SUPPLEMENT
ABRIS POUR UARTILLERIE.
Renseignements complémentaires.
Nous avons décrit p. 94, un abri pour pièces isolées (ûg. 84) qui convient parfaitement lorsqu on peut établir les bouches à feu à 0^50 sous le niveau du sol.
Le Manuel du pionnier allemand recommande un type analogue dont la construction exige moins de temps (fig. 307) (1). Une expérience faite au polygone de Brasschaet prouve en effet que 6 hommes exécutent ce type en 32 minutes, tandis que le type ûg. 84 exige 47 minutes. L'avantage toutefois appartient à celui-ci lorsque Ton veut établir sur les côtés de la pièce des rigoles pour les ser-
(i) Les abris allemands pour pièces isolées ont une hauteur de genouillère de 1 mètre. Les aifOits belges ne comportant qu'une hauteur de genouillère de 0™90, nous avons réduit de OmiO le commandement de la masse couvrante. Il eût été peut-être préférable de diminuer de cette quantité la profondeur de la fouille comme nous l'avons fait pour Tabri continu ftg. 88, qui, en Allemagne, a 0>"1S0 de profondeur à remplacement des pièces et ln>50 ii remplacement des rigoles pour servants.
vants. puisque dans le type ûg. 307 ces rigoles ne peuvent être creusées avant que Ton n'ait remanié les terres des retours ab qui couvrent les flancs de la pièce. C'est pour
Fig. 307.
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ce motif que nous avons donné la préférence au type flg. 84, lequel n'exige que 10 minutes de tiavail en plus (soit 57 minutes) pour être pourvu de rigoles (fig. 85). Cependant le type fig. 307 trouvera un emploi utile dans
les circonstances où une batterie ne pourra disposer que de 32 minutes pour se couvrir.
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L'abri le plus compliqué pour pièces non enterrées (celui que représente la fig. 87) a été construit à Bras-
schaet par 6 hommes en 4 heures. Ce type, comme nous l'avons fait remarquer, ne sera guère employé que dans les lignes d'investissement.
L'abri continu pour plusieurs pièces (fig.88, p. 101) est adopté par rartillerie allemande. Il offre peu de prise aux feux de l'ennemi et assure aux pièces une protection suffisante. Les servants y sont même complètement soustraits aux coups directs, puisque la crête de la masse couvrante s'élève à 1"»90 au-dessus du fond des rigoles.
On sera obligé de diminuer la profondeur de celles-ci lorsque la nappe aquifère se trouvera à moins de 1°»40 sous le niveau du terrain. Pour ce cas nous proposons le type fig. 308 dont les rigoles n'ont que 0™90 de profondeur et dans lequel il y a entre ces rigoles et l'épaulement une banquette de 0'»40 de largeur sur laqueUe les servants pourront s'asseoir et se mettre à l'abri des feux de front (en appuyant les coudes sur les genoux).
La batterie non enterrée flg. 89, p. 103. a des rigoles qui, dans certeins cas. seront trop profondes, Lorsque le terrain exigera qu'on réduise leur profondeur, on adoptera le type fig. 309 dont les rigoles sont à la cote — 0"50 et ont également une banquette de 0"40 de largeur, à l'usage des servants.
Nous- avons fait ressortir pp. 155 et 156 les inconvénients que présentent sur un champ de bataiUe les grandes Ugnes d'artiUerie qui ont souvent plusieurs kilomètres de développement. Pour diminuer ces inconvénients U faudrait ou bien fractionner ces Ugnes en groupes de 3 ou de 4 batteries et établir de l'infanterie
dans les interralles de ces groupes, ou bien rapprocher les piôces de maniôre à diminuer de moitié enTiron leur écartement, ou bien combiner ces deux moyens, ce qui
Fig 309.
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Profil no 1.
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donnerait vraisemblablement les meilleurs résultats (1). Dans les dernières guerres Tintervalle moyen entre
(i) M. lo général LewaI, en proposant d^espacer les pièces de 40 mètres, semble avoir perdu de vae qu*il est déjà 1res difficile de trouver do bons emplacements pour les batteries lorsqu'on établit les pièces à 16 mètres Tune de l'autre. Nous ne saurions donc admettre celte proposition.
les pièces a été de 16 mètres. Il est admis du reste par tous les artilleurs que lorsqu*on réduit cet intervalle, les obus qui tombent devant une pièce produisent des éclats dangereux pour les servants des pièces voisines. Cela n^est vrai toutefois que pour les obus qui font explosion à moins de 50 mètres de la ligne des bouches à feu, car le diamètre de la base du cône de dispersion des éclats est égale aux 4/7 de Taxe de ce cône. On pourrait donc sans trop d*inconvénient serrer davantage les bouches à feu, mais alors les batteries auraient de loin Taspoct d*une ligne noire continue qui rendrait facile le réglage du tir de Tennemi, opération qui présente au contraire d^assez grandes difiQcultës lorsque les pièces sont séparées par de larges intervalles, parce que Ton ne voit pas bien, dans ce cas, si les obus qui éclatent en avant de ces intervalles, ont une portée juste, trop courte ou trop longue.
Nous croyons en conséquence que ce qu'il y aurait de mieux à faire, ce serait d'abriter les pièces deux par deux et de laisser entre- les abris doubles des intervalles de 16 mètres environ .
Ces abris seraient disposés comme l'indique la âg. 310.
En même temps que Ton réduirait de la sorte de moitié environ le front des grandes batteries du champ de bataille, on fractionnerait celles-ci par groupes de 3 ou 4 batteries dans les intervalles desquels on établirait des bataillons d'infanterie, pour éviter les dangereuses trouées qui se formeraient dans l'ordre de bataille si une grande batterie était obligée de retograder devant le feu à bonne portée d'une épaisse ligne de tirailleurs.
Il va sans dire que le fractionnement des grandes batteries ne serait indispensable que si elles étaient établies en première ligne et qu'il n'y eût pas en arrière un pli de terrain où l'on pourrait abriter l'infanterie chargée de les
soutenir et de boucher éventuellement la trouée que produirait leur retraite.
Ce fractionnement ne serait pas nécessaire non plus s'il
Fig. 310.
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