PL. XXXV
Le TamBourix : C. M. Descourtis, d'après Taunay.
belle collection d’estampes qui fut dispersée en 1890, mais encore une série de plus de trois mille dessins anciens sur l'architecture et en particulier sur l’ornement, acquise à l’amiable par la Bibliothèque Nationale d’une part, et un autre ensemble fort important également d’autres dessins rentrés par surprise au Musée de Berlin ; enfin, à la suite de son décès, une vente de ce qu'il possédait encore, soit en recueils, soit en estampes, faisait l’objet d’une vente aux ençchères qui durait une semaine (20-31 mai 1895).
Quelques estampes ont été gravées d’après Gabriel de Saint-Aubin: la Parade des Boulevards, par A.-J. Duclos ; la Comparaison du bouton de rose — sujet que reprendra deux fois Wille fils — par Ant.-François Dennel, la Guinguelle et son pendant, le Ballet dansé à l'Opéra, dans le Carnaval du Parnasse, par François Basan.
Nous venons de prononcer le nom de Basan : ce modeste graveur mérite plus qu’une banale citation dans un ouvrage consacré à la gravure, à l’histoire de laquelle il appartient à divers titres. Pierre-François Basan était le fils d’un
marchand de vins : il naquit à Paris le 23 octobre 1723 ;
La PARADE DES BouLEvarps. Vente Goncourt, avt t. 1., 280 fr.
La COMPARAISON DU BoUTON DE Rose. Vente Ligaud, avec un pendant avt. 185 %ir,
La GuiNGuETTE. Vente Goncourt, 17 fr.
Le BALLET DANSÉ A L'OPÉRA. Vente Mulhacher, à l’eau-f. p., 250 fr. — Vente 6 avril 1894, à l’eau-f. p., 32 fr. — Vente 17 mai 1894, à l’eau-f. pure, 20 fr.
Le BALLET DANSÉ A L'OPÉRA et la GUINGUETTE. Vente Destailleur, 230 fr. — Vente Mulhacher, 155 fr. — Vente 17 mai 1894, 32 fr.
tout d’abord élève d'Etienne Fessard, son oncle maternel, Basan entra à l'atelier de J. Daullé. Comme graveur, Basan ne s'impose pas : ses planches, ni bonnes, ni mauvaises, prouvent chez lui la connaissance du métier, rien de plus : elles rentrent, pour n’en guère sortir, dans la catégorie des estampes sans caractère ni originalité : nulle part nous ne voyons de pièce maîtresse signée de lui ? Mais Basan a su d'autre part, grâce à sa débordante et intelligente activité, créer un mouvement inconnu avant lui, dans le commerce de l’estampe. Après avoir parcouru la Flandre, la Hollande, l'Angleterre, Basan rentré en France s’installait à l'Hôtel Serpente où passèrent tous les amateurs. Tour à tour, ou en même temps, graveur, éditeur, expert, iconographe, Basan se préoccupa de populariser chez nous Rembrandt et Téniers; il édita du premier de ces maîtres un recueil de quatre-vingts eaux-fortes, tirées sur les cuivres originaux — à deux ou trois exceptions près — qu'il possédait alors et qu'il avait pour une bonne partie ou retouchés ou remordus. Malgré tout, le recueil publié par Basan renferme encore quelques passables épreuves, celles gravées en croquis notamment. Les cuivres de Rembrandt possédés par Basan devinrent ensuite la propriété de la veuve Jean et se trouvaient ces dernières années chez M. Bernard. Acquis tout récemment, il fut mené grand bruit autour de cette prétendue découverte de cuivres qui fournissaient régulièrement des épreuves — et lesquelles ! — depuis près de cent ans!
Très épris également de Téniers, Basan grava, ainsi
que J.-Ph. Le Bas qu'il avait peut-être gagné à sa cause, de nombreux tableaux du peintre hollandais.
Comme éditeur encore, Basan attacha son nom aux Cabinets Crozat, Choiseul et Poullain, et à divers recueils d’estampes ; comme expert, il partageait avec Pierre- Jean Mariette, le plus grand connaisseur du xvixie siècle, Pierre Remy, E. Gersaint, Gabriel Huquier, J.-B.-P. Le Brun et Regnault-Delalande, la faveur des amateurs c'est à ce titre que lui fut confiée la direction des ventes de Bouchardon, de Slodtz, de Mariette, de Wille, du Marquis de Ménars, etc.
Enfin comme iconographe, on doit à Basan un Dictionnaire des graveurs : ce dictionnaire qui eut trois éditions successives — en 1767, en 1789 et en 1809 — contient des erreurs et doit par conséquent n'être consulté qu'avec prudence : il a eu toutefois son heure d'utilité et le rare mérite d’être le premier ouvrage écrit dans ce goût sur la gravure. Basan, qui avait un fils, lequel reprit la suite de ses affaires, mourut le 12 janvier 1797,
On prête à Basan l’idée et la mise en pratique, sur une grande échelle, des états de publication : il serait le créateur, disons plus justement, le propagateur de tirages réguliers d'épreuves avant la lettre, avec la lettre mais avant la dédicace,avec la dédicace mais avant l'adresse de l'éditeur, enfin des mille et une variantes créées dans l’unique but d’exciter l’appétit del’amateur. Quoi qu'ilen soit du rôle qu'on lui attribue dans la question des états, ceux-ci tiennent
une trop grande place dans la valeur pécuniaire d’une
estampe pour que nous n’ouvrions pas ici une parenthèse :
L'état a deux éfiages fondamentaux : l’éfat proprement dit, qui marque les divers degrés d'avancement d’une gravure, puis l’élat-remarque, qui indique, à dater de la publication d'une planche, ses diverses éditions, ses remaniements dans la lettre, ses retouches du fait de mains étrangères.
L'état proprement dit renferme donc les épreuves à l'eau-forte pure, avant telle ou telle partie gravée, avant les retouches à la pointe sèche ou au burin, avec l’addition ou l'effaçage de figures, en un mot tous les états des travaux de gravure jusqu’à son complet achèvement. Ce sont, en un mot, les épreuves que tire le graveur pour se rendre compte du travail déjà fait et de ce qu'il lui reste à faire.
L’état-remarque comprend alors les épreuves avec la lettre, les changements dans les adresses, dans la lettre, dans les dates, ainsi que les épreuves retouchées par un graveur autre que l’auteur de la gravure.
Si simple que paraisse cette question de l'état, elle n’en est pas moins très ardue et les graveurs eux-mêmes ne sont pas toujours d'accord sur son exacte définition ; en effet, tandis que M. Félix Bracquemond — dont nous partageons entièrement les vues — appelle éfats les divers degrés d'avancement d’une planche, Sir Francis Seymour Haden ne regarde ces mêmes états que comme des essais —
trial proofs — et ne fait partir le premier état que de la
planche complètement terminée.
La Noce DE ViLLAGE : C. M. Descourtis, d'après Taurnay.
L'on se plait à tourner en ridicule l'amateur qui s'attache aux premiers états d’une gravure, qui en recherche laborieusement les épreuves avant la lettre, ou avant le trait échappé, avant la dédicace ou avec la faute dans la légende. Quand le collectionneur n’a d’autre but que de posséder le rara avis, il prête facilement le flanc à l'ironie des sages ; mais, le plus souvent, ce n’est pas dans le but de détenir un exemplaire introuvable, qu’on recherche les états antérieurs, c’est avec le désir bien légitime de posséder une estampe dans toute sa beauté et dans toute sa pureté. Et comment l'avoir telle, sinon dans les premières épreuves, avant qu’un long tirage, en usant certains travaux sur le cuivre, ait en partie enlevé l'harmonie de l’œuvre ?
Les eaux-fortes d'Honoré Fragonard se placent dans l'esprit des artistes et des amateurs délicats, au même rang que celles de Gabriel de Saint-Aubin, dont nous avons évoqué, il y a un instant, les planches les plus typiques. Fragonard a été aussi, d’ailleurs, l’un des plus sédui-
sants maîtres du xvirie siècle, à la fois beau peintre, beau
dessinateur, beau graveur. Né à Grasse, — où une statue lui a été élevée dans le Collège de la Ville — le 5 avril
1732, Jean-Honoré Fragonard, surnommé le peintre des baisers, d’abord clerc de notaire, devenait ensuite, mais momentanément l'élève de Chardin, puis de François Boucher. A vingt ans, comme son second maître, il rem-
portait le grand prix de peinture ; en 1765, à son retour
d'Italie où il séjourna longtemps, en compagnie d’Hubert
Robert, de l’abbé de Saint-Non et de quelques autres artistes, Fragonard était reçu à l’Académie et présentait comme morceau de réception Corésus et Callirrhoé, qui fut gravé par Jérôme Danzel (1755+1810).
Après avoir connu tous les succès, Honoré Fragonard, ruiné par la Révolution, mourait presque oublié et misérable, le 22 août 1806.
Fragonard s'était marié en 1769, avec Marie-Anne Gérard, fille aînée d’un distillateur de Grasse, sœur de Marguerite Gérard, devenue par la suite l'élève de Fragonard et son Egérie ; c’est Marguerite Gérard qui, sous l'inspiration de Fragonard et la main guidée par lui, a gravé plusieurs eaux-fortes parmi lesquelles Mossieu Fanfan, lequel n’est autre qu’Evariste Fragonard, le fils du maître. C’est encore Evariste qu’il faut certainement voir dans le bébé qu’une jeune femme assied sur un bouledogue maintenu par un personnage assis — l'Enfant et le Bouledogue —. Prosper de Baudicour signale une copie de cette dernière pièce mais sans en mentionner l’auteur : complétons ses indications ; elle est dûe à Denon et est signée d’un À (D grec) et d’un N.
Fragonard, ou «Frago » comme il signa quelquefois, a gravé vingt-quatre eaux-fortes qui se reconnaissent
à un grignotis spirituel et savant. Le Petit Parc, la planche
Mossreu FANFAN. Vente Destailleur, 80 fr.
L'ENFANT ET LE BOULEDOGUE. Vente L. Mar, 17 fr.
Le Perir Parc (par Fragonard). Vente H. Destailleur, 52 fr. — Vente A. Lebrun, 85 fr.— Vente Goncourt, 215 fr. — Vente 15 mai 1907, 220 fr.— Vente 11 nov. 1907, 280 fr. et 55 fr. — Vente 20 déc. 1909, 190 fr.
la plus célèbre de l’œuvre gravé, — avec l’Armoire, — est tracé d’une pointe souple, rapide, lègère, lumineuse, séduisante enfin dans l'indication d’un détail, comme dans l’ensemble ; le Petit Parc étant fort recherché, il convient de signaler une copie contemporaine attribuée à l'abbé de Saint-Non, compagnon de voyage de « Frago » lors de son séjour en Italie, dont elle rappelle indubitablement le métier : on la reconnaît, en dehors de la facture qui n’est pas la copie servile de celle de Fragonard, à un vieux saule et à un grand arbre dénudé à demi ajoutés à droite et à gauche du motif, sur les frondaisons d’où ils se détachent en vigueur. Ce sont des détails dont il est bon de se souvenir, le cas échéant. Les quatre Bacchanales ont la même saveur que le Petit Parc et les mêmes qualités d’air et de lumière que Fragonard semble avoir emprunté à Tiepolo dont il a croqué à l’eau-forte, pour le mieux comprendre, deux des peintures entrevues aux Palais Lobbia et Delphino, à Venise.
La planche désignée sous ce simple titre par P. de Baudicour : Intérieur, est rare. Elle représente une jeune femme assise et accompagnée d’un enfant, s’entretenant avec une autre personne placée derrière un petit mur ; trois personnages, au second plan, complètent cette com-
position. A la vente du 16 janvier 1883, une épreuve d’un
Le PEriT Parc (copie attribuée à Saint-Non). Vente 4 mars 1909, 12 fr.
Les BAccHANALESs.Vente À. Sensier, 46 fr. — Vente A. Lebrun, 160 fr. — Vente Goncourt, 151 fr. — Vente H, de Roissy, 120 fr. — Vente 27 mars 1909, 162 fr. — Vente Gerbeau, 210 fr.
INTÉRIEUR. Vente Muhlbacher, 52 fr.
premier état, non signalé encore, s’y trouvait : elle était avant de nombreux travaux, notamment avant le groupe des personnages du fond; de plus, cet exemplaire portait le nom de Fragonard accompagné de la date : 1778, alors que P. de Baudicour décrit cette « jolie pièce sans nom ni titre. »
L’Armoire, de Fragonard, est célèbre; elle est la planche capitale de son œuvre gravé, elle n’en est la pas plus savoureuse ; il semble que sa facture, toute de légèreté, perde une partie de son feu dans un espace aussi vaste : l’Armoire n’en est pas moins une très belle eau-forte de peintre : un artiste de la valeur de Fragonard ne perd jamais tous ses droits.
Fragonard, par le charme de sa peinture et l’agrément de ses sujets, a provoqué l’émulation des graveurs, ses contemporains ; l’on est contraint d’avouer que ceux-ci se sont rarement montrés à la hauteur de leur tâche ; les plus habiles même, n’ont pas su transposer avec toute la souplesse nécessaire sa fantaisie et sa lumière, sa légèreté et son esprit. Comment reconnaître la peinture de Fragonard dans les lourdes gravures du Verrou et du Contrat, de Maurice Blot (1754+1818), dans la veulerie
L'ArMoirE. Vente Camberlyn, avt l’adr., 15 fr. —- Vente Goncourt, avt t.1., 100 fr. — Vente H. Lacroix, avt t.1., 60 fr. — Vente Defer-Dumesnil, avtl.1, 65fr. — Vente 3 avril 1901, 1er état, 95 fr. — Vente Gerbeau, 130 fr. — Vente Kuhnen, 225 marks. — Vente 2 févr. 1910, sans marge, 110 fr. À
Le VErrou. Vente 17 mai 1894, 30 fr. — Vente Ligaud, 76 fr. — Vente 4 mars 1909, avt la déd., 155 fr. — Vente 5 nov. 1909, 135 fr.
Le ConTRAT et le VERROU. Vente Kuhnen, avt la déd., 345 marks.
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pointillée de Ma chemise brûle, d’Augustin Le Grand, dans le Serment d'Amour, la Bonne Mère et la Fontaine d'Amour, trois très mauvaises planches signées d’Audebert, dans S’il m'était fidèle, de Dennel, dans les Pétards et les Jets d'eau, de Pierre-Laurent Auvray (1736+....), dans l’Amour en sentinelle, sujet primitivement de forme ovale et ramené ensuite à la forme carrée, de Miger, dans la Gimblette, de Bertony, jusque dans la Déclaration et le Serment, du célèbre Bervic ? L'esprit du dessin nerveux et frissonnant, pas plus que celui de la couleur chaude et nuancée de Fragonard, n’ont été compris par ces traducteurs qui, de scènes aimables en ont fait ou de plates images ou des œuvres ultra-classiques, dans les quelles ne se reflètent que fort exceptionnellement la grâce et la distinction des originaux. Nicolas de Launay et Ponce sont les deux burinistes, qui sans toutefois en exprimer toute la quintessence, ont le mieux interprété Fragonard : par leur acquit et le soin apporté à leurs planches, ils ont du moins laissé des estampes qui accu-
sent des qualités de premier ordre. C’est le cas pour les
MA CHEMISE BRULE. Vente 11 janvier 1894, avt t. 1., 85 fr. — Vente 27 mars 1909, en bistre, 310 fr. — Vente Gerbeau, impr. en coul., 620 fr.
Le SERMENT D’AMOUR (par Audebert). Vente 4 mars 1909, impr. en coul, 250 Îr.
La BonNE MÈRE et le SERMENT D’AMOUR (par Audebert). Vente 5 nov. 1909, en noir, 215 fr.
La GimBretre. Vente 10 mai 1894, avt t. 1., 65 fr. — Vente Ligaud, aAVUC TS 197 "Tr
Le SERMENT (par Bervic). Vente Lacroix, avt t. 1., 60 fr.
La DÉCLARATION et le SERMENT (par Bervic). Vente Destailleur, av! C1, 1,060 fr:
Hazards heureux de l’escarpolette, de Nicolas de Launay, dont le cuivre, nous apprend M. G. Bourcard, fut effacé vers 1834, pour faire place à une étude de David ; cette grande estampe est d’une tenue irréprochable et l'on ne peut qu'admirer le graveur capable d'obtenir un tel résultat. N'oublions pas de signaler que le cuivre, avant sa destruction, avait été réduit en ovale, et que les friands d'épreuves rares recherchent l’éfat avec la faute, c'est-àdire avec un S à la fin du mot : Escarpolette.
Quelques scènes d’enfants ont aussi été gravées avec bonheur par N. de Launay et tous les amateurs connaissent, pour les posséder ou les avoir souvent entrevues, les Beignets, le Petit Prédicateur, Dites-donc s’il vous plaît, l'Education fait tout. De Launay est enfin le graveur de la Bonne Mère, qu'on donne en pendant au Serment d'Amour, de Jean Mathieu (1749+....), ainsi que du
Chiffre d'Amour ; le cuivre de cette dernière estampe
Les HASARDS HEUREUX DE L'ESCARPOLETTE. Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 1.000 fr.; avec la faute, 700 fr. — Vente Séran, 295 fr. — Vente J. Bouillon, 260 fr. — Vente 15 déc. 1908, 1.200 fr. — Vente Gerbeau, à l’eau-f. p., 2.250 fr. — Vente Goncourt, à l’eau-f. p., 240 fr.
Les BE1GNETs. Vente 19 janvier 1894, 37 fr. — Vente 11 mars 1901, avt la déd., 95 fr. — Vente 16 mai 1903, à l’eau-f. p., 95 fr.
Le PErTiT PRÉDICATEUR. Vente Kuhnen, avt 1. 1., 265 marks.
DITES DONC s’IL VOUS PLAIT (par N. de Launay). Vente 11 mars 1901, avt la déd., 95 fr. — Vente Davesne, avt la déd., 601 fr. — Vente 17 mars 1910, 230 fr.
La Bonne MÈRE (par N. de Launay). Vente de Guizelin, 140 fr. — Vente Gerbeau, à l’eau-f. p., 185 fr. ; avt la déd., 200 fr.
La Bonne MÈRE (par N. de Launay)et le SERMENT D’AMOUR (par Jean Mathieu). Vente Muhlbacher, avtla déd., 165 fr. — Vente 17 mars 1894, 100 fr. — Vente Lacroix, 285 fr. — Vente 29 déc. 1909, 516 fr.
Le CHIFFRE D’AMoUR. Vente Bayard, 72 fr. — Vente 11 janvier 1894, SAT:
existe encore et De Gouy, le graveur des dessus de tabatières, en a fait une réduction que l’on ne rencontre guère. Quant à Nicolas Ponce, ses deux planches les plus satisfaisantes d’après Fragonard, sont le Verre d’eau et le Pot au lait : la première de ces compositions représente deux jeunes filles dont l’une, munie d’un verre d’eau, s'apprête à le jeter sur une femme nue qui s’ébat dans son lit ; la seconde nous montre Perrette tombée à plat ventre, tandis que s’échappent de son pot à lait vaches, moutons, et couvées. De même que pour les scènes d’enfants de Nic. de Launay, les deux planches de Ponce existent encore : elles se rencontrent donc communément ; les épreuves intermédiaires portent l’adresse de l’éditeur Marel qui vivait dans les dernières années du règne de Louis- Philippe et dont le nom se retrouve au bas d’un assez grand nombre de planches réimprimées du xvire siècle.
Janinet appartient également à l’œuvre de Fragonard par deux adorables planches, l’ Amour et la Folie, que nous ne faisons que citer ici, puisque nous les avons analysées dans le chapitre consacré à la gravure en couleurs, dans l’œuvre de Janinet.
Parmi les nombreuses estampes gravées d’après Fragonard, enregistrons encore les suivantes : le Baiser à la
dérobée, par N.-F. Regnault, planche qui ne manque pas
Le VERRE D'EAU. Vente Goncourt, avt t. L., 112 fr. — Vente Ligaud, à l’eau-f. p., 98 fr.; plus avancée, 70 fr.; avec 1. 1, 31 fr. — Vente 27 mars 1905, 60 fr. — Vente 11 nov. 1907, avt la déd., 195 fr.
Le VERRE et le Por AU LAIT. Vente Davesne, 150 fr. — Vente 19
mars 1910, 190 fr.
d’une certaine distinction sous un aspect mou; la Chemise enlevée, par E. Guersant, graveur sur lequel on ne possède aucun renseignement : avec un rien de plus, ce serait l'une des meilleures traductions de l’aimable Frago ; le Baiser dangereux et son pendant, le Refus inutile, par Flipart ; la Cachette découverte — c’est l’Armoire sous un autre titre — par Robert de Launay, frère cadet de Nicolas, sujet repris à nouveau par Campion, puis par L. Guyot, enfin par Coron. Dans sa planche, Campion a intentionnellement oublié de graver l'indispensable chapeau du galant ; ainsi présentée, sa gravure est passablement inconvenante ; enfin terminons cette nomenclature par la Coquelte fixée, de Jean Dambrun, la Fuite à dessein, par Macret et Couché, Dites donc s’il vous plaît, gravé en couleurs par l’un des Gauthier-Dagoty, l’Inspiralion favorable, par L.-M. Halbou, le Colin-Maillard et la Bascule, de J.-F. Beauvarlet, enfin par la Culbute, gravée avec beaucoup
d'esprit, au lavis, par P.-F. Charpentier.
Le BAISER A LA DÉROBÉE. Vente 17 mars 1894, avt 1. 1, 45 fr. — Vente 15 déc. 1908, avt I.1., 670 fr.—Vente Gerbeau, avt I. L., imp. en coul., 8 10/59 à
La CHEMISE ENLEVÉE, Vente 11 janvier 1894, 100 fr. — Vente 10 mai 1894, 105 fr. — Vente Muhlbacher, 430 fr.— Vente Ligaud, 105 fr. — Vente Goncourt, 60 fr. — Vente 12 déc. 1904, 140 fr.— Vente Kuhnen, 315 marks.
La CACHETTE DÉCOUVERTE. Vente 21 mars 1908, 50 fr.— Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 150 fr.
La CoQUETTE FIXÉE. Vente 6 mars 1894, av' la déd., 76 fr. — Vente Muhlbacher, avt la déd., 180 fr. — Vente Gerbeau, état, 250 fr. — Vente 8 avril 1903, 171 fr. — Vente 8 avril 1910, 220 fr.
La FuITE À DESSsEIN. Vente 17 mai 1894, avt la déd., 54 fr. — Vente Gerbeau, avt la déd., 705 fr.—Vente Ligaud, 110 fr.—Vente Ouachée, 155 fr.
DITES DONC S’IL VOUS PLAIT (par Gautier-Dagoty). Vente Lacroix, 480 fr.
L’INSPIRATION FAVORABLE. Vente Ouachée, 82 fr.
Le CoLiN-MaïLLARD (par Beauvarlet). Vente Ligaud, 56 fr.
PE XX XQVIIIITE
BENJAMIN FRANKLIN : P. M. Atir.
L’ot ne connaît guère de procédé de gravure, si simple soit-il, dont la paternité n’ait été revendiquée par plusieurs personnes; nous l’avons constaté pour la gravure en couleurs, également pour la gravure en manière de crayon. Pour la gravure au lavis, on est généralement d’accord pour en regarder Le Prince comme l’heureux père ; cependant François fit un essai antérieur à ceux de Le Prince, et si nous en croyions Bellier de la Chavignerie, François-Philippe Charpentier, le graveur de la Culbute, ne serait pas non plus étranger à la découverte de ce procédé de gravure. Nous copions à ce propos, les lignes suivantes du Dictionnaire général des artistes de l'Ecole Française « Charpentier (François-Philippe), graveur et « mécanicien du roi; né à Blois le 3 octobre 1734, décédé « dans la même ville, le 22 juillet 1817 ; il est l’inventeur « d’un procédé purement mécanique pour la gravure « au lavis et en couleur, à l’aide duquel on peut aussi « reproduire exactement les croquis des grands maîtres ; « il vendit son secret, et le comte de Caylus fut un des « premiers à s’en servir; cette invention lui valut un « logement au Louvre, qu'il occupa pendant trente ans, « et plus tard, quand les logements au Louvre furent « supprimés, il fut logé aux Gobelins ; il avait obtenu « en même temps le titre de mécanicien du roi... »
Le Comte de Caylus mourut, comme l’on sait, en 1765, et les essais officiels de J.-B. le Prince datent de
La CuzBuTE (par Charpentier). Vente Ligaud, 38 fr. — Vente Ouachée, 110 fr.
1769 ; la trouvaille de Charpentier, sinon absolument identique, du moins similaire, serait donc antérieure à celle de Le Prince et probablement contemporaine de la planche exécutée en 1758 par J.-Ch. François. Fragonard illustrateur, ne doit pas être oublié : c’est à Fragonard qu’on doit, en effet, les compositions des Contes de La Fontaine, pour l'édition de P. Didot, de 1795, et que gravèrent avec un soin tout particulier, Ph. Trière (1756+18...), Dambrun (1741+....), Patas, Duclos, etc. ; mais toutes les planches ne furent pas publiées et certaines restèrent même inachevées. Les bibliophiles recherchent ces grandes vignettes, soit à l’état d’eauforte pure, soit en épreuves avant la pagination. Les exemplaires les plus complets des Contes renferment vingt planches — quelques-unes d’après Mallet et Touzé — auxquelles on ajoute le plus souvent les pièces inédites qu'on peut se procurer, ainsi que les 57 eaux-fortes de Martial-Potémont, exécutées vers 1880, d’après les dessins de Fragonard. A la première vente de G. Muhlbacher, (février-mars 1881), plusieurs des vignettes des Contes obtinrent des enchères sérieuses ; c’est ainsi que nous notons : Joconde, 2 planche, à l’état d’eau-forte, 500 fr., Sœur Anne, à l’état d’eau-forte également, 1.100 fr. le Mari confesseur, même état, 465 fr., le Glouton, 440 fr.
etc.
Les CoNTES DE LA FoNTAINE. Vente du Bo Pichon, les 20 pl. publ. avt les nos, 170 fr.
PORTRAIT DE FRAGONARD. Vente Goncourt, 30 fr.
Il n'existe, chose curieuse, qu’un seul portrait gravé contemporain de Fragonard : il est dû à la pointe d’un de ses élèves, Ch.-L.F. Le Carpentier (1744+1822) et représente le maître,de face, déjà âgé, — trois ans avant sa mort d’ailleurs. — Signalons deux états de ce portrait, l’un très rare, avant le nom du graveur, l’autre signé.
Honoré Fragonard fut mordu du démon de la collection et, si nous en croyons l’anecdote suivante, rapportée par les Goncourt, il ne jouit pas longtemps de ce qu'il avait précieusement amassé : « Fragonard « avait une fort belle collection d’estampes de son « temps. Un jour — c'était après le triomphe de « David — il voit de la fumée s'échapper de la porte « d’une chambre et il trouve son fils devant un feu de « joie de papier : « Misérable, qu'est-ce que tu fais-là ? « lui dit le père. — Je fais un holocauste au bon goût, « répond sérieusement son fils. » Il brûlait la collection « d’estampes de son père ! » :
Le nom de Marguerite Gérard, l’élève préférée de Frago, est inséparable de celui de son maître ; nous rappelons donc ici ses peintures que la gravure nous a conservées ; ce sont d’abord, par son frère H. Gérard : l’Art d'aimer, Dors mon enfant, V’ Indécision, l'Espoir du retour,
l’'Heure du Rendez-vous, les Premières caresses du jour,
Dors, MON ENFANT. Vente F. Arnault, 13 fr.
L'HEURE pu RENDEzZ-vous. Vente Gaiffe, 35 fr.
Les PREMIÈRES CARESSESs. Vente Lacroix, 49 fr. — Vente 15 mai 1907, 32 fr.
le Bouquet inallendu, productions fades, de même que le Triomphe de Minetle, C’est pour lui que je les rassemble, Je les relis avec plaisir, le Présent, Je m'occupais de vous, et l'Elève intéressante, de G. Vidal ; la planche de l’Elève intéressante — qui serait Mademoïselle Chéreau — a été retouchée dans la suite par J.-J. F. Tassaert qui y a mis son nom. La meilleure gravure exécutée d’après Mademoiselle Gérard est les Regrets mérités ; à cela rien d'étonnant, elle est signée de Nicolas de Launay.
Née à Grasse en 1761, Marguerite Gérard mourut en 1837, à ce point oubliée, que la plupart de ses biographes n’ont pas connu l’époque de son décès.
Après Fragonard, Greuze. L'auteur de la Cruche cassée, naquit à Tournus, le 21 août 1725; après avoir appris les éléments indispensables de son art avec Gendron, à Lyon, et Silvestre, à Paris, Greuze conquit la faveur du fermier-général La Live de Jully, qui lui acheta l’une de ses premières peintures, que Pître Martenasie gravait peu après : nous faisons allusion au Père de famille expliquant la Bible. C’est aux frais de son protecteur que Greuze se rendit en Italie en 1755, réalisant un désir caressé par tant d'artistes ; mais à l’encontre de beau-
Le BOUQUET INATTENDU. Vente H. Lacroix, 56 fr.
Le TrioMPHE DE MINETTE. Vente Gerbeau, avt la déd., impr. en coul. 155 fr. — Vente Davesne, en noir, 60 fr.
JE LES RELIS AVEC PLAISIR. Vente F. Arnault, 30 fr.
L'ELÈVE INTÉRESSANTE. Vente Lacroix, impr. en coul., 87 fr.— Vente Kodière, 1er tirage, 50 fr. —Vente 22 févr. 1907, 1er tirage, 55 fr.
Les REGRETS MÉRITÉS. Vente 10 mai 1894, avt I. 1., 46 fr. — Vente du Bor Pichon, 26 fr.— Vente Destailleur, avt 1. 1., 90 fr. — Vente 4 mars
1909, avt I. 1, 50 fr.
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coup d’autres, il en revint sans avoir tiré d’autre profit de son séjour au pays des maîtres qu’une amourette avec une jeune princesse italienne. L'Académie Royale l’agréa à son retour en 1757, puis, douze ans plus tard, le reçut dans son sein comme peintre de genre, au grand dam de Greuze, qui aspirait au titre envié de peintre d'histoire ; dans sa déception, il n’alla pas jusqu’à couvrir d’injures la docte Académie, comme lui en avait montré l'exemple jadis, pour le même motif, Rolland Lefebvre ; mais il la bouda et ne réexposa aux Salons qu’à l’époque de la Révolution, alors que leur accès était devenu libre.
Marié à la fille d’un petit libraire, Anne-Gabrielle Babuty, qu'il peignit souvent dans ses tableaux, — il exposa même au Salon de 1761 Madame Greuze peinte en veslale — il eut à se repentir par la suite de la compagne qui s'était — si on en croit Greuze — imposée à lui. Dans diverses lettres et requêtes, Greuze a exposé longuement les griefs qu'il nourrissait contre Madame Greuze, qui, après l’avoir d’abord trompé avec un amateur dont il nous livre le nom, Blondel d’Azincourt, ne craignit pas d'introduire ensuite au domicile conjugal, le premier truand venu qu'elle hébergeait en outre ! N’alla-t-elle pas, afin de se procurer de l’argent à l’insu de son mari, jusqu’à faire tirer subrepticement des épreuves des planches que Greuze éditait, et à les placer en sous-main ? Bien mieux, un certain jour, elle déchira les registres
de comptes et simula la perte d’une somme de trente-
six mille livres sur un bateau pillé par les Anglais !
Ces faits — vrais ou à peu près — expliquent facilement pourquoi Greuze, malgré un labeur considérable, se trouvait ruiné aux approches de la Révolution, au point de solliciter une pension, qui lui fut accordée d’ailleurs, à la date du 16 juillet, et se montait à la somme de 1537 livres 10 sols.
Greuze mourut le 21 mars 1805, oublié, tout comme Fragonard, Moreau et Saint-Aubin.
L'œuvre de Greuze contient peu ou point de sujets religieux, de scènes mythologiques ou de faits historiques, mais beaucoup de scènes familiales ou de compositions sentimentales, ces dernières le plus souvent cachant des sous-entendus graveleux sous des apparences naïves.
Les compositions de Greuze sont universellement connues : si elles ne satisfont pas complètement les connaisseurs, elles se rappellent du moins à la mémoire par leur pathétique et les intentions multiples qu’elles soulignent.
Au point de vue de l’art pur, les compositions de Greuze pêchent par une présentation quasi-théâtrale, où chacun des personnages dépasse la portée de son rôle, par l’exagération de sa pantomime : cette sérieuse réserve faite, constatons, avec ses admirateurs, que Greuze a su exprimer avec beaucoup de sentiment et dans leurs plus fines nuances les mouvements d'aspiration et les désirs de l’enfant et de la fillette. Là, il est un maître.
Comme François Boucher, J.-B. Greuze a demandé
au dessin proprement dit des ressources pécuniaires et c'est en nombre respectable que se rencontrent plus particulièrement ses grandes têtes d'enfants, de femmes et de vieillards, largement établies à la sanguine, d'autant plusqu’il en existe une quantité d’imitations qui ont été faites par les faussaires toujours à l’affût.Plusieurs de ces grandes têtes ont été gravées par Demarteau, Lucien, Janinet et Grangeret, tandis que les scènes de genre que son crayon a retracées nous ont été conservées par Charpentier, La Live de Jully, et Verendret. La plupart des œuvres capitales de Greuze ont été gravées sous ses yeux et par ses soins et éditées par lui-même, dans son logis de la rue Thibotaudé. Jean- Jacques Flipart (1719+1782), Jean-Charles Le Vasseur (1734+1816), Robert Gaillard (1722+1790) et Jean Massard furent ses traducteurs attitrés. Soucieux avant tout de la sécurité des transactions provenant du fait de la vente des estampes qu'il publiait, Greuze, d'accord en cela avec ses graveurs, signait avec eux manuscrilement les épreuves au verso. Signalons les plus répandues : la Cruche cassée, par Jean Massard, qui symbolise en quelque sorte, par son sous-entendu, la tendance générale du xvire siècle vers la polissonnerie de bonne manière — le cuivre en existe encore, mais horriblement retouché ; — la Verlu chancelante, le premier acte de la cruche cassée :
la scène se passe dans une mansarde : assise sur une
La VERTU CHANCELANTE. Vente Didot, 25 fr. — Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 141 fr. : avec la 1re adr. (Greuze), 50 fr. — Vente 8 janvier 1894, 17 fr. — Vente Ligaud, 51 fr.
chaise auprès de son grabat, une jeune fille — presqu’une fillette — songe ; une montre dans sa main en est la cause et en voilà plus qu’il n’en faut pour faire chanceler la pauvrette! Cette planche gravée un peu lourdement est également de Massard, à qui l’on doit encore, dans un tout autre genre, la Mère bien-aimée, une œuvre familiale par excellence.
A l'actif de J.-J. Flipart, on rencontre la Pelotonneuse, — en collaboration avec L. Cars — la populaire Accordée de village, l’un des plus grands succès de Greuze, le Gâteau des Rois, la Jeune Fille pleurant son oiseau mort, enfin d’après lui-même, le portrait de Greuze, par son ami Flipart en 1765.
La Laitière, gravée par J.-Ch. Le Vasseur, est une planche fort aimable : elle est fort recherchée en même temps que difficile à rencontrer : on en connaît quelques épreuves avant la dédicace à M. Daché. Le Vasseur est encore le signataire du Testament déchiré, de la Belle-Mère, de la Veuve et son Curé, compositions compliquées et
théâtrales à l’excès. La Lailière reste son chef-d'œuvre.
La CRUCHE cAsSséE. Vente Didot, 166 fr. — Vente Muhlbacher, avt t. 1. et la tablette, 1.401 fr. ; avec 1. 1., 410 fr. — Vente 11 janvier 1894; 131 fr. — Vente J. Bouillon, avt t. 1.5 315 fr. ; avec L.1., 210fr. — Vente Goncourt, avt t. 1, 420 fr. — Vente 2 juin 1906, 150 fr.
La JEUNE FILLE PLEURANT SON OISEAU MORT. Vente 27 mars 1909, 55 fr.— Vente Didot, 49 fr. — Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 305 fr.; avec 1. 1., 201 fr.— Vente 2 févr. 1910, 50 fr.
La LAITIÈRE. — Vente Mubhlbacher, avt la déd., 400 fr. ; avt t. L. et avt la tablette, 450 fr. — Vente 11 janvier 1894, 61 fr. — Vente 10 mai 1894, 96 fr. — Vente Gerbeau, avt t. 1, 1.320 fr. — Vente 15 mai 1907, 630 fr.— Vente Kuhnen, 225 marks.
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SÉNÉRAL BERTHIER : P. M. Alir, d'après Legros.
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Enfin Gaillard figure dans l’œuvre gravé de Greuze par une fort agréable planche : la Voluplueuse — qui fait un geste gracieux de la main — et par deux sujets chers à Greuze : la Malédiction paternelle et le Fils puni: ici encore, Greuze ‘ne se montre pas sous l’angle le plus favorable de son talent, et l’on prend maintenant peu de plaisir à des scènes qui enthousiasmèrent tant Diderot.
En dehors des traducteurs attitrés de Greuze, d’autres graveurs nous ont laissé des planches, dont plus d’une mérite d’être rappelée : la Petite Fille au chien, par C.-A. Porporati; la Tricoteuse endormie, par C.-D. Jardinier (1726+1774), pendant de la Pelolonneuse, déjà citée ; le Silence ou Ne léveillez pas, par L. Cars et Jardinier ; le Tendre désir — une jeune femme en buste, le sein gauche découvert, regarde tendrement, les yeux levés au ciel — par C**#* (Carmona, croit-on) ; le Malheur imprévu, une glace brisée, par N. de Launay ; l'Enfant gâlé, un bambin donnant sa soupe à un chien, par
Maleuvre, 1772 ; l'Ecureuse, très belle planche par
La VozurTuEuse. Vente Didot, 32 fr.— Vente Behague, avt t.1., 260 fr.
La MALÉDICTION PATERNELLE. Vente Didot, 38 fr.
La PETITE FILLE AU CHIEN. Vente Didot, 51 fr. —-- Vente 3 avril 1901, avt 1. 1., 200 fr. — Vente G. Kuhnen, avt t. 1, 625 fr.
La TRICOTEUSE ENDORMIE. Vente 4 mars 1909, non ent. term. 100 fr. — Vente H. Lacroix, même état, 165 fr.
La PELOTONNEUSE. Vente Didot, 20 fr. — Vente Malinet, 40 fr.
Le TENDRE Désir. Vente Didot, 40 fr.— Vente 11 nov. 1907, avt L.1, 100 fr.
Le MALHEUR IMPRÉVU. Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 141 fr. ; avt la déd., 110 fr. — Vente Destailleur, avt la déd., 47 fr. — Vente 11 janvier 1894, à l’eau-f. p., 15 fr. — Vente 17 mai 1894, à l’eau-f. p., 19 fr.
L’'Ecureuse. Vente 2 juin 1906, avt 1. 1., 96 fr.— Vente 27 mars 1909, 40 ir.
Beauvarlet ; la Laveuse ou la Savonneuse, agréable estampe de Jérôme Danzel ; enfin la Philosophie endormie.
Les épreuves de publication de la Philosophie endormie ne portent que cette mention : Aliamet direxit. La tradition attribue à Moreau le jeune la préparation de l’eauforte de cette agréable pièce représentant Madame Greuze endormie et cette attribution est très justifiée par la similitude de facture de cette planche avec d'autres œuvres de Moreau ; dans l’eau-forte pure de cette Philosophie endormie, le corsage dela belle dormeuse, au lieu d’être dégrafé, est au contraire chastement boutonné jusqu'au menton.
Avant de signaler les quelques portraits gravés d’après Greuze — Greuze fut un excellent portraitiste et se montre, sous ce dernier aspect, plus peintre que dans ses scènes de genre — nous remarquerons que Bonnet et Alix seuls, parmi les graveurs en couleurs, s’attaquèrent incidemment à l’œuvre de Greuze : Bonnet par une planche que nous avons précédemment signalée, Alix,par deux pendants gravés avec sècheresse et sans compréhension de l'effet : l’Accordée de village et le Paralytique servi par ses enfants.
Parmi les portraits, signalons ceux de Diderot, gravé par Aug. de Saint-Aubin, puis par Gaucher, enfin par
Dupin fils et par Duhamel, du graveur Jean-George Wille,
La Laveuse. Vente Behague, avt t. 1., 195 fr. La PHILOSOPHIE ENDORMIE. Vente 10 mai 1894, avt t. 1., 240 fr. —
Vente Goncourt, 51 fr. — Vente H. Lacroix, 110 fr. — Vente Defer- Dumesnil, non term., 660 fr. — Vente Ouachée, avt 1. 1., 585 fr. — Vente Gerbeau, avt I. 1, non term., 460 fr.
L’ACCORDÉE DE VILLAGE et le PARALYTIQUE SERVI... (par Alix). Vente 17 mai 1894, 30 fr. — Vente F. Arnault, 127 fr.
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