des développemenls liors de propos; souvent, enlin. dispositif et exposé furent confondus et mâlésl'un à l'autre. Les clauses liiia)es n'ont pendant longtemps consisté qu'en une formule de con-oboralion suivie de l'annonce des signes de validation, l'an eit>mple :
<i Kt uthocnosIraeauctorilnlispraeceptummajoremiiiDeinoiniiicperventuni lempora obitneat vigorcm, mnnu propria subler eum (Innavimus el anuli nosiri inpressione assignari Jussimus. »
Celte formule a conipoilê de 1res nombreuses variantes, niais il faut noter que la souscription royale y est toujours exprimée par mnnut propria, et le sceau par atwlu». Ce dernier terme est toutefois remplacé par buUa, lorsque le diplôme a reçu une bulle au lieu d'un sceau.
A l'époque où le style a subi dus altérations, les formules Unales comportent parfois des clauses pénales. On rencontre les plus anciennes dans les diplémes du roi Kudcs ; mais elles sont toqjours demeurées exceptionnelles dans les diplômes royaux*.
La souscription du souverain, assez rare, comme on l'a vu, â la Hn du règne de Charlemagne et sous Louis le Pieux, redevient plus fréquente depuis Charles le Chauve. Elle consiste toujours en un monogramme intercalé dans une formule écrite par un clerc de la chancellerie.
Les monai'ques du nom de Charles et de Carloman (Karotui, Karolomannui, noms toujours écrits par un K i!i cette époque) ont eu leur monogramme bâti sur une croix et analogue h celui de Charlemagne'. ceux du nom de Louis et de Lothaire* ont eu pour base de leur monogramme une II, alors même que, l'habitude d'écrire Ltidowicus etiotharim ayant prévalu, cette lettre eut cessé d'être l'initiale de leur nom '. Le roi Eudes, dont le nom en latin n'avait pas le nombre de lettres nécessaires pour garnir chacune des branches d'une croix, y ajouta son titre rec et arriva ainsi à la combinaison ci-contre (lig. 41).
t^omme précédemment, l'intervention personnelle du roi se manifeste dans les signa de ce genre en traçant dans le losange central qui constitue la lettre 0, la barre brisée qui fait un A de l'angle supérieur. Dans le monogramme du roi Eudes, cette barre n'a aucune raison Fig. il" d'être, puisque les mots Oilo rex ne contiennent
pas d'A; elle n'en existe pas moins, parce que, perdant son caractère primitif, elle était devenue en quelque sorte le paraphe du souverain. Dans certains monogrammes, celte barre brisée n'adhère plus aux deux traits de l'angle supérieur du losange et a la
plus haut. p. 717.
re R Tait usage d'un monogramme en Tornie de
ir langres du 50 aoill 0G7, Mut. dei arrh. dép.,
m d'un monogramme de l'empereur LoUiairc 1"
forme d un Y suivi d*un point : Y., placé au milieu de ce losange. L'examen des originaux permet souvent de constater que ce signe est d'une autre encre et visiblement d'une autre main que le reste de la figure.
La formule qui encadrait le monogramme était la suivante : Signum (monogr.) JV. gloriosUsimi régis (ou impei^atoris augusti). Au x® siècle, la disposition en a parfois varié, et la formule même a comporté quelques variantes. Dans les diplômes de Charles le Simple, c*est Signum Karoli (monogr.) re^û gloriosissimi; dans un diplôme de Lothaire, c'est Signum Lotharii sereniuimi régis aique sanctissimi, et le monogramme est rejeté à la suite de la formule de récognition ^
La souscription de chancellerie est le plus souvent ainsi conçue : (A', notarius (diaconus) ad vicem N. recognovi et s [ubsci^ipsi]. Les verbes recognovi et subscripsi sont généralement à la première personne, mais il n*est pas rare, même à la bonne époque, de les voir à la 3* personne. Depuis la fin du ix« siècle, cette formule a comporté quelques variantes : tel notaire, par exemple, a préféré subscripsi h recognovi. Au x« siècle, les modifications sont plus profondes : le notaire s'intitule souvent regiae digni-tatis notarius, et même il prend parfois le titre de chancelier; le chef de la chancellerie, devenu Tarchichancelier, et qui jusqu'alors n'avait été jamais désigné que par son nom, y reçoit ses titres. Par exemple Gezo notarius ad vicem domni Odelrici archiepiscopi summique cancellarii recognovit et subscripsit^.
Les ruches, d'abord habilement tracées à la suite de la formule de récognition pour compléter le mot subscripsi, commencent à s'altérer d>s la fin du m® siècle et deviennent au x« des parafes informes, grossièren ent et maladroitement tracés. Souvent à cette époque elles ne suivent jlus la souscription et parfois même elles manquent totalement.
Les notes tironiennes, fréquentes dans les diplômes de Louis le Pieux, particulièrement dans la ruche, subsistent encore pendant tout le règne de Charles le Chauve, mais il devient plus rare sous ce règne qu'elles présentent un véritable intérêt; le plus souvent elles reproduisent la souscription avec quelques variantes. Vers la fin du règne et sous les suivants il n'est pas très rare de trouver écrites en clair des mentions telles que iV. ambaxciavitf qui auparavant eussent été écrites en notes. Après le règne de Charles le Chauve, les notes tironiennes deviennent de plus en plus rares et au x« siècle la tradition se perd tout à fait : elles sont remplacées dans les ruches par des signes plus ou moins bizarres qui les imitent tant bien que mal*.
Nous avons parlé déjà avec assez de détails des sceaux et des bulles des monarques carolingiens pour qu'il soit inutile d'y revenir ici'.
1. Diplôme du 30 août 967 pour l'év^ique de Langres, Fac-sim. Mus. de» arch. dép. pi. XII, n» 15.
2. Diplôme de Lothaire du 5 mai 967 pour St-Picrre de Gand, Orig. aux arch. royales de Belgique, F. Lot, Les dentiers Carolingiens y pièces justif., 3.
3. Voy. plus haut, p. 522. — 3. Ci-dessus, liv. IV, ch. ix, .^ 2 et spécialement pp. 632 et 63i.
728 SOUVERALNS DE LA FRANCE. [Liv. v. Cit. n
La date est toujours divisée en deux parties : la première, annoncée par le mot Datum (substitué à Data sous le règne de Charles le Chauve), avec le temps; la seconde, annoncée pur Actum avec le lieu. Au x* siècle cependant le style de la date s*est altéré, et il n'est pas rare de la \oir autrement disposée. L*actc se termine par une formule d^apprécation : In Dei nomine féliciter. Amen, qui comporte quelques variantes et peut aussi faire complètement défaut.
La date de temps comprend le quantième et le mois d'après le calendrier romain, l'indiction et Tannée du règne. L'année de rincamation apparaît dans les diplômes de l'empereur Charles le Gros; on la retrouve ensuite en France dans des diplômes du roi Eudes et de Charles le Simple, mais non pas constamment; jusqu'à la fin de la dynastie elle est restée un élément accidentel de la date.
Toutes ces supputations chronologiques sont souvent en discordance, et il est certain que depuis le x« siècle surtout elles ont été souvent mal calculées.
On a beaucoup discuté sur le mode de compter l'indiction à l'époque carolingienne. L'examen des diplômes des quatre derniers mois de Tannée montre que, sous un même régne, il y a des variations nombreuses; qu*on a employé souvent l'indiction du i*' septembre, parfois rindiclion de Bède (24 sept.), mais que fréquemment aussi on a fait concorder Tindiction avec l'année de l'incarnation ou môme avec l'année du règne. Souvent enfin on trouve dans les diplômes des indictions fausses: ces erreurs, assez fréquentes déjà dans les actes de Charles le Chauve, se multiplient sous les règnes suivants.
Les années de l'incarnation, qu'on rencontre dans les dates depuis le règne de l'empereur Charles le Gros, ont pour point de départ le 25 décembre; mais souvent aussi cette indication ne concorde pas avec les années du règne qui sont l'élément chronologique le plus sûr des documents carolingiens.
Pour arriver à dater avec exactitude les diplômes émanés de la chancellerie royale, il faut soumettre à une étude attentive les formules des dates des documents et les éléments qui les composent sous chaque règne. Nous donnons ici les formules le plus ordinairement employées pour dater de l'an du règne dans les diplômes des souverains de la France ' en y ajoutant, pour autant qu'il a été possible de le détenniner, l'indication du calcul qui a été suivi dans le compte des années du règne*.
Charles II le Chauve (840-877). — I. Antw.,. Xpo propilio regni domni Karoli gloriosissimi régis (ou régnante Karolo gloriosissimo rege). Les années du règne sont comptées à partir du 21 juin 840, lendemain de la mort de Louis le Pieux.
i. Yoy. dansBôHMER-Mt'iiLBACiiER, Hegeêta, 1. 1, pp. lxxix et suiv., des indications analogues pour les souverains de rAIletnagne et de la Lorraine.
2. Je crois utile de prévenir que les indications données ici ont un caractère provisoire ; elles seront précisées, justifiées, et s'il y a lieu rectifiées par l'étude des diplômes royaux de cette période que je m'occupe à rassembler.
II. Après la mort de son neveu, LothaireII(8 août 869), Charles se fait couronner à Metz comme roi de Lorraine, et la formule de date de ses diplômes est ainsi déveIopp(^ : anno,,. régnante Karoîo glorioso rege el in successione Hlotharii,..; celle dernière date est calculée à dater du 9 septembre 869, jour du couronnement de Charles le Chauve à Metz.
m. Couronné empereur à Rome le 25 décembre 875, la date des diplômes est ainsi moditiée : anno,,. regni domni Karoli imperaiorU in Francia et in succestione Hlotarii régis,,, et imperii,,,, U est à peine besoin d'ajouter que le terme à partir duquel celte dernière date est calculée est le 25 décembre 875.
Louis H le Hègue (877-879). — Ânno,,. regni domni Hludowici gloriosissimi régis. Les années paraissent calculées à partir de la mort de Charles le Chauve, 6 octobre 877.
Louis IH (879-882). — Même formule que le précédent. L*année du règne semble aussi comptée à dater de la mort de son père, 10 avril 879.
Carloma!« h (879-884). — Anno.., régnante Karlomanno gloriosissimo r^ge. Le compte est également fait à dater de Tannée de la mort de Louis le Bègue, 10 avril 879. Il n*y eut pas de modification dans la formule après la mort de Louis III.
EuDRs (888-898). — Anno,,, régnante Odone gloriosissimo rege (ou regni Odonis ghriosi régis). Le point de départ du compte des années est le jour de la mort de l'empereur Charles le Gros, 13 janvier 888.
Charles III lb Simple (892-9*23). — I. Du vivant d'Eudes. Anno incarnationis dominicae..,, anno quoque régnante Karolo.,,, L'année du règne est calculée à dater du couronnement de Charles, 28 janvier 893.
II. Après la mort d'Eudes. Anno incarnationis dominicae,,,, régnante domino rege Karolo,.., redintegranle,,.. L'année de la restauration est comptée à dater de la mort d'Eudes, !•' janvier 898.
III. Après la mort de Louis IV l'Enfant. Anni.., régnante Karolo rege glorioso, redintegrante..,f largiore vero hereditate indepta.... Cette dernière date, acquisition du royaume de Lorraine, est comptée d'une époque indéterminée comprise entre le jour de la mort de Louis IV, 24 septembre 911, et le 27 novembre de la même année.
Robert (922-923). — Anno /• régnante Rotberto rege gloriosissimo, date calculée probablement à dater du couronnement de Robert à Reims, 29 juin 922.
Raoul (923-936). — Anno...' régnante Rodulfo rege gloriosissimo. Cette date est comptée à partir du couronnement de Raoul à Soissons, 13 juillet 923.
Louis IV d'Outremer (936-954). — Anno,,,, régnante Ludovico rege gloriosissimo. Les actes que j'ai vus jusqu'à présent ne m'ont pas permis de déterminer encore si le commencement de 1 année était compté à partir du 15 janvier 936, date de la mort de Raoul ou du 19 juin suivant, date du couronnement de Louis. Les dates de plusieurs diplômes du 1**^ juillet 946 portent à la suite de l'année du règne la mention : quando etiam Franciam recvperavit,
LoTHAiRE (954-986). — Anno incarnationis domini nostri Jhesu Xpisli.,., anno quoque.,, régnante Lothario rege. Le style ayant cessé d'être Gxé à cette époque, celte formule de date comporte des variantes nombreuses; les années du règne ont été comptées à dater, tantôt du 10 septembre (date de la mort de Louis IV) et tantôt du 12 novembre 954 (date du couronnement de Lothaireà Reims), tantôt, enfin, en faisant coïncider complètement la l'* année du règne avec Tannée 955, ou encore en comptant toute l'année 954 comme 1^ année du règne. Plusieurs diplômes postérieurs au 8 juin 979 sont rédigés au nom de Lothaire et de son fils Louis.
Louis V (979-987). — Les seuls diplômes que je connaisse sont antérieurs à la mort de son père. Voici la date de l'un deux : Anno Incarnacionis dominicae
730 SOUVERAINS DE LA FRANCE. [Ur.y,
D.CCCC.LXX.YUH.y tecundo die regiae oiilinationii tjutdem' ; ce sacre a lieu à Compiègne le H juin 979 et doit avoir servi de puînt de dét>aii au i des innées du règne.
Le document que l'on vient d'Ëludier et de décrire est le di solennel, expédié par la chancellerie du palais, mais il s'en faut qi les actes royaux carolingiens aient été rédigés sur un modèle u Certains diplômes, d'importance secondaire, étaient en Tormc plus s dépourvus de préambule et de U souscription royale; d'aulms, a traire, dans des circonstances enceptionnellbs, pouvaient être expéi Tonne parliculîërement solennelle et revêtus par exemple desouscri de prélats et de grands personnages. Les jugements du tribunal du formaient une calégorie particulière de documents' qui, depuis Ch: l'Jiauve, n'Étaient plus qu'exceptionnellement rédigés au nom du ro
Les actes législatifs constituent une classe particulière des actes n ils porlaient dès l'époque carolingienne le nom de Capitulaires(Ca/)i7i parce que chacun d'eux formait en effet une réunion de chapitres luia); ils étaient divisés suivant leur nature en plusieurs catégorie possède des cepitulaires des maires du palais, depuis Pépin le Bref frère Carloman; ils deviennent plus rares et en même temps sont r d'une phraséologie plus vide et plus fastidieuse â partir des dei années du ix* siècle; ils cessent enfin complètement après le ré; Charles le Simple, h raison de l'arTaiblissenientdu pouvoir royal. Des ments de ce genre, un seul nous est peut-être parvenu en origina les autres ne nous ont été consenés que par des copies, quelques-i des copies isolées, indépendantes, la plupart dans des collectJo ciennes. Tels que nous les connaissons, les capitulaires ont subi dt rations: parfois ils ont été morcelés, mais surtout ils ont été la | du temps dépouillés de leur protocole. I.e peu de ces formules qi consei-vé montre que ces documents étaient lédigés sous des variées et différentes de celles des diplômes, mais est insuffîsan servir de base à une étude diplomatique*. Les conditions de Ira hiou des capitulaires et l'état dans lequel ils nous sont parvenus i dent la critique très particulière et très diflicite ; il faut s'emi d'ajouter qu'elle a été faite avec un plein succès dans la nouvel lion des Monumenla Germaniae due à M. lioretius.
Enlin, il s'est conservé des lettres proprement dites, écrites | souverains ou en leur nom, correspondance politique, littèraii-c, gique, familière ou d'alTaires. Dans cette dernière catégorie ce
* A. Boretins el Erauie, Capitularia rrgum Fi-ancoruui, t. I (tSH5) cl t. 11. (1892), dans les MoHum. Ofrm.hùlorieti, Legum ttcl. Il (firieia-i); jusqu' vcmciLl (le celle nouvelle édition il Taut recourir pour ce qui y manque k l'êt P«rtl. Ibid.. Leg. t. 1 et It, 18^-1837. 3 vol. in-M.
1. Dipl. pour l'église d'Orléans, Recueil det hùt. de la France, I. îï. p. 660.
2. Sur les jugements carolin)^ens, voj. Sikkel, Acia Karolinomm, I. I, pp.
3. Sur les capitulaires, voy. tèid., pp. f0741t<, et Dobetho, BeUràgr :ur Capil krilik, Leipiig, 1S74, ia-t.
gg 2, 5] LES CAROLINGIENS; LES CAPÉTIENS. 751
lettres se doivent classer parmi les documents diplomatiques : ce sont celles qui avaient pour objet de transmettre les ordres du roi ou de notifier ses décisions. Ces lettres, pour la plupart, ne nous ont été conservées que par des copies, recueillies dans d*anciennes collections ; quelques-unes, cependant, nous sont exceptionnellement parvenues en originaux ^ Comme dans les diplômes proprement dits, on y distingue deux parties : le protocole et le texte; seulement, le protocole y est moins développé, moins distinct, et varie suivant la situation du destinataire. Quant au texte, il a été naturellement composé plus librement que celui des diplômes et plus souvent affranchi de limitation des formules'.