COMBUSTIBLES
procédés employés pour chauffer et ventiler les édifices et logements selon leur destination. Nous nous contenterons de généralités et renvoyons le lecteur aux traités spéciaux sur la matière.
Le chauffage se fait par les cheminées, par les poêles métalliques, par les calorifères, par l'air chaud, par la vapeur, par l'eau chaude, par le gaz d'éclairage.
D'après le D>' de Chaumont, la température la plus salubre pour les habitations est 17 degrés.
Combustibles. — Pour pouvoir être d'un emploi utile, les combustibles doivent facilement brûler dans l'air atmosphérique et donner par leur combustion une chaleur assez intense pour entretenir cette combustion, de sorte que le combustible puisse se maintenir par lui-même en état d'ignition jusqu'à ce qu'il soit entièrement brûlé. L'hydrogène et le carbone sont les seuls corps simples qui satisfassent à ces conditions.
Le chauffage au bois donne souvent une fumée irritante pour les bronches.
Le charbon de bois est le produit de la carbonisation incomplète du bois.
La tannée, la tourbe, etc., s'emploient aussi dans les appartements, mais provoquent souvenl, par leurs fumées, des actions irritantes sur les muqueuses bronchique et oculaire.
Le lignite, la bouille, l'anthracite, les agglomérés et charbons divers sont d'excellents combustibles, mais doivent être brûlés dans des appareils munis d'un excellent tirage. Le coke est encore meilleur el brûle, presque sans flamme, presque sans fumée, ne donnant comme produits de combustion que l'acide carbonique et l'oxyde de carbone.
Le chauffage au gaz se pratique aussi maintenant couramment.
Barré — Maison sulubre. l(i
CHAUFFAGE ET VENTILATION
Tuyaux de fumée des foyers d'appartement (i). — La section des tuyauxde fuméedoit être au moins de8o cmq par foyer. Ces tuyaux se font en terre cuite ou en tôle; ils sont le plus souvent logés clans l'épaisseur des murs eux-mêmes, et sont alors constitués par des wagons ou par des briques cintrées de formes spéciales. Pour tuyaux simplement adossés aux murs, on fait usage de poteries nommées boisseaux . Les dimensions de la section de tous ces conduits varient entre iG et 3o cm.; ils sont de forme rectangulaire ou circulaire, mais le tirage s'établit mieux avec cette dernière forme.
Les conduits en brique, quand ils sont isolés et que leur hauteur dépasse l\ m. 5o, ont o m. 22 d'épaisseur sur deux de leurs parois, et om. n sur les deux autres.
Les règlements imposent de ne pas laisser moins de 16 cm. d'intervalle entre la face intérieure d'un tuyau de cheminée et une pièce de bois quelconque de la construction.
Poêles métalliques. — On donne 1 mq. de surface de chauffe par i5o m. c. de capacité de salle à chaufffer. D'après Triest, la surface extérieure d'un poêle doit être le 1/7 de la surface extérieure de la pièce à chauffer quand celle-ci est petite, et le 1/9 seulement quand elle a une grandeur notable.
L'effet utile des poêles varie de 70 à 90 p. 100.
Le thermo-conservateur Geneste (fig. i55 et i5G) est intéressant, car ce fut l'un des premiers systèmes tenant compte des desiderata de l'hygiène. Ce poêle est formé d'une double enveloppe de tôle, dans l'intervalle de laquelle on a mis une matière poreuse, telle que de la bri-
(1) Extrait de nos Noies et formules de l'Ingénieur (E. Bernard et G'*, éditeurs).
POELES MÉTALLIQUES
que pilée ou de l'argile sèche, qui conserve plus longtemps le calorique et permet ainsi d'éviter les trop brusques variations de la température. Les portions métalliques de l'appareil ne peuvent jamais être portées à une tempéra-
Fig. i55. — Thermo-conservateur Geneste.
ture suffisante pour déterminer les altérations de l'air résultant de son contact avec un métal rougi : [d'abord en construisant le foyer a en terre réfractaire, puis en for-
CHAUFFAGE ET VENTILATION
çant la fumée à circuler, dès sa sortie du foyer, dans un grand nombre de tubes verticaux c, où elle se refroidit
assez rapidement, en échauffant l'air qui environne ces tuyaux et qui est destiné â chauffer la salle. Cet air est maintenu dans un état hygrométrique suffisant, au moyen d'un vase rempli d'eau, qui se voit sur la figure, autour du tuyau de la cheminée dans laquelle aboutissent tous les tubes c. L'air qui alimente le foyer est pris dans la pièce même au moyen de la coulisse/. Mais celui qui circule autour des tubesc et qui, après s'être échauffé et chargé d'humidité, vient se dégager par les orifices placés sur le couvercle supérieur du poêle, autour du tuyaude fumée, peut être pris à l'extérieur au moyen d'une conduite spéciale disposée sous le plancher. La ventilation est encore activée au moyen d'un tuyau spécial d'évacuation, qui prend l'air vicié près du sol et le déverse dans le tuyau de fumée. Le combustible est introduit par la porte d, dans le réservoir b; et comme le foyer s'alimente de luimême, il suffit de charger le poêle une fois toutes les 8 ou
Fig. i56. — Thermo-conservateur Geneste.
CHEMINEES
10 heures. La porte e ne sert que pour l'allumage, pendant lequel la capacité /; peut être mise, au moyen d'une trappe à coulisse, en communication directe avec le tuyau de fumée (i).
Cheminées. — Les cheminées d'appartement ont généralement les dimensions suivantes : largeur : i m. à i ni.5o pour petits appartements ; hauteur du dessus de la tablette om.gS à i m.3o; largeur de la tablette om.27 à om.43; profondeur om. 45 à o m. 80; distance du tablier au contre-cœur, m. i5 environ.
L'effet utile des cheminées n'est que 10 à 12 p. 100.
Poêles calorifères. — Dans ces appareils, l'air de la pièce à échauffer est en contact avec les conduits de fumée qui présentent un long développement. Quand ces conduits sont en briques, leurs dimensions dépendent de la grandeur de celle-ci; quand ils sont en terre cuite ou en tôle, leur diamètre ne doit pas être inférieur à o m. 21. Pour une section de o m. 07, la longueur de ces conduits est 3i à 38 m. ; ils sont inclinés au moins de o m. 02 par mètre courant. La hauteur de la cheminée doit être environ i/3 de la longueur des conduits. La cloche du foyer ao m. 80 à m. 90, sur o m. 5o à o m. Go.
Chauffage à l'air chaud. — Surface de chauffe . — Pour calorifères, à tuyaux horizontaux, aomq.par looomc. d'air à chauffer, et i5 mq. pour calorifères à I uvaux verticaux : surface de grille — i/i5odela surface de chauffe. • Conduits d'air chaud. — Leur section doit être de mq.o4 au moins et omq.08 au plus. On prend o mq.o5 pour des locaux ordinaires et o mq.07 pour des enceintes de dimensions exceptionnelles.
(1) D'après le Dictionnaire de médecine e! de chimrrjic pratiques, t. VII (J.-B. Bailliere et fils, éditeurs.)
tfi.
CHAUFFAGE LT VENTILATION
Conduits d'air froid. - Leur section est i/4 à i/5 de celle des conduits d'air chaud, quand c'est l'air même de la pièce à chauffer qui entre dans le calorifère; elle varie depuis les 3/4 jusqu'à l'égalité, quand l'air arrive de l'extérieur par des prises spéciales.
Conduits d'évacuation de l'air : 1/4 à i/3 de la section des conduits d'air chaud.
Foyer à étages de Michel Perret (Robin, à Paris). — On peut remplacer avantageusement les calorifères ordinaires par les foyers Michel Perret, à étages multiples(fig. r5 7 ). Le combustible est étalé en couches minces sur les voûtes réfractaires b b, et de temps en temps.au moyen d'un râble, on le fait descendre d'un étage à l'autre, en chargeant
Fig. 157. — Foyer Michel Perret à étages.
à nouveau l'étage supérieur. L'étage inférieur est le cendrier : la grille a ne sert que pour l'allumage, qui se fait en portant au rouge toutes les parois intérieures, avant de charger le combustible. Les gaz chauds se rendent, en quittant le foyer, dans des tuyaux ce, autour desquels circule l'air à échauffer, qui arrive par le canal d. On peut échauffer jusque vers 3oo° l'air arrivant au foyer, par