Yoy. les preuves alléguées par M. Richard, otivr, cit
7. Baeimet de RE5G00KE [Mém. cit.) en donne des preuves, pour la cour épiscopale d'AogouIéme, depuis 1273; pour des protocoles de notaires de cette ville, de 1395- 1^; pour les délibérations du corps de ville d'Angoulême, de 1498-1409; et pour les registres du tabellionnage de la sénéchaussée d'Angoulême, de 1530 à 15G5.
116 COMMENCEMENT DE L'ANNÉE. FRANCE. [Liv. ii, Chap. ii
LimoiiBiii "*, antérieurement à 1301, l'année commençait à Pâques* , probablement depuis l'époque de la conquête par Philippe Auguste ; on n'a pas de notion précise sur l'usage suivi antérieurement, mais il y a lieu de présumer que c'était le style de Y Annonciation. £n 130i, l'usage fut réformé par le chancelier de la cour épiscopale, qui prescrivit de faire désormais commencer l'année au 25 mare*; cet usage fut depuis lors suivi sans interruption jusqu'en i565'. 11 y a lieu toutefois de se demander s'il fut adopté par les officiers royaux du bailliage de Limoges et si, en l'absence de renseignements précis, l'on ne doit pas présumer que les fonctionnaires royaux durent continuer à suivre l'usage oiïiciel de la chancellerie de France. L'édit de Paris de 1 563-6 i fut publié à Limoges le 20 septembre 1565 et l'année y commença au {"janvier à partir du 1*' janvier 1566. Le style de Y Annonciation semble avoir été général en Aqui* taine avant le xu* siècle * ; il y fut remplacé par le style de Noël ou par celui de Pâques, mais à la fin du xni* siècle et au commencement du xiv* siècle, le style du 25 mars reprit faveur et son emploi fut même prescrit dans certains diocèses. On Ta vu plus haut pour le diocèse de Limoges. Quelques années auparavant, les statuts synodaux de Rodez de 1289 en constatent l'usage dans le Ronergue'. Ils furent publiés dans le diocèse de Tulle peu après sa création (1317), et dans le diocèse de GahorB entre 1316 et 1323**. Dans le Hant-Qaercy, à Figeac***, à la fin du xin** siècle, le commencement de l'année était fixé au 1*' mars^.
Dans les pays du Centre de la France, on trouve antérieurement au xiu* siècle une grande variété dans l'emploi des différents termes du commencement de l'année, auxquels peu à peu se substitue le style officiel de la chancellerie royale. A. la fin du x* siècle, Eudes I", comte de Blois, de Chartres et de Tours, parait avoir compté les années à partir du 25 décembre ou du {"janvier^. D'autre part, ''évéque de ChartreB, Fulbert (1007-1028), faisait certainement commencer
* L. Guibert, Des formules de date et de l'époque du commencement de Vannée
en Limousin^ Tulle, 1880, in-8.
** Deloche, Mode de computaiion employé à la fin du xiii* et au commencement du
XIV* si^clepour dater les actes dans le Quercy et le bas Limousin, {Bull, du Comité
des trav. hist. Sect. d'histoire, 1884, p. 115.) *♦* N. Valois, De V époque précise du commencement de Vannée à Figeac. {Bibl. de
VEc. des Chartes, l. XL (1879), p. 422.)
1 . a Nota quod data Utterarum contractuum solebat mutari quolibet anno in festo Q Pasche, in dyocesi Lemoviceusi. » (Mention à l'année 1301 dans une chronique limousine. Bibl. nat, ms. lat., 11019, fol. 27, cit. par Guibert, Des formules de date, p. 34.)
2. < Hagister P. Fabri cancellanus et custos sigilli curie Lemovicensis instituit quod a data mutaretur quolibet aiino in festo Annunciationis et prima mulatio fuit anno « Domini M^.CCC. primo. » (Ibid., p. 44.)
3. M. Guibert en donne des preuves tirées de registres de notaires, de terriers notariés, de registres capitulaires et des registres consulaires de Limoges. {Ibid., p. 54 et suiv.)
4. M. PrisTER donne une preuve de l'emploi de ce style dans une charte de Guillaume Y d'Aquitaine, de 1025. (Etudes sur le règne de Robert le Pieux, Etude prélim., p. xxxvui.)
5. a Nota quod.... anni incamacionis Domini mutantur in ten*a isla in festo Annun- « ciationis bcate Marie et in quibusdam regionibus in festo nativitatis Domini. > (Mar- TÈXE, Thés. nov. anecd,, t. lY, col. 764.)
6. M. Yalois en a donné des preuves péreinptoires pour les années 1288-1290.
7. Voy. la charte du 12 février 995 en faveur de Bom^gueil, citée par Pfisteb, Études sur le règne de Robert, p. 48, n. 2.
g 2] COMMENCEMENT DE L'ANNÉE, FRANCE. 117
l'année le 1*' mars^. Vers le même temps on commençait Tannée au 25 mars dan Tabbaye de Fleury-Bnr-Loire', tandis qu*«^ Vendôme, à l'abbaye de la Trinité, on semble avoir préféré le 25 décembre ou le {"janvier^. Dans ces divers pays le style de Pâques parait s*étre substitué aux anciens usages au cours des xu* et xiu* siècles. L'archevêque de BourgeB, Simon de Beaulieu, employait le style de Pâques à la fîn du xiu* siècle*. A Anzerre, le style du 25 décembre était réputé usage de la cour romaine, et celui de Pâques usage de France > ; c*est ce dernier que Ton suivit de préférence. En Auvergne, à la fin du xv* siècle, Tannée commençait encore au 25 mars^. Au xi"* siècle, dans le Yelay, Tannée commençait au 25 décembre ou au i" janvier^. La coutume de commencer Tannée le 1 *' mars semble avoir été en vigueur à peu près dans les mêmes régions et à la même époque, d'après une charte de Pons, comte de Gévaudan et de Forez, pour l'église de Brioiide ■.
Dans la région de VEsi de la France, dont plusieurs pays relevaient de l'Empire, les deux styles les plus répandus paraissent avoir été ceux de Noël et de \ Annonciation; néanmoins le style de Pâques y apparaît aussi assez fréquemment sous Tinfluence française. En Champagne, par exemple, le style de Pâques fut en usage au moins depuis une époque aussi ancienne que dans Tlle-de- France. D'après Wauters', le style de Pâques se serait introduit à Reims au X* siècle, s'y serait implanté au xi* et se serait propagé de là dans les diocèses voisins. Les auteurs de Ti4r/ de vérifier les dates*^, et Bond, d'après eux**, prétendent que le style de Y Annonciation fut suivi depuis le xu* siècle dans la province ecclésiastique de Reims, et les Bénédictins allèguent des exemples à
1. Voy. Pfisteh, Étude* sur le règne de Robert. Étude prélim., p. xxxvii et xxxix.
2. ?oy. Ibid., Étude prélim., p. xxxviii, la preuve tirée de la date de la mort de l'abbé Goxlin en 1030.
3. Une charte de Tabbaye de la Trinité est datée de 1056, IIII**. kal. mari.. Il h. feria Quadragesime: c'est bien en 1056 que le mardi de la l^"* semaine de carême a coïncidé avec le 25 février, donc le millésime avait été renouvelé A la Noël ou au 1" janvier. (Communication de H. L. de Grandmaison.)
4. Témoin ces notes de son Journal de visite : < Anno 1286..., die sabbat i sequenti, « scilicet vigilia Pasche...; die dominica sequenti, scilicet die Resurrectionis...; die lune « seqnenti, anni octogesimi sepiimi.... » (Baluze, Miscell., t. I, p. 206.)
5. L'auteur de VHistoriaepisc. Autits., racontant la translation de Tévêque Audoymes en i5S»3, s'exprime ainsi : < Translatus extitit ad sedem Magalonensem anno IJII. more « curiae Romanae in nativitate Doinini, more autem Gallicano anno' LU. » (Labre, Nov. bibl. mss., t. I (1657), p. 512). Cf. p. 121, n. 5.
G. Henri de Lestang, notaire de Saint-IIpize, a consigné sur son protocole la note suivante en 1478 : c Mercuri, XXV". mensis marcii, fuit festum annunciationis Dominice « et fuit inceptum scribcre pro data in patria Arvernie anno Domini M*'.II1I". septuage- « simo octavo ; et anno illo M'IIII*. LXXVIII*. fuit Pascha Domini die XXII". mensis € marcii. » (Chassai5g, Spicilegium Brivaiense, Paris, 1886, tn-4, n* 203.)
7. D'après la date d'un échange conclu au Puy en 1001 entre Odilon et les chanoines du Puy (Pfistbb, Études sur le règne de Robert le Pieux, Étude prélim., p. xxxvii.)
8. Cariul. de Brioude. publ. par II. Dohiol, n* 351. Cette charte est ainsi datée : < Acta sunt autem haec, anno^'am poene finilo, decimo post millesimum, indictione IX., « epacta XIV., menae februario, feria 11., luna vicesima. » Ces divers éléments concordent avec le 26 février ICll et l'expression anno jam poene finit o semble bien indiquer que Tannée devait se terminer le 28 février.