‹ Manuel de l'acclimateur, ou, Choix de plantes recommandées pour l'agriculture, l'industrie et la médecine, et adaptées aux divers climate de l'Europe et des pays tropicauxChapitre 34 sur 62 · I. megapotamica Cnoisy. — Du Brésil méridional et de la Ré · texte numérisé non relu

I. megapotamica Cnoisy. — Du Brésil méridional et de la Ré

publique Argentine. Ses gros tubercules ne sont pas comestibles et ne servent guère qu'en médecine, où ils remplacent le jalap. On la multiplie, comme toutes les autres espèces du genre, par ses tubercules ou par le bouturage de fragments de la tige.

I. paniculata Rob. Br. — Plante presque cosmopolite en Australie, le long des côtes, entre les tropiques. Ses tubercules sont comestibles, et à ce titre elle mériterait d’être cultivée. Peut-être donnerait-elle des variétés plus rustiques que le type de l’espèce.

I. Purga WENDER. — Connu aussi sous le nom d’£xogonium Purga. C’est le jalap proprement dit, plante d’un grand intérêt au

oint de vue médicinal. Elle est des montagnes du Mexique, où on a récolte à l’état sauvage dans les bois. On a plus d’une fois essayé de la cultiver en divers pays, mais avec très peu de succès, tantôt à cause de l’insuffisance de la chaleur, tantôt à cause de l’absence de l’humus ou terreau végétal dans le sol. Elle doit ses propriétés purgatives à une résine particulière, la convolouline, qu’on retrouve dans quelques autres espèces des mêmes régions, particulièrement dans l’Z. simulans, qui fournit le jalap de Tampico ou plutôt de la Sierra Gorda. 1/7. operculata, de l'Amérique du Sud, donne le jalap connu sous le nom de jalap du Brésil.

IRIARTEA. — Genre de palmiers de l'Amérique équatoriale, comprenant un grand nombre d’espèces, toutes caulescentes, dont le stipe, relativement grêle et flexible, se détruit graduellement à sa partie inférieure, de manière à sortir de terre; mais il est alors soutenu par de fortes racines adventives, qui se développent de tous les côtés et de plus en plus haut à mesure que ce stipe se raccourcit par le bas, ce qui donne à l’arbre un aspect des plus singuliers. Les frondes elles-mêmes, découpées en fines lanières tronquées et déchiquetées à leur extrémité, ressemblent à d'immenses plumes d’une suprême élégance. La plupart de ces palmiers sont de serre chaude en Europe, mais il en est quelques-uns qui, par leur provenance montagnarde, semblent avoir des chances de s’acclimater dans les régions extratropicales, peut-être même dans les parties les plus chaudes du midi de l’Europe; ce sont principalement les Z. deltoidea Ruiz etPAv., ventricosa et exorrhiza MarT., qu’on rencontre à des altitudes de 1,000 à 2,000 mètres sur les Cordillères où l'Amazone prend sa source.

IRIS. — Genre type de la famille des Iridées, comprenant un grand nombre d'espèces, toutes vivaces par leurs rhizomes rampants ou tuberculeux, et la plupart admises dans les jardins fleuristes. Leurs fleurs ont souvent un grand éclat, mais sont de peu de durée. Considérés d’une manière générale, les Iris sont propres aux climats tempérés ou tempérés-froids de l'hémisphère septentrional, principalement en Asie. Dans les climats plus chauds elles sont remplacées par d’autres genres d’Iridées, qu’on recherche également pour l’embellissement des parterres, tels que les Horæa, les Ixia, les Gladiolus, etc.

Les Iris proprement dits ne sont pas seulement des plantes d’a-

grément; il en est quelques-uns qu’on cultive en qualité de plantes industrielles, ou même comestibles. Citons dans le nombre les suivants :

I. juncea L. — A fleurs jaune très vif, dont les tubercules sont mangés par les indigènes du nord de l'Afrique. C’est une des belles plantes de nos parterres.

I. pabularia NoN. — Plante du Cachemire, encore peu connue en Europe. Considérée dans son pays natal comme une bonne plante fourragère, tant à faucher qu’à faire pâturer. C’est le Krishum des indigènes du Cachemire.

I. florentina L.— Iris de Florence.On le cultive industriellement pour la parfumerie en Italie et principalement en France, dans le département de l’Ain, où on en récolte annuellement de 15 à 16,000 kilogrammes. Cette culture est des plus élémentaires. On plante des rhizomes en fosses, à 030 les uns des autres, dans une terre ameublie et fumée. A la troisième année, on enlève les rhizomes depuis juillet jusqu’en octobre, on les lave et on les expose au soleil pour les faire sécher, ce qui leur fait perdre 5 à 6 pour 100 de leur poids, puis on les livre au commerce. En Italie on évalue le produit par hectare à 70 quintaux de rhizomes frais valant 30 fr. le quintal, soit, pour le total, 2,100 fr. brut, les frais de plantation et de culture revenant à 360 fr. L’Iris de Florence n’est pas la seule espèce cultivée pour cette industrie, et parmi celles qu’on y ajoute on peut citer l’Iris germanique (7. germanica L.), un peu moins parfumé, mais plus rustique et donnant encore un produit suffisant dans des pays beaucoup plus froids que l'Italie ou le midi de la France.

ISATIS {inctoria L. — Pastel. Plante bisannuelle de la famille des Crucifères, du midi de l’Europe et de l’Asie moyenne, d’où elle paraît s'étendre jusqu’au Japon. Le pastel est cultivé depuis les temps les plus anciens pour la teinture bleue qu’on extrait de ses feuilles par macération, et 1l a été jadis l’objet d’un très grand commerce, un peu diminué aujourd’hui par la découverte de nouvelles teintures. Il a peut-être plus d'importance encore comme plante fourragère, pour la nourriture et l’engraissement des vaches et des moutons, ce qui a été confirmé par les expériences de plusieurs agronomes français, au nombre desquels on peut citer MM. de Vilmorin et de Gasparin. À ce point de vue il offre des avantages considérables, en ce qu’il est plus rustique que le colza, plus précoce, et qu’il vient fort bien sur les terres les plus arides. Il en est autrement si on le cultive pour la teinture; dans ce dernier cas il ne donne un produit rémunérateur que dans les terres fertiles, fraîches et bien amendées par des engrais.

On connaît plusieurs autres espèces d’Zsatis, la plupartasiatiques, qui offriraient peut-être un égal intérêt agricole ou industriel, mais qui jusqu'ici ont été totalement négligées. Le botaniste Boissier, dans sa Flore d'Orient, en énumère jusqu’à vingt-huit espèces.

ISONANDRA Gutla Hook.; Dichopsis Gulta BENTH. — Grand arbre de la péninsule malaise et des îles voisines, appartenant à la

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famille des Sapotées, dont la sève concrélée est devenue dans ces derniers temps, sous le nom de qgutta-percha, la matière d’un immense commerce. Outre l'emploi qu’on en fait dans diverses industries, la gutta-percha sert surtout à isoler les fils métalliques des télégraphes sous-marins, et rien ne saurait la remplacer pour cet usage. De là l’énorme exploitation des arbres qui la produisent, et qui est telle qu’on commence à craindre sérieusement de les voir disparaître dans un prochain avenir. La meilleure gutta-percha est la gutta taban, de la presqu’ile malaise, mais elle est souvent adultérée par celle qu’on retire d’autres arbres du même genre, ou même de genres différents.

En 1877, onze mille arbres adultes d’Zsonandra Gutta ont été abattus dans un seul mois, et ils ont fourni environ 17,800 kilogrammes de gutta-percha; mais déjà, en 1875, il avait été exporté du détroit de la Sonde environ 5 millions de kilogrammes de cette matière, ce qui, à raison de 7 kilos 1/2 par arbre, suppose la destruction de 600,000 arbres. Cette exploitation d’ailleurs va croissant d'année en année, et il est visible que si les gouvernements intéressés à conserver cette source de richesse ne prennent des mesures pour en régler l’exploitation et pour réparer au fur et mesure les pertes subies par les forêts d’Isonandras, le temps ne peut pas être éloigné où le monde se verra privé d’un produit devenu indispensable pour les rapports mutuels de toutes les nations civilisées.

C’est une question de savoir si les arbres producteurs de guttapercha pourraient être cultivés ailleurs que sur les points du globe où la nature les a fait naître. Cette possibilité n’est pas douteuse pour les grandes îles de la Sonde, Java, Sumatra, Bornéo et la Nouvelle-Guinée, mais on ne saurait l’affirmer pour l'Amérique équatoriale, la Guyane par exemple, ainsi que la côte occidentale d'Afrique. Il semble cependant qu’il y ait des probabilités de succès

our des tentatives de ce genre, et les gouvernements seraient bien inspirés s'ils les entreprenaient. L'introduction des arbres à quinquina dans l’Inde et à Java est un exemple à suivre, et le succès qui l’a couronnée un encouragement à tenter une expérience sea sur les Isonandras, et à la poursuivre avec persévérance.

JACARANDA mimosifolia Don. — Arbre du Brésil, de la famille des Bignoriacées, également remarquable par l'élégance de son feuillage finement découpé, qui rappelle celui de divers mimosas, et par la beauté de ses panicules de fleurs violet foncé. A ce point de vue purement ornemental, le Jacaranda est une des plus intéressantes acquisitions que l’horticulture d'agrément ait faites dans le courant de ce siècle. Il est déjà assez commun dans les jardins de l'Algérie, et on en voit même quelques sujets dans ceux de la Basse- Provence, où il passe l'hiver dans les lieux les mieux abrités. Un peu plus au nord ce n’est plus qu’un arbre d'orangerie.

Sous son climat natal le Jacaranda est plus qu’un arbre d’orne-

ment; il fournit au commerce un bois odoriférant, recherché par l’ébénisterie sous le nom de bois de palissandre, et qui est vemé de noir sur un fond rouge bleuâtre. D’autres espèces du même genre, les J. brasiliana et obtusifolia, fournissent des produits analogues, mais il ne paraît pas qu’ils aient encore été introduits en Europe.

JACKSONIA cupulifera Mriss\. — Petit arbre de l'Australie occidentale, de la famille des Légumineuses. Il est particulier aux déserts arides de cette contrée, où il produit un fourrage fort recherché des chevaux et du bétail. Plusieurs autres espèces de Jacksonias rendent les mêmes services aux colons australiens, et on comprend d'emblée de quelle utilité ces arbres pourraient être dans le nord de l'Afrique, en Algérie surtout, où la chaleur et les longues sécheresses de l’été rendent si difficile l’alimentation des troupeaux.

JASMINUM. — Genre d’arbrisseaux ou sous-arbrisseaux de la famille des Jasminées, répandus depuis le midi de l'Europe jusqu’en Chine et au Japon. Presque tous les jasmins sont devenus des plantes d'agrément, mais il en est plusieurs qui fournissent des produits à l’industrie, surtout à la parfumerie. Citons les plus usités :

J. grandifiorum L. — De l'Inde et de la Chine, depuis longtemps introduit dans le midi de l’Europe et particulièrement en Provence, où on le cultive en grand, pour en extraire le parfum. Dans une plantation en plein rapport, c’est-à-dire à partir de la troisième année, on peut récolter jusqu’à 5,000 kilogrammes de fleurs par hectare, dont la valeur brute, suivant les années, varie de 4 à 6,000 francs. Ce jasmin est habituellement greffé sur le jasmin commun ou jasmin officinal, et planté en lignes distantes l’une de l’autre d'environ { mêtre, mais les plants sont beaucoup plus rapprochés sur la ligne. Le terrain est d’ailleurs abondamment fumé et irrigué pendant la chaleur de l'été. On extrait le parfum des fieurs par les moyens généralement usités, c’est-à-dire à l’aide d'huiles fixes et par distillation alcoolique. Les fleurs de cette espèce sont blanches.

J. odoratissimum L. — Espèce à fleurs jaunes de Madère, cultivée comme la précédente et les suivantes pour son parfum.

J. officinale L. — De toutel’Asie centrale, depuis la Turquie jusqu’en Chine. Espèce à fleurs blanches, introduites depuis des siècles en Europe, où elle est cultivée comme plante d'agrément, même assez loin dans le Nord, au moyen de quelques abris. À Cannes et à Nice le jasmin officinal est l’objet d’une exploitation considérable, la production des fleurs y étant annuellement de 80 à 90,000 kilogrammes.

J. Sambac Aron. — De l'Inde et peut-être aussi de la Chine méridionale et du Japon. Espèce à fleurs blanches et la plus délicieusement parfumée, mais moins rustique que les précédentes et plus élevée, car elle peut former des buissons de 4 à 5 mètres de hauteur, en appuyant ses longues branches fiexibles sur des soutiens. Les fleurs en doivent être récoltées le soir, avant d’être tout à fait ou-

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