‹ Manuel de l'amateur d'estampes du XVIIIe siècleChapitre 19 sur 81 · ANNEE · texte numérisé non relu

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Isidore-Stanislas Helman (Lille, 1743+1806) a aussi gravé avec beaucoup de talent le Jardinier galant dont il a fait une estampe fort avenante. C’est la seule planche qu'il ait gravé d’ailleurs d’après P.-A. Baudouin et c’est une de ses meilleures productions, avec les gravures qu’il a signées pour le Monument du Costume: le Souper fin et l’Accord parfait.

Les Amours champêtres, par P.-P. Choffard, est une composition moins libertine que la majorité des œuvres signées par Baudouin ; l’on connaît le sujet : deux paysannes, assises à la porte d’une cabane rustique, regardent rêveuses, deux colombes en train de se becqueter : c’est la leçon donnée par la nature. Aussi, a-t-elle été contrefaite de son temps, non-seulement en France, par Hareston et par Valette, mais aussi en Angleterre, par P.-W. Tomkins, et en Allemagne, à la manière-noire, par J.-J, Haïd, avec le titre : l’Innocence.

L'Allemagne ne s’est pas bornée à la copie des Amours champêtres ; Lancret, Freudeberg, Watteau, De Troy, Jeaurat, Boucher, Chardin, et Greuze ont également été mis à contribution outre-Rhin par Haïd, G. Spizel et G. C. Kilian; ces copies, fort lourdes, exécutées à n’en pas douter dans un but purement commercial, ne reflètent aucune des aimables qualités des planches qu’elles ont la prétention de rappeler ; aussi ne jouissent-elles d’aucun crédit, même dans leur pays d’origine.

Les AMOURS CHAMPÉTRES (par Harleston). Vente 8 janvier 1894, 15 fr,

L'œuvre gravé de Baudouin se complète d’autres œuvres que nous ne pouvons passer sous silence à plusieurs titres : les Heures du Jour, d’abord, par Emmanuel de Ghendt, dont le Soir — une jeune femme nue prête à se mettre au lit et surprise par un personnage qui entr’ouvre la porte de la chambre — est la plus délicatement gravée et la plus réussie.

C’est encore à une série de quatre planches, qu’appartient l’estampe en couleurs de Bonnet : le Goûter ; elle complète trois autres pièces du même graveur, d’après J.-B. Huet — le Déjeuner, le Dîner et le Souper. Cette série de Bonnet est recherchée ainsi que J'y vais et Qu'est là ? deux autres pendants, d’après Baudouin ; répétons pourtant ce que nous avons déjà dit des productions de Bonnet: ce sont des images indignes d’une collection choisie.

Pierre-Etienne Moitte n’a gravé que deux planches médiocres d'après Baudouin, et elles consacrent deux

compositions aujourd’hui peu goûtées, mais qui, à l’épo-

Les HEURES DU Jour (série de 4 planches). Vente Mailand, eau-f. p., 3.200 fr. — Vente 6 mars 1894, 96 fr. — Vente 17 mai 1894, 75 fr. — Vente 1909, 430 fr. — Vente Gerbeau, avt I. 1, 1.000 fr. ; avec I. 1., 610 fr.

Le Marin seul. Vente 19 mars 1910, épr. avec la tablette coupée, 100 fr.

Le Sorr seul. Vente 19 mars 1910, épr. av! la draperie, restaurée, avec la tablette coupée, 57 fr.

Le Diner et le Souper. Vente Kuhnen, avt 1. 1, 2.320 marks.

Le DÉJEUNER, le GOUTER, le DINER et le Souper. Vente 12 déc. 1904, 1.180 fr.

J’y vais. Vente 28 févr. 1908, 290 fr. — Vente 22 déc. 1906, 345 fr.

Qu’EsT LA ? et J’y vais. Vente 9 mai 1908, 301 fr. — Vente Gerbeau, 750 fr.

que, provoquèrent quelque scandale : le Caléchisme où, parmi les gamines, l’une d'elles reçoit à la dérobée, un billet que lui passe un jeune homme, et le Confessionnal : ici, deux jeunes gens sont venus rôder autour des belles pénitentes et le prêtre, tremblant pour la vertu de ses ouailles, sort brusquement du confessionnal pour apostropher les intrus. La peinture du Confessionnal, exposée au Salon de 1763, fut retirée peu de jours après l’ouverture, sur la demande expresse de l’Archevêque de Paris. Cela est plaisant, écrivait Diderot, mais la piété de notre archevêque, qui n'entend pas la plaisanterie, a fait ôter ce morceau.

Perrette et son pot au lait, par H. Guttenberg ; Marton et sa corbeille de fleurs, par N. Ponce, forment aussi, avec deux autres planches connues sous ces titres empruntés au premier vers de leur légende respective : Jusques dans la moindre chose et Sa faille est ravissante, une aimable

réunion, où rien ne choque. Voyez l’aîné a signé, d’après

Le FRUIT DE L'AMOUR SECRET. Vente H., Lacroix, av! t. L, 200 fr.— Vente 6 mars 1894, 40 îr. — Vente 18 mai 1900, avt I. L., 205 fr. — Vente Ouachée, 65 fr. — Vente 20 déc. 1909, avt t.1., 651 fr.— Vente 2 févr. 1910, 200 fr. — Vente 19 mars 1910, 80 fr.

Le CATÉCHISME. Vente 17 mars 1894, 20 fr.

Le CATÉCHISME et le CONFESSIONNAL. Vente Muhlbacher, avt 1. 1., 495 fr.—— Vente Mailand, avt 1. 1., 280 fr. — Vente 11 janvier 1894, 26 fr. — Vente 17 mars 1894, 37 fr, — Vente 15 mai 1907, avt1.1., sans marge, 140 fr.

JUSQUES DANS LA MOINDRE CHOSE. Vente 11 janvier 1894, 61 fr. — Vente 21 mars 1908, avt I. L., 205 fr. — Vente Ligaud, 56 fr. — Vente Deter-Dumesnil, avt 1. 1, 285 fr.

SA TAILLE EST RAVISSANTE. Vente 11 janvier 1894, 50 fr. — Vente Gerbeau, avt t. 1, 205 fr. — Vente Ligaud, 40 fr. — Vente H. de Roissy, 13911

PERRGSTTE. Vente H, de Roissy, 135 fr.

Baudouin, le Fruit de l'Amour secret et le Chemin de la Fortune.

On adjoint enfin à l’œuvre de Baudouin deux pièces portant le nom de Boucher : l’Amour à l'épreuve — un galant endormi dans les bras de sa maîtresse — et l'Amour frivole, qui représente un jeune homme paraissant à une croisée et soulevant le fichu d’une belle endormie. Ces deux œuvres sont conçues dans la donnée des autres œuvres de Baudouin, et l’on est porté à croire que le nom de Boucher a été mis au bas de ces deux pendants pour assurer le succès de leur vente.

Citons en dernier lieu, mais pour mémoire seulement, les Plaisirs réunis, par Briceau ; c’est la plus mauvaise planche qui se puisse imaginer ; toutefois, en raison de sa grande rareté, elle a eu les honneurs de la reproduction dans l’ouvrage de M. E. Bocher sur l’œuvre de P.-A. Baudouin. |

Au fur et à mesure que nous avançons dans le xvirre siècle, le lecteur peut constater avec nous combien sont rares les estampes gravées par les peintres eux-mêmes ; Watteau n’a fait dans ce sens que de rares tentatives : ni Lancret, ni Chardin, mi Baudouin, ni La Tour, pas plus que Lavreince et Nattier, ne se sont adressés à ce moyen d'expression, cependant si séduisant pour un

artiste : l’eau-forte. Parmi les maîtres qui nous ont occupé

Le CHEMIN DE LA FORTUNE. Vente 11 janvier 1894, 80 fr. — Vente 6 mars 1894, 50 fr. — Vente 10 mai 1894, 130 fr. L'AMOUR FRIVOLE. Vente du B°2 Pichon, état non décrit, 480 fr

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jusqu'alors, François Boucher est en quelque sorte le seul peintre dont l’œuvre gravé soit d’une certaine importance ; aussi un artiste comme Gabriel de Saint-Aubin, l’un des plus spirituels et des plus sympathiques dessinateurs et graveurs à l’eau-forte du xvirie siècle, occupe-t-il une place privilégiée dans l’estampe originale de son temps.

Né à Paris,le 14 avril 1724, mort le 14 février 1780, Jacques-Gabriel de Saint-Aubin, élève de Jeaurat, de Colin de Vermont et de François Boucher, était le frère d’Augustin et de Germain de Saint-Aubin ; il concourut pour le Prix de Rome, en 1751; mais déçu de n’avoir obtenu que la seconde récompense, il renonça aux concours et donna libre cours à sa verve et à sa fantaisie ; en dehors de sa fonction de professeur à l’Académie de St- Luc, — association fondée aux côtés de l’Académie royale, dans le but de venir en aides aux jeunes artistes, — Gabriel de Saint-Aubin n’accepta aucune place, ni prérogative, et préféra vivre libre et indépendant, travailler à sa guise, au dehors plus qu’à l’atelier, dessinant partout et toujours.

Cet artiste a laissé d'innombrables croquis pleins de feu, d'imprévu et de ragoût, et que colore un sentiment peu commun du clair-obscur : ses eaux-fortes, d’une facture libre et capricieuse, mais en même temps expressive et colorée, sont d’un exquis badinage ; comme dans ses dessins, il a su y répandre la lumière avec infiniment de

science et d'esprit, y faire mouvoir les groupes avec une

aisance toute particulière.

Dans son œuvre gravé, composé d’une cinquantaine d’eaux-fortes dont quarante-trois ont été décrites par Prosper de Baudicour, combien de petites merveilles : voici le Spectacle des Tuileries, deux scènes transcrites sur un même cuivre, mais que l’on rencontre le plus souvent séparées, et dans lesquelles fourmillent de nombreux personnages : dans l’une, des groupes vont et viennent au pied de «l’Enée emportant Anchise », s’arrêtant parfois auprès de gens assis; c'est l'heure du défilé ; dans l’autre scène, nous assistons encore à une longue file de promeneurs, au milieu desquels, passe un tonneau d’arrosage traîné par quatre hommes.

Voici encore la Vue du Salon du Louvre en l'année 1753, appelée par les Goncourt « la petite merveille de Gabriel et la planche d’art par excellence au xvrrre siècle » ; cette petite merveille, que nous nous abstenons de décrire, nos lecteurs en ayant la reproduction sous les yeux, compte deux états : le premier porte la date en chiffres arabes, le second en chiffres romains ; elle est rare en tous

cas, dans l’un comme dans l’autre état; voici enfin la Féle

Le SPECTACLE DES TUILERIES : les deux vues. Vente Destailleur, 1er état, épr. retouchée à la plume, 2.050 fr. ; 2e état, 805 fr. — Vente Josse, 1er état (épr. de Destailleur), 2.105 fr. — Vente Goncourt, 720 fr. — Vente Le Secq des Tournelles, 650 fr. — Vente Gerbeau (la première vue seule) 650 fr. — Vente 17 mars 1910 (la deuxième vue seule) 520 fr.

VUE Du SALON DU Louvre. Vente Destailleur, 1er état, 450 fr. — Vente Josse, 1° état, 170 fr. — Vente Goncourt, 295 fr. — Vente du Bo: Pichon, 1er état, 100 fr. — Vente Le Secq des Tournelles, 1er état, 270 fr. — Vente Gerbeau, 1er état, 360 fr.

La FÊTE Dp’AuTEeuiIz. Vente Destailleur, 295 fr. — Vente Josse, 500 fr. — Vente Goncourt, 405 fr. — Vente Pichon, 365 fr. — Vente 1894, 500 fr. — Vente Gerbeau, 900 fr.

d'Auteuil, les six vues de l’Incendie de la Foire de St-Germain, foire célèbre qui s’ouvrait généralement le 8 février, à l'endroit de la rue de Tournon actuelle et durait de trois à six semaines ; l’incendie, dont Gabriel de Saint- Aubin fut témoin,et dont il nous a conservé le souvenir, eut lieu dans la nuit du 16 au 17 mars 1762, ainsi que le relate d’ailleurs la quatrième planche de la série qu’on ne rencontre jamais complète. Hippolyte Destailleur, qui avait réuni l’une des plus belles collections du maître, ne possédait pas les deux premières planches ; la Bibliothèque Nationale possède la pièce dans son intégrité ; le Charlatan, la Marche du bœuf gras, la Foire de Bezons, sont enfin autant d’eaux-fortes vivantes et spirituelles au possible et surtout pleines de nuances.

Cet œuvre infiniment précieux se complète d’allégories sur les Mariages, de vignettes pour Tancrède et pour Mérope, du Facteur ou de la Petite Poste, des Nouvellistes, discutant dans un café, autour du poêle, de la

Conférence de l'Ordre des Avocats, d’une allégorie relative à

L’INCENDIE DE LA FoIRE... Vente Bouvrain, (la 6e vue) 310 fr. —- Vente Destailleur, (la 3° vue) 350 fr. ; (la 4° vue) 385 fr.; (la 5° vue) 287 fr. ; (la 6° vue) 82 fr.

Le CHARLATAN (par G. de St-Aubin). Vente Defer-Dumesnil, 1e état, 140 fr. — Vente Bouvrain, 1e état, 300 fr. — Vente Destailleur, 1e état, 350 fr. — Vente Josse, 1er état, 200 fr.

La MARCHE DU Bœur Gras. Vente Destailleur, 145 fr. — Vente Gerbeau, 95 fr.

La Foire DE BEzoNs. Vente Goncourt, 100 fr. — Venie Gerbeau, 130 fr. — Vente Destailleur, 150 fr. — Vente Josse, 220 fr.

ALLÉGORIE DES MARIAGES. Vente Goncourt, 2e état, 29 fr. — Vente

Destailleur, 1e état, 200 fr.

ALLÉGORIE RELATIVE A L'ÉRECTION D'UNE STATUE. Vente H. Desitailleur, 1.560 fr., 355 fr. et 230 fr.

l'érection de la statue de Louis XV sur la place du même nom : Prosper de Baudicour ne connaissait qu’une épreuve de cette dernière eau-forte, encore était-elle incomplète. H. Destailleur en avait possédé trois exemplaires avec des retouches constituant des états inconnus à P. de Baudicour. L'un de ces états porte une longue inscription gravée commençant par ces mots : Le génie lilulaire applaudit à la paix universelle... et se terminant ainsi : L'auteur de ce tableau astreint à une grandeur donnée suppose les objets rassemblés par enchantement. G. D. S. aoûl 1762. Enfin Gabriel de Saint-Aubin a signé deux adresses ; l’une est celle de Périer, marchand quincailler, à l'enseigne de la Teste Noire, quai de la Mégisserie. H. Destailleur en possédait le dessin original : il fut adjugé 2.050 francs à sa vente.

On attribue aussi à G. de Saint-Aubin une Vielleuse : cette planche n’est pas gravée par lui; elle ne porte que cette légende : Gab. de St-Aubin pinxtit, et rien dans la facture ne rappelle le métier cependant si particulier de Gabriel de Saint-Aubin.

La vente des collections de l'architecte Destailleur, marqua l'apogée de la vogue des eaux-fortes de Gabriel de Saint-Aubin ; cet amateur, qui fut un chercheur et

un homme de goût, avait réuni non-seulement la fort

La CONFÉRENCE DE L'ORDRE DES AvocaATs. Vente Josse, 1° état, 170 fr.

ADRESSE DE PÉRIER Vente Goncourt, 215 fr. — Vente Destailleur, 300 fr.

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