ROIS D'ESPAGNE
moins fréquentes, moins nombreuses et, dans tous les cas, moins régulières que dans les privilèges castillans.
Ija dernière souscription était celle du notaire royal. Elle ne diffère point de celles par lesquelles les notaires authentiquaient les actes privés; c*est le nom du notaire, avec ou sans titre, la mention de Tordre du roi et l'indication que le notaire a écrit ou fait écrire le document. On a vu plus haut qu'en Castille, sous le règne d'Alfonse X, il s'y ajouta la mention de l'an du règne. En Aragon, au xni« siècle, le protonotaire employait la formule : Signum N. mandalo domini regiSy et y ajoutait parfois : qui eam vidit.
Outre les souscriptions, le document était validé par un sceaupendant sur repli. L'usage des sceaux sur les actes royaux ne remonte pas en Espagne au delà du x\\^ siècle. On signale comme les plus anciens : en Castille, ceux d'Alfonse VIII (1126-1157) S mais déjà les actes les plus importants de ses prédécesseurs, Alfonse VII et Urraka (1109-1126), contiennent une annonce du sceau; en Aragon, ceux de Raimond-BérengerlV, roi de 1127 à H63; en Navarre, ceux lie Sanche le Fort (1194-1234). Un peu plus tard, la plupart des souverains de TEspagne se servirent de bulles de plomb. On en connaît d'Alfonse IX de Castille (1158-1214), d'Alfonse IX de Léon (1188-1223), de Pierre II d'Aragon (1196-1215). En Portugal, le roi Alfonse II (12 H -1221) scellait en plomb; et son successeur Sanche II (1223-1248), en cire. Les actes royaux scellés d'une bulle de plomb sont souvent désignés sous le nom de carias plomas, La sigillographie espagnole a été jusqu'ici étudiée si imparfaitement qu'il ne m'est^ pas possible de dire si la matière du sceau variait avec la nature des documents, ni de rien préciser quant au type. Les sceaux royaux que j'ai vus portent aussi souvent la représentation équestre que celle de majesté.
A cdté des privilèges solennels, les chancelleries souveraines expédiaient en beaucoup plus grand nombre des documents de forme plus simple désignés, dans leur teneur même, par l'expression cartas ahiertas ; c'est l'analogue de nos lettres patentes. Après une invocation qui y figure souvent, ils débutent soit par une formule de notification telle que : Sepan qiioanios esta présent car (a veran et kodran que nos don Thibalt, jtor la gracia de Bios rey de Navarra^ de Campaynna et de Bria, comde palacin. .', et se terminent, après l'annonce du sceau, par la date, suivie souvent, et notamment dans les documents de Castille, de la souscription du notaire royal. Dans le même royaume, le roi Sanche IV (1284-1295)
1. Sceau de cire de grand module au type de majesté, avec la légende -{- AOEFONSUS IMPERATOR HISPANIE. Un exemplaire eu est consené, d'après Mufioz, au Musée archéologique national de Madrid
2. Donation par Thibaud II, roi de Navarre, à Arnaud-Guillaume d'Agramont, le 20 sept. 1260 (A. Dbutaiu, DocumttnU des Arch. de la Chambre des comptes de Navarre, Paris, 1800, in-8, n« 22).
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êiablit l'usage d'y ajouter la signature autographe du roi sous la forme : ïo el reif. A ces actes était appendu un sceau, auquel se substitua un sceau plaqué lorsque le papier fut devenu plus usuel que le parchenaiD. Dès le début du xur siècle, les mandements des rois d'Aragon étaient expédiés sur papier.
liCs documents de moindre importance sont désignés sous le nom d'albalaei^ et plus tard sous celui de cédulas realet. Ils sont caractérisés par leur formule de début : Yo el rey fago saber...^ et sont validés par la signature royale et le contre-seing d'un secrétaire.
Je citerai en dernier lieu les lettres closes, dont la di^M>sition et les formules me paraissent imitées des brefs pontificaux. Les plus anciennes que j'aie rencontrées émanent de Ferdinand V le Catholique. Elles débutent par la mention : El rey, placée en tète du document, au milieu de la ligne, et suivie, à la ligne suivante, d'une apostrophe au destinataire. Elles se terminent par la date, comprenant le lieu, le quantième à la moderne et Tannée de l'ère chrétienne, mais celle-ci exprimée seulement par les chiffres des dizaines et des unités, par exemple : De Burgos a XXdyas de Koviembre de LXXVl ana$ (1 176). Elles sont validées par la signature autographe du roi : 1 o el rey^ suivie souvent du contre-seing d'un secrétaire précédé de la formule : Por mandado del rey.
En ce qui concerne leur objet, les actes royaux espagnols les plus importants sont désignés par les termes suivants : fueros^ les lois et privilèges spéciaux à une localité ou à une province; comuetudines, ol^rvantiae, usatica^ les consignations par écrit d'anciennes coutumes; ordenamientos de Cartes^ lea actes rendus au nom du roi, mais préalablement délibérés dans les Cortes; pragmaiicas^ les ordonnances générales.