I-'ÉUUCATION DE I-A JEUNESSE
Parmi les différentes questions qui agitent la société et préoccupent les esprits, il en est une qui, à raison de son iniporlance, exige une attention particulière. Cette question, c'est celle de l'éducation de la jeunesse. Tel est le sujet qui mérite toute notre sollicitude; c'est vers lui que doivent tendre toutes nos pensées, parce que de l'éducation de la jeunesse dépend l'avenir de notre pays ; parce que cet avenir
sera malheureux ou prospère, selon que cette éducation aura été Dial ou bien dirigée.
Bienlienreux le peuple qui, aux prospérités matérielles, que nous ne dédaignons pas, que nous apprécions au contraire selon leur importance et que nous aimons sincèrement, bienheureux, dirons-nous, le peuple qui, à ce bonheur matériel, sait ajouter une autre source, la seule réelle et la seule intarissable de prospérité solide et permanente : une éducation bonne, mais bonne pour toutes les classes, sans en excepter aucune, qui assure et consolide le sentiment de la vénération pour les parents, le respect dû à la loi, la probité dans les transactions d'affaires : eu un mot, bienheureux le peuple chez qui le Seig leur est le " premier de tous les maîtres! "
Lorsque Napoléon le Grand voulut reconstituer en France la Société renversée par la tourmente révolutionnaire, ce génie sublime, qui a su conquérir des titres à l'admiration de ses ennemis mêmes, posa comme principe que " la religion est la hase de réducaiion nationale." Il n'est pas jusqu'aux phi'osophes du I8me siècle qui n'aient été forcés d'admettre cette vérité. Un des plus célèbres d'entre eux, le trop fameux Jean-Jacques Rousseau, a mêlé à beaucoup de pages dangereuses cet aveu que la vérité arrachait à son âme : " J'avais cm pendant longtemps, écrit-il, qu'il était possible de donner aux enfants une bonne éducation sans religion et d être vertueux sans elle, mais depuis longtemps je suis bien revenu de cette grande erreur."
Instruits par l'expérience des autres peuples, nous éviterons avec soin l'écueil où ils se sont brisés, et nous donnerons à Tinstruction religieuse la place à laquelle elle a un droit incontestable. Imbu de ces principes sacrés, qui sont
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le fondement de l'ordre social tout entier, l'élève de l'Ecole normale ira à son tour enseigner cette même doctrine qu'on lui aura inculquée. Ainsi le bien se perpétuera, et cette institution produira des fruits salutaires et en rapport avec le but pour lequel elle a été fondée.
Mgr. E.-G. Horan,
Ecêque de Kingston, Premier rrincipal de V Ecole normale Laval,