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dalina, et c'est elle aussi qui devrait être le plus multiphée dans les localités dévastées par la fièvre, bien que sa croissance ne soit pas toujours aussi rapide que celle de l'Æ. globulus. On peut, jusqu’à un certain point, évaluer les propriétés assainissantes des Eucalyptus d’après la quantité d’essence qu’on retire de leurs feuilles, et, en partant de ce point, les six espèces les plus habituellement soumises à la distillation se classeraient, d’après les recherches de M. Bosisto, dans l’ordre suivant :
Pour 100 parties de feuilles en poids, on obtient de :
l'E. amygdalina.......... 3,315 d'essence volatile,
LE SAT LE Er ENT AE ES ES PART 25 —
VE MNencoeplon ee 25114000
VE. goniocalyx.........., 0,914 —-
VE. globulus. . 5.1.4: 1 2x1 0,719 —
Érobhquar reines ne: 0,00
L’infériorité de l’Æ. globulus, sous le rapport qui nous occupe, est compensée par sa vigueur, sa croissance extrêmement rapide et l'abondance de son feuillage. 11 faut ajouter que la proportion d'huile essentielle, pour chaque espèce, varie suivant les localités et les saisons. L’Æ. rostrata, qui est un des plus pauvres comme producteur d'essence, est néanmoins très avantageux pour les localités infectées de malaria, parce qu’il se développe bien sur les terres périodiquement inondées et même sur celles qui sont constamment détrempées d’eau douce. L/Æ. oleosa, des régions désertiques de l'Australie extratropicale, pourrait être cultivé dans d’autres régions, exclusivement comme arbre à essence. D’après les expériences commencées par le baron Müller et continuées par M. Osborne, les huiles d’Eucalyptus dissolvent, entre autres substances employées pour faire des vernis ou d’autres préparations, le camphre, les résines des conifères, le mastic, la gomme élémi, la sandaraque, l’asphalte, la résine de Xanthorrhæa, le sang-dragon, le benjoin, le copal, l’ambre, le caoutchouc, la cire et diverses autres substances, mais non la gutta-percha. La potasse qu’on retire des cendres des divers Eucalyptus varie de 5 à 27 pour 100. Une tonne (1,016 kilogr.) de feuilles fraiches d'Æ. globulus donne environ à kilogrammes de cendre perlée; une tonne de ce bois frais en donne un peu plus d’un kilogramme, et de bois sec 3 kilogrammes. En ce qui concerne ces divers produits des Eucalyptus, Lels que résines, tannin, goudron, elc., nous renverrons le lecteur aux divers mémoires et documents publiés à Melbourne par le baron Ferd. von Müller.
E. Paileyana Ferd. von MurLer.— Du Queen’s Land méridional. Arbre d'environ 30 mètres, remarquable par la ténacité de son écorce. Son bois, facile à débiter en merrain, est fibreux, résistant et de longue durée, aussi l’emploie-t-on dans le pays à tous les usages économiques. Cette espèce, à la différence de la plupart de ses congénères, réussit dans les sols les plus sablonneux, ce qui est un avantage considérable pour beaucoup de localités. Ses branches sont plus étalées et son feuillage plus dense que dans beaucoup d’autres Eucalyptus.
E. botryoides Suirx. — Du Gipp’s Land oriental et du Queen's
Land méridional. Les bücherons le nomment Bastard mahogani (acajou bâtard), et ils donnent le nom de Zangalay à une de ses variétés qui se rencontre habituellement sur les plages sablonneuses des côtes. C’est un des arbres les plus beaux et les plus imposants du genre, par la densité et la verdure sombre de son feuillage. Cet arbre recherche les bords des rivières, mais il croît aussi loin des cours d’eau, pourvu que la terre ne soit pas exceptionnellement aride. On en voit des échantillons dont le tronc forme un fût de 24 à 25 mètres au-dessous des premières branches, et dont le diamètre varie de ? mètres à 2"50 au niveau du sol. Son bois est ordinairement sain jusqu’au centre, et il sert à toutes les constructions civiles etnavales, ainsi qu’au charronnage, à l’outillage des chemins de fer, à la construction des pilotis pour les ponts et les quais, etc. Tous les inspecteurs des forêts en Australie s’accordent sur la valeur de ce bois.
L’Æ.botryoides est, depuis quelques années, cultivé dans la Basse- Provence, où on en voit quelques échantillons arrivés en âge de fleurir et de mûrir des graines. Sa rusticité y est à peine inférieure à celle de VÆ. globulus,etil croît presque aussi rapidement. Important comme arbre forestier, il a presque autant de valeur comme arbre d’avenues et de décoration paysagère.
E. calophylla R. Br. — Du sud-ouest de l'Australie, où il porte le nom de Æ2ed-qum. C’est un arbre plus touffu et qui donne plus d'ombre que la plupart de ses congénères, et dont le développement est relativement rapide. Dans ses forêts natales il a beaucoup de l'aspect et du port des Eucalyptus qui, dans l’est de l’Australie, sont désignés par les colons sous le nom d’Zron bark-trees, c’est-àdire de bois de fer. Son bois est dépourvu de résine quand il croît sur les terres d’alluvion, mais non quand il provient des montagnes et des lieux rocailleux. Ce bois est léger et d’une bonne durée s’il est tenu à l’abri de l'humidité, mais il se détériore assez vite dans la terre ; on le préfère toutefois à ceux des Æ. marginata et cornuta pour la fabrication d'instruments agricoles, parce qu’il est plus facile à travailler. Son écorce est employée au tannage des cuirs, mêlée à celle d’acacia ; les capsules même de ses fruits, qui sont très grosses, peuvent y servir. C’est le seul arbre de l'Australie occidentale qui fournisse en abondance la résine kino, d’abord fluide, puis durcissant à l’air, et soluble dans l’eau froide, dans la proportion de 70 à 80 pour 100 de son poids. Sans être des plus grands dans le genre, VE. calophylla dépasse souvent 30 mètres en hauteur, et on en trouve dont le tronc a plus de 3 mètres de diamètre à la base. Il en existe en Provence quelques échantillons adultes, fleurissants et mürissants leurs fruits. Ils n’y sont guère moins rustiques que VE. globulus, qu’ils surpassent en beauté décorative, mais auquel ils sont inférieurs pour la rapidité du développement.
E. capitellata Suirx. — C’est un de ceux auxquels, dans l’Australie orientale, on donne le nom de Stringy bark, à cause de leur écorce filandreuse. Sa hauteur est de 50 à 60 mètres, et son bois, employé à la charpente commune, peut servir à beaucoup d’autres usages. Il réussit bien dans les sables humides, et il pourra rendre
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des services dans ces sortes de terrains, là du moins où le climat ne lui sera pas défavorable.
E. citriodora Hook. — De la colonie de Queen’s Land. C’est un bel arbre, à tronc élancé, à écorce blanche et lisse, dont le bois est apprécié pour sa résistance et son élasticité. Comme celui de la plupart des Eucalyptus, son feuillage contient une forte proportion d'huile essentielle, mais dont l'odeur, très analogue à celle du c&itron, est beaucoup plus agréable que dans les autres espèces, une seule exceptée. Cet arbre parait voisin de l'Æ. maculata, et n’en est peut-être qu’une variété.
E. cornuta LABiLz. — Le Yate tree, du sud de l'Australie occidentale, déjà assez commun en Europe et en Afrique. C’est un grand arbre, dont le développement est rapide dans les terres profondes et un peu humides. Son bois, plus lourd que l’eau, même lorsqu'il est sec, est dur, résistant, et considéré comme égal en valeur à celui du meilleur frêne pour tous les travaux de charronnage, les instruments agricoles, la charpente, etc. Il est du petit nombre des Eucalyptus qui s’accommodent des climats intratropicaux, où il résiste mieux que la plupart des autres à l'humidité de la saison pluvieuse. Sa rusticité en Provence est à peu près celle de VE. globulus.
E. corymbosa Suirx.— Le Z}loodwood-tree de la Nouvelle-Galles du Sud et de la colonie de Queen’s Land. L’arbre arrive à de grandes dimensions, et son bois, d’un rouge brun, tendre lorsqu'il est frais, mais très dur lorsqu'il est sec, se conserve longtemps dans la terre; aussi l’emploie-t-on habituellement dans le pays d’origine pour les constructions rurales, les palissades, les pilotis et même pour les traverses de chemins de fer. Son écorce raboteuse et crevassée est riche en résine kino.
E. corynocalyx Ferd. vox Muzer. — Du sud de l'Australie et du nord-ouest de la colonie de Victoria, où il porte le nom de Sugarqum tree (gommier saccharifère). Il atteint à 30 et quelquefois à 40 mètres de hauteur, le tronc, au-dessous des branches, pouvant fournir des fûts de 18 à 20 mètres de longueur, sur un diamètre de 1 à 2? mètres d'épaisseur. Son bois sert à tous les usages ordinaires, même à faire des traverses de chemins de fer. Sa durée sous terre est altestée par le fait que des pieux de ce bois étaient encore en bon état après quinze ans de service. Cet arbre réussit presque partout, même sur les montagnes à sol ferrugineux ; mais, malgré son appellation vulgaire, il ne produit aucune exsudation sucrée (melitose), comme le fait l’Æ. ciminalis. C’est un des moins aromatiques du genre ; il l’est même si peu que le bétail en broute volontiers le feuillage et les repousses du pied, ce qui n’arrive guère pour les autres espèces. À certains égards, on pourrait en faire un arbre fourrager dans les pays secs et chauds, en le rabattant un peu au-dessus du sol, c’est-à-dire en lui donnant la forme de têtard. Nous en possédons quelques jeunes sujets en Provence, où ils semblent ne pas craindre le froid. Leur croissance est relativement un peu lente. Ce sont, en général, de beaux arbres d'ornement.
E. crebra Ferd. vox MuLer. — L’/Zronbark-tree, à feuilles
étroites, de la Nouvelle-Galles du sud et de la colonie de Queen’s Land. Bois rougeâtre, dur, lourd, élastique et d’une longue durée ; aussi l’emploie-t-on communément à la construction des ponts, comme aussi pour faire des pilotis dans l’eau, des traverses de chemins de fer, des wagons, des barrières autour des champs, etc. Le docteur Bailey a signalé dans le nord-est de l’Australie une variété de cette espèce dont l’arome est si agréable qu’on s’en sert comme de condiment. Peut-être faut-il considérer comme simples variétés de l’Æ. crebra, les Æ. leplophleba et drepanophylla, dont le bois a les mêmes qualités. Tous ces arbres exsudent en abondance une gomme résine, qui a toute l’apparence et les propriétés de la résine kino.
E. diversicolor (ou colossea) Ferd. vox Muzrer.— Le Xarri, du sud de l’Australie occidentale. C’est un arbre colossal, dont on a rencontré plus d’une fois des échantillons de 130 à 140 mètres de hauteur, avec une grosseur de tronc proportionnée à cette taille. L'arbre est comparativement élancé, surtout lorsqu'il croît dans des massifs épais et serrés ; aussi l'y voit-on donner des fûts de 60 à 90 mètres, droits et filés, au-dessous des premières branches. Moins serré par d’autres arbres, le tronc arrive à une épaisseur de 3 à 4 mètres au niveau du sol. Son bois est élastique, d’une longue durée, aussi résistant à la rupture transversale que celui du chêne, mais moins facile à travailler que celui de l'ÆZ. marginata. On l’'emploie d’ailleurs à tous les genres de constructions, civiles et navales, principalement pour faire des mâts de navires. Ce bel Eucalyptus réussit fort bien en Provence et en Algérie, où déjà quelques échantüllons âgés d’une dixaine d’années fleurissent et frucüfient. Sa résistance à la gelée est un peu moindre que celle de VE. globulus, qui le surpasse aussi en rapidité de croissance.
E. doratoxylon Ferd.vox Muzrer.— Le Spear-wood ou arbre à lance du sud-ouest de l'Australie, dont il occupe les endroits stériles. Sa tige est menue et remarquablement droite, et son bois si compacte et si élastique que les tribus nomades indigènes viennent de loin le chercher pour en faire des lances. Ce petit arbre pourrait rendre bien des services dans les sols pauvres et arides du Sahara algérien, où il serait intéressant d’en essayer la naturalisatioin.
E. eugenioides SI£BER. — Un des nombreux S{ringy bark de la Nouvelle-Galles du Sud et de la colonie de Victoria. Il abonde dans cerlaines localités et y atteint des proportions considérables. Son bois, facile à fendre, y sert aux constructions rurales de toutes espèces. L’arbre a de certaines analogies avec l’Æ. piperita.
E. ficifolia Ferd. vox Muzrer. — Du sud-ouest de l'Australie. Ce n’est qu’un petit arbre ou un grand arbrisseau, que nous ne signalons ici qu’à cause de sa beauté décorative, due à son grand feuillage qui rappelle celui des figuiers élastiques, et à ses superbes panicules de fleurs pourpres. Au point de vue ornemental, cet arbrisseau a une réelle valeur.
E. globulus Lagizz. — Le Zlue qum de la colonie de Victoria et de la Tasmanie, l’arbre classique du genre, un des plus grands et des plus merveilleux par la rapidité avec laquelle il croît, et celui
qui a été le plus largement introduit dans les pays à climats tempérés-chauds de l’Europe, de l'Afrique et de l'Amérique. Presque partout on en a essayé la culture, mais il n’a jamais réussi entre les tropiques, si ce n’est à une certaine altitude, où le climat se rapproche de celui de l'Australie méridionale. Il abonde en Provence, où on en rencontre beaucoup de grande taille et mûrissant des graines depuis plusieurs années. Il est rare qu’il y souffre du froid, et on peut le considérer comme entièrement naturalisé dans tous les pays circum-méditerranéens où l’oranger, moins rustique que lui, passe impunément l’hiver à l'air libre.
Ce qui a surtout contribué à hâter la propagation de cet arbre, c'est sa propriété, aujourd’hui bien constatée, d’assainir les pays marécageux dévastés par la fièvre. Une plantation d’'Eucalyptus dans les terres imbibées d’eau stagnante équivaut au drainage. Par la puissante succion de ses racines il assèche le sol, et 1l rend purifiée à l’atmosphère, sous forme de vapeurinvisible, l’eau qu’il a absorbée. Son feuillage, très aromatique, contient d’ailleurs un principe fébrifuge qui a été souvent administré avec succès dans des fièvres rebelles contre lesquelles le quinquina avait échoué. Déjà, au seul point de vue de l'hygiène, cet Eucalyptus est un arbre précieux, mais il ne l’est pas moins si nous le considérons comme arbre forestier, destiné à produire du bois d'œuvre et du combustible. Ce sont là en effet des objets de première nécessité pour toutes les nations civilisées, mais qui pour quelques-unes sont déjà devenus rares et d’un prix beaucoup trop élevé. C’est particulièrement le cas des pays méditerranéens, tant en Europe qu’en Afrique, pays jadis richement boisés, aujourd’hui dépourvus de forêts sur de vastes étendues, et par suite exposés à tous les excès atmosphériques, les vents violents, la grêle, les longues sécheresses, de temps à autre des pluies torrenelles, les ravages des insectes, etc., tous fléaux redoutables à l’agriculture moderne. R
Peu d’arbres, même parmi ses congénères, peuvent être comparés à l’Æ. globulus pour la rapidité de la croissance. Tant en Europe qu’en Amérique, on l’a vu, suivant les lieux, atteindre à 12 ou 15 mètres de hauteur en sept ou huit ans et fournir déjà à cet âge de fortes solives. Le bois en est lourd, dur, très difficile à fendre à cause de ses fibres entrelacées et tendant à prendre une direction spirale. IL est aussi d’une bonne durée, même dans la terre, et il fournit, en Australie, à tous les besoins de la charpente, de la menuiserie et de l'outillage agricole. En France, on a réussi à en construire de très beaux meubles. Lorsqu'il est mûr, le bois d’'Æ. globulus égale en solidité et en valeur celui du meilleur chêne de l’Europe, et il n’est pas très inférieur à celui du teck ; cependant il le cède en force à ceux des Æ. melliodora, polyanthema, siderophlæa et leucoæylon. Son écorce, qui se détache en grandes loques, contient une assez forte proportion de tannin, et peut être employée au tannage des cuirs ; elle l’est même déjà en Italie, à l’abbaye des Trois-Fontaines, près de Rome, où le gouvernement italien a entrepris de faire planter des bois d’Eucalyptus pour assainir des plaines désolées depuis des siècles par la fièvre. De vastes plantations en ont aussi été faites en
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Algérie, dans des localités jadis très insalubres, aujourd’hui parfaitement assainies et peuplées. Les feuilles d'£ucalyptus globulus, surtout celles des jeunes arbres, contiennent divers principes aromatiques, qui jouissent de propriétés antiseptiques constatées. On s’en sert en médecine et en chirurgie, et on assure que l’essence d'Eucalyptus est le remède souverain de la loque, maladie infectieuse des abeilles, et qui cause parfois de grandes pertes aux apiculteurs.
E. gomphocephala DC. — Le Touart du sud-ouest de PAustralie. C’est aussi un grand arbre, qui s’élève à 35 ou 40 mètres, et dont la croissance est assez rapide, quoiqu’elle n’égale pas celle de lZ. globulus. Son bois est nerveux, dur et rigide, à grain fin, mais les fibres en sont tellement entrelacées qu’il est presque impossible de le fendre. Ce bois travaille peu, ou même reste parfaitement insensible aux vicissitudes de chaleur, d'humidité et de sécheresse, qui en déforment tant d’autres ; aussi l’emploie-t-on, dans sa région natale, à tous les besoins de la charpente, des constructions navales et de l’industrie. C’est du reste un des bois les plus forts que l’on connaisse. Nous en possédons quelques individus en Provence, mais trop jeunes encore pour fleurir. Sa rusticité est à peu près celle de l'E. globulus. De même que quelques autres espèces, 1l préfère les sols calcaires aux sols siliceux ou argileux.
E. goniocalyx Ferd. vox Muzrer. — Des parties méridionales de la Nouvelle-Galles du Sud, où il porte communément le nom de Bastard box. C’est un grand arbre, qui se plaît dans les terres argileuses. Son bois a beaucoup d’analogie avec celui de l'E. globulus, mais il est moins dur, moins fort et plus facile à travailler, d’ailleurs servant à tous les usages pour la charpente et les industries locales. Il est estimé surtout dans le charronnage, pour la construction des roues de voitures. Cet arbre n’est pas rare en Provence, où on en trouve des exemplaires hauts de 12 à 15 mètres et produisant beaucoup de graines.
E. Gunni J. Hook. — De la Nouvelle-Galles du Sud, de la colonie de Victoria et de la Tasmanie. Dans ce dernier pays il porte le nom d’arbre à cidre, parce que, dit-on, les indigènes en recueillaient la sève pour en faire une boisson ; dans le sud de la Nouvelle- Hollande, il porte le nom de Swamp gum, parce qu'il se plaît dans les lieux bas où les eaux de pluie séjournent une partie de l'année. L’arbre devient très grand (40 à 50 mètres), et donne un très bon bois. C’est un des plus rustiques du genre. Déjà assez commun en Provence, il y produit des graines qui servent à le multiplier. On croit que cet arbre pourra se naturaliser sur les côtes océaniques de la France, particulièrement dans les landes de Bordeaux et peut-être beaucoup plus loin vers le nord.
E. hæmastoma Suirx. — De la Nouvelle-Galles du Sud, où il partage avec d’autres espèces le nom de White qum. C’est un grand arbre, qui abonde en certaines localités, et dont le bois est employé dans la charpente commune; on en fait aussi d’excellent charbon. Un point qui le recommande particulièrement c’est la facilité avec laquelle il s’accommode des terrains sablonneux, où peu d’autres
Eucalyptus pourraient vivre. Si cet arbre se montrait assez rustique, sa culture serait indiquée sur les landes du sud-ouest de la France.
E. hemiphlæa Ferd. vox MULLER. — Des mêmes régions que le précédent, où on le nomme vulgairement Box tree, à cause de la dureté de son bois, que l’on a comparé avec le buis. Ce bois, en effet, est excellent, et jouit dans le pays d’une réputation méritée. Il sert à tous les usages.
E. leucoæylon Ferd. von MuLLer. — C’est l’Zronbark ou bois de fer de l'Australie méridionale et de la Nouvelle-Galles du Sud. L'arbre atteint à 30 mètres et plus de hauteur, et son bois a peu de rivaux, même parmi ses congénères, pour la force et la dureté; aussi est-il tenu en haute estime par les charpentiers, les constructeurs de navires, les charrons, les menuisiers, etc. Les expériences faites en Australie ont démontré que ce bois résiste à la rupture presque deux fois autant que le chène d'Amérique et le frène, et qu'il l'emporte même sur le bois d'Hickory (noyer noir) dans la proportion de 18 pour 100. On l’emploie fréquemment pour les traverses de chemins de fer, les pilotis, les étais des mines, les ustensiles agricoles de tout genre, etc. Cet arbre offre en outre l'avantage considérable de croître d’une manière satisfaisante sur des terrains trop rocailleux pour que l’agriculture ordinaire s’y établisse. Toutefois, il ne sort guère des sols granitiques, et c’est là peut-être ce qui explique sa facile réussite en Provence dans les terrains de cette nature. Son bois est tantôt blanc, tantôt de couleur foncée, et son écorce contient jusqu’à 22 pour 100 de son poids de tannin kino lorsqu'elle est fraîche, mais beaucoup moins après sa dessication. Cette espèce de tannin n’a pas la valeur de celui des acacias, mais il est utile en mélange avec ce dernier quand on ne vise pas à obtenir des cuirs de couleur claire. L’Æ. leucoxylon est déjà assez commun dans les jardins de Provence et dans quelques plantations de l'Algérie. Il a une variété à fleurs pourpres très ornementale.
E. longifolia Link. — De l'Australie orientale extratropicale, introduit depuis quelques années en Provence. C’est un arbre qui, en bonnes conditions de sol et de climat, peut atteindre à une cinquantaine de mètres de hauteur. D’après M. Reader, il n’existe pas de meilleur bois dans la région qu’il occupe.
E. loxophleba BENTH. — Le York qum tree des colons du sudouest de l’Australie. Il atteint à 30 ou 35 mètres de hauteur, sur un tronc de plus de { mètre de diamètre. Son bois dur et plus lourd que l’eau, même quand il est sec, est particulièrement recherché pour le charronnage.
E. macrorrhyncha Ferd. von Muzzer. — C’est un des nombreux Stringy bark de la colonie de Victoria et de la Nouvelle- Galles du Sud. Sa hauteur est de 30 à 40 mètres, et on le trouve principalement sur les collines rocailleuses et stériles, mais il ne monte pas très haut sur les montagnes. Son bois sert à tous les usages domestiques et surtout pour la confection du charbon. Il est presque aussi fort que celui de lÆZ. globulus et de VE. rostrata, et beaucoup plus que celui de l’Z. obliqua. Son écorce filandreuse,
d’un brun foncé, sert à couvrir les toits des constructions rustiques, et on en tire aussi des liens, utilisés de diverses manières dans les opérations de l’agriculture.
E. maculata Hook.— De la Nouvelle-Galles du Sud et des parties méridionales du Queen’s Land, où il porte le nom de Spotted qum tree (Eucalyptus tacheté). C’est un arbre de 40 à 45 mètres de hauteur, dont le bois est employé dans les constructions navales, le charronnage, la tonnellerie, etc. Le bois de cœur, au dire du docteur Wools, est aussi fort que celui du chêne de l’Europe.
E. marginata SmiTrH. — C’est le fameux Jarrah ou faux acajou, du sud-ouest de l'Australie, dont le bois passe pour indestructible, n'étant attaqué ni par les termites, ni par les tarels; aussi est-il fort recherché pour les pilotis et autres ouvrages en contact avec l’eau de mer. Il n’est pas moins estimé pour la confection des poteaux télégraphiques, des traverses de chemins de fer, des pieux, et en un mot pour toutes les boiseries enfoncées dans la terre, quelle qu’en soit la nature minéralogique ou le degré d'humidité ; mais pour ces divers emplois le bois doit être choisi de la meilleure qualité et arrivé à maturité complète. L'ingénieur chargé des travaux publics dans la ville de Perth (Australie occidentale) rapporte avoir fait enlever en 1877 des pilotis de bois de Jarrah qui avaient été mis en place, pour soutenir les quais du port, en 1834, et qui étaient encore parfaitement conservés après 43 ans de séjour dans l’eau, quoique les tarets abondent sur ce point de la côte. Le long de la jetée du port de Freemantle, des pieux datant de trente ans pouvaient à peine se distinguer de ceux qui n’avaient encore servi qu’un an. Cette longue résistance du bois de Jarrah aux diverses causes de destruction est due, selon toute vraisemblance, à une résine de couleur rouge, très analogue à la phlobaphène, et dont il contient de 16 à 17 pour 100 de son poids. En revanche il n’a guère que 4 à 5 pour 100 de kinotannin. Son grain est fin, onctueux et comme résineux au toucher ; il est assez facile à travailler, prend un beau poli et se prête à tous les ouvrages de menuiserie et de charpente. On assure même que, pour les constructions navales, on le considère comme préférable au teck et autres bois de l'Inde. Celui qui vient des montagnes est plus foncé en couleur, plus compacte et plus lourd que celui de la plaine. Ce serait aussi, d’après le capitaine Fawcett, un des bois les moins inflammables, et par suite un des meilleurs pour la fabrication du charbon.
Le Jarrah constitue de vastes forêts dans l'Australie sud-occidentale, et on n’en estime pas l’étendue à moins de neuf millions d’acres (plus de quatre millions d'hectares); on a calculé en outre que chaque acre de ces forêts produit annuellement 500 pieds cubes (près de 17 mètres cubes) de bois marchand. C’est en automne, ou sur la fin de l’été, que les arbres doivent être abattus; avec cette précaution le bois ne se déjette pas. Le Jarrah croît de préférence sur les sols ferrugineux, et il ne vient pas également bien partout, même en Australie. C’est ainsi qu'à Melbourne il se développe beaucoup plus lentement que les Z. globulus et obliqua; on suppose cependant qu’il réussirait mieux dans la partie montagneuse du pays. Pour la
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taille il ne rivalise pas avec les plus grandes espèces du genre, mais néanmoins c’est encore un très grand arbre, et on en cite des échantillons qui mesurent 25 mètres ou plus du sol à la première branche, avec une circonférence de 10 mètres à hauteur d'homme. Ainsi que beaucoup d’autres espèces d'Eucalyptus, celui-ci produit autour de son pied de grosses loupes, qui en accroissent considérablement le diamètre.
E. melanophlæa Ferd. voN MuLLER.— Arbre de moyenne grandeur, à écorce profondément sillonnée de crevasses et à feuillage pruineux-blanchâtre. Son bois est fort et d’une bonne durée, et fréquemment utilisé dans le pays pour les traverses de chemins de feret les poteaux télégraphiques, mais il est sujet à se fendre lorsqu'il a été abattu hors de la saison convenable et exposé aux rayons du soleil. C’est l’Zron bark (bois de fer) à feuilles argentées de la Nouvelle-Galles du Sud et du Queen’s Land.
E. melliodora GUNNINGH. — Il est connu, dans la colonie de Victoria et à la Nouvelle-Galles du Sud, sous le nom de Yellow box tree (buis jaune), ce qu’il doit à la teinte jaune pâle et à la dureté relative de son bois. Suivant les lieux, il est de grande ou de moyenne taille, s’élevant parfois à 60 mètres, sur un tronc volumineux comparativement à cette hauteur. Par sa texture, le bois rappelle celui de l’Æ. rostrata, sans l’égaler en durée, mais il est équivalent en force à celui de l'Æ. globulus, et ne le cède, sous ce rapport, qu'à ceux des Æ. leucoxylon, siderophlæa et polyanthema. Il sert d’ailleurs à tous les emplois dans la charpente et la menuiserie, et est surtout recherché par le charronnage. C’est aussi un excellent combustible. 1/7. melliodora existe dans plusieurs localités de la Provence maritime, sans y être commun. Il s’y montre d’ailleurs parfaitement rustique.
E. microcorys Ferd. von Muzzer. — De la Nouvelle-Galles du Sud et de l'Etat de Queen’s Land, où les colons lui donnent le nom de Tallow wood (bois de suif), qui rappelle un de ses caractères. C’est un grand arbre, dont on voit des füts de 30 mètres très réguliers, sur 2 mètres ou plus de diamètre. Le bois est jaunâtre, sans veines de résine kino, facile à scier et à raboter et remarquablement onctueux au toucher lorsqu'il est fraichement abattu, ce qu’il doit à une matière grasse assez semblable à la viscime. Il en contient environ 1 pour 100 de son poids, et on assure qu’elle a pour effet de l’empêcher de se fendre ou de se déjeter, mais non de se contracter et de durcir. Quoi qu’il en soit, ce bois sert à tous les genres de travaux; on l’emploie même à la confection de traverses de chemins de fer et de poteaux télégraphiques. Son feuillage est remarquablement riche en huile volatile.
E. microtheca Ferd. von MULLER. — Espèce largement répandue dans les parties les plus arides de l'Australie, tant tropicale qu’extratropicale, ce qui la rend particulièrement précieuse pour le boisement des déserts actuellement dénudés par la sécheresse et l’ardeur du soleil. C’est un arbre de grande taille, et on le voit atteindre à 40 mètres où même davantage, dans des conditions favorables de sol et de climat. Son bois est brun, quelquefois de
couleur très foncée, dur, pesant et élastique, souvent moucheté, ce qui le fait rechercher pour l’ébénisterie. On l’emploie d’ailleurs à tous les ouvrages de grande charpente et de menuiserie,
E. obliqua L. Hérir. — Des montagnes de la Tasmanie, où on le désigne sous le nom de Séringy bark (écorce fibreuse), qu’on applique d’ailleurs à plusieurs autres espèces. Dans la colonie de Victoria il porte le nom de Messmate. C’est un des plus grands arbres du genre, car on le voit s'élever à plus de 90 mètres sur un tronc de 2"50 à 3 mètres de diamètre, à quelque distance du sol. C’est peut-être de tous les Eucalyptus celui qui forme les peuplements les plus uniformes et les plus continus, et il constitue d’immenses massifs forestiers, non seulement en Tasmanie, mais encore sur le continent australien, du golfe de Spencer aux parties méridionales de la Nouvelle-Galles. Il varie d’ailleurs sensiblement dans cette étendue de pays, ce qui lui a valu des dénominations différentes suivant les lieux. Son bois n'a ni la force ni la finesse de grain de celui de plusieurs autres espèces d'Eucalyptus ; mais il est facile à travailler et à fendre, aussi est-il très employé dans toutes les industries où le bois ne doit être n1 enterré n1 exposé à l’humidité. Un de ses grands avantages est de se contenter des sols les plus pauvres et d'y produire plus de matière ligneuse qu'aucun autre arbre ne le ferait dans les mêmes conditions, qualité précieuse pour les pays où il y a urgence à se procurer du bois dans le moindre laps de temps possible. Ajoutons à cela que son écorce contient de 11 à 13 pour 100 d’acide kino-tannique.
E. occidentalis Suirx. — De l'Australie occidentale, comme son nom l'indique. C’est le Flat topped yate des colons. Suivant les lieux où il croît, c’est un grand arbre ou un simple arbrisseau, très variable d’ailleurs par le port, mais assez bien caractérisé par ses inflorescences septiflores, à opercules plus longs que le tube du calice, et sous lesquels les étamines restent droites au lieu de s’infléchir vers le centre de la fleur. Son bois de cœur est de couleur foncée, très dur et utilisé dans le charronnage. Cet arbre, qui est déjà assez commun en Provence et en Algérie, présente cette parücularité de fleurir dès sa troisième et quelquefois dès sa seconde année, lorsqu'il n’est encore qu’un arbuste de Î à 2 mètres. Sa croissance est d’ailleurs assez rapide. En Australie on le voit s'élever à 30 ou même 40 mètres, dans les terres profondes et fraîches.
E. oleosa BEur.— Espèce répandue dans une grande étendue du continent australien, de l’est à l’ouest, et variant considérablement suivant les natures de sol qu’il rencontre. Dans les régions désertes et arides c’est un simple buisson, dans les terres plus fertiles et mieux arrosées il s'élève quelquefois à 30 ou 35 mètres, fournissant un bois extrêmement dur, rougeâtre, plus lourd que l’eau même quand il est sec, d’ailleurs facile à fendre et employé à tous les usages. Une particularité de cette espèce est la richesse de ses feuilles en une huile essentielle qui a la propriété de dissoudre à froid le caoutchouc, l’ambre et les autres résines fossiles. Suivant les lieux il porte des noms différents; c’est le Morrell des colons de l’Australie occidentale.
270 ÉNUMÉRATION DES PLANTES E. paniculata Swrrn. — Le While iron bark tree des colons de
la Nouvelle-Galles du Sud, qui l’utilisent pour tous les genres de constructions. Son bois, facile à fendre et de longue conservation en terre, y est très utilement employé pour faire des traverses de chemins de fer, des palissades autour des propriétés, pour le charronnage, etc.
E. pauciflora SiEB. — Plus connu peut-être sous le nom de coriacea. C’est une des espèces d’'Eucalyptus les plus intéressantes pour les pays situés au nord de la Méditerranée, à cause de sa rusticité relative, même en dehors de la région de l'olivier, où on l’a vu résister, sans le moindre dommage, à des froids de 10 à 12 degrés au-dessous de zéro. Cette rusticité s’explique par sa provenance de montagnes assez élevées (1,500 mètres ou plus) dans le sud de l’Australie et en Tasmanie. C’est un bel arbre, à écorce blanche et lisse, dont les derniers rameaux retombent gracieusement comme ceux du saule pleureur, et qui arrive à de fortes dimensions. Son bois, sans être aussi durable que celui de beaucoup d’autres Eucalyptus, n’en est pas moins employé très utilement dans les constructions ordinaires. Suivant les lieux, les colons lui donnent les noms de White qum, Drooping qum, Swamp gum tree. On le distingue aisément de tous ses congénères jusqu'ici connus à son feuillage longuement lancéolé, épais, coriace, et dont les nervures latérales sont dirigées dans le sens de la longueur, presque parallèlement à la nervure médiane.
E. phænicea Ferd. vox Muzcer. — De la région la plus septentrionale et la plus chaude du continent australien. On ne sait à peu près rien des usages auxquels son bois pourrait être employé, mais la beauté de ses grandes fleurs rouge écarlate le recommande comme un arbre de grand ornement pour les parcs et les jardins. A cause de son origine tout à fait tropicale, on peut douter que la culture en soit possible à l’air libre au nord de la Méditerranée, du moins en France.
E. pilularis Smirx. — De la Nouvelle-Galles du Sud et du Queen’s Land méridional. On le considère à Sydney comme un des meilleurs arbres forestiers du pays, tant pour les qualités de son bois que pour les belles proportions auxquelles il arrive. On en a mesuré, dans le district d’Illawara, de près de 100 mètres de hauteur avec une circonférence de 12 à 13 mètres au niveau du sol. On en tire des madriers pour la charpente, des planches pour le parquetage des appartements, des poteaux télégraphiques, même des traverses de chemins de fer. Dans nos cultures de Provence, cet arbre nous a paru moins résistant au froid que l'Æ. globulus.
E. piperita Smiru. — De la Nouvelle-Galles du Sud et du Gipp’s Land, où il porte le nom de Wite stringy bark. C’est un arbre de grande taille, dont le tronc, à hauteur d'homme, atteint jusqu’à 1 mètre de diamètre. Le bois se fend aisément et sert à tous les usages. Son feuillage est riche en huile volatile.
E. Planchoniana Ferd. von MuLLer. —- Du Queen’s Land méridional. Cet arbre est encore peu connu; on sait seulement qu’il s'élève à une trentaine de mètres, sur { mètre ou plus de diamètre
à hauteur d'homme, que son bois est de bonne qualité, pesant et d’une longue durée, facile à scier, mais ne se fendant qu’avec difficulté.
E. platyphylla Ferd. vox MuzLEer.— Du Queen’s Land, où il est surtout estimé comme arbre d’avenue et propre à fournir des ombrages, par suite de la grandeur exceptionnelle de son feuillage, qui mesure quelquefois de 0"40 à 0"45 de longueur, sur 0"30 de largeur. On le croit très voisin de l’Æ. alba, de l'ile de Timor, qui peut-être se confond spécifiquement avec lui.
E. polyanthema ScHAUER. — Du sud-est de PAustralie, où on lui donne le nom de ed box (buis rouge). C’est un des plus beaux arbres du genre par sa haute taille, son feuillage de temte glauque et son abondante floraison en panicules blanches à l'extrémité de ses rameaux ; c’est aussi un des plus utiles par les qualités de son bois, extrêmement dur, compacte et d’une longue durée. On le préfère même au chêne et au frêne pour la charpente et pour tous les ouvrages auxquels ces derniers bois sont employés. Comme combustible il est de premier ordre. Sa hauteur atteint jusqu’à 40 ou 45 mètres, sur une grosseur proportionnée, et sa croissance est presque aussi rapide que celle de lÆ. globulus, lorsqu'il est en bon sol. Une autre qualité qui doit nous le faire apprécier est sa rusticité relative, plus grande que celle de lÆ’. globulus. On en possède déjà de nombreux échantillons en Provence et en Algérie. Ses larges feuilles rondes, dressées et d’une teinte glauque blanchâtre, le font aisément reconnaître à première vue de tous les autres Eucalyptus.
E. populifolia Hook. — Des parties les plus chaudes de l’Australie orientale, où les colons le nomment Bembrl et Shining leaved boæ. Tout ce qu’on en sait, c’est que son bois, très dur et très résistant, est employé dans le pays pour faire des poteaux, des leviers, des manches d'outils, en un mot pour tous les ustensiles auxquels on demande beaucoup de force et de résistance. A cause de sa provenance cet arbre conviendra aux climats chauds et secs; il est surtout indiqué pour le nord de l'Afrique.
E. punctata DC. — De la Nouvelle-Galles du Sud, où les bûcherons lui donnent les noms de Leather jacket et Hickory Eucalyptus. C’est un bel arbre, à tronc lisse, haut de 30 à 35 mètres, ou plus, croissant avec une certaine rapidité. Son bois est légèrement brunâtre, dur, résistant et de longue durée. On l’emploie dans les constructions maritimes, dans le charronnage, en traverses de chemins de fer et à tous les autres usages.
E. Raveretiana. Ferd. von MuLcer. — Du Queen’s Land, où il porte les noms de Grey qum tree et Zron gum tree. C’est un arbre de la plus grande taille, s’élevant jusqu’à près de 100 mètres, sur un tronc de 3 mètres et plus de diamètre. Il se plaît au voisinage des rivières et aux alentours des marais. Son bois, très dur et de longue conservation, est de couleur foncée et on l’emploie à tous les genres de constructions, même en traverses de chemins de fer. Les entailles faites sur sa tige donnent issue à un liquide acidule, presque incolore, dont on peut recueillir une assez grande quantité, et qui rappelle celui qu’on extrait du tronc de lÆ. Gunnu.
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E. redunca ScHAUER. — Le White qum tree de l'Australie occidentale, le Wandou des aborigènes. C’est aussi un arbre de grandes dimensions, car on en a mesuré dont le tronc avait plus de 5 mètres de diamètre au niveau du sol. Son écorce est blanchâtre, de teinte mate, et laissant sur les mains, quand elle est frottée, une pulvérulence de même couleur. Il semble se plaire dans les terres basses, froides, de qualité médiocre, ne craignant même pas celles où l’eau reste stagnante pendant la saison des pluies. Son bois, qui est de couleur claire, est lourd, dur, très résistant et particulièrement estimé pour le charronnage et pour la charpente. Lorsqu'il est sec il pèse environ 70 livres par pied cube, ou 1,000 kilogrammes par mètre cube.
E. resinifera SMITH. — Du Queen’s Land méridional et de la Nouvelle-Galles du Sud, où les colons le nomment Red mahogany (acajou rouge). C’est, d’après le Rév. Wools, un arbre forestier de premier ordre, tant par l’excellence de son bois que par la rapidité de son développement. C’est aussi un des Eucalyptus qui s’accommodent le mieux du climat tropical. On l’a vu attemdre à 14 mètres en douze ans à Lucknow, dans l'Inde, et à 4 mètres en deux ans dans les terres fertiles et profondes. En Europe on l’a presque toujours confondu avec l’Æ. rostrata, dont il est facile de le distinguer quand on a les deux arbres sous les yeux.
E. robusta Surrx. — De la Nouvelle-Galles du Sud, où il porte le nom de Swamp mahogany (acajou des marais). Sans être de première grandeur dans le genre, car il ne s'élève guère au-dessus de 30 à 35 mètres, c’est néanmoins un des plus beaux Eucalyptus par la grandeur et l’abondance de son feuillage lustré et par la largeur de sa tête arrondie en dôme. Comme arbre d’avenue et de décor, il a peu de rivaux, mais il a plus d’intérêt encore comme arbre forestier, tant à cause de la rectitude de sa tige, la beauté et la bonne qualité de son bois que par la faculté qu’il a de croître dans les sols marécageux et légèrement salés, au voisinage de la mer. Ce sera un arbre précieux pour l'Algérie, où on pourra en créer des forêts aux alentours des chotts, ou marais salants, aujourd’hui totalement dépourvus d'arbres. Son bois, dur, solide et d’une bonne durée, est fort employé dans le charronnage, et fournit d'excellentes solives. Ce bel arbre existe dans plusieurs localités de la Provence maritime, où 1l commence à fleurir et à produire des graines. Il s’y montre à peu près aussi rustique que l’Æ. globulus.
E. rostrata ScuLEcHT. — D'une grande partie de l'Australie méridionale et même de l’intérieur du continent, où il semble rechercher les terres humides à sous-sol argileux et peu perméable. Il se plaît même dans les localités périodiquement inondées par les pluies d'hiver, mais il réussit également dans les terres plus sèches, ainsi que nous le voyons en Provence et en Algérie, où il est déjà assez commun. C’est le ed qum des colons australiens. Exceptionnellement on le voit s'élever à une soixantaine de mètres, sur un tronc proportionnellement plus gros et plus massif que celui de la plupart des autres Eucalyptus. C’est du reste un arbre essentiellement forestier, dont la tige s’élève droite dès le jeune âge, et tend à donner