‹ Manuel de droit international publicChapitre 92 sur 161 · CINQUIÈME PARTIS · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIS

qui se fait au nom de la puissance et par son ordre... La guerre privée^ qui ^ fait entre particuliers, appartient au droit naturel proprement dit » <Vattel, op. cit., liv. m, ch. I). — Bellum est armorum publicorum justa conientio (Albericus Gentilis). —Bellum est eorum, qui sua: potestatis sunt {{), juris sui persequendi concertatio per vint veldolum (Bynkershoek, Quxstiones, Lib. Ii •cap. I). — <f La guerre est un moyen de vider par la voie des armes un différend entre deux peuples qui n*ont pas <le supérieur commun auquel le jugement pacifique de la contestation puisse être remis » (Massé, Le droit commercial, t. I, p. 103).

u L'exercice du Droit international d'action auquel, par la nature des choses et en Tabsence d'un tribunal supérieur commun, les nations sont contraintes d'avoir recours pour affirmer et défendre leurs droits » (Phillimore, Comment., 111, § 49). — « La guerre est l'acte politique par lequel des Etais ne pouvant concilier ce qu'ils croient être leurs devoirs, leurs droits et leurs intérêts, recourent à la lutte armée et demandent à cette lutte de décider lequel d'entre eux, étant le plus fort, pourra, en raison de sa force, imposer sa volonté aux autres » (2).

997. — La guerre a ses apologistes et ses admirateurs, qui lui attribuent d'heureux effets moraux. — Au premier rang Joseph de Maistre, dans les Soirées de Saint-Pétersbourg. — Le Maréchal de Moltke écrivait à Bluntschli : « La guerre est une institution de Dieu, un principe d'ordre dans le monde. Sans la guerre, le monde tomberait en pourriture et se perdrait dans le matérialisme (3) ». Mais il disait dans une autre lettre adressée à M. Goubareff, le 10 février 1881 : « Chaque guerre, même la plus victorieuse, est un malheur pour le pays ; aucune indemnité territoriale, ni pécuniaire, ne peut compenser l'existence humaine et le deuil des familles ».

Lieber, auteur des Instructions pour les armées des Etats-Unis, considérait la guerre comme un élément de civilisation. — Pour Ortolan, elle n'est pas toujours un mal : elle est un moyen de propagation d'idées généreuses et de progrès.

998. — Les adversaires de la guerre sont plus nombreux et tout aussi convaincus que les apologistes. — Contentons-nous de reproduire ce passage de Bluntschli : c Je ne puis cependant pas me joindre aux brûlantes apologies de la guerre auxquelles d'importants écrivains ont vivement associé fleur nom.... Bien que j'estime fort haut la bravoure, le courage, le sangfroid, les qualités viriles qui se développent pendant la guerre et qui, mettant en jeu toutes les forces corporelles ou tous les ressorts de l'àme, les élèvent jusqu'à l'héroUsme, je suis retenu par la pensée de la haine sauvage des hommes contre d'autres hommes, par le spectacle d'individus possédés par la rage de détruire, de piller ou de faire couler le sang. Je me souviens des souffrances horribles et souvent entièrement inutiles que l'homme infiige à son semblable. Je songe à la fortune de tant de familles compromise, au bonheur de tant de milliers d'individus anéanti. Les chants de victoire sont

(i) SwB poiestalû, qui sont indépendants, qui n'ont pas de supérieur.

(2) Funck-Brentano et Sorel, Précis, p. 233.

(3) H. D. I.. t. Xin, p. 79.

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