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vertes, pour éviter la perte d’une partie de leur arome. Le jasmin sambac est cultivé surtout en Algérie, où le climat lui est favorable.
Il existe dans les régions chaudes de l'Asie beaucoup d’autres espèces de jasmins, dont l’industrie ne s’est jamais occupée. On en trouve de même en Australie, dont le parfum, très développé, attirera sans doute un jour l’attention des industriels de ce pays, en attendant qu’on les introduise en Europe et ailleurs. Parmi ces espèces on peut citer les J. lineare, didymum, racemosum, simplicifolium, calcareum et suavissimum, tous capables de vivre dans nos jardins méridionaux.
JUBÆA spectabilis HumBzr. — Le palmier coquito du Pérou et du Chili. C’est un des représentants les plus remarquables de la famille des palmiers par ses proportions, par sa rusticité relative et par les produits qu’il fournit à l’industrie. Il abondaïit jadis dans la partie méridionale du Pérou et dans le nord du Chili jusqu’au 36° degré de latitude sud, mais la grande exploitation qu’on en fait depuis longtemps pour l'extraction de sa sève sucrée en a déjà considérablement diminué le nombre, et si l’on ne prend des mesures pour régler cette exploitation l’espèce disparaîtra un jour de son pays d’origine.
Le Jubæa est un des plus grands palmiers connus, et certainement un de ceux dont le tronc est le plus volumineux. Haut d’une vinglaine de mètres, ce tronc se renfle souvent vers le milieu de sa hauteur, sur une longueur plus ou moins grande, ce qui correspond à la période de la plus grande activité de végétation de l’arbre. Ses frondes pennatifides, de même forme que celles du dattier, mais beaucoup plus vertes et avec la rainure des pinnules placée à leur face inférieure, ont de 3 à 4 mêtres de longueur. Le tronc lui-même a souvent plus de 4 mètres de tour à quelque distance du sol. Au Pérou et au Chili on saigne l’arbre pour en retirer la sève, dont on fait de la mélasse, du sucre cristallisé et une boisson alcoolique. Un arbre adulte, d’après les observations de Charles Darwin, fournit en moyenne 90 gallons de sève, mais ne tarde pas à s’épuiser et à périr. Les arbres qu’on ne saigne pas produisent de volumineux régimes de fruits, de la grosseur d’une prune de Reine-Claude, dont la pulpe sucrée est comestible, ainsi que l’amande un peu huileuse du noyau.
Pour la rusticité le Jubæa égale presque le palmier-nain du midi de l’Europe, résistant comme lui aux abaissements de la température, jusqu’à 10 ou même 12? degrés centigrades au-dessous de zéro, à condition cependant que ces grands froids ne se prolongent pas. Il résiste de même à la sécheresse, et on a même observé qu'il vient mal ou périt dans les terrains humides ou très fréquemment arrosés. Cette grande endurance du froid et de la sécheresse en fait une précieuse acquisition pour les jardins et les parcs du midi de l’Europe et du nord de l’Afrique, où on en voit déjà de remarquables échantillons, surtout dans la partie littorale de la Provence. Un peu abrité, ou placé dans un site choisi, le Jubæa pourrait croître, à l'air libre, dans presque toute la région de l'olivier. Cet arbre inté-
ressant a d’ailleurs fleuri plusieurs fois et produit des graines dans les jardins de Lisbonne.
JUGLANS. — Noyer. Arbres de la famille des Juglandées, indigènes de l’hémisphère septentrional dans l’ancien et le nouveau monde, et dont on trouve un représentant même en Europe; mais c’est surtout dans les parties tempérées de l’Asie et du nord de l'Amérique que croissent les nombreuses espèces du genre.
Toutes sont ou peuvent devenir des arbres utiles, les unes par leurs fruits, les autres par leur bois, quelques-unes par ces deux produits à la fois. Elles sont, d’une manière générale, plus rustiques que les Caryas, ou Hickorys, qui ont cependant beaucoup d’anologie avec les noyers. Les espèces les plus intéressantes pour l’arboriculteur sont les suivantes :
J. cinerea L. — Le noyer cendré, ou Butternut tree des Américains. Arbre de 12 à 14 mètres, sur 1 mètre de diamètre à quelque distance du sol, de croissance relativement rapide et supportant aisément la transplantation. Il se plaît dans l’humus des forêts, mais réussit encore assez bien dans les sols pauvres, pourvu qu’ils ne soient pas arides. Son bois, plus léger que celui du noyer noir, est cependant d’une bonne durée et peu attaqué parles insectes; 1l n’est pas non plus sujet à se fendre et à gauchir en séchant, aussi en faiton un grand usage en menuiserie et dans le charronnage.
J. cordiformis Maximowicz. — Du Japon, où il a été découvert récemment par le voyageur dont on vient de lire le nom. Il est voisin du J. Sieboldiana, très grand arbre du même pays.
J. mandschurica Maximow. — De Mandschourie. Il ressemble beaucoup au J. cinerea de l'Amérique du Nord, et son bois, remarquablement beau, estrecherché par l’ébénisterie japonaise. Ses noix, en outre, sont comestibles et donnent une huile de bonne qualité.
J. nigra L. — Le noyer noir d'Amérique. C’est un arbre de 20 à 25 mètres, dont le tronc acquiert jusqu’à 2? mètres de diamètre. Son bois, rougeâtre d’abord, puis prenant des teintes plus foncées en vieillissant, est un des meilleurs que l’on connaisse pour la menuiserie et l’ébénisterie. Il n’est sujet ni à se fendre, ni à se déformer, ni à être attaqué par les insectes ; aussi fournit-il, aux Etats- Unis, les trois quarts du bois employé pour les ouvrages d'intérieur, ce qui le met à un très haut prix. Après quelques années d’emmagasinage on le préfère à tous les autres pour faire les crosses de fusils et, dans une certaine mesure, pour la fabrication des instruments de musique. Sa texture compacte, sa longue durée et le beau poli qu’il prend sous le rabot le font aussi rechercher pour le parquetage des appartements. Ses noix, peu ou point comestibles, sont plus huileuses que celles du noyer d'Europe. Il paraît que cet arbre descend dans l’Amérique du Sud jusqu’à la Bolivie et à la République Argentine, toutefois sous une forme un peu différente du type septentrional. Le noyer noir est introduit depuis longtemps en Europe, mais il n’y a pas encore atteint les proportions qu’on lui connaît en Amérique, probablement parce que sa culture y a toujours été négligée, |
J. regia L. — Le noyer proprement dit, indigène dans l’Europe orientale, et s'étendant des bords de la mer Noire au centre de l’Asie, et même, semble-t-il, jusqu’au nord de la Chine. Il est cultivé presque partout en Europe au-dessous du 50° degré de latitude, et il atteint ses plus belles proportions dans les sols calcaires et frais, surtout au voisinage des cours d’eau.
C’est un arbre à tronc volumineux, mais peu élevé, qui peut vivre des siècles, et qui est également estimé pour la beauté de son bois et l'excellence de ses fruits, deux objets qui donnent lieu à un commerce considérable. Le bois est à la fois nerveux et léger, très employé en ébénisterie et en menuiserie, ainsi que dans la fabrication des crosses de fusils, des pianos et autres meubles de décor. On le cultive en grand dans diverses parties de la France, principalement dans les départements voisins du Rhône, tant pour ses noix considérées comme fruits de table que pour l’huile comestible qu’on en retire par pression, et qui trouve encore un emploi dans la peinture à l’huile. Cet arbre précieux a produit beaucoup de variétés, inégales en valeur, les unes donnant des noix à coque tendre, les autres à coque dure, et ces noix diffèrent aussi notablement de grosseur, de là l’usage répandu en France de greffier les meilleures races sur les jeunes arbres obtenus de semis. La greffe en flûte est la plus employée et celle qui réussit le mieux. On dit qu’il existe en Chine une variété du noyer dont la coque se réduit presque à une simple pellicule. Le noyer peut prospérer dans l’Europe centrale jusqu'aux altitudes de 5 à 600 mètres, mais il y gèle quelquefois, et même dans le nord et le centre de la France il est maltraité par les hivers rigoureux. Les noix étant sujettes à rancir, on doit les consommer lorsqu'elles sont encore fraîches; on peut cependant les faire voyager assez longtemps emballées dans de la mousse sèche. Le brou qui entoure la coque contient une teinture noire qui a aussi quelques emplois.
J. rupestris ENGELN.— De la Californie et du Nouveau-Mexique, où il recherche le voisinage des cours d’eau et les sols humides enrichis de détritus végétaux. C’est un bel arbre, de formes symétriques, haut d’une vingtaine de mètres, sur un tronc d’un mètre de diamètre.
Plusieurs autres espèces de noyers existent en Asie et en Amérique, mais qui sont encore trop peu connues pour qu’il y ait utilité à les mentionner ici, tels que les J. stenocarpa, du territoire de l’Amour, J. californica, J. præparturiens, etc.
JUNIPERUS. — Genévrier. Genre d’arbres et d’arbrisseaux du groupe des Conifères, caractérisé par des galbules (cônes) plus ou moins sphériques et un peu charnus. Suivant les espèces, les feuilles sont aciculaires ou réduites à de courtes écailles appliquées sur les rameaux. Beaucoup de genévriers ont été introduits en Europe comme arbres et arbrisseaux d'ornement.
J. bermudiana L. — Le cèdre des Bermudes et des Barbades. C’est quelquefois un arbre de 25 à 30 mètres de hauteur, dont le bois léger et rougeâtre sert à faire des meubles et surtout les étuis
des crayons à dessiner. Il entre aussi dans la construction des pianos, à cause de son odeur balsamique. C’est à ce genévrier qu'il faut rapporter la plupart des arbrisseaux cultivés dans les jardins sous le nom de Biota meldensis.
J. chinensis L. — Des régions tempérées de l'Himalaya, jusqu’à l'altitude de 3,500 mètres, de la Chine et du Japon. C’est un grand arbre, qui atteint parfois 30 mètres de hauteur, mais plus souvent n'arrive qu'à 20 ou 25 mètres, suivant la nature des terrains. Le tronc devient ordinairement très gros, mesurant jusqu’à 4 mètres de circonférence à la base. L'arbre croît avec une certaine rapidité, et son bois rougeâtre, à grain fin et un peu tendre, sert comme celui du précédent à la fabrication des crayons. On le croit identique spécifiquement au J. religiosa de l'Himalaya.
J.communis L.— Le genévrier commun, de l’'Europe,quisetrouve aussi en Asie, en Amérique et dans le nord de l’Afrique. Il s’élève à plus de 2,000 mètres sur les Alpes et à 3,500 ou même 4,000 sur les montagnes de l’Inde. Le plus souvent c’est un simple arbrisseau de 3 à 4 mètres; quelquefois il atteint plus que le double de cette taille, mais il ne vient bien que dans les sols siliceux et un peu humides. Par sa forme pyramidale et son feuillage dense, d’une belle teinte glauque, c’est un arbrisseau d'ornement de premier ordre, ainsi qu’on en peut juger par les nombreux échantüllons qu’on en rencontre dans la forêt de Fontainebleau, près de Paris. Il se déforme et vient mal dans les terres calcaires ou trop arides. Ses baies sont employées en médecine et servent surtout à la préparation de la liqueur alcoolique connue sous le nom de Gin.
J. drupacea LaBizz. — De Syrie, où il porte le nom de Æ/ahbel. C’est un grand arbrisseau de 8 à 10 mètres, à feuillage dense et d’une belle verdure, très propre à composer des massifs dans les jardins, mais sa croissance est un peu lente. Ce qu'il offre de particulier c’est que ses galbules, qui atteignent la grosseur d’une prune moyenne, s’amollissent et deviennent succulents et un peu sucrés à la maturité, ce qui en fait des fruits de table assez prisés dans tout l'Orient.
J. excelsa Bie8. — Répandu de l’Asie-Mineure à l'Himalaya, qu'il gravit jusqu’à plus de 3,000 mètres d'altitude. Sa hauteur peut atteindre à 20 mètres sur un tronc de 3 à 4 mètres de tour à la base.
J. flaccida ScaLecaT. — Du Mexique. Arbre montagnard de 8 à 10 mètres de hauteur, et contenant une forte proportion de résine très analogue à la sandaraque.
J. mexicana SCHIEDE. — Des mêmes localités que le précédent et s’élevant davantage sur les montagnes (jusqu’à 3,500 mètres). Sa hauteur peutatteindre à 30 mètres, sur un tronc relativement menu. Il donne aussi beaucoup de résine, qui peut remplacer la vraie sandaraque.
J. occidentalis Hook. — Du nord de la Californieet de l’Orégon, moins montagnard que les deux précédents. C’est aussi un grand arbre, à tronc droit, dont le bois est de teinte pâle et relativement assez dur. Il se plaît dans les endroits rocailleux des montagnes.
J. phænicea L. — Arbre peu élevé, du midi de l'Europe et de
l'Orient, à galbules rougeâtres, dont le tronc peut devenir très gros avec l’âge, tout en restant bas, l’arbre prenant alors la forme d’un dôme surbaissé. Toutefois ces grands échantillons sont rares parce
ue l’arbre est habituellement coupé et recépé pour fournir du bois ‘ke chauffage. Sa racine est aromatique, mais ne paraît pas avoir d'usage dans les arts.
J. virginiana L. — C’est le cèdre de Virginie ou cèdre rouge du nord de l'Amérique, mais surtout confiné dans les Etats méridionaux. Le genévrier de Virginie est un très bel arbre, haut quelquefois de 30 mètres, très fourni et d’une belle verdure. Son bois est aromatique, de longue durée, dense, léger et à grain fin, d’une belle couleur rouge dans le cœur, blanc à l’extérieur. Il est d’ailleurs fort recherché pour de nombreux usages, entre autres pour la construction des cuves, des baquets, des caisses d'emballage, comme aussi pour faire des palissades, à cause de sa longue durée à l’air. Le cœur, particulièrement, passe pour incorruptible et n’est point attaqué par les insectes. L'arbre affectionne le voisinage de la mer, mais paraît presque indifférent à la nature du terrain. Il existe dans toutes les grandes collections d’arbres de l’Europe méridionale, où on le considère comme un bel arbre d’ornement.
J. Wallichiana HooKk. — De l'Inde, principalement des points élevés de l'Himalaya, entreles altitudes de 3,000 et de 4,500 mètres. C’est un grand arbre, qui mériterait d’être introduit en Europe, comme arbre forestier.
Outre les espèces de genévriers dont nous venons de parler, il en existe plusieurs autres, qui attireront probablement l'attention des acclimateurs etdes forestiers quand elles seront mieux connues. Nous ne dirons donc que quelques mots des suivantes: J. brevifolia, des Açores, bel arbrisseau à feuillage plus ou moins argenté; J. cedrus, des plus hauts sommets des Canaries; J. fætidissima, grand arbre des montagnes de l’Asie-Mineure ; J. procera, de l'Abyssinie, dont le bois est estimé dans ce pays; J. recuroa, de l'Himalaya, sur lequel on n’a encore que des données incertaines, et enfin J. sphærica, du nord de la Chine. A ces espèces on peut ajouter le J. Sabina L., simple arbrisseau de l’Europe méridionale, dont le feuillage est vénéneux, mais qui joue le rôle d’arbrisseau décoratif dans les jardins, et le J. thurifera, d'Espagne, dont la résine est quelquefois employée en guise d’encens, dans les églises de ce pays.
Fe grandes espèces de genévriers, comme plusieurs espèces de cyprès, peuvent devenir des arbres de première importance pour les reboisements en montagnes, où leur forte ramure et leur port touffu seront très propres à conserver longtemps la neige et à retenir l’eau des pluies, et par là à entretenir les sources et à préserver les plaines des inondations.
JUSTICIA. — Carmantine. Genre d’Acanthacées qui a fourni quelques espèces arbustives à nos jardins d'agrément, presque toutes attribuées aujourd’hui à d’autres genres. Citons seulement les suivantes ;
J. picta L. — De l'Inde, à fleurs écarlates, très brillantes. Arbuste de ? à 3 mètres.
J. coccinea L. — Devenu l’Anisacanthus virgularis de quelques auteurs. Sous-arbuste de 1 à 2 mètres, à fleurs rouges.
J. speciosa L. — De l’Inde, à fleurs pourpres ou violettes.
J. Adhatoda L. — Arbrisseau de 3 à #4 mètres, originaire de l'Inde, à fleurs blanches, très commun aujourd’hui dans les jardins de tout le midi méditerranéen de l’Europe. Cet arbrisseau a quelque emploi en médecine comme fébrifuge et antispasmodique.
KÆMPFERIA Galanga L.— Le Galanga du commerce. Scitaminée de l’Inde et de l’Asie orientale, dont les rhizomes ou racines tubériformes ont une saveur piquante et aromatique, qui les fait employer en Chine et au Japon comme stimulant des fonctions digestives. Dans le commerce de la droguerie ces racines sont souvent mêlées à celles d’autres Scitaminées de moindre valeur, principalement des A/pinia pyramidalis Br. et A. Allughas RoxB&. Toutes ces plantes pourraient être introduites dans les pays tempéréschauds, s’il y avait quelque intérêt à les y cultiver.
KENTIA. — Genrede Palmiers détaché des Arecs (Areca), comprenant plusieurs espèces répandues dans les îles de l’océan Paeifique austral. Quelques-unes sont rustiques ou demi-rustiques aux alentours de la Méditerranée, telles que les suivantes :
K. Baueri SEEMANN. — De l’île Norfolk; sa hauteur est de 12 à 14 mètres.
K. Beccarii Ferd. von Muzrer. — Des montagnes de la Nouvelle-Guinée, où il s'élève à l’altitude de 1,500 mètres. Ce n’est qu’un petit arbre à tige grêle, mais très ornemental, aussi bien que le X. minor du nord-est de l'Australie.
K. Belmoreana Moore et Muzi.— Le palmier Curly, de l’île de Lord Howe. Il est demi-rustique dans le midi de l’Europe, de même que le X. Canterburyana du même pays.
K. moluccana BEccari.— De l’île de Ternate, où 1l croît jusqu’à l'altitude de 1,000 mètres. Sa hauteur est de 25 à 30 mètres.
K. sapida BLUME; Areca sapida MarT. — C’est le palmier Nika de la Nouvelle-Zélande et des îles Chatam, palmier remarquable par ce fait qu’il est, de toute la vaste famille à laquelle il appartient, celui qui s’avance le plus loin dans l’hémisphère austral. On le rencontre en effet jusqu’au-delà du 40° degré de latitude, dans des lieux où l’hiver est relativementrigoureux.Il est cependant moins rustique que le palmier-nain de l’Europe, et même que le dattier et le Jubæa spectabilis du Chili. On le cultive dans quelques jardins de la Basse-Provence, où on le voit fleurir et mürir ses graines; hors de là il appartient à l’orangerie. Il croît lentement et sa tige ne semble pas devoir dépasser 4 ou 5 mètres; elle atteint le double de cette taille dans sa région natale,
KOCHIA villosa LiNpz. — Chénopodée arbustive des terrains bas, souvent inondés et salins des déserts de l’Australie. Les éleveurs de bestiaux en font grand cas, parce qu’elle leur procure un bon fourrage aux époques de sécheresse. Ils la nomment Cotton bush (arbuste à coton), soit parce qu’elle est couverte d’une pubescence blanchâtre, soit parce que la piqûre de certains insectes y fait naître des excroissances, ou galles, revêtues d’une sorte de duvet. Cette plante intéressante, qui résiste aux chaleurs excessives et aux longues sécheresses des déserts australiens, est peut-être appelée à rendre de grands services dans le Sahara algérien. Nous l'avons cultivée avec succès en Provence, où elle passe aisément l'hiver.
KETELEERIA. — Genre de Conifères, démembré de celui des sapins (Abies), dont il se distingue par ses feuilles planes, aiguës et un peu spinescentes; par ses cônes beaucoup plus gros et par tout son port, qui rappelle plutôt certains Podocarpus que les sapins proprement dits. On n’en connaît encore que la seule espèce suivante :
K. Fortunei Carr. (Abies jezoensis LiNb1.). — Arbre dela Chine et probablement aussi du Japon, de grande taille et d’un beau port, mais encore à peine connu en Europe. Par quelques échantillons qui en existent en France, on sait qu’il est rustique dans l’Ouest et dans le Midi, mais il gèle souvent dans le Nord. Cet arbre ne doit pas être confondu avec le Picea jezoensis, ainsi que l’a cru le botaniste Lindley.
KNIGHTIA ezcelsa Rob. Br.— Bel arbre de la Nouvelle-Zélande, où il porte le nom de Rewa-Rewa. Il appartient à la famille des Protéacées, comme quelques autres de grande taille. Son bois est utilisé en menuiserie et même en ébénisterie. Cet arbre serait vraisemblablement rustique dans le midi de l’Europe, et même en France, au voisinage de l'Océan, jusqu’en Bretagne.
KRAMERIA f{riandra Ruiz. — Arbrisseau du Pérou, du Chili et des montagnes de la Bolivie, appartenant à la famille des Polygalées. Son élégance pourrait le faire adopter dans nosjardins d’agrément méridionaux, mais il a une autre valeur dans sa racine, qui fournit le ratanhia des pharmacies. Cette racine contient de 38 à 43 pour 100 de son poids de tannin, ce qui lui donne sa forte astringence. D’autres espèces sont également exploitées dans le commerce des drogues, principalement le X. Zæine de l'Amérique centrale et des Antilles.
LACTUCA. — Laitue. Genre de Composées, de la tribu des Chicoracées, qui fournit à nos jardins potagers des légumes bien connus, qui se consomment verts, sous le titre général de salades, et qui se mangent aussi en potages ou autrement préparés. La médecine en tire quelques médicaments, sous le nom de lactucarium.
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Les variétés cultivées proviennent presque exclusivement de l’espèce suivante :
L. satioa L. — La laitue proprement dite, plante annuelle, qu’on croit originaire de l’Asie méridionale, et dont l'introduction en Europe remonte à une haute antiquité. C’est un légume très sain, aujourd’hui cultivé sur une très grande échelle et qui a produit une multitude de variétés, toutes à fleurs jaunes, et réparties dans deux races principales : les laitues pommées et les laitues romaines ou chicons. Il est inutile que nous entrions ici dans le détail de ces diverses variétés et de leur culture, qu’on trouvera dans tous les livres de jardinage.
L. perennis L. — La laitue vivace. Plante indigène en France et dans d’autres pays de l’Europe, très différente de l’espèce précédente par sa souche qui dure plusieurs années, et par ses fleurs d’un bleu clair. Elle n’est cultivée que par un petit nombre d'amateurs, mais on la récolte à l’état sauvage, principalement pour la manger cuite, à la manière de la chicorée ou des épinards. Cette espèce est propre aux terrains calcaires et secs, où elle rendrait certainement de bons services si on lui donnait quelques soins.
L. oirosa L. — La laitue vireuse. Forte plante bisannuelle, indigène dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie moyenne. Son suc laiteux, très abondant, passe pour vénéneux,; il est narcotique et employé comme sédatif. Il est la principale source du lactucarium, employé en médecine.
Il existe encore d’autres espèces de laitues restées jusqu'ici à l’élat sauvage, telles que les Z. Scariola L., du midi de Europe, et L. altissima Bies., du Caucase, dont la tige s'élève à 2 ou 3 mètres. Soumises à la culture, ces plantes pourraient sans doute s’améliorer et tout au moins servir à la nourriture des bestiaux.
LAPAGERIA rosea Ruiz et PAv. — Plante vivace, à tiges sarmenteuses, de la famille des Liliacées smilacinées, originaire du Chili, d’où elle a été introduite en Europe comme simple plante d'ornement. Dans son pays natal elle produit des baies comestibles, de la grosseur d’un œuf de poule et d’une saveur agréable. Sa racine est employée dans la médecine locale, où elle remplace la salsepareille. C’est presque la seule plante qui résiste aux émanations sulfureuses des volcans de l'Amérique du Sud. Elle n’a pas encore, que nous sachions, fructifié en Europe.
LARDIZABALA biternata Ruiz et PAv. — Plante grimpante du Chili, de la famille des Lardizabalées, dont les tiges sarmenteuses et ligneuses atteignent une longueur énorme, s’élevant jusqu’au sommet des plus grands arbres, en formant un lacis inextricable et
- les protégeant ainsi contre la violence des vents. Au Chili ces lon-
gues tiges, un peu grillées à la flamme pour les assouplir, sont employées en guise de cordages. On en tire en outre des fibres textiles et de la pâte à papier. La plante pourrait d’ailleurs servir à épaissir les massifs boisés et les rendre plus résistants aux tempêtes. Il ne faut pas oublier que les grandes et fortes lianes remplissent un rôle
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important dans les forêts américaines, et peut-être rendraient-elles des services analogues dans les reboisements du nord de l’Afrique, où on est exposé à des ouragans d’une extrême violence. Ajoutons à ces détails que cette liane, qui serait parfaitement rustique dans le midi de l’Europe, produit des fruits de la grosseur d’une belle prune, et qui sont comestibles.
LARIX. — Mélèze. Genre de Conifères assez analogue à celui des sapins (Abies), dont il est cependant facile de le distinguer à première vue. La tige s’élève droite comme dans les sapins, mais ici les feuilles sont fasciculées en forme de pinceau, de plus elles sont caduques, ce qui est une rare exception dans l’ordre des Conifères. Les cônes sont ovoïdes, comparativement petits, à écailles persistantes après la chute des graines, qui sont pourvues d’une aile membraneuse. Ce genre ne contient qu’un petit nombre d’espèces, toutes assez semblables à celle de l’Europe, et peut-être réductibles à cette dernière, comme simples variétés.
L. microcarpa FoR8Es (L. americana Micux.).— De l'Amérique du Nord, surtout dans le Canada, quoiqu'il s’avance au sud jusqu’au 45° degré de latitude. C’est un arbre de 30 à 40 mètres, dont le bois est, dit-on, supérieur à celui du mélèze d'Europe. C’est le Zacmack des Anglo-Américains.
L. europæa DC. (Pinus larix L.). — Le mélèze proprement dit. Bel arbre forestier, de croissance rapide, répandu sur toutes les hautes chaînes de montagnes de l’Europe centrale et orientale, et s’avançant très loin vers le nord. Comme bois d'œuvre, celui du mélèze jouit de qualités exceptionnelles, principalement pour l’architecture navale, car il se conserve longtemps dans l’eau, ce qu'il doit à la résine dont il est imprégné. On en fait aussi des douves de tonneaux qui ont une très longue durée, et qui ne laissent point évaporer l'alcool. Ge n’est pas là le seul produit utile du mélèze : il en fournit un autre presque aussi important, qui est la térébenthine, sorte de résine liquide qu’on obtient en saignant les arbres, et dont la plus estimée est celle de Venise ou de Briançon. Cette industrie, du reste, abrège la vie des arbres et diminue considérablement la valeur de leur bois.
Le mélèze est un des arbres d'Europeles plus insensibles au froid et il s’accommode de toutes les terres, sauf de celles qui sont purement argileuses et qui retiennent trop longtemps l’eau dont elles ont été imbibées par les pluies. C’est ce qui explique sa préférence pour les pentes des montagnes, qui sont naturellement drainées, et où il trouve, ce qui ne lui est pas moins nécessaire, un air sans cesse renouvelé et beaucoup de lumière.
Comme espèces voisines, ou plutôt comme variétés du mélèze commun, nous citerons seulement pour mémoire les L. japonica Carr., du Japon et de ses îles; Z. Griffithiana Hook., de l’'Himalaya, et L. Kæmpferi Carr. (Pseudolarix Kæmpferi Gon».), des provinces septentrionales de la Chine.
LATHYRUS. — Gesse. Genre de Légumineuses papilionacées,
comprenant un grand nombre d'espèces, les unes annuelles, les autres vivaces par leurs racines ou tubercules, indigènes dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie moyenne. Quelques-unes sont alimentaires pour l’homme, mais le plus grand nombre n’a d'utilité que pour la nourriture des bestiaux.
L. cicera L. — Du midi de l’Europe et des îles Canaries. C’est une plante annuelle, cultivée principalement sur les terres sablonneuses et légères, où elle donne un fourrage de bonne qualité. Ses graines servent aussi à la nourriture du peuple des campagnes, mais l'usage n’en est pas sans danger, et on ne doit en user qu'avec circonspection.
L. pratensis L. — De toute l’Europe et d’une grande partie de l'Asie. La plante est vivace et se trouve habituellement dans les terres grasses ethumides, comme celles des prairies. Son produit en fourrage est considérable et, quoique imprégné d’un peu d’amertume, recherché par les moutons.Cependant il est rare qu’elle entre dans les cultures régulières.
L. satious L. — D'une grande partie de l’Europe et de l'Asie occidentale. C’est la jarosse ou jaraude des Français, plante annuelle, fréquemment cultivée dans les sols sableux, siliceux et de qualité inférieure, où elle donne un assez bon produit en fourrage. Sa graine est quelquefois aussi employée à la nourriture de l’homme, soit en potages, soit réduite en farine et mélangée au pain, mais les personnes qui en font usage ne tardent pas à en éprouver de mauvais effets. Cette graine est réellement vénéneuse, et elle amène, au bout de quelque temps, une grave maladie, le lathyrisme, qui se caractérise d’abord par la paralysie des jambes et finit même par amener la mort. La médecine a recueilli beaucoup d'observations de ces accidents, déjà remarqués par les anciens, et qui sont nombreux surtout dans les années de disette, où, pour suppléer au déficit des céréales, on fait entrer la farine de jarosse dans le pain en proportion plus ou moins grande. Les animaux domestiques, les chevaux et les porcs particulièrement, sont également sujets au lathyrisme quand on ajoute des graines de jarosse à leur ration. Toutefois ils peuvent consommer la plante à l’état vert, sans grand danger, pourvu qu’elle soit mélangée à d’autres fourrages, car elle est moins vénéneuse que ses graines. Plusieurs autres espèces du genre Lathyrus sont également dangereuses ou très suspectes, mais il en est aussi qui jouissent d’une parfaite innocuité. C’est un sujet qui a été encore peu étudié jusqu'ici.
LAURELIA aromatica PotRET. — Arbre colossal, du groupe des Athérospermées, indigène du Chili méridional, et qu’il serait certainement facile d’acclimater dans le midi de l'Europe. Son bois très aromatique, qui n’est jamais attaqué par les insectes et qui résiste longtemps à l’action de l'air extérieur et de l’humidité, est fort employé au Chili comme bois de charpente et de menuiserie, surtout pour le parquetage des appartements. Une seconde espèce du genre, le Z. serrata Puizrppi, où Auahua des Chiliens, s’avance plus loin encore vers le sud, mais son bois n’a pas les qualités de celui du
précédent. Il est à regretter que ces deux arbres soient encore si peu connus en Europe.
LAURUS. — Laurier. Genre type de la famille des Laurinées, comprenant un petit nombre d’espèces, toutes arborescentes et fortement aromatiques. L'une d’elles est classique et célèbre depuis les temps les plus anciens, c’est le Z. nobilis L., le laurier d’Apollon, ou laurier des poëtes, dont on tressait jadis des couronnes pour les guerriers et les vainqueurs dans :les jeux publics. Aujourd’hui encore il a conservé quelque chose de ce prestige, et les statues des grands hommes ou leurs effigies sont souvent couronnées de branches de laurier. Au point de vue utilitaire le laurier ne manque pas de mérite : ses feuilles sont vulgairement employées comme condiment dans la préparation de certains mets, et son bois est utilisé pour divers ouvrages de tabletterie, la confection de cannes, de manches de parapluies, de menus outils, etc. C’est aussi un arbre d'ornement, très prisé dans le midi de la France et de l’Europe, pour sa verdure perpétuelle et l'ombre qu’il procure par son épais feuillage, qui est en même temps un abri contre le vent. Sa rusticité est complète au sud du 43° degré de latitude, et il peut réussir encore plus loin vers le nord, même en Angleterre, n’y souffrant du froid que dans les hivers exceptionnellement rigoureux. Le laurier est originaire de l’Asie occidentale, mais il a été introduit en Europe depuis un temps immémorial.
Le Laurier des Canaries (L. canariensis), qui se distingue du laurier commun par un feuillage beaucoup plus grand et plus beau, n’en est peut-être qu’une variété. Le Laurier de l'Inde (L. indica) en est aussi très voisin, mais il est moins rustique, et il souffre quelquefois du froid, même sur la côte de Provence.
LAVANDULA. — Lavande. Genre de plantes sous-frutescentes, de la famille des Labiées, propres à la région méditerranéenne en Europe, en Orient et dans le nord de l’Afrique, toutes très aromatiques et recherchant les terrains secs et rocailleux. Trois espèces sont particulièrement utilisées dans l’art du distillateur :
L. angustifolia Eur. (L. vera DC.), la lavande officinale, qui fournit l’essence la plus estimée ou essence de lavande proprement dite ;
L. latifolia Vis. (L. spica DC.), dont on retire l’essence vulgairement nommée huile d'aspic ;
L. Stæchas L., plus grande et plus arbustive que les précédentes, dont elle se distingue à une rosace de feuilles violettes qui termine ses bouquets de fleurs. Quoique très aromatique elle est moins recherchée que les autres par la distillerie, mais elle est fort utile aux apiculteurs par l’abondance de ses fleurs parfumées, qui se + (RE pendant une grande partie de l’année et abondent même en hiver.
LAVATERA arborea L. — Mauve en arbre. Grande Malvacée bisannuelle, du midi de l’Europe, aux alentours de la Méditerranée,