‹ Manuel de droit international public (volume 2)Chapitre 86 sur 152 · DROIT D ACTION. — LA GUERRE · texte numérisé non relu

DROIT D ACTION. — LA GUERRE

995. — Entre nations, i*état de paix résulte de leur entente mutuelle et du respect réciproque de leurs droits, de leurs devoirs et de leurs intérêts. — La méconnaissance des devoirs, la contestation des droits, la contradiction des intérêts engendrent des conflits (Punck-Brentano et Sorel, op. cit., p. 231).

Ces conflits peuvent être résolus ou anéantis par les voies amiables ou par les actes de coercition ci-dessus indiqués (n°* 972 et s.]. — Mais si les moyens amiables, bons offices, médiation, arbitrage, ou les représailles sont impossibles, impuissants ou repoussés, une seule voie reste ouverte, la Guerre.

A défaut d^un règlement pacifique, en fabsence d'un tribunal suprême chargé de prononcer sur les litiges internationaux, en l'absence d*un chef supérieur investi du pouvoir et nanti des moyens de contraindre h Texécution des sentences que rendrait ce tribunal international, les Etats ne peuvent plus que recourir à remploi de leur puissance matérielle, que faire appel aux forces de la nation pour faire reconnaître leurs droits et respecter leurs intérêts. Albericus Gentilis écrivait, il y a trois siècles : c Ex nece$>itate introduetum bellum, quœ est quia inter summos principes populosque liberosjudicium civile et inermis disceptatio esse non potest, qui judicem scilicet non habent et superiorem t {De jure belii, cap. I).

996. — Presque chaque juriste ou chaque publiciste a donné sa définition personnelle de la guerre. — De là, une variété, résidant plus dans Texpression que dans le fond. — Néanmoins, on peut signaler deux conceptions différentes. - Les uns, comme Grotius, englobent dans leurs déflnitions les guerres privées, les guerres entre particuliers, et les luttes entre Etats — Les autres, en général tous les modernes, n'entendent par guerre^ — en tant que matière de Droit international, que source de relations spéciales et particulières entre belligérants, et entre belligérants et neutres, — qu'une lutte à main armée éclatant entre Etats, entre organismes politiques internationaux. ~ Cette divergence de vues explique pourquoi les conclusions de Grotius diffèrent parfois de celles de bien des écrivains postérieurs.

Voici quelques exemples de ces définitions, c La guerre est Tétat d*individus qui vident leurs différends par la force, considérés comme tels «« (Grotius, op. cit,, liv 1. ch. 1, § II). DéÛnitîon médiocre, que nous ne reproduisons qu'à raison de la notoriété de son auteur.

1 La guerre est cet état dans lequel on poursuit son droit par la force. . . La guerre publique est celle qui a lieu entre les nations ou les souverains,

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