‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 477 sur 554 · CHARTES ÉPISCOPALES · texte numérisé non relu

CHARTES ÉPISCOPALES

laquelle se termine d*ordinaire la teneur de ces actes. Les éléments qui la composent en sont très variables; les plus constants sont le lieu et l*année du règne.

Dès le milieu du x« siècle, il n*est pas rare que les souscriptions, sauf celle de l'èvéque, aient été toutes écrites de la main du scribe de l'acte*; depuis le début du siècle suivant elles sont souvent remplacées par une simple liste de témoins.

Les souscriptions furent pendant longtemps les seuls signes de validation des chartes d'archevêques et d'évôques. Les premiers sceaux épiscopaux se montrent, on la dit, vers le milieu du x"" siècle, mais ce ne fut pas avant la fin du siècle suivant que Tusage en fut général'. Le sceau contribua à faire disparaître les souscriptions, et depuis le milieu du xn" siècle il fut h son tour, à bien peu d'exceptions près, le signe de validation unique des chartes épiscopales. Nous n'avons à revenir ici ni sur la forme, ni sur le type, ni sur le mode d'apposition des sceaux des archevêques et des évéques; mais il ne sera pas inutile d'observer que ce n'était qu'après leur confirmation que les prélats employaient un sceau épiscopal ; Tévêque élu scellait de son sceau personnel.

Au XI* et auxii* siècle quelques chancelleries épiscopales imitèrent dans leurs chartes solennelles le style et les dispositions des grandes bulles des papes. Drogon, évêque de Thérouanne (1030-1078), Daimbert, archevêque de Sens (1098-1122), se servirent parfois d'un seing manuel analogue à la rota des privilèges pontificaux^. Hais ce furent surtout certains évéques de Rennes qui empruntèrent aux lettres des souverains pontifes les formules de leui's actes*.

chartes le litre d'Ingelberl est Antigraphus, Arch.dép. d'Indre-et-Loire et Coll. Tarbé à Reims.) — 944, 28 déc. Charte de Gerfroi, arch. de Besançon : c Ego in Dei nomine c Robertus ad vicem cancellarii scripsi et subscripsi. » [Rec. de fac-sim. à l us. de VÉc. des CharteSt n* 558.) — 1109 sept. Charte de Daimbert, arch. de Sens : c Girai*dus can- < cellarius scripsit. » [Ihid.^ n** 42.) — 1142. Charte de Jean, év. d'Orléans : a Datum per manum .\lgrini cancellariii » (Arch. dép. du Loiret. Fonds de Sainte-Croix.)

1. C'est le cas, par exemple, de deux chartes de Geffix)!, arch. de Besançon, de 944 à 945 [Hec. de fac-tim. à Vus. de VÉc. des Chartes, n"» 299 et 358).

2. Sur les sceaux épiscopaux, voy. plus haut, p. 056, 041, 646.

5. F. Morand, Appendice du cartul. de Saint-Bertin, p. 10. — La rota de Tarchev. Daimbert, comportant entre les deux conférences la devise Verba Domini ceii finnaii suntt empruntée au pape Pascal II, son contemporain, se trouve dans une charte des archives de l'Yonne, à la Bibl. de Sens (H 14, n" 0), qui m'a été signalée par mon confrère H. Prou.

4. Voy. comme exemples plusieurs actes des évéques de Reiuies aux Archiv. nat., L 968, dossier Bretagne, et L 969, dossier Fayelle. M. L. Delisle a pensé qu'il fallait voir la raison de cette imitation dans le fait que la cathédrale de Rennes était placée sous l'invocation de saint Pierre. Son opinion est rapportée par E. Le Blant, Manuel d'épigraphie chrétienne^ p. 136, n. — Voy. aussi dans VArchivio paleogr. ital.y t. I, fasc. 4, une charte de Moïse, archev. de Kavenne (1147, 16 nov.), également modelée sur une gi*andc bulle.

810 CHARTES ECCLÉSIASTIQUES. {Liv. v, Ch. it

A partir du milieu du xii« siècle ou environ, on rencontre en assez grand nombre, et de plus en plus fréquemment par la suite, des chartes épiscopales rédigées d'une manière très simple et dépourvues de tout ou partie des solennités indiquées plus haut. Ces documents, que Ton peut assimiler aux petites bulles des papes ou aux lettres patentes des rois de France, réservés d abord à des actes d'importance secondaire, arrivent peu à peu à remplacer complètement les chartes solennelles. Celles-ci, rares déjà pendant la première moitié du xiii« siècle, deviennent ensuite tout à fait exceptionnelles.

Le formulaire de ces documents n*a jamais été ûié plus rigoureusement que celui des diplômes solennels ; chaque chancellene a eu à cet égard des usages particuliers. Ou peut dire seulement que depuis le milieu du xni« siècle les chartes épiscopales sont en général écrites d*une seule teneur, en minuscule courante, sur des feuilles de parchemin de dimensions aussi réduites que possible, qu'elles débutent par la suscriplion suivie soit d*unc adresse, soit d une formule de notification, qu'elles ont pour seule clause finale une formule de corroboration avec Tannonce du sceau, et qu'elles se terminent par une date, qui fréquemment ne comprend pas d*auti*es éléments que Tannée de Tincarnation et le quantième du mois, encore ce dernier fait-il parfois défaut. Elles sont validées par le sceau épiscopal pendant sur lacs, sur double ou sur simple queue. Elles sont ordinairement en latin, cependant on peut citer au moins un exemple de l'emploi du provençal'; depuis le xui*' siècle, plusieurs chancelleries épiscopales du nord et de l'est de la France firent usage de la langue vulgaire*.

La plupart des chartes épiscopales qui nous sont parvenues sont des privilèges, des confirmations, des pancartes, des actes de donation, d'accensément, d'échange, des ratifications de conventions ou d'accords, des actes de juridiction, des mandements pour l'administration du diocèse, etc. Il n'y a pas lieu d'insister sur la forme de ces divers actes, dont le texte ne diffère guère de ceux qui émanent d'autres personnes. 11 faut faire une catégorie à part pour les lettres missives, qui se sont conservées en grand nombre, mais presque toutes dans des recueils manuscrits, et très rarement en originaux. Comme dans tous les documents de ce genre, le protocole est réduit à la suscriplion, précédée ou suivie de l'adresse, et accompagnée d'une formule de salutation. Elles ont probablement été à toutes les époques cachetées du signet personnel de l'évêque '. Il faut enfin dire quelques mots de cer-

1. Charte sans date de révoque de Hende Aldebert II (1008-1109). Fac-sim. litho^r. de TEC. des Charles, n" 43.

2. Voy. phis haut, p. 469. — Au xiv« et au xv» siècle, les chartes des évéques de Metz sont rédigées en français ou en allemand suivant qu'elles sont destinées à des pays de Tune ou de l'autre langue.

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