‹ Manuel de génie sanitaire. II, La Maison salubreChapitre 20 sur 96 · ÉMANATIONS DES CUVETTES · texte numérisé non relu

ÉMANATIONS DES CUVETTES

duisent des émanations méphitiques qui motivent un grand nom-

bre de plaintes. , , -,

Les cuvettes à écope devraient être radicalement proscrites par un règlement et remplacées par des cuvettes a souille , Communiquant directement avec l'air extérieur et mûmes «k bondes siphoïdes. Les tuyaux de descente devraient être par ou prolongés jusqu'aux toits, de manière à recueillir également les eaux pluviales de la couverture qui seraient ainsi employées au lavage de ces tuyaux. Le prolongement un peu au-dessus du toit contribuerait à augmenter la ventilation.

Les cuvettes s'encrassent rapidement ainsi que les tuyaux de descente. Il faut alors prescrire le grattage à vif.

Dans un crand nombre de maisons, les eaux ménagères, a leur sortie des tuyaux de descente, sont reçues dans des ruisseaux ou des caniveaux qui n'ont pas la pente nécessaire pour un écoulement rapide et qui traversent des cours des courettes, des allées et des passages, répandant sur tout leur parcours des odeurs infectes à proximité des pièces habitées.

Dans ce cas, et surtout quand les ruisseaux et caniveaux on un grand développement, la Commission propose 1 envoi direct des eaux ménagères à l'égout par une canalisation souterraine avec les obturateurs nécessaires pour empêcher le retour de.

émanations. , , fc

L'expérience a démontré que cette solution est la seule clticace. Elle a passé dans les usages de la Commission a la suite d'une délibération provoquée par une proposition de M. Decron, en 1887 Cette prescription est d'ailleurs conforme à 1 esprit du décret du 26 mars i85 2 , qui oblige le propriétaire de toute construction nouvelle, dans une rue pourvue |d egout, a conduire à l'égout les eaux pluviales [et ménagères, et qui impose cette mesure pour toute maison ancienne, si 1 on cllectue de grosses réparations et, en tous cas, avaut dix ans.

Les autres moyens d'assainissement proposes, suivant les cas, sont les suivants :

Renouvellement du sol et du pavage, à régler suivant les pentes nécessaires, bitumage, dallage ou chape en ciment-

Couverture des caniveaux et gargouilles en dalles de pierre ou par des plaques mobiles en fonte, avec regards de dislance en distance pour faciliter le nettoyage.

Jointement au bitume ou au ciment du pavage des ruisseaux. Pourle lavage des ruisseaux et caniveaux ayant un grand

48 SALUBRITE DES HABITATIONS

développement et lorsque l'envoi direct à l'égout n'est pas possible,'la Commission demande rétablissement d'un robinet d'eau de la Ville au point haut des ruisseaux.

Le passage des gargouilles dans les pièces habitées est absolument interdit.

Les puisards ne doivent être tolérés que lorsqu'il n'y a pas d'autre; moyens d'évacualion pour les liquides d'une maison. Ils ne peuvent être construits qu'avec l'autorisation de l'Administration et suivant les dispositions réglementaires.

Grilles d'ègout. — Les grilles placées à l'entrée des branchements particuliers d'éçout sont quelquefois une cause d'insalubrité due, soit au défaut d'entretien des branchements, soit à l'absence d'une fermeture hydraulique, d'un siphon à l'entrée du branchement.

La Commission demande alors le nettoyage périodique et l'établissement d'un siphon à l'orifice supérieur du branchement et aussi éloiirné que possible des pièces habitées.

Cabinets d'aisances. — Le plus grand nombre des affaires introduites à la Commission des Logements Insalubres est relatif à l'infection produite par les cabinets d'aisances, à leur mauvaise installation ou à l'insuffisance de leur nombre.

L'absence, l'insuffisance de cabinets ou leur éloigneraient des logements, oblige les locataires à conserver un certain temps leurs déjections dans des vases qui ne sont jamais hermétiques ou à les jeter dans les plombs, chenaux, ruisseaux ou dans les terrains qui peuvent être à leur proximité.

L'autorité municipale a le droit de faire installer des cabinets d'aisances dans les maisons qui n'en n'ont pas, mais elle n'intervient pas pour examiner si les cabinets sont en nombre suffisant par rapport au nombre d'habitants, bien que la coutume de Paris l'y autorise, art. ig3 (i).

Cette appréciation est du ressort de la Commission. Celle-ci a décidé d'une manière générale qu'il devait y avoir an moins 1 cabinet par 2Ô habitants, et placé à proximité des logements auxquels il est affecté. Cette condiliou a fini par être acceptée par le Conseil de préfecture et ne peut plus souffrir de difficulté que dans certaines espèces particulières.

(i) Jourdan, Législation sur les logements insalubres, ]>agc 3711. Les nouveaux règlements de 1894 et de 1896 ont indiqué que les cabinets doivent être, à Paris, en nombre suffisant (voir plus loin).

CABINETS D'AISANCES

Les cabinets à usage commun laissent toujours a désirer nu point de vue de la propreté, autant par l'indifférence des locaaires que par la négligence des personnes préposées au nettoyage! L'absence d'eau dans les cabinets ou dans eur voisinage immédiat rend du reste cet entret.en difficile et pénible, aussi n'obtiendra-t-on de résultat réellement satisfaisant que lorsque de nouveaux approvisionnements permettront d imposer la présence de l'eau dans tous les cabinets d aisances.

Les cabinets dans le logement, l'eau dans les cabinets, yo.là les deux mesures indispensables à généraliser si 1 on mut triompher enfin de la cause d'insalubrité la plus grave et la plus fréquente, et dont la persistance au milieu du Pans nouveau est une véritable humiliation pour ceux qui ont eu 1 occasion de visiter à fond certaines villes étrangères. . .

Le mode de construction proposé par la Commission est généralement le suivant : ,,.,,.

Le cabinet d'aisances doit être aéré et éclaire directement par une baie d'au moins a/, décimètres carrés de section. Il doit avoir au minimum i mètre de largeur, i mètre 20 de longueur et 2 mètres Go de hauteur. ,

Les enduits des murs à l'intérieur doivent être faits en ciment Jusqu'à la hauteur de i mètre au moins, le surplus peint al huile de zinc ton clair. Les parois revêtues de carreaux de faïence seraient encore préférables, mais n'ont pu être exigées jusqu a

présent. , .

Le sol et le siège des cabinets d'aisances communs doivent être établis en matériaux imperméables et imputrescibles, tels que pierre, foute, fer, ciment, etc. Le sol doit être réglé en pente de tous sens vers une goulotte disposée au bas du siège pour l'écoulement. des liquides dans le tuyau de chute, au-dessus de la valve de la cuvette.

Le siège doit être à 20 centimètres au moins et 35 centimètres au plus au-dessus du sol et muni d'un appareil hermétique fonctionnant automatiquement.

Dans les anciennes maisons, on rencontre encore un grand nombre de cabinets placés dans la cage d'escalier, sans jour ni air directs. Quand il est impossible de les aérer directement ou de les déplacer, la Commission, pour les assainir le plus possible, prescrit l'établissement dans ces cabinets de réservoirs de chasse avec la transformation de la fosse fixe ou des tinettes mobiles en système du tout à l'égout, qui est le meilleur moyen

SALUBRITE DES HABITATIONS

d'éloigner rapidement toutes les matières solides, liquides et gazeuses, causes de l'infection.

Quelquefois, la Commission prescrit encore l'établissement d'un bec de gaz pour l'éclairage du cabinet ou pour le tirage d'un ventilateur, mais l'exécution de cette prescription ne peut pas être facilement contrôlée; c'est pour cela que, chaque fois que la disposition des localités le permet, la Commission n'hésite pas à demander le déplacement des cabinets qui ne peuvent être convenablement assainis.

Dans bien des cas, quand il s'agit seulement de nettoyage ou d'appropriation réglementaire, les Commissions d'hygiène d'arrondissement obtiennent de notables améliorations sans recourir à la Commission, et par simple application de l'ordonnance de novembre i853. La résistance des propriétaires sur ce point s'affaiblit chaque jour; nous le constatons avec la plus vive satisfaction.

Fosses d'aisances. — Les fosses d'aisances nécessitent souvent l'intervention de la Commission, bien que leur installation, leur entretien, l'existence et le fonctionnement des tuyaux d'évent, la disposition des pierres d'extraction soient déterminés par des règlements que l'Administration a la mission de faire observer (voir plus loin).

Dans la généralité des cas, la Commission se contente de signaler les causes d'insalubrité au service de l'assainissement qui, après inspection, prescrit les travaux nécessaires et les fait exécuter en vertu de l'ordonnance du 24 septembre 1819.

Les fosses se divisont en fosses fixes, fosses mobiles et tinelles filtrantes.

Fosses fixes. — Avant l'ordonnance du 24 septembre 18 19, la construction des fosses n'était soumise à aucune réglementation.

Les propriétaires se contentaient le plus souvent de creuser des trous dans le sol, en les garnissant ou non de maçonnerie sèche. Ils profitaient souvent des excavations naturelles des anciennes parties de carrières, des fontis, des vieux puits délabrés, pour y envoyer les matières et se dispenser des frais de vidanges. Les matières s'infiltraient dans le sol, infectaient les puits et les couches d'eau souterraine. On peut dire, que, pendant plusieurs siècles, Paris a vécu sur un vaste puisard, sur un véritable marais de putréfaction. Cela suffirait à expliquer les fréquentes épidémies qui ravageaient la population .

Page 1