SIXIÈME PARTIE
ne pourra-t-il être institué, exerçant sa juridiction, sinon sur la terre entière, du moins sur les Ëtats de civilisation chrétienne, et prononçant sur les conflits élevés entre Etats d*Europe et d*Amérique?
Une force publique internationale ne viendra-t-elle pas contraindre à Texécution des sentences prononcées par ce tribunal ? — Et la guerre ne perdra-t-elle pas son caractère actuel ? Ne cesse ra-t-elle pas d'assurer seule* ment et exclusivement le triomple de la force, pour ne servir désormais qu'à se procurer la réalisation d*une exacte justice, et par suite imposer virtuellement aux Etats le respect du Droit et celui de la Paix.
Enfin, puisant dans ses propres progrès une force d*expansion, puissante et irrésistible, le Droit international public ne deviendra-t-il pas universel ? — Ne commandera- t-il pas à la terre entière, pour le bonheur de tous les peuples et de toutes les nations ?
1712. — Sur ces divers points, sous Tinfluence de sentiments généreux et humanitaires, mais insuffisamment éclairés, Topinion publique, des philanthropes, des rêveurs, d'éminents publicistes même adoptent les utopie:* les plus dangereuses et partagent les plus funestes illusions.
Il est indispensable des*en défendre et d*en montrer les impossibilités (1).