‹ Manuel de l'amateur d'estampes du XVIIIe siècleChapitre 22 sur 81 · WILLE FILS · texte numérisé non relu

WILLE FILS

Caresme doit plus à la vogue qu’à son talent, un semblant de gloire ; il bénéficie auprès des collectionneurs de la mode qui s'attache même aux plus vulgaires productions du xvire siècle ; Caresme n’eut pas assez de valeur toutefois pour se faire pardonner par les délicats d’avoir flatté le goût de son époque dans ce qu'il avait de moins recommandable ; aussi sera-t-il l’un des premiers peintres du xvine siècle qui disparaîtront lorsque plus de sagesse présidera dans l'admiration d’un siècle

assez fécond en belles choses pour n’avoir pas besoin de

faire appel aux pires artistes, comme il en advient actuel-

iement. Ce n’est certes pas par une admiration justifiée que l’on accepte dans ses cartons des grivoiseries comme Hony soit qui mal y voit, par François Hubert (1740 +...), The Danger of Sleep et The True Paternal, par Bonnet, la Petite Thérèse, par Jacques Couché, les Amants satisfaits, par Phelippeaux, la Douce illusion, le Marchand d'orviétan et son pendant, la Troupe ambulante, par Bonnet, ou encore le Réveil du carlin, par Carrée, voire même la Bacchanite enyvrée et le Satyre amoureux ou le Culte systématique et Bacchus préside à la fête, de Janinet. Dans la Colombe chérie, l’habile graveur F. Flipart y glisse un ressouvenir de Greuze ; malgré tout, l’œuvre reste quand même banale.

Né en 1734, Philippe Caresme mourut le 197 mars 1796. Agréé à l’Académie en 1766, il en fut exclu en 1778, pour n'avoir pas fourni son « morceau de réception. »

Nicolas Lavreince — de son vrai nom, Lafrensen —

est un artiste d’une toute autre valeur, bien que n’attei-

THE DANGER 0F SLEEP et THE TRUE PATERNAL. Vente 28 févr. 1908, 250 fr.

La PETITE THÉRÈSE. Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 210 fr. ; avec 1, 1,, 40 fr. — Vente 6 mars 1894, avt la déd., 16 fr. — Vente Ligaud, av! la déd., 79 fr.

Les AMANTS SATISFAITS. Vente Ligaud, 62 fr.

Le MARCHAND D’ORVIÉTAN et la TROUPE AMBULANTE, Vente 13 juin 1908, 130 fr.

La Douce ILzusIon. Vente Ligaud, 48 fr.

Le RÉvEIL pu CaArRLIN. Vente 30 janv. 1908, 95 fr. — Vente Gerbeau, impr. en coul., 72 fr.

La BACGHANTE ENYVRÉE et le SATYRE AMOUREUX. Vente Gerbeau, 225f0.

Le CULTE SYSTÉMATIQUE et BACCHUS PRÉSIDE A LA FÊTE. Vente Gerbeau, 250 fr.

gnant pas à la science consommée d’un Baudouin ou d'un Fragonard; mais, si Lavreince pèche par un dessin inconsistant, par une facture un peu mièvre, ainsi que nous l’avons pu constater au Musée de Stockholm en présence de ses œuvres indiscutables, il a au moins du goût et surtout de la distinction ; implanté en France, Lavreince a su immédiatement s’assimiler la grâce propre au pays qu'il adoptait, et c'est avec une habileté très réelle qu’il a conçu des scènes aimables, le plus souvent fort bien composées, se rapprochant de Baudouin dans ses plus heureux jours.

Lavreince, il ne faut pas se Le dissimuler, doit beaucoup aux excellents graveurs qui ont reproduit ses gouaches, et ce n’est pas dans le but de le diminuer que nous faisons cette trop juste constatation. De Launay, Janinet, Helman, ont, par leur propre valeur, complété Lavreince, atténué au moins ses défauts.

Né à Stockholm en octobre 1737, Nicolas Lavreince, après un séjour très prolongé en France, retourna dans sa patrie, où il mourut le 6 décembre 1807.

Entre des mains peu expertes, les défauts de Lavreince réapparaissent en effet ; c’est ce qui explique pourquoi, à côté d’un chef-d'œuvre comme la Consolation

de l'absence, de Nicolas de Launay, l’on se trouve éga-

La CONSOLATION DE L'ABSENCE. Vente Maiïland, 151 fr. — Vente 11 janvier 1894, 70 fr. — Vente Ligaud, 220 fr. — Vente Defer-Dumesnil, 210 fr.— Vente 6 févr. 1904, 330 fr.— Vente 15 déc. 1908, 300 fr.

Les SarsoNs (par Vidal). Vente 29 nov. 1899, 3 planches, 260 fr. — Vente Aubin, les 4 planches, 255 fr. — Vente Gerbeau, 3 planches, 950 fr.

lement en présence des Saisons, de Vidal, de Ah ! quel doux plaisir et Je touche au bonheur, de Copia, du Serin chéri et Jamais d'accord, de Le Grand, des deux Jeux, de Mariage, des Deux Cages ou la plus heureuse, de Bréa, de la Sentinelle en défaut et de l’Accident imprévu, de Darcis, de la Balançoire mystérieuse et des Nympkhes scrupuleuses, de Vidal, toutes planches d’une platitude telle qu’elles doivent être impitoyablement rejetées d’une collection choisie, jusques et y compris les Grâces parisiennes et son pendant, dont nous n’avons pu déjà nous défendre de dire tout haut l’extrême médiocrité. De même, pourquoi paie-t-on la somme respectable de 3.510 francs pour les deux bêtises de Le Grand: Jamais d'accord et le Serin chéri ?

Avec Nicolas de Launay, au contraire, nous nous

AH ! QUEL DOUX PLAISIR et JE TOUCHE AU BONHEUR. Vente Gerbeau, en bistre, 705 fr. — Vente 18 mai 1900, 305 fr.

Le SERIN cHéri. Vente Muhlbacher, 190 fr. — Vente Decloux, 550 fr. — Vente Séran, 150 fr,

JAMAIS p’AccoRD. Vente Muhlbacher, 300 fr.

JAMAIS D’ACCORD et le SERIN CHÉRI. Vente 6 mars 1894, 1.060 fr. — Vente Gerbeau, 3.510 fr.

Les DEux CAGEs… Vente févr. 1908, 187 fr.— Vente Ligaud, 135 fr.— Vente H. Lacroix, 250 fr. — Vente 27 mars 1909, 180 fr.

La SENTINELLE EN DÉFAUT. Vente 11 janvier 1894, 75 fr. — Vente 19 janvier 1894, 34 fr.

L’ACCIDENT IMPRÉVU. Vente 8 janvier 1894, 1er tirage, 78 fr.

La SENTINELLE EN DÉFAUT et l’ACCIDENT 1MPRÉVU. Vente Muhlbacher, 162 fr. — Vente 17 mai 1894, 38 fr.— Vente Gerbeau, impr. en coul., 605 fr.

La BALANÇOIRE MYSTÉRIEUSE. Vente Muhlbacher, avt I. 1., 345 fr. — Vente 17 mars 1910, avt t. L., 630 fr.

Les NYMPHES SCRUPULEUSES. Vente Muhlbacher, avt t. 1., 200 fr.

La BALANÇOIRE MYSTÉRIEUSE et les NYMPHES SCRUPULEUSES. Vente Destailleur, avt les retouches, 220 fr. — Vente 8 janvier 1894, avt t. IL, 159 fr. — Vente 10 mai 1894, av’ t. 1, 271 fr. — Vente Gerbeau, avt t. 1., 360 fr.

Br ex

Baudouin.

d’après P. À.

aurai

ad

retrouvons en présence de la belle estampe ; voyez l’Heureux moment, le Qu'en dit l'abbé? et surtoutle Billet doux : tout y est exprimé avec une connaissance des valeurs qui fait honneur au graveur et classe ces pièces parmi les œuvres capitales de la gravure au xvirIe siècle.

Le Roman dangereux, par Helman, se sauve également par le talent du graveur, car ici le sujet est plus particulièrement scabreux, tout en n'étant qu’une réédition à huis-clos du Midi, de Baudouin.

Une grande partie de la faveur dont jouit Lavreince auprès des amateurs les plus raffinés est due à Janinet qui a reproduit, avec l’ampleur que l’on sait, plusieurs de ses plus agréables compositions, telles que l’Indiscrétion, la Comparaison, l’Aveu difficile ; nous nous sommes déjà étendus, au chapitre consacré à Janinet, sur le mérite de ces planches capitales de l’estampe en couleurs ; nous n’avons pas à y revenir, sinon pour rappeler que J.-B. Chapuy a, sous le titre : la Reponce (sic) embar-

rassante, copié en réduction l’Aveu difficile.

L’'HEUREUx Momenr. Vente 21 mars 1908, avtla déd., 1.010 fr.— Vente À mars 1909, avt la déd., 1.000 fr. — Vente 5 nov. 1909, avt la déd. ,1.155 fr. — Vente Gerbeau, avt la déd., 1.650 fr.

Le Bizet Doux. Vente Davesne, 650 fr.

QU'EN DIT L’ABBÉ ? et le BILLET Doux. Vente Ligaud, 315 fr. — Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 920 fr. ; avt t. L., 980 fr. ; avt la déd., 550 fr.

Le ROMAN DANGEREUX. Vente Goncourt, à l’eau-f. p., 250 fr. — Vente 11 janvier 1894, 201 fr. — Vente 10 mai 1894, 175 fr. — Vente du Be Pichon, 210 fr. — Vente Ligaud, avt la déd., 550 fr. — Vente 1er mai 1900, 305 fr. — Vente Gerbeau, avt la déd., 950 fr. — Vente 30 janv. 1908, avt la déd., 950 fr.

L'œuvre gravé d’après Nicolas Lavreince se compose d’une soixantaine de pièces dont M. E. Bocher a établi un catalogue; outre les planches précédemment évoquées, quelques autres estampes encore offrent de l’intérêt : les Offres séduisantes, par Delignon (1755-+ 1804), le Direcleur des toilelles — c’est un jeune abbé qui, en présence de trois marchandes de modes, assiste à la toilette d'une jeune femme et examine une pièce d’étoffe —, par Voyez l'aîné. La Marchande à la toilette et la Soubrelle confidente, par G. Vidal, notamment, renferment des qualités de facture appréciables, et Vidal s'est montré beaucoup plus heureux dans ces nouvelles planches que dans ses insipides Saisons. Ce graveur se recommande en dernier lieu par le Déjeuner anglais et la Leçon interrompue.

François Dequevauviller doit d’être encore connu

à ses deux pendants d’après Lavreince, où, en dé-

Les OFFRES SÉDUISANTES. Vente Muhlbacher, avt t. 1,325 fr. —- Vente du B° Pichon, 56 fr. — Vente 10 mai 1894, avt t. 1., 215 fr. — Vente H. Lacroix, 130 fr. — Vente Gerbeau, avt I1.1., 700 fr.

Le DIRECTEUR DES ToiLeTTEs.Vente Muhlbacher, avtt. 1., 1.150 fr. — Vente 11 janvier 1894, sans marge, 60 fr. — Vente Destailleur, 130 fr.

La MARCHANDE A LA TOILETTE. Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p.,320 fr.; avt la déd., 395 fr. — Vente 15 déc. 1908, 350 fr. — Vente H. Lacroix, 130 fr. — Vente 23 mars 1904, 115 fr. — Vente 2 févr. 1910, 570 fr. — Vente 19 mars 1910, épr. rognée, 157 fr.

La SOUBRETTE CONFIDENTE. Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 305 fr. ; avt la déd., 205 fr. — Vente Ligaud, 100 fr.— Vente H. Lacroix, 160 fr. — Vente H. de Roissy, 160 fr. ; — Vente Rodière, 140 fr. — Vente 19 mars 1910, épr. rognée, 180 fr. — Vente 8 avril 1910, 440 fr.

Le DÉJEUNER ANGLAIS. Vente Muhlbacher, 210 fr.

Le DÉJEUNER ANGLAIS et la LEÇON INTERROMPUE. Vente du Be Pichon, 320 fr. — Vente 11 janvier 1894, 470 fr. — Vente Ligaud, 240 fr. — Vente Gerbeau, 1.500 fr.

Pr XII

Baudouin.

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apres

S. Helman, d

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