II. — Résidus de la distillation des matières sucrées
[Les résidus de la distillation des betteraves sont la pulpe et la vinasse.
hdi pulpe ^ offre pour l'agriculture une très grande importance, parce qu'elle constitue pour le bétail une excellente nourriture, qui a d'autant plus de valeur qu'elle peut se conserver pendant longtemps.
La pulpe résultant de l'extraction du jus des betteraves par les
* D'après Bribv, Die Rabenàrennet^ei^ p. 125 et suiv.
presses renferme moins cFeau que celle qui provient de la macération ou de la diffusion. Dans la première, on trouve 75 à 78 p. 100 d'eau, tandis que dans la seconde il y en a 95 à 96 p. 100. Maerker a calculé qu'une tète de gros bétail en absordant 50 kg. <le résidus de diffusion avec une teneur en eau de 90 p. 100 seulement dépenserait sans proGt 9900 calories, ce qui représente une perte en amidon de 2,5 kg. environ. La pulpe des presses est donc, d'après cela, supérieure à celle de macération ou de diffusion, et est, par suite, plus recherchée. Mais si, à l'aide d'une presse spéciale, comme celle de Klusemann, par exemple, on déshydrate les cossettes sortant des diffuseurs, on peut obtenir de 100 kg. de betteraves, suivant le degré do la pression, 50 à 60 kg. de pulpe avec une teneur en matière sèche de 9 à 7 p. 100. Le résidu est alors plus facile à transporter ; il est, en outre, plus convenable pour l'alimentation du bétail et se conserve mieux.
Les pulpes de macération et de diffusion à la vinasse des distilleries se distinguent de celles des fabriques de sucre par leur plus grande richesse en matières azotées et ont, par suite, une valeur nutritive plus élevée. Schwandler a, en effet, trouvé dans la substance sèche de cossettes de distillerie 13,30 p. 100 de matière protéïque, tandis que la pulpe de sucrerie n'en renferme ordinairement que 10 p. 100 en moyenne. Briem est arrivé au même résultat ; voici, d'après lui, des analyses de pulpes de sucrerie et de pulpes de distillerie déshydratées à l'aide de presses :
Pulpes Pulpes
de distillerie. de sucrerie.
Eau 8i,68 86,30
1 Ligneux 3,63 \ 3,10 v
Cendres 0,81
Substance ) Matière grasse .... 0,22
l Cendres 0,81 i 0.90
sèche. ] Protéine brute .... 1,71 ( *'''^"* l,ii0 à f Substances extractives | i
rruicnêc ui uic . . . . i , / 1 t
Substances extractives j
^ non azotées 8,95 ' 7,90 ;
La pulpe de distillerie renferme donc 15,22 p. 100 de substance sèche et la pulpe de sucrerie 13,70 p. 100. La substance sèche de la première contient 11,20 p. 100 de protéine brute, celle de la seconde 10,95 p. 100.
On voit par les chiOres qui précèdent que la différence entre les deux sortes de pulpes porte précisément sur les éléments les plus importants, Tavantage étant pour les pulpes de distillerie. . Les analyses suivantes, effectuées par Siegel (Briem, loc. cit., p. 128) sur des pulpes non pressées, dont les unes ont été obte> nues par macération à Teau chaude et les autres par macération à la vinasse également chaude, font ressortir cette différence avec une netteté encore plus grande :
Cossettes macérées Cosseltcs macérées
à l'eau. à la rioasse.
Eau 93,11 92,64
Cendres 0,55 0,84
Ligneux i,48 1,44
Sucre i,72 1,34
Hydrates de carbone 2,93 2,99
Matières proiéïques. . ... 0,21 0,77
La pulpe est conservée de la môme manière que dans les sucreries, où, le plus ordinairement, on se contente de Tentasser en la pressant fortement dans de grandes fosses creusées en plein air ou silos ; la portion de pulpe qui dépasse le niveau du sol est disposée en talus et recouverte de terre. Lorsque les silos sont établis avec soin, la pulpe peut se conserver pendant un an, mais au bout de cinq à six mois, elle commence déjà à perdre de sa valeur nutritive. C'estpour cela que Ton a songé à dessécher les cossettes et que dans ce but on a imaginé des dispositifs qui ont été employés avec succès dans plusieurs sucreries. Une tonne de pulpe ainsi traitée reviendrait à 50 fr. environ, la valeur de la pulpe sortant des presses Klusemann étant comptée à 5 fr. La pulpe desséchée ayant une valeur de 70 à 100 fr., suivant les localités, l'avantage du nouveau procédé est évident.
là^ pulpe des topinambours est traitée comme celle des betteraves; elle a à peu près la même valeur que cette dernière, bien que généralement elle soit considérée comme plutôt inférieure.
La vinasse provenant de la distillation des betteraves renferme, comme les drèches liquides fournies par les pommes de terre et les grains, une grande quantité d'eau par rapport à celle des substances sèches. Celles-ci sont en majeure partie composées des
bases salines contenues dans la betterave, le reste étant formé d'une faible quantité de matières azotées et de traces de sucre et de dextrines. On voit, d'après cela, que les vinasses de betteraves n'ont aucune valeur nutritive et que, sous ce rapport elles différent essentiellement des vinasses obtenues par distillatiou des matières amylacées. La meilleure manière d'en tirer parli, lorsque c'est possible sans trop de frais, c'est de les répandre dans les champs et, de cette façon, on restitue au sol les sels qu'elles renferment et que les betteraves avaient enlevés à ce dernier.
Vinasses de mélasses. — De même que les vinasses de betteraves, les vinasses des distilleries de mélasse sont tout à fait impropres à l'alimentation du bétail. Elles contiennent, à l'exception du sucre détruit par la fermentation, tous les éléments de la mélasse et ceux de la levure ajoutée. Elles sont employées pour la fabrication de sels potassiques et, à cet effet, elles sont évaporées à consistance sirupeuse et ensuite calcinées dans un four particulier. Le résidu de la calcination ou le salin contenant en moyenne 10p. 100 de sels de potasse, 21 p. 100 de sels de soude et 18 p. 100 d'humidité et de substances insolubles — carbonate et phosphate de chaux, charbon — est soumis à un lessivage méthodique, qui donne comme produit principal du carbonate de potasse. Le résidu insoluble est employé à l'amendement des terres, surtout de celles où la betterave est cultivée.]
m. — Résidus de la rectification de ralcool brut.
[Les résidus de la rectiflcation de l'alcool brut, les éthers et les huiles de fousel^ sont vendus à différentes industries, parmi lesquelles la fabrication des vernis et du celluloïde en consomment de grandes quantités ; une certaine quantité est également employée par les fabricants de produits chimiques pour la préparation à l'état pur des corps contenus dans ces résidus. Enfin, une autre partie est ajoutée aux alcools dénaturés.]