‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 61 sur 554 · Du calendrier Julien · texte numérisé non relu

Du calendrier Julien

Le calendrier usité pendant tout le moyen âge a été le calendrier iulien, c'est-à-dire le calendrier romain réformé par Jules César en l'an 46 av. J.-C. L*année y est réglée sur le cours du soleil, en supposant <iue celui-ci accomplit sa révolution appaj*ente en 565 jours et environ

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un quart de jour. Afin de comprendre dans V n anneau » {annui] parcouru par le soleil un nombre exact de jours, on avait eu recours à ringënieux procédi'; de l'iulercalation périodique. L'année a commune n avait 5fiS jours, et, tous les quatre ans, pour tenir compte des fractions précédemment omises, on ajoutait un jour. Des motifs religieux, qu'il serait trop long d'exposer ici, firent intercaler ce jour entre le 24 et le 25 février, après le 6' jour av. les kalendes de mars, et ce fut le bisseite {bûsexto kai. marlii), d'où la dénomination de bitsexlitet donnée à ces années de 566 jours. Les années bissextiles du calendrier Julien sont celles donl le chilfre est divisible par i.

Nous avons conservé la division de cette année en douze mois et les noms de ces mois, dont sept ont 51 jours : janvier, mars, mai, juillet, aoAl, octobre et décembre; quatre, 50 jours : avril, juin, septembre et novembre ; le mois de février a 28 joui-s dans les années communes et 29 dans les années bissextiles.

Chacun de ces mois éUit divisé en trois sections inégales par les jours nommés les Kalendes, les Honei et les Idei. Les Kalende» sont invariablement le 1" du mois, les fionet le 5 ou le 7, les Idei le 15 ou le 15. Les iVbn» sont le 5 pendant huit mois de l'année : en janvier, février, avril, juin, août, septembre, novembre, décembre. Elles sont le 7 les quatre autres mois : en mars, mai, juillet et octobre. Les Idei sont le 15 quand les Nones sont le 5, et le 15 quand les Nones sont le 7. Les autres jours du mois étaient désignés par le nombre de jours qui les séparaient des kalendes, des ides ou des nones. Ainsi, immédiatement après les kalendes d'un mois quelconque, les dates étaient rapportées aux nones, le lendemain des nones elles étaient rapportées aux ides, et le lendemain des ides, aux kalendes du mois suivant. Il faut remarquer que le jour des kalendes, des nones ou des ides éUiit compris dans le compte. La veille des kaltnides était pridie ou ii" \ante] kaietidtu, lavant-veille , ni° Jto/. Lorsque les ides tombaient le 13 et que le mois comptait 31 jours, on avait à compter jusqu'à dix-neuf jours avant les kalendes. Le 14 janvier, par exemple, était : iix" kalendas februarias. On a vu plus haut que le jour qu'on ajoutait tous les quatre ans s'intercalait en février entre le 6 et le 5 des kalendes de mars et s'appelait : bit vi" kal. mart.

En comptant les jours d'après ce système il faut donc faire attention, non seulement aux dates variables des nones et des ides, mais aussi aux variations du nombre des jours dans les différents mois.

Cette division des mois et celte numération rétrograde desjours, léguées par l'antiquité au moyen âge, ont été en usage dans les actes publics usqu'aux temps modernes'. Au xvi' siècle encore les dates sont souvent exprimées h la romaine dans les documents écrits en latin*.

1. On a signalé, il est vrai, quelques acies dans lesquels on a compté \es jaura diradenieal à partir des kalendes, des nones ou des ides, mais ce sont ]i de rares singularilés. a. Le i-oi Pierre d'Aragon, en abrogcanl en 1350 l'usage de l'ère d'Espagne, défendit n Di&ne temps de se servir des ides, nones et kalendes (Voy. plusliaut, p. 126, n. ).

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Cependant on trouve aussi, dès une époque très ancienne, Tusage de compter les jours du mois, comme nous le faisons, c'est-à-dire par quantièmes, directement et sans interruption depuis le commencement jusqu'à la fin. A Tépoque mérovingienne les actes royaux sont généralement datés des kalendes et en rétrogradant, pour la seconde partie du mois ; mais au lieu du compte d*aprés les nones et les ides, on trouve d'ordinaire le chiffre du quantième d'après notre manière de compter, annoncé par une formule barbare, qui se rencontre déjà dans quelques inscriptions antérieures S par exemple : Datum quod ficit mensis januarius dies VL On trouve cette foraiule employée encore jusqu'au commencement du IX* siècle, dans quelques diplômes de Charlemagne.

Cette manière de dater, — du quantième et directement pour la première partie du mois, d'après les kalendes du mois suivant et en rétrogradant pour la seconde partie du mois, — semble avoir donné naissance à un système nouveau qui fut au moyen âge d'un usage assez fréquent. n consistait à diviser le mois en deux parties : 1^ memis intrans^ introitus mensiSy le mois entrant, à l'intrar, dont on comptait les quantièmes directement depuis le 1*' jusqu'au 15 dans les mois de 30 jours et jusqu'au 16 dans ceux de 31 jours ; 2** mensis exiens, stans^ instans, restans;exitm mensiê^ le mois à Vissir, dont on comptait les quantièmes en rétrogradant depuis le dernier. Les exemples de cette façon d'exprimer les dates de mois abondent, notamment dans les documents italiens et dans ceux du Midi de la France depuis le ix* jusqu'au xiv« siècle*. C'est ce que Rolandino, auteur d'un Ars notaria au milieu du xni^' siècle, appelait l'usage Bolonais (consuetudo Bononiensis) '.

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