REGRETS D'EXPATRIÉ
Un Canadien séduit par le mirage Rêvait un soir sous un bel oranger.
Le pauvre enfant songeait à son village, Seul, sans travail, sous un ciel étranger, Son œil errait à l’horizon de flamme ; Son cœur trop plein soudain dut éclater :
L’ennui, ennui jaillissant de son âme Comme un captif il se mit à chanter :
Pauvre exilé, la tristesse m’abreuve, La vie ici n’est qu’un brillant tombeau.
J'étais si bien, là-bas, près du grand fleuve!
J'étais heureux dans mon humble hameau !
Pays baigné d’amour et de lumière,
Oh ! laisse-moi te pleurer, te bénir :—
O Saint-Laurent ! Ô ma pauvre chaumière |
Beau Canada, te revoir et mourir !
Au point du jour c’est la cloche inhumaine ; Le maître est dur, l’air n’est pas embaumé.
Pour l'atelier j'ai déserté la plaine, Mon ciel d'azur, mon vallon parfumé !