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celles de la carotte, du panais et de plusieurs autres Ombellifères. Le Selinum acaule Pursu et le Thapsia glomerata Nurazz sont identiques avec cette plante.
CYNARA. —- Genre de Composées carduacées, mdigènes du midi méditerranéen de l’Europe et du nord de l'Afrique, qui ont fourni deux plantes intéressantes à la culture polagère. Ce sont les suivantes :
C. cardunculus L. — Le cardon d'Espagne. Grande et forte plante, qui a tout l’aspect d’un chardon et qui est très épineuse à l’état sauvage. Les côtes de ses feuilles blanchies artificiellement sont un légume estimé. La culture a beaucoup amélioré cette plante, en lui donnant plus d’ampleur, en diminuant son amertume naturelle et en y faisant naître des variétés moins épineuses que le type sauvage ou même tout à fait inermes.
CG. Scolymus L. — L’artichaut. Ce légume est trop connu pour qu’il y ait utilité à le décrire ici. Il a produit un grand nombre de variétés, qu’on trouvera indiquées dans les trailés de jardinage, ainsi que les procédés de culture les plus avantageux. Rappelons seulement qu’il tient une grande place dans la culture potagère, et qu’il fournit matière à une large exportation de produits du midi de l'Europe vers le nord. C’est une des exploitations les plus prospères et les plus rémunératrices du midi de la France.
CYNODON dactylon L. — Le petit chiendent. Graminée basse, à rhizomes rampants dans le sol, qu’ils envahissent avec une extrême rapidité. C’est un des fléaux de la culture dans une grande partie de l’Europe, surtout dans le midi, où elle résiste aux plus grandes sécheresses. Elle est également répandue dans plusieurs parties de l'Inde, de l'Amérique et des Antilles.
Malgré sa mauvaise réputation, le Cynodon dactylon rend d’importants services quand on sait l’employer à propos. Il fait de bons pâturages pour les moutons dans les lieux les plus arides ; il maintient les terres en pente qui, sans lui, seraient entraînées par les eaux; on en fait des gazons de longue durée et qui ne demandent presque aucun soin. Enfin ses rhizomes, retirés de terre au premier printemps, contiennent alors une bonne proportion de gluten, de fécule, de gomme et de sucre, ce qui leur donne une certaine valeur médicinale, et permet d’en faire des tisanes utiles dans la plupart des maladies inflammatoires. En Italie on en extrait une sorte de miel (le Mellago graminis des pharmacies). La plante se reproduit avec une extrème facilité par fragments de ses rhizomes, mais on doit l’extirper autant que possible des terres livrées à la culture, et c’est une opération assez dispendieuse.
CYNOSURUS cristatus L.— Graminée fourragère, d’une grande partie de l’Europe et de l'Asie, qui se plaît dans les terrains découverts, et se trouve le plus souvent mêlée aux autres fourrages. Elle est vivace et résiste passablement à la sécheresse. C’est une bonne pâture en vert et qu’on doit recommander, mais elle est de qualité
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médiocre comme fourrage sec. On la sème en mélange avec d’autres graminées, telles que dactyle, pâturin des prés, agrostides, etc., destinées à être consommées en vert.
CYPERUS. — Laiche. Genre de Cypéracées, dont quelques espèces ont des emplois économiques ou industriels. Les principales sont les suivantes :
GC. corymbosus RorTBoELzLz. —- De l’Inde, où on l’exploite sur une grande échelle pour la tresser en nattes, tapis de pied, corbeilles, etc. C’est une grande et belle plante demi-aquatique, qu’il serait facile ae multiplier au bord des eaux, dans tous les pays exempts de gelées.
GC. segeltum RoxBG. — De l'Inde, de la Chine méridionale et du nord de PAustralie. On en fabrique au Bengale des nattes de qualité supérieure. En Chine la plante est cultivée à la manière du riz, mais seulement dans les terres graveleuses, sillonnées de rigoles pour l’arrosage. Ce roseau pourrait être naturalisé comme le précédent, et dans les mêmes conditions climatériques.
C. textilis THUNBG.; C. vaginatus Rob. Br.— Espèce largement répandue en Australie, et qui se trouve aussi dans le sud de l’Afrique, mais toujours dans les sols marécageux. Dans la colonie de Victoria (Australie méridionale) on regarde cette laiche comme la meilleure des plantes textiles indigènes. On en fabrique non seulement des lissus, mais aussi un très bon et très solide papier à écrire. La plante étant vivace, on peut en faire une ou plusieurs coupes dans l’année. Elle abonde surtout dans les sols inondés par la rivière Murray, et il serait facile de l’établir dans les lieux analogues du midi de l’Europe. Les indigènes d'Australie se servent de ses fibres pour faire des filets.
C. esculentus L. — Le souchet comestible. Du midi de l’Europe, de l'Asie occidentale et du nord de l’Afrique. C’est à peu près la seule cypéracée qui soit utilisée pour la nourriture de l’homme, et on la cultive dans plusieurs pays, notamment en Espagne. Son produit utile consiste en tubercules souterrains de la grosseur d’une amande ou d’une petite noix, tendres et farineux, qui se mangent crus ou cuits. Les analyses chimiques y ont constaté, sur 100 parties, de 27 à 29 pour 100 de fécule, de 12 à 14 de sucre, 28 d'huile, 7 de gomme et 14 de cellulose, ce qui explique leurs qualités nutritives. Chaque plante en produit de 100 à 150, et comme elle ne drageonne pas elle n’envahit pas le terrain destiné à d’autres cultures. L'industrie tire quelque parti des tubercules du souchet; outre l'excellente huile comestible qu’elle en obtient, elle en fabrique de l’orgeat et même un assez bon succédané du café. Enfin les pores sont friands de ces tubercules, qu’ils savent déterrer dans les champs où la plante est cultivée.
C. Papyrus L. — Le papyrus du Nil. Plante célèbre dans l’antiquité, où elle servait à faire le papier à écrire, et c’est par elle que tant de précieux documents nous ont été conservés. On n’en fait plus d'usage aujourd’hui, mais les services qu’elle a rendus ne permettent pas de la laisser tomber dans l'oubli. C’est d’ailleurs une
très belle plante d'ornement et une des plus grandes de la famille des Cypéracées; aussi est-elle cultivée dans la plupart des aquariums des serres de l’Europe. On ne la trouve plus aujourd’hui que dans le Haut-Nil et quelques autres fleuves de l'Afrique.
C. syriacus PARLAT.— Cette espèce est voisine du papyrus, mais presque de moitié moins grande, car elle n’atteint guère qu’à 2 mètres. C’est aussi la plus répandue dans les serres chaudes, où elle passe assez souvent pour le vrai papyrus de l’antiquité, dont elle peut n'être, après tout, qu’une simple variété. Introduite au jardin botanique de Melbourne (Australie méridionale), elle y souffre quelquefois des petites gelées de l'hiver. Le même fait s’observe en Provence.
Quoique les Cyperus ne fleurissent pas dans le sens que le vulgaire attache à ce mot, quelques espèces rustiques ou demi-rustiques sont aujourd’hui cultivées comme plantes d'agrément dans les bassins des jardins ou au bord des eaux, telles que les C’. alternifolius de Madagascar, asperifolius de l'Inde, pungens du Cap, etc. Per C: giganteus, de la Guyane et des Antilles, pourrait, par sa haute taille, faire le pendant du C. papyrus dans les serres chaudes.
CYTISUS. — Arbrisseaux de la famille des Légumineuses papilionacées, la plupart des pays tempérés ou tempérés-chauds de F hémisphère septentrional ; très voisins du vaste genre des Genista, avec lesquels ils sont quelquefois réunis. Citons les deux suivants, qui ont le plus d'intérêt au point de vue de la culture
C. prolfer us L. f.— Le Tagasate des Canaries. C’est un arbrisseau de 4 à 5 mètres, à longues branches étalées, très feuillues et à bois très dur. On le cultive aux Canaries pour la nourriture des bestiaux, des vaches principalement, dont il augmente la production laitière. En le taillant en têtards, haut de 0"50 à 1 mètre, 1l repousse continuellement des branches que l’on moissonne au fur et à mesure pour les faire consommer en vert. Cet arbrisseau, introduit en Provence et en Roussillon dans ces dernières années, s’y est montré parfaitement rustique et résistant bien aux sécheresses de ces deux provinces. Ce sera, tout semble le promettre, une utile acquisition pour le midi de l’Europe et autres pays de climats analogues. Ses fleurs sont blanches et très abondantes.
GC. Laburnum L.— L’aubour des Alpes. Arbrisseau d'Europe, à fleurs jaunes, en longues grappes pendantes. Il est fréquemment employé comme arbre d'ornement, mais ses feuilles et ses fleurs passent pour vénéneuses et nuisibles aux bestiaux. Nous ne le citons ici que pour mettre le public en garde contre ces fâcheuses propriétés.
DACRYDIUM. —- Arbres conifères, appartenant tous à l’hémisphère austral, où ils remplacent les pins et les sapins de nos contrées. Ce sont en général de grands et beaux arbres, dont quelquesuns sont déjà introduits dans le midi del’ Europe, plutôt comme
arbres paysagers qu’au point de vue de l'utilité. Citons, entre autres :
D. cupressinum SOLAND. — De la Nouvelle-Zélande, où il porte les noms de ZÆimu et de Pin rouge. C'est un arbre de première grandeur, car il s'élève souvent à plus de 60 mètres. Son bois est excellent pour les travaux de charpente et de menuiserie, mais il se détériore rapidement dans l’eau. C’est dans les vallées fraiches et un peu humides qu’il atteint ses plus belles proportions. Par sa verdure dense et ses longues branches retombantes il conviendrait particulièrement pour l’ornementation des cimetières.
D. Franklini Jos. Hook. — Le Pin Huon, de Tasmanie. Il est essentiellement forestier et recherche les vallées profondes où abondent les fougères. Sa hauteur est d’une trentaine de mètres, sur 5 à 6 mètres de circonférence au niveau du sol. Le bois en est estimé, non seulement pour la charpente et les constructions navales, mais aussi pour la menuiserie de luxe et la ciselure sur bois; de là le fréquent emploi qu’on en fait pour la gravure commune. On en tire aussi des planchettes légères utilisées dans la fabrication d’instruments de musique, principalement de pianos.
D. Kirk Ferd. von MurzzEr. — Le Manoao de la Nouvelle- Zélande. C’est un arbre de forme pyramidale, de 20 à 25 mètres, sur 3 à 4 mètres de circonférence au pied. Son bois, d’après le docteur Kirk, est de couleur rougeâtre et très durable. Il ne paraît pas encore avoir été introduit en Europe.
Ces trois arbres, originaires de climats tempérés et humides, réussiraient en Europe comme arbres forestiers, mais seulement dans les localités où ils retrouveraient à peu près les conditions de leurs contrées natales, le sud-ouest de la France et plus sûrement encore les côtes océaniques de l'Espagne et du Portugal.
Le D). elatum, très grand arbre des Moluques et des îles de la Sonde, semble indiqué pour nos colonies intratropicales, la Nouvelle-Calédonie, les Antilles et peut-être la Guyane et la côte occidentale d'Afrique
Le 2). Colensoi HooKk., de la Nouvelle-Zélande, paraît moins grand que ceux qui précèdent, car il ne s'élève guère qu’à 15 ou 18 mètres,
mais il est renommé pour la dureté de son bois, qui passe pour incorruptible.
DACTYLIS. — (raminées vivaces, des pays tempérés ou froids, qui rendent divers services à l’agriculture. Signalons parmi elles les suivantes :
D. glomerata L. — Le dactyle, de l’Europe et de l’Asie centrale, qui se plaît dans tous les sols, même dans les plus pauvres et les plus secs, et réussit encore assez bien sous le couvert des arbres. C'est un fourrage précoce, qui, dès la fin de l'hiver, procure une bonne pâture en vert aux bestiaux; mais on en fait peu de cas pour les prairies à faucher, à cause de la dureté de ses tiges. On sème le dactyle au printemps, et plus avantageusement en automne, soit
seul, soit mélangé à d’autres fourrages, plus babituellement avec la lupuline.
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ÉNUMÉRATION DES PLANTES 241 D. cæspitosa Forsr. — Le tussock ou ltussack. Grande plante
vivace, de l’extrémité australe de l'Amérique du Sud, de la Terre de feu et des îles Falkland. Ses tiges s'élèvent jusqu'à 2"50 ou même 3 mètres de hauteur, mais elle ne vient que dans les terres basses et un peu marécageuses, à peu de distance de la mer, dont les brumes paraissent lui être utiles. C’est un assez bon fourrage et qui est recherché par les animaux. On l’a introduite avec un certain succès dans les Orcades et les Hébrides, près des côtes d'Angleterre, où elle s’est naturalisée.
D. littoralis Wizzo. — Du midi de l'Europe. Plante drageonnante, propre à fixer les sables des bords de la mer; plus importante peutêtre parce qu’elle nourrit une espèce de kermès {Porphyrophora Hamelii) qui produit une belle teinture rouge.
DALBERGIA. — Arbres de la famille des Légumineuses, origipaires de l'Inde, de l'Afghanistan et de l'Amérique méridionale, renommés pour l'excellence et la beauté de leurs bois, qui s’exportent en Europe et s’emploient dans l’ébénisterie. Ce sont principalement les suivants :
D. Sissoo Rox8&.— Le sissou de l’Inde, haut de 18 à 20 mètres, répandu dans l’Inde septentrionale, où il s'élève sur les montagnes jusqu’à 15 et 1,600 mètres. D’après le docteur Brandis, son bois est plus résistant à la rupture transversale que celui du Teck et du Säl; il est élastique et n’est point sujet à se fendre ni à se déjeter; il prend en outre un beau poli par le rabotage. C’est aussi un bois de construction de premier ordre. L'arbre se reproduit aisément de graines et même de boutures ; sa croissance est relativement rapide et il n’est point affecté par de petites gelées. Dans le Pendjab, au dire du capitaine Campbell- Walker, la culture du sissou n’est rémunérative qu'avec un minimun de 400 millimètres d’eau pluviale, encore fautil souvent irriguer le terrain pendant les fortes chaleurs de Pété.
D. nigra. ALLEM. — Du Brésil, jusqu'aux provinces méridionales. C’est un grand arbre, qui s’accommoderait vraisemblablement du climat de l'Algérie s’il était moins sec, mais qu’on introduirait avec plus de sûreté à la Nouvelle-Calédonie. C’est à lui que l’ébénisterie emprunte les bois dits de Palissandre et de Caviuna, et aussi en partie ceux de Jacaranda. Un autre arbre du même genre, le D. miscolobium, du Brésil méridional, fournit de même du bois de Jacaranda.
On peut rattacher aux Dalberqia les espèces brésiliennes du groupe Machærium, entre autres le AZ. incorruptible, dont le bois n’est pas moins précieux que celui des précédents.
DAMMARA. — Genre de Conifères, la plupart de grande taille, et originaires de l'hémisphère austral, où ils représentent les pins et les sapins du Nord. Tous sont de beaux arbres et généralement utilisés dans les pays où ils croissent pour leur bois et leur résine. Citons particulièrement les suivants :
D. alba Rumrx. — C’est le Dammar de l'archipel indien, mais qu’on trouve aussi sur quelques points du continent. Il s'élève jus-
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qu’à 30 mètres et plus, sur un tronc de ? mètres à 2"50 de diamètre, droit et sans branches dans les deux tiers de sa longueur. Son bois est encore utilisé dans les constructions, mais son principal produit est une résine transparente très employée comme vernis.
D. australis LAMBERT. — Le Kauri de la Nouvelle-Zélande. C’est un arbre magnifique, qui atteint quelquefois jusqu’à 50 mètres de hauteur, sur un tronc de 4 à 5 mètres de diamètre. Son âge, calculé sur le nombre des couches ligneuses que montrent les coupes transversales, est estimé alors à 7 ou 800 ans. Son bois est excellent, d’une longue durée, à fibres très droites, propre pour ainsi dire à tous les usages, depuis la charpente et la construction des navires jusqu’à celle des meubles d'appartement. On l’emploie aussi en traverses de chemins de fer et dans le charronnage, et même pour les pilotis des quais, où il résiste longtemps aux causes de destruction. Sa résistance à la rupture est beaucoup plus grande que celle du pin de la Baltique, aussi le bois de kauri est-il l’objet d’un commerce important. La ville d'Auckland, à elle seule, en vend annuellement pour plus de quatre millions de francs. Outre son bois, le kauri fournit une résine dont il s’exporte des quantités considérables, et qu'on se borne à recueillir au pied des arbres, où elle s’accumule. Cette récolte est faite presque exclusivement par les indigènes, ou Maoris, qui la recherchent dans les lieux jadis occupés par ces arbres. On en déterre quelquefois des blocs de 40 à 50 kilogrammes, ce qui est toutefois une exception.
D. robusta G. MoonE.—- De l'Etat de Queen’s Land, en Australie. C’est un grand et bel arbre, qui réussit bien jusqu'à Melbourne (colonie de Victoria), où le climat est seulement tempéré. Il atteint jusqu’à 40 mètres de hauteur, sur 1"50 à 2 mètres de diamètre au niveau du sol. Son bois n’a pour ainsi dire pas de nœuds et est facile à travailler. Comme espèce, cet arbre est très voisin du D. alba, et donne de même une résine employée en guise de vernis. Il en existe quelques jeunes sujets assez florissants en Provence, dans la région des orangers, où ils ne paraissent pas souffrir du froid.
A ces principales espèces on peut ajouter les suivantes, qui auront un jour un certain intérêt pour nos colonies intratropicales. Ce sont les D. Moorei et D. ovata, de la Nouvelle-Calédonie, le D. macrophylla, grand et bel arbre de l'archipel de Santa-Cruz, et le 2). wiliensis, des îles Fidji.
DANTHONIA. — Graminées fourragères, des climats tempérés et tempérés-chauds. Parmi les espèces qui intéressent le plus l’agriculture, il convient de citer les suivantes :
D. bipartita Ferd. von Muzzer.— De l’intérieur de la Nouvelle- Galles du sud et de la colonie de Queen’s Land. La plante est vivace et produit un abondant fourrage, de bonne qualité, très estimé dans les déserts australiens.
D. Cunninghami J. Hook.— Superbe plante fourragère des Alpes de la Nouvelle-Zélande. Elle serait à introduire dans les pays à climat tempéré et humide.
D. nervosa Hook. — De l'Australie extratropicale ; très nourris-
sante pour le bétail et qui se plaît dans les terres basses et marécageuses.
D. penicillata Ferd. von MuzLEr. — De l'Australie extratropicale, Plante vivace, utile à semer en mélange avec d’autres herbes fourragères et qui donne son principal produit au printemps. Très estimée dans les localités où elle croît spontanément.
D. robusta Ferd. vox MuzLERr. — Des Alpes australiennes, où elle monte jusqu'aux bords des glaciers. Elle est très fourrageuse et de bonne qualité. Elle est spécifiquement voisine du grand 2). elata, de la Nouvelle-Zélande, qui est aussi un bon fourrage.
DATURA. — Genre de Solanées, originaires des parties chaudes de l'Asie et de l'Amérique, herbacées, annuelles ou vivaces, dont quelques espèces sont cultivées dans les jardins comme plantes d'ornement. Toutes sont narcotiques et plus ou moins vénéneuses, ce qui leur vaut un certain emploi en médecine.
L'espèce classique du genre est la séramoine ou pomme épineuse (D. Stramonium L.), qu'on croit originaire de l’Inde. C’est une forte plante annuelle, d’un mètre et plus de hauteur, à fleurs blanches, et dont les fruits sont de grosses capsules hérissées d’épines. Echappée des jardins, elle s’est naturalisée en beaucoup de lieux de l'Europe méridionale, surtout dans les terrains vagues aux alentours des villes. Son principal emploi en médecine consiste à préparer avec ses feuilles des cigares dont la fumée est très efficace dans l'asthme. Ses graines surtout sont vénéneuses, par le fait d’alcaloïdes particuliers qu’elles contiennent. Le 2). Tatula L., à fleurs violacées, est voisin de cette espèce et jouit des mêmes propriétés. Les D. Metel, fastuosa et ceratocaula sont considérés comme plantes d’ornement. La plus belle du genre est toutefois le D. arborea L.., du Pérou, remarquable par sa taille arbustive et surtout par la grandeur de ses fleurs, en forme d’entonnoir, pendantes et très odorantes.
DAUCUS. — Ombellifères propres aux pays tempérés de l’hémisphère septentrional. On en connaît plusieurs espèces, dont une seule, le D. Carota L., la carotte proprement dite, a acquis une véritable importance, par ses emplois économiques. Comme plante potagère elle est cultivée dans tous les pays civilisés, et elle y a produit un nombre considérable de variétés; comme plante agricole, elle tient un des premiers rangs parmi les racines fourragères.
A l’état sauvage, la carotte n’a qu’une racine fibreuse et dure; par une longue culture aidée de la sélection des porte-graines, cette racine s’est développée, est devenue charnue et tendre, en même temps que ses sucs se sont adoucis. Dans quelques variétés potagères, elle est devenue énorme et très sucrée. Sa forme ordinaire est celle d’un cône renversé, plus ou moins long, de couleur jaune, orangée, rouge, violette ou toute blanche suivant les variétés. En agriculture les carottes servent à la nourriture de tous les animaux de la ferme, mais principalement à celle des bœufs et des vaches.
La carotte est bisannuelle. On la sème au printemps, sur une terre bien ameublie et sur laquelle on a apporté des engrais con-
sommés. Elle réussit surtout dans les terres profondes, fraîches et contenant une certaine proportion de calcaire. Les variétés très sucrées son{ surtout potagères; on en extrait quelquefois le sucre sous forme de mélasse.
DEBREGEASIA. — Genre d'Urticées dont le fruit est bacciforme et quelquefois comestible. Les espèces les plus intéressantes sont : le D. edulis Wepp., du Japon, où il porte le nom de Janatsi-itsigo ou Teon-itsigo. Ses baies sont mangées par les Japonais, mais la plante à plus d'importance par les fibres textiles qu’on en retire. D’autres espèces habitent l'Inde, et s'élèvent à d'assez grandes hauteurs sur l'Himalaya, où on les exploite, comme le Bœhmeria utilis, pour la filasse de leur écorce. La plupart de ces plantes montagnardes pourraient être introduites en Europe, ainsi qu'une espèce d'Abyssinie, le D). hypoleuca, qui croît sur les montagnes de ce pays jusqu’à près de 4 000 mètres d'altitude, où le climat est très tempéré.
DENDROCALAMUS. — Graminées arborescentes, détachées de l’ancien genre Zambusa, et qui comptent parmi les bambous de la plus grande taille. Tous sont de l'Inde. Signalons principalement le D. giganteus Munro, de Malacca et des îles Malaises, qui rivalise avecle Gigantochloa maxima, un des plus grands bambous connus; le D. Æamiltoni N£es., haut d’une vingtaine de mètres, qui monte sur les flancs de l'Himalaya jusqu’à près de 2,000 mètres d’altitude, où il endure, d’après le botaniste voyageur Kurtz, des froids assez vifs et résiste de même à de grandes sécheresses. Ses pousses, encore jeunes et tendres, sont comestibles cuites. Ce grand bambou pourrait vraisemblablement se naturaliser sur beaucoup de points du midi de l’Europe et à plus forte raison en Algérie; enfin, le D. strictus N£zs., de toute l’Inde, et surtout du Bengale, qui croît sur les terres les plus arides et y résiste mieux à la sécheresse que la plupart des autres bambous. Il dépasse fréquemment 30 mètres en hauteur, et constitue sur certains points de véritables forêts. Il est peu sensible au froid et se multiplie aisément de graines. La grosseur de ses tiges et leur dureté le rendent propre à de nombreux emplois économiques.
Ajoutons à ces espèces les D. Hookeri et D. sericeus MuNRo, tous deux de grande taille et de l'Himalaya, et vraisemblablement rustiques pour le midi de l'Europe.
DESMODIUM. — Légumineuses papilionacées, herbacées ou sous-arbustives, la plupart vivaces et qui ont une certaine analogie avec le sainfoin de l’Europe. Comme ce dernier, ce sont souvent des plantes fourragères très utilement employées pour la nourriture des bestiaux. Une des plus intéressantes à ce point de vue est le D. triflorum DC., des régions tropicales de l’Asie, de l’Afrique et de l'Amérique. C’est une herbe vivace, touffue et très feuillue, qui peut remplacer le trèfle dans les pays trop chauds pour ce dernier. Le botaniste Roxburgh avait déjà, il y a plus de cinquante ans, appelé
l'attention des agriculteurs sur cette espèce, qui constitue de belles prairies naturelles dans l’Inde et y est fort recherchée par le bétail. D’après le colonel Drury, elle réussit sur toutes les terres, et elle y remplace notre trèfle et notre luzerne.
Plusieurs autres espèces du genre sont de même utilisées, telles que les 2). canadense, acuminatum et nudiflorum DC., tous trois de l'Amérique du Nord, et qui pourraient être facilement introduites dans le centre et le nord de l’Europe.
DICKSONIA. — Genre de Fougères, la plupart arborescentes, de l'hémisphère austral, et principalement de la Nouvelle-Zélande, de la Tasmanie et du sud-est de l'Australie. Ce sont des plantes d’ornement très recherchées aujourd’hui des amateurs, qui les font venir directement des lieux d’origine, et ce commerce a déjà pris une certaine importance. Beaucoup de serres de l’Europe et de l’'Amérique du Nord sont aujourd’hui peuplées de ces fougères-arbres, Less remarquables par leurs proportions et l'élégance de leur feuillage.
ones plus recherchées est le D. Billardieri Ferd. von MuiLer ou 1). antarctica LABILL., dont la tige, assez semblable à celle d’un palmier, attemt à 12 ou 13 mètres de hauteur. Elle supporte assez facilement le long voyage par mer pour arriver en Europe, et elle jouit d’un certain degré de rusticité, résistant à de légères gelées. On en voit quelques échantillons cultivés à l’air libre et avec succès dans divers jardins du sud-ouest de l'Angleterre et dans les îles voisines. Il en existe aussi dans les jardins de la Provence maritime, où ils souffrent plus de la sécheresse de l’air que du froid.
Plusieurs autres espèces analogues sont également recherchées, et parmi elles il faut citer le gigantesque A/sophila australis, dont le tronc volumineux peut atteindre à la hauteur de 18 à 20 mètres ; c’est une des fougères-arbres les plus majestueuses. Les Cyathea medullaris dealbata et Smithit sont aussi l’objet de cette nouvelle branche de commerce, et plus à la portée des amateurs par un prix moins élevé.
DIOSCOREA. — Igname. Genre de plantes monocotylédones, qui donne son nom à toute la famille des Dioscoréacées. Il est représenté par de nombreuses espèces, la plupart des régions intratropicales, mais dont quelques-unes s’avancent assez loin dans les zones tempérées. Toutes sont vivaces par une souche souterraine, souvent volumineuse, charnue et remplie de fécule, qui produit tous les ans des tiges grèles, volubiles, et sur lesquelles se forment les fleurs et les graines. Beaucoup d’entre elles sont des plantes économiques, cultivées surtout dans les climats chauds. Ce sont principalement les suivantes :
D. aculeata L. — L'igname Xaawi, de l'Inde, de la Cochinchine et des îles de la mer du Sud. Ses tiges sont épineuses, ainsi que le nom l'indique, mais non anguleuses comme dans d’autres espèces. Ses tubercules, farineux et sucrés, passent aux yeux de quelques personnes pour les meilleurs de tout le genre, surtout ceux d’une
variété bleuâtre qu’on cultive dans l'Amérique centrale. La plante se multiplie exclusivement par ses tubercules, dont on choisit les plus petits pour servir de semence. Elle est, avec la suivante, l’espèce la plus ordinairement cultivée dans les pays chauds.
D. alata L. — L'igname Uvi. Des mêmes régions que la précédente. Ses tiges sont quadrangulaires et non épineuses, et elle a produit de nombreuses variétés, dont les tubercules, dans des conditions exceptionnellement favorables, atteignent jusqu’à plus de 2 mètres de longueur et l’énorme poids de 50 kilogrammes. Contrairement à la précédente, qui peut se passer de tuteurs, les sarments de celle-ci doivent être soutenus. On la multiplie de fragments des vieux tubercules, et il lui faut environ sept mois pour donner son produit. Les tubercules se mangent cuits à l’eau ou sous la cendre, comme des pommes de terre. Malgré son origine tropicale, l’igname Uvi a été cultivée avec quelques succès à la Nouvelle-Zélande et dans le sud des Etats-Unis.
D. glabra RoxB&.; D. Batatas Dre, — L’igname de Chine. Plante introduite en France depuis plus de trente ans, et dont on avait conçu de grandes espérances, qui ne se sont pas réalisées, malgré sa rusticité, car elle réussit même dans le Nord. Son grand défaut consiste dans la longueur exagérée de ses tubercules, dont la partie charnue et utile se trouve placée si profondément (de 0"50 à 1 mètre) que la main-d'œuvre pour l’extraire du sol n’est pas couverte par la valeur du produit. Outre ce grave inconvénient, ce n’est guère qu’à la seconde année que les tubercules atteignent une grosseur suffisante pour être utilisés, et les tiges, très longues el grimpantes, doivent être soutenues par des tuteurs, ce qui nécessite un surcroît de travail et de dépenses.
Il existe une variété, ou sous-espèce, de l’igname de Chine, à tubercules courts et arrondis, qui se produisent presque à la surface du sol, et dont la récolte est facile ; mais cette production est peu abondante, et inférieure en quantité et en qualité à celle des pommes de terre communes. Pour toutes ces raisons, l’igname de Chine a été abandonnée par la culture régulière qui vise au profit, et on ne la trouve guère aujourd’hui que dans quelques jardins d'amateurs comme légume de fantaisie. Elle se multiplie d’ailleurs aisément par tronçons de ses tubercules et par les bulbilles qui naissent aux aisselles des feuilles. Ses fanes, qui ne sont point épineuses, peuvent être données aux bestiaux.
D. globosa Rox8G. — De l'Inde. C’est l’igname la plus estimée au Bengale.
D. hastifolia NEEs.— L’igname d'Australie. Espèce intéressante, dont on doit désirer l’introduction en Europe. Elle est de l’Australie occidentale extratropicale, s’avançant jusqu’au 32° parallèle. C’est évidemment une des plus rustiques du genre. Ses tubereules farineux sont une des principales ressources alimentaires des indigènes, et c'est même la seule plante qu'ils aient entrepris de cultiver. Elle convient aux sols les plus arides, mais, semble-t-il, à la condition qu’ils soient plus où moins calcaires.
D. Japonica THuN8G. —- L’igname du Japon. Espèce non épineuse,
qui semble identique aux 2). ransversa et D. punctata des botanistes. Si cette conjecture est fondée, elle existerait sur quelques points de l'Australie septentrionale et orientale, jusqu’au 33° degré de latitude, où on lui trouve des qualités suffisantes pour en faire une plante potagère.
D. nummularia LaAmk. — L'igname Tivoli. De l'Inde continentale et insulaire. C’est une grande plante grimpante et épineuse, dont les tubercules cylindriques et de la grosseur du bras sont, dit-on, d’excellente qualité.
D. oppositifolia L. — De l'Inde et de la Chine. Non épineuse, à tubercules alimentaires.
D. pentaphylla L. -- De l'Inde et des îles de la mer du Sud. Ses tiges sont épineuses et ses feuilles divisées en lobes. C’est aussi une espèce comestible, comme le 2). purpurea, des mêmes régions.
Beaucoup d’autres espèces d’ignames sont encore cultivées entre les tropiques ou dans les zones tempérées-chaudes ; il nous suffira de citer les suivantes, au sujet desquelles nous n’avons encore que des renseignements incomplets : 2). quinqueloba, du Japon ; D. sativa, de l'Asie orientale et méridionale, mais cultivée aussi en Afrique et en Australie; D. deltoidea, du Népaul; D. trifida, de l’Amérique centrale ; 2). piperifolia, de Quito; D. conferta, du Brésil méridional; D). esurientium, du Guatemala, ainsi que plusieurs autres encore, jusqu'ici peu étudiées.
DIOSPYROS. — Principal genre de la famille des Ebénacées, qui nous intéresse par un petit nombre d'arbres fruitiers et par d’autres arbres qui produisent des bois d’ébénisterie d’une certaine valeur, et donnent lieu à un commerce important. Citons particulièrement les espèces suivantes :
D. Æbenum L.. — L'ébène proprement dit, dont le bois de cœur, excessivement dur, est naturellement d’une belle couleur noire. C’est l’arbre classique du genre, et il est connu depuis les temps les plus anciens. Répandu sur une grande partie de l'Inde, c’est surtout dans l’île de Ceylan que son bois acquiert toutes ses qualités de force, de durée et de coloris. Il y est même commun jusqu'aux altitudes de 12 à 1,400 mètres, ce qui laisse supposer qu’il réussirait encore sur quelques points des zones extratropicales. Son bois, très noir, est plus lourd que l’eau, et il s’en exporte de grandes quantités en Europe, où il entre dans la construction de divers instruments de musique et dans celle des meubles les plus recherchés. L’exportation annuelle, en Angleterre, varie de 700 à 1,000 tonnes, valant chacune de 8 à 10 livres sterling (de 200 à 250 fr.). Le D. Ebenum n’est pas la seule espèce du genre qui fournisse le bois d’ébène ; on le tire de beaucoup d’autres, parmi lesquelles on peut citer les D. melanoxylon, syloatica, hirsuta, discolor, ebenaster, montana, insignis, etc., qui sont de l’Inde; D. Dendo et D. mespiliformis, qui sont de l’Afrique occidentale; D. tessellaria, de l’île Maurice ; et les D. haplostylis et microrhombus, de Madagascar.
D. Lotus L.— Le plaqueminier d'Italie, ou du Levant. C’est presque un arbre indigène dans le midi de l'Europe, où il a été introduit
de l’Asie occidentale dès le temps de la Grèce et de Rome. En Asie son aire géographique s’étend du Caucase au Japon. C’est un arbre de 5 à 6 mètres, à feuilles caduques, produisant des fruits de la grosseur d’une cerise et ordinairement très acerbes; il paraît cependant que quelques-unes de ses variétés asiatiques produisent des baies mangeables. Son bois, d’ailleurs, participe dans une certaine mesure aux qualités de l’ébène, ayant quelquefois le cœur noir ou moucheté de noir. Chez nous ce n’est qu’un arbre d'agrément, qui aura peut-être quelque utilité comme porte-greffe pour les espèces à fruits comestibles. Il est très rustique dans le midi de la France.
D. sinensis THuNBG. — Le kaki de la Chine. Il y est habituellement cultivé, dans les provinces méridionales, en qualité d’arbre fruitier. Ses baies, de la grosseur d’une belle prune de Reine-Claude, ou même plus grosses, sont d’un vert jaunâtre à la maturité, et leur chair pulpeuse et sucrée est appréciée de beaucoup de personnes, mais déplaît à d’autres. À en juger par les exemplaires que nous possédons en Provence, le kaki de la Chine est un petit arbre de 4 à 6 mètres, à large tête abondamment feuillue, qui produit beaucoup de fleurs, mais sur certains individus elles sont toutes mâles et par conséquent stériles ; d’autres individus sont au contraire fertiles en fruits. Sa rusticité n’est pas complète ; il gèle en France partout ailleurs qu’en Provence, et même là il souffre assez souvent des premières gelées, qui en font tomber les feuilles et les fruits avant leur maturité complète. Sous un climat un peu plus chaud sans être sujet à de longues sécheresses, le kaki de la Chine, amélioré par la culture, peut devenir un arbre fruitier intéressant. En Chine on en . dessèche les fruits pour les conserver ou les livrer au commerce d'exportation.
D. Si-Tehe Buxce. — Le kaki ou plaqueminier du Japon. C’est l'espèce la plus recommandable, tant à cause de sa rusticité relative qui permet de le cultiver jusque dans le nord de la France et même dans le sud de l'Angleterre, que par la beauté et la bonté de ses fruits, dont le volume, variable d’ailleurs suivant les races ou les individus, atteint quelquefois celui des plus grosses pêches. L'arbre paraît un peu plus grand que le précédent; ses feuilles sont plus larges et d’une verdure plus foncée, et elles tombent aux premiers froids, mais les fruits persistent longtemps sur l’arbre; et comme ils sont alors plus ou moins sucrés, ils sont fréquemment attaqués par les oiseaux. Leur chair, à maturité complète, devient pâteuse et se mange à la cuillère, mais il faut en enlever la peau, qui conserve toujours une certaine âpreté. Leur couleur ordinaire est le rouge de sang, comparable à celle des tomates mûres; dans certaines variétés c’est l’orangé ou même simplement le jaune. La forme de ces fruits varie depuis celle d’un ovoïde allongé jusqu’à celle d’un disque déprimé; cependant la figure la plus ordinaire est à peu près sphérique, quelquefois relevée de côtes longitudinales peu saillantes, ce qui a valu à cette variété, de la part des horticulteurs, le nom de 2. costata. Is ont nommé D. Maszeli, une autre variété à côtes presque effacées.
Cet arbre est cultivé sur une très grande échelle en Chine et au
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Japon, et les variétés qu’il a produites dans le cours des siècles sont presque aussi nombreuses que celles de nos arbres fruitiers d'Europe. Il y en a d'excellentes et de médiocres. Les meilleures, les plus perfectionnées, sont souvent dépourvues de graines, et, lorsqu'elles en ont, ces graines ne reproduisent pas fidèlement la variété, d’où résulte la nécessité de greffer les sujets qu’on en obtient. Nous possédons en Provence quelques-unes de ces bonnes variétés, qui sans doute seront propagées par les horticulteurs.
D. virginiana L.— Le kaki de Virginie, connu en Amérique sous le nom de Persimon. Get arbre, qui est beaucoup plus grand que les précédents et qui peut dépasser 20 mètres, appartient au nord de l'Amérique, depuis les Etats méridionaux de l'Union américaine jusqu'au Canada, où il endure les plus grands froids; aussi est-il parfaitement rustique dans toute la France, mais ses fruits n'arrivent à une parfaite maturité que dans le Midi. Il a produit, sans le secours de l’homme et en dehors de toute culture, une multitude de variétés très différentes les unes des autres parla qualité des fruits, excellents chez quelques-unes, extrêmement acerbes chez d’autres. Ils sont, en moyenne, de la grosseur d’une prune Reine-Claude, à peu près sphériques, et passent au fauve plus ou moins terne en mûrissant. Leur chair devient alors pulpeuse, comme celle d’une corme blette, et elle est plus ou moins sucrée et douce suivant les variétés.
Le bois de cet arbre n’est pas sans valeur; il est très dur et d’une teinte foncée dans le cœur, rappelant par là sa parenté avec le bois d’ébène, aussi en fait-on grand cas en Amérique pour divers usages d’ébénisterie et de tabletterie. Le meilleur provient des variétés dont le fruit est trop acerbe pour être mangeable.
D. {exana SCHEELE. — Du Mexique et du Texas. C'est un arbre d’une dizaine de mètres, à fruits globuleux, noirs ou noirâtres à la maturité, et d’une saveur agréable, d’après le docteur Asa Gray. Cet arbre ne paraît pas avoir encore été introduit en Europe.
DIPOSIS Bulbocastanum. DC.— Ombellifère du Chili, vivace par ses racines tubériformes, qui sont comestibles. Il y aurait quelque intérêt à la soumettre à la culture, en vue de l’améliorer, et d’en faire une plante potagère.
DIPSACUS jullonum L. — Le chardon à foulon ou cardère. De l’Europe et de l'Asie moyenne. On sait que ses capitules, hérissés de pointes en forme d’étrilles, sont employés au peignage des draps, dans les fabriques, et n’ont pas encore pu être remplacés par des étrilles artificielles. On en exporte du continent en Angleterre pour environ 125,000 fr. par an. En France il est surtout cultivé à Saint- Remy de Provence.
DIRCA palustris L. — Sous-arbrisseau du nord de l'Amérique, de la famille des Thymélées, depuis longtemps introduit en Europe comme arbuste d'ornement, mais qui rendrait peut-être d’autres services par son écorce fibreuse et très résistante. Elle pourrait être
employée à faire des nattes, des liens et du papier très nerveux. Plusieurs autres thymélées arbustives sont également remarquables par la ténacité de leur écorce.
DISTICHLIS marilima RAFIN., ou Festuca distichophylla Hook. — Graminée du nord et du sud de l'Amérique, et qu’on trouve aussi à l’état indigène en Australie. Elle est vivace, très drageonnante et fort utile pour maintenir les terres en pente, couvrir les sables meubles qu'on veut fixer, et même pour faire des gazons et des pelouses dans les lieux arides. La plante se multiplie aisément par tronçonnement de ses drageons.
DOLICHOS. — Dolic. Genre de Légumineuses, voisines des haricots et cultivées comme polagères entre les tropiques et dans les pays tempérés-chauds. On en connaît plusieurs espèces, parmi lesquelles nous citerons le D. Lablab, de l'Egypte et des parties intérieures de l'Afrique; et le 2). uniflorus, de l'Afrique et de l'Asie, cultivé sur une grande échelle dans l’Inde et jusque sur les pentes de l'Himalaya, à 2,000 mètres d’altitude. C’est une plante extrêmement productive, qui se contente des terres les plus médiocres, et dont la graine est également utilisée pour la nourriture de l’homme et celle des bestiaux.
D. unguiculatus L. — La mongette ou bannette des Provençaux. Espèce annuelle, communément cultivée en Provence et dans tout le midi de l’Europe. Elle ressemble beaucoup aux haricots nains, dont elle se distingue d’ailleurs par une gousse plus droite, presque cylindrique, et par ses graines beaucoup plus petites. Elle est très productive, mais elle ne réussit que sous le ciel du midi méditerranéen.
D. sesquipedalis L. — Le haricot asperge. Espèce volubile, qui a beaucoup de ressemblance avec les haricots à rames. Son caractère propre est de produire des gousses excessivement longues (jusqu’à 040 de longueur), contenant peu de graines, et qui se mangent cuites à la manière des asperges, lorsqu'elles sont encore vertes et tendres. La plante réussit difficilement sous le climat de Paris, et n’y est guère qu’un légume de curiosité.
D. lignosus L. — De l'Inde, à tiges volubiles, vivaces et ligneuses. On le cultive dans le midi de l’Europe et jusqu’en Provence, comme simple plante d'ornement, ce qu’il justifie par ses jolies grappes de fleurs roses ou pourpres. Il peut d’ailleurs servir à épaissir des haies et à les consolider, d'autant mieux qu’il réussit dans les localités les plus arides.
D. Ahipa Wenp.— Espèce vivace à tiges volubiles, des Andes de la Nouvelle-Grenade et du Pérou. Ses racines fusiformes, épaisses et charnues, sont comestibles et servent à l’alimentation des indigènes. Elles se vendent sur les marchés des villes et des villages. La plante qui les produit est encore peu connue. Il est vraisemblable qu’elle s’accommoderait de nos climats tempérés.
D. {uberosus L. — Des Antilles, où il est encore à l’état sauvage. Jl mériterait cependant d'attirer l’attention des expérimentateurs, à
cause de l'énorme tubercule d’où sortent chaque année de nouvelles tiges. D’après M. Belanger, directeur du jardin botanique de la Martinique, ce tubercule unique atteint quelquefois le poids de 30 kilogrammes. Son goût rappelle celui de la betterave ordinaire. Les nègres le rapent pour le mêler au manioc.
DOREMA Ammoniacum Don. — Grande Ombellifère à racine vivace, des montagnes de la Perse, qui produit la gomme ammoniaque des pharmacies, et dont les propriétés médicinales rappellent celles de l’Asa fætida. La plante pourrait être introduite dans le midi de l'Europe et le nord de l’Afrique, ainsi que plusieurs autres ombellifères productrices de gommes résines.
DRACÆNA. — Dragonnier. Genre de Monocotylédones arborescentes, de la famille des Liliacées asparaginées, et dont plusieurs espèces ont été introduites en Europe à titre de plantes d'ornement. Les botanistes modernes l’ont subdivisé en plusieurs autres genres (Cordyline, Dracænopsis, Calodracon, etc.), ne lui conservant qu’une seule espèce, le D. Draco L., ou dragonnier des Canaries, qui atteint, avec les siècles, une grosseur prodigieuse sans être très élevé. Celui d'Orotava, dans la grande Canarie, a été longtemps célèbre ; on lui attribuait plusieurs milliers d'années d’existence, mais il a été récemment détruit par un ouragan. On récolte sur cette espèce une sorte de résine employée en médecine sous le nom de sang-dragon. Cet arbre est aujourd’hui assez répandu dans les jardins du midi de l’Europe, à titre de simple curiosité végétale.
DRIMYS. — Arbres de la famille des Magnoliacées, presque exclusivement propres à l'hémisphère austral, et doués de propriétés aromatiques. Le plus classique est le D. Wäinteri L. ou Wintera aromatica, du Chili, arbre de 15 à 20 mètres, dont l’écorce, importée en Europe sous le nom d’écorce de Winter, a de nombreux usages en médecine, et sert quelquefois de condiment comme celle du canellier, avec laquelle elle a d’ailleurs de l’analogie. Une autre espèce, le D). granatensis Huws., rend les mêmes services au Brésil et dans les Républiques espagnoles, où il circule sous les noms de C'anela de Paramo, Palo de Malambo, Casca d’'Anta. On trouve en outre le 2). axillaris à la Nouvelle-Zélande, et un arbre d’un genre très voisin, le T'asmania australasica, à la Nouvelle-Hollande. La plupart de ces arbres, dont le bois n’est, dit-on, jamais attaqué par les insectes, pourraient être naturalisés sous nos climats, où sans doute ils rendraient des services de plus d’un genre.
DUBOISIA /Jopwoodit Ferd. von MuzLrer. — Le Pitury. Petit arbre de la famille des Scrophularinées, des déserts de l’Australie, doué de propriétés stimulantes très énergiques, et qui pourrait trouver un utile emploi en médecine. Il en serait probablement de même du D). myoporoides, qui est commun à l’Australie et à la Nouvelle- Calédonie. Ce dernier est un arbre de 15 à 20 mètres, qu’on voit souvent fleurir à la taille de simple buisson.
DUVAUA. — Arbrisseaux ou petits arbres de la famille des Anacardiacées, des parties tempérées et tempérées-chaudes de l'Amérique méridionale, utilisés dans la médecine locale et l’industrie. Le plus intéressant est le D. longifolia Linz, dont les feuilles contiennent jusqu’à 20 pour 100 de leur poids de tannin. D’après le docteur Lorentz ce tannin ne communique aucune couleur particulière aux cuirs. D’autres espèces, qui sont comme celle-ci indigènes de la Plata et du Chili, pourraient vraisemblablement être utilisées de la même manière. Toutes sont d’ailleurs rustiques dans le midi méditerranéen de la France et de l’Europe. C’est du moins le cas des 2). dependens DC., ovata Linz. et spinescens CI. Gay.
DYPSIS pinnatifrons ManT. — Palmier nain de Madagascar, encore peu connu en Europe, où il pourrait grossir le nombre des palmiers d'ornement cultivés en serre chaude. Peut-être serait-il rustique dans le midi de l’Europe, comme il l’est en Australie.
EHRARTA. — Graminées vivaces, recommandées comme plantes fourragères pour les climats tempérés-chauds et sujets à de grandes sécheresses. Dans le nombre nous signalons les suivantes :
E. diplax Ferd. vox Muzzer. — Décrite aussi sous le nom de Microlæna avenacea J. Hook., grande herbe de la Nouvelle-Zélande, qui ne craint pas l'ombre des arbres et réussit suffisamment sous le couvert des forêts. Elle y est très estimée, tant pour la production du foin que pour le pacage des animaux.
E. stipoides LapiLz. — De l'Australie extratropicale, et aussi de la Nouvelle-Zélande. Elle a le grand avantage de rester verte dans toutes les saisons de l’année, même au plus fort de l’été, quand la plupart des herbes fourragères ont été desséchées par l’ardeur du soleil. Ce qui ajoute encore à sa valeur c’est qu’elle réussit sur les sols les plus pauvres, aussi la considère-t-on en Australie comme une des plantes les plus précieuses pour l'élève du bétail. Des analyses chimiques, faites au printemps, y ont fait trouver, sur 100 parües, 1,66 d’albumine, 9,13 de gluten, 1,64 de fécule, 3,25 de gomme et 5,05 de sucre, ce qui en fait un fourrage de premier ordre.
Plusieurs autres Zhrarta, d'Australie et de l'Afrique australe, mériteraient aussi d’être introduits en Europe et dans le nord de l'Afrique, ne fût-ce qu’à titre d'expérience. Tel serait en particulier l'E. longiflora du Cap et de la Cafrerie.
ELÆAGNUS. — Chalef. Principal genre du groupe des Eléagnées, dont le fruit est une baie, qui est comestible dans quelques espèces. Citons comme les plus intéressantes celles qui suivent :
E. angustifolia L. (E. argentea Mosncu.). — Le chalef argenté, ou olivier de Bohême. Arbrisseau de 4 à 6 mètres, de l’Europe centrale, cultivé comme arbre d'ornement, ce qu’il mérite par son feuillage argenté et luisant, l'abondance de ses petites fleurs jaunes et d’odeur agréable, et par ses baies rougeàtres qui ressemblent à de
petites olives. Cet arbrisseau fait un certain effet par son contraste avec les arbres autrement colorés.
E. orientalis L. — Arbrisseau de l'Asie occidentale, principalement de la Perse, où ses fruits, connus sous le nom de dattes de Trébizonde, sont comestibles et assez estimés. Sa taille est à peu près celle du jujubier, et on le cultive dans quelques parties du midi de l’Europe et du nord de l’Afrique. Cet arbrisseau est très voisin du précédent, auquel quelques auteurs le réunissent à titre de variété.
E. paroifolia Royce. — De la Chine et du Japon. Il est très épineux et en même temps très rustique, ce qui fait qu’on s’en sert dans divers pays pour en faire des haies défensives.
E. umbellata TauxeG.(Æ. edulis HonT.).— Goumi et Siro-Gomi des Japonais. Arbrisseau fruitier introduit récemment en France, et qui semble devoir occuper une place assez importante dans nos vergers. Sa rusticité est parfaite, même dans les provinces les plus froides, et 1l s’accommode de toutes les natures de terrains. Il est beau de feuillage et très fertile en fruits sucrés-acidulés, dont on fait des tartes et des conserves excellentes. On en obtient par distillation une eau-de-vie très analogue au kirsch, et supérieure même à la plupart des kirschs du commerce. Un membre de la Société d’acclimatation, M. Jos. Clarté, pense que des plantations de ce chalef remplaceraient avantageusement celles de cerisiers à kirsch, dont les récoltes sont souvent compromises par les gelées du printemps. La cueillette des fruits du chalef-goumi, qui peut être faite par des femmes et des enfants, est d’ailleurs bien plus facile et moins dispendieuse que celle des cerises, qui d’ailleurs n’est pas sans danger et a souvent occasionné de graves accidents. À ces avantages il faut ajouter la facilité avec laquelle le chalef se reproduit de boutures et le peu de temps qu’il lui faut pour fructifier, ce qui arrive dès la troisième année.
Plusieurs autres espèces d’£læagnus, plus ou moins connues, du Japon, de la Chine et surtout de l'Himalaya, méritent l'attention des acclimateurs. Nous citerons, dans le nombre, les Æ. Kologa Alph. DC., arborea RoxgG., conferta RoxgG. et {enuiflora BENTH.
ELEGIA nuda KUNTH. — Plante vivace de l’Afrique australe, ayant le port d’un jonc et appartenant à la famille des Restiacées, dont les longues racines traçantes servent à fixer et consolider les sables. Ses tiges sont aussi employées en guise de chaume pour couvrir les toitures. Plusieurs autres Restiacées de l’Afrique pourraient rendre de pareils services, et quelques-unes même être cultivées comme plantes d'agrément. Telles seraient, entre autres, le Restio où Cannamois Cephalotes BEAUY.
ELEPHANTORRHIZA Burchelli BENTH. — De l'Afrique australe. Légumineuse herbacée, vivace, dont l’énorme racine est excessivement riche en tannin, d’après le professeur Mac Owan. Ses tiges annuelles repoussent tous les ans, et leur feuillage est fort recherché des bestiaux. La plante pourrait donc servir à deux fins. Elle supporte aisément les pelites gelées du pays.
Une seconde espèce du genre, l'Æ. Burkei BENTH., pourrait aussi être utilisée dans tout le nord de l’Afrique et autres pays chauds et secs.
ELEUSINE. — Graminées de l’Asie orientale et méridionale, cultivées comme céréales dans beaucoup de pays chauds. Elles sont annuelles et donnent des produits considérables en grains et en fanes fourragères. On en connait plusieurs espèces, parmi lesquelles il convient de citer :
E. Coracana GÆRTN. — Cultivée dans l’Inde, au Japon et jusqu’à 2,000 mètres d'altitude sur l'Himalaya. D’après le docteur Forbes- Watson, ses fanes sont le meilleur fourrage sec à donner aux chevaux. L’Æ'.indica paraît n’être qu’une variété de cette espèce, qu’on commence à cultiver dans le nord de l’Australie.
E. stricta RoBxG. — De l'Inde, où elle est extrêmement productive dans les bonnes terres. L’Æ. Tocusso d'Abyssinie paraît n’être qu’une variété de cette espèce. L’Æ!. flagellifera, cultivée en Arabie et dans l'Himalaya, difière des précédentes en ce qu’elle est vivace. D'autres espèces d’éleusines, encore peu étudiées, mériteraient d’être soumises à l'examen des botanistes et des expérimentateurs.
ELYMUS. — Genre de Graminées vivaces et drageonnantes, qui sont particulières aux plages sablonneuses des bords de la mer et des grandes rivières, qu’elles protègent contre les affouillements de l’eau par le lacis de leurs rhizomes. C’est le seul service qu’on puisse leur demander, mais il a de l’importance. Citons particulièrement :
E. arenarius L. — Des côtes maritimes de l’Europe et d’une grande partie de l'Asie. Il vient dans le sable pur et y forme de fortes touftes, très difficiles à arracher. Il rend de grands services sur les côtes sablonneuses de l’océan Atlantique, surtout en France.
E. condensatus Press. — De la Californie et de la Colombie britannique. Il est très analogue à l’élyme d'Europe, et y sert aux mêmes usages.
E. virginicus L. — De l'Amérique du Nord. Vivace comme les précédents, mais préférant le voisinage des rivières aux sables maritimes. Son fourrage, moins coriace et moins dur que celui de l’élyme d'Europe, peut servir dans une certaine mesure à l’alimentation des bestiaux.
EMBOTHRIUM coccineum G. Forster. — Du Chili et du détroit de Magellan, où les Espagnols lui donnent les noms de MNotra et Ciruelillo. C’est un petit arbre de 6 à 10 mètres, de la famille des Protéacées, d’une exquise beauté par son feuillage et ses fleurs. Quoique son bois soit utilisé au Chili pour de menus ouvrages de tabletterie, son véritable rôle est celui d'arbre décoratif dans les jardins d'agrément. On le cultive avec succès, à l’air libre, dans les localités tempérées du sud-ouest de l'Angleterre, où le climat est à la fois doux et humide. L’Æ. emarginatum, des Andes du Pérou, est tout aussi beau et probablement aussi rustique.
Une troisième espèce, l'£. Wickhami, du nord-est de la Nou-
velle-Hollande, serait mieux appropriée au midi de l’Europe, ainsi que le Stenocarpus sinuatlus, et beaucoup d’autres Protéacées australiennes également ornementales.
ENCEPHALARTOS. — Arbres de la famille des Cycadées, propres à l'Australie et au sud de l’Afrique, rappelant assez bien par leur conformation générale des palmiers de moyenne et de petite taille, mais avec un feuillage beaucoup plus coriace et plus ferme. Ce sont des végétaux dioïques, dont les fleurs, mâles ou femelles, sont réunies en des sortes de cônes volumineux comparables à ceux des Araucarias. Leurs graines sont comestibles, mais seulement quand on en a éliminé par la chaleur un poison volatil, qui, sans cette précaution, en rendrait l’usage fort dangereux. Pour nous, les Encephalartos sont des plantes d'ornement, qu’on cultive en serre dans le nord de la France, mais qui passent aisément l'hiver à l’air libre dans la région de l’oranger, où déjà plusieurs espèces sont introduites. Ces arbres, enlevés de terre et débarrassés de leurs plus grandes feuilles, supportent aisément les longues traversées par mer, sans périr, et c'est ainsi qu'on nous les apporte du cap de Bonne-Espérance et de l'Australie.
E. Douglasii Ferd. von Muzrer (Macrozamia Hizz.). — De l'Australie, dans le seul district de Fraser’s Land. Plante superbe, dont la grosse tige ne dépasse guère ! mètre de hauteur, et s'enfonce d'autant dans la terre, mais qui se couronne d’une abondante gerbe de feuilles pennées, ou frondes, de plus de 1 mètre de longueur. Du centre de cette couronne naissent les énormes cônes, mâles ou femelles, de la plante, dont les graines, du volume d’un œuf de pigeon, sont d’une belle couleur orangée. Grillées sur des charbons, elles sont mangées par les indigènes du pays, comme d’ailleurs celles des autres Cycadées. Il est bon de noter, en passant, que ces graines crues contiennent un poison violent, que les chimistes n’ont jamais pu isoler, et que la chaleur détruit ou volatilise. Pour nous, cette nouvelle Cycadée sera un bel ornement des jardins et des parcs du midi de l'Europe et d’autres pays chauds ou tempérés-chauds.
Les espèces d’Æncephalartos les plus répandues dans nos jardins sont les Æ. Denisonti, spiralis, caffer et Lehmanni. Suivant le baron Müller, les Macrozamia doivent rentrer dans ce genre.
ENGELHARDTIA spicata BLuM. — Grand arbre de Java, de la famille des Juglandées, c’est-à-dire voisin des noyers. Il s’élève à plus de 60 mètres, et produit un très beau bois, dense et de longue durée, très employé dans tous les genres de constructions. À Java on en fait des roues de voiture d’une seule pièce, en tronçonnant la tige en rondelles. Ce bel arbre existant aussi dans l'Himalaya, on peut supposer que sa naturalisation ne serait pas impossible sur quelques points de l’Europe méridionale et dans le nord de l'Afrique.
EREMOPHILA longifolia Ferd. vox MuLzLer. — Arbrisseau de la famille des Myopormées, propre aux déserts australiens, et croissant dans les lieux les plus arides, où il conserve sa verdure
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malgré les longues sécheresses, aussi devient-il une précieuse ressource pour les troupeaux quand l’ardeur du soleil a fait disparaître tous les fourrages herbacés. On comprend par là quels services il pourrait rendre dans les régions sahariennes du nord de l'Afrique.
Très près de ce genre se place celui des £Zremodendron, qui appartiennent aussi à Australie, et dont une espèce, l’Æ. Cunninghami DC.,est un des arbres les plus élégants de cette partie du monde. De même que le précédent, il croît dans les lieux les plus secs. Il est vraisemblable qu'il rendrait des services analogues dans tous les pays de climats similaires.
EREMURUS aurantiacus Baker. —- Liliacée des montagnes de l'Afghanistan, dont les bulbes sont comestibles. Ce serait un nouveau légume à introduire dans nos potagers.
ERIANTHUS /ulous KuNTH. — Graminée vivace de l'Australie intérieure. C’est un excellent fourrage, et il est brouté de si près par les bestiaux qu’il périt souvent là où ils ont passé; mais il se reproduit aisément de ses graines. L'Europe méridionale possède lÆ. Ravennæ, plante vivace plutôt ornementale qu’utile. Par sa grande taille et la grosseur de ses chaumes, elle peut se classer parmi les roseaux. Ses longues feuilles, rudes au toucher et coriaces, sont rebutées par les bestiaux, mais peut-être seraient-elles acceptées par les chameaux de l’Afrique, qui sont beaucoup moins difficiles que les bœufs et les moutons sur les plantes alimentaires. L’Æ. japonicus est une espèce très voisine de celle d'Europe.
ERIOCHLOA annulata KuNTH. —Graminée vivace et fourragère, aujourd'hui répandue dans toutes les contrées intratropicales du globe. A la Nouvelle-Hollande elle endure de petites gelées, et surtout résiste bien à la sécheresse. Elle conserve sa verdure toute l’année, ce qui la rend précieuse pour le pacage des animaux. Une seconde espèce, l’Æ. punctata, est également répandue dans les pays chauds, et y rend les mêmes services que la précédente.
ERIOPHORUM comosum WaLL. — Cypéracée de l’Inde supérieure, que la ténacité de ses feuilles fibreuses a fait comparer à l’alfa d'Algérie, mais dont le produit, sur une même étendue de terrain, est notablement moindre. Les indigènes du pays l’utilisent pour en faire des cordages et autres ouvrages analogues.
ERIOBOTRYA japonica LiNbr.; Photinia japonica I. Hook. — Bibassier, loquat, néflier du Japon. Grand et bel arbrisseau de la Chine et du Japon, appartenant au groupe des Pomacées, très ornemental par son grand feuillage persistant et sa floraison automnale, et plus intéressant encore par ses fruits, de la grosseur d’une prune moyenne, jaunes à la maturité et dont la chair sucrée-acidulée et juteuse est fort agréable au goût. Il y a toutefois un reproche à leur faire : c’est le nombre et la grosseur de leurs pépins, qui souvent font presque la moitié de leur volume.
Le bibassier a été introduit vers le commencement du siècle dans les vergers du midi de l'Europe, où il se montre beaucoup plus rustique que l’oranger. Cependant, en dehors de la région de l'olivier, sa fructification est incertaine, et il gèle souvent dans le centre de la France, à plus forte raison ‘dans le nord. Sous le climat qui lui convient et en bon sol il arrive aux proportions d’un pommier à cidre, à large tête surbaissée, mais plus ordinairement on le taille en buisson pour faciliter la cueillette de ses fruits. Souvent même on le greffe sur cognassier, ce qui en diminue encore la hauteur.
Le bibassier fleurit en automne et au commencement de l'hiver, et, suivant les lieux, 1l mürit ses fruits du milieu d'avril à la fin de juin. Il serait à désirer que la culture üirât de cet arbre des variétés supérieures à celle que nous possédons.
ERVUM monanthos L. ( Vicia monantha LaAMK.).— Jarosse, lenülle à une fleur. Légumineuse annuelle, assez analogue aux vesces ( Vicia), cultivée dans certaines parties de la France pour son fourrage et pour ses graines, qui sont comestibles, quoique moins bonnes que celles de la lentille proprement dite. Elle est cependant fort avantageuse pour occuper les mauvais terrains sableux et siliceux, où d’autres fourrages ne réussiraient pas.
E. Lens L. — Lentille commune. Plante annuelle, originaire d’Orient selon toute vraisemblance, mais cultivée depuis les temps les plus anciens, ainsi que nous l’apprenons par le récit de la Bible dans histoire de Jacob et d'Esaü. Son introduction en Europe remonte aussi à la plus haute antiquité. Tout le monde sait que la graine de la lentille est un des légumes les plus nourrissants, supérieur même aux haricots et aux fèves, aussi la plante est-elle cultivée partout où sa graine peut mürir. On en connaît deux ou trois variétés en France, dont la plus commune est le lentillon, ou petite lentille, amsi nommée à cause de la petitesse relative de sa graine. On la dit plus délicate que la grande variété. La lentille est “plus ferüle dans les terres sablonneuses et sèches que dans les terres plus grasses, où, par compensation, elle est plus fourrageuse.
ERYTHROXYLON Coca Lauk. — Arbrisseau du Pérou devenu célèbre par l'usage que les habitants du pays, principalement les mineurs, font de ses feuilles, qu’ils mâchent mêlées à un peu de chaux en poudre. Elles sont presque insipides, mais elles contiennent un principe volaül qui agit énergiquement sur le système nerveux et dissimule la fatigue des travaux pénibles. Elles contiennent deux alcaloïdes, la cocaine et l’hygrine, et en outre un acide analogue à l'acide tannique. On évalue à 15 millions de francs la valeur de la récolte annuelle de la coca, ce qui indique l’énorme consommation qui s’en fait en Amérique. Si l’usage très modéré de cette feuille a quelque utilité, l’abus en est extrêmement pernicieux. Il devient un véritable empoisonnement, comparable à celui qu'engendre l’opium pris en excès, et ce qu’il y a de plus fâcheux c’est qu'une fois qu’on a commencé de mâcher la coca il est presque impossible d’en modérer l’usage.
EUCALYPTUS. — Genre de Myrtacées australiennes, du groupe des Leptospermées, caractérisé par la transformation de la corolle en une sorte de coiffe ou d’opercule, clos de toutes parts et qui se détache tout d’une pièce au moment de la floraison, laissant alors libres les nombreuses étamines qui étaient enfermées au-dessous. Le fruit des Eucalyptus est une capsule plus ou moins ligneuse, à 3, 4 ou 5 loges, qui s'ouvrent à la maturité pour laisser échapper les graines.
On connaît aujourd’hui plus de 150 espèces d’Eucalyptus, dont quelques-unes sont des arbres d’une taille colossale. D’autres sont des arbres de moyenne grandeur, et plusieurs de simples arbrisseaux. La plupart des grands Eucalyptus se font remarquer par la rapidité de leur croissance, quelques-uns par l’excellence et la longue durée de leur bois, qui, en Australie, est employé à toutes les constructions. Tous contiennent des principes aromatiques, ainsi que du tannin et des gommes-résines dont l’industrie commence à ürer parti. La culture de quelques espèces est reconnue si avantageuse, qu’on essaie de les propager aujourd’hui dans tous les pays où elles peuvent se naturaliser. C’est déjà par centaines de nulle que se comptent les Eucalyptus cultivés dans le midi de l’Europe et le nord de l'Afrique, et on en trouverait peut-être davantage encore en Californie, dans les régions tempérées-chaudes de l'Amérique du Sud et les colonies européennes de l’Afrique australe. C’est le fait de naturalisation le plus remarquable qui ait eu lieu dans ce siècle.
Le vasle genre des Eucalyptus occupe toute l’étendue du continent australien, mais les espèces varient du nord au sud et de l’est à l’ouest, suivant les climats et la composition minéralogique du sol. Il en existe plusieurs en Tasmanie, où elles s’élèvent assez haut sur les montagnes pour y ressentir les rigueurs de l’hiver, et ce sont celles qui s’accommodent le mieux du climat méditerranéen. On a même quelque espoir que les plus rustiques pourront se naturaliser dans l’ouest, le long de l’océan Atlantique jusqu’en Bretagne et même dans le sud de l'Angleterre. Toutefois, c’est dans le midi de l’Europe et le nord de l’Afrique que les Eucalyptus sont appelés à rendre d'importants services, surtout comme arbres forestiers et assainisseurs des pays marécageux. L'Algérie leur doit déjà la salubrité de beaucoup de localités, jadis très malsaines et très redoutées, et tout indique que c’est par eux que la campagne de Rome, si déserte aujourd’hui, pourra être assainie et repeuplée.
On a également tenté l’introduction des Eucalyptus dans les pays intratropicaux, mais jusqu'ici avec un médiocre succès, du moins dans ceux où la chaleur étant à peu près uniforme et l'humidité atmosphérique toujours très grande, la végétation de ces arbres est continuellement excitée. Considérés d'une manière générale, les Eucalyptus ont besoin d’une saison de repos, amenée soit par l’abaissement de la température, soit par la sécheresse. Il y a cependant un petit nombre d'espèces qui semblent devoir réussir entre les tropiques; nous les indiquerons dans la liste qui va suivre.
E. Abergiana Ferd von MuLer.— Du Queen's Land septentrional. Très grand arbre à branches étalées et couvert d’un épais
feuillage. On n’a encore que des renseignements incomplets sur la valeur de son bois, mais à cause de sa provenance on a toute raison de croire qu’il sera du petit nombre de ses congénères capables de s’acclimater dans les pays tropicaux.
E. amygdalina.— Du sud-est de l'Australie et, paraît-il, aussi de la Tasmanie. Les colons lui ont donné plusieurs noms, tels que ceux de White et Brown-peppermint-tree, Giant-qum-tree, Swamp-gqumtree, Mountain-Ash, etce., qui rappellent quelqu'une de ses particularités.
Dans les vallées abritées des forêts on le voit atteindre exceptüionnellement à 120 mètres de hauteur, sur un tronc droit et lisse et portant de larges feuilles, mais donnant aussi des repousses du pied dont le feuillage diffère de la forme ordinaire. Dans les pays plus ouverts les feuilles sont petites et étroites et l'écorce de l’arbre brune et rugueuse. La variété précédente qui est peut-être une espèce distincte et que M. le baron Müller a nommée Æ'. regnans, est probablement le plus grand arbre qui existe sur le globe. M. G. W. Robinson, inspecteur des forêts, en a mesuré un échantillon de 145 mètres au pied du mont Bawbaw; un autre arbre de même espèce, au cap Otway, mesure 127 mètres sur un tronc de 5"20 de diamètre, à une distance assez considérable du sol. On a vu un autre Eucalyptus de cette même espèce qui, au niveau du sol, avait plus de 21 mètres de tour; à 3"50 du sol, son diamètre était de 425; à 44 mètres de hauteur le diamètre du tronc était encore de 244, et à 64 mètres de 1"53. Le bois de cet arbre est facile à fendre et se prête à de nombreux emplois pour la charpente, la construction des wagons, la marine, etc., mais ce n’est pas un bois très fort, et celui de la variété, ou espèce, de moindre taille et à écorce rugueuse, l’emporte sous ce rapport. Le nom d’amygdalina, donné par le botaniste Labillardière, ne convient à aucune des formes ou variétés de cette espèce. Les semis qui en ont été faits à Melbourne, sur un terrain médiocre, se sont développés avec la même rapidité que ceux de l’Æ. globulus, mais ils ne sont pas aussi indifférents que ces derniers à la composition minéralogique du sol, et ils ne réussissent par partout. Dans le midi de la France, l’Z. amygdalina, si toutefois on ne l’a pas confondu avec l’Æ. viminalis, a atteint la hauteur d’une quinzaine de mètres en huit ans. C’est, du reste, un des plus rustiques du genre, et on l’a vu résister aux hivers des parties les plus tempérées de l’Angleterre, concurremment avec les Æ. polyanthema et viminalis. À la Nouvelle-Zélande il à survécu à des froids qui ont fait périr l’Æ. globulus, ainsi que plusieurs autres espèces relativement rustiques.
Les essences d’Eucalyptus, dont les propriétés médicinales sont aujourd’hui bien connues et que le baron Ferd. von Müller a été le premier à disüller, sont fournies par la plupart des espèces du genre, mais en quantités très variables d’espèce à espèce. C’est un chimistedistillateur de Melbourne, M. Bosisto, qui a donné le plus d’extension à cette industrie, et qui a fourni les meilleurs renseignements sur les divers usages auxquels ces essences pouvaient être appliquées. L’espèce la plus riche en huiles essentielles est, jusqu'ici, lÆ. amyg-