VI PRÉFACE
Est-ce à dire cependant qu'un tel ouvrage, avant tout théorique, ne doit aucunement se préoccuper de la pratique ? Certainement non. Sans doute les considérations qui viennent d'être émises feront négliger les solutions même les plus pratiques, si l'exposition qui en serait faite ne devait pas avoir d'utilité pour donner au lecteur la connaissance exacte des principes qui forment l'objet essentiel de cet ouvrage; mais en réalité il importe, pour Tétude même de ces principes, de faire choix d'hypothèses pratiques et non d'hypothèses inventées à plaisir qui, en fait, ne sesontjamais produites ; et j'ajoute même que ce sont celles qui sont de nature à se rencontrer le plus souvent qui doivent de préférence être examinées. Des raisons très sérieuses demandent que l'on procède ainsi.
1° 11 ne faut pas oublier que Je droit n'a de raison d'être que parce que, régissant les rapports des hommes entre eux, il prévient les conflits qui, s'il n'existait pas, auraient lieu infailliblement, ou permet de les trancher. Les lois n'existent donc que parce qu'elles sont utiles : c'est là une notion que doit avoir toute personne qui s'adonne à l'étude du droit; elle doit être persuadée qu'il n'est pas de loi sans application, et que si, par hasard, une telle loi existait, elle ne mériterait pas d'être étudiée. En conséquence, c'est au moyen d'applications pratiques que toute loi