‹ Manuel de l'amateur d'estampes du XVIIIe siècleChapitre 23 sur 81 · JARDINIER GALA · texte numérisé non relu

JARDINIER GALA

pit de quelque sécheresse, il a su tirer un excellent parti de deux scènes, d’ailleurs admirablement composées, l’Assemblée au Concertet l’Assemblée au Salon. Dans un riche salon, plusieurs personnages sont réunis pour entendre trois musiciens : une femme jouant du clavecin et accompagnée au violoncelle, tandis qu’un autre personnage, assis devant un pupitre, joue de la flûte : c’est l’Assemblée au Concert. Dans l’Assemblée au Salon, le salon du duc de Luynes, paraît-il, les personnages ont formé des groupes sympathiques ; à gauche, près des grandes baies qui éclairent l’élégant intérieur, une femme est assise et lit : non loin d’elle, une jeune femme et un abbé sont réunis à une table de tric-trac ; autour d’une autre table, cinq personnages jouent aux cartes, tandis que, vers le fond, près de la cheminée, un jeune seigneur s’entretient avec une autre personne assise. Ces deux belles pièces, réunies au Bal paré et au Concert d'Aug. de Saint- Aubin, offrent l’image du xvirIe siècle, sous son aspect le plus séduisant, le plus aimable et le plus distingué, aussi le plus véridique : aussi plaisent-elles infiniment.

Rappelons enfin, d’après Nicolas Lavreince, les À pprêéls

du ballet, par S. Tresca ; les Sabots, par J. Couché ; l'Ecole

L’ASSEMBLÉE AU CONcERT. Vente Ligaud, 325 fr.

L’'ASSEMBLÉE AU SALON. Vente 10 mai 1894, à l’eau f. p., 200 fr.

L'ASSEMBLÉE AU CONcERT et l’ASSEMBLÉE AU SALON. Vente du Bon Pichon, 425 fîr. — Vente 11 janvier 1894, 300 fr. — Vente H. Lacroix, 745 fr. — Verte Gerbeau, avt la déd., 2.060 fr. — Vente 23 mars 1904, 1.330 fr. — Vente Barrot, avt la déd., 3.000 fr.

Les APPRÊTSs DU BALLET. Vente du B"= Pichon, 76 fr. — Vente H. Lacroix, av! 1. L, 270 fr, — Vente 29 mai 1908, 371 fr.

de Danse, le Lever et le Coucher des ouvrières en modes, par F. Dequevauviller ; l’Innocence en danger — une vieille officieuse pousse une innocente dans les bras d’un vieillard : tout commentaire est superflu pour expliquer la pensée de l'artiste —, par Caquet ; le Contre-temps, par Dequevauviller encore — c’est le thème du Curieux, de Baudouin, de The officious waiting woman, de Challe ; — enfin le Retour trop précipité — deux amants surpris à la campagne par une femme —, par J.-A. Pierron; le Reslaurant, par Deny ; et les Soins mérilés — une jeune femme fait donner un lavement à un. petit chien! — par Robert de Launay le jeune : ce dernier sujet est d’un bien mince intérêt, avouons-le.

Exceptionnellement, figure dans l’œuvre de Lavreince,

un portrait: c’est celui de Gustave III, roi de Suède,

Les SABors. Vente Muhlbacher, avt &. 1, 500 fr. — Vente 6 mars 1894, avt 1.1., 182 fr. — Vente 23 mars 1904, 160 fr. — Vente Gaiffe, avt la déd., 400 fr.

L’Ecoze DE Danse. Vente 11 janvier 1894, 49 fr. — Vente Ligaud, 100 fr. — Vente H. Lacroix, avt la déd., 155 fr. — Vente Gerbeau, 250 fr.

Le LEVER DES OuvrIÈRES. Vente 17 mars 1894, 28 fr.

Le CoUcHER DES OUVRIÈRES. Vente 6 mars 1894, 33 fr. — Vente 17 mai 1894, 24 fr. — Vente Gerbeau, avtI. 1., 420 fr.

Le LEvER et le COUCHER DES OUVRIÈRES. Vente Goncourt, avt I. 1., 280 fr. — Vente Ouachée, 450 fr.

L’INNOCENCE EN DANGER. Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 390 fr. ; avec 1, 1, 250 fr. — Vente 14 janvier 1894, 100 fr. — Vente Gerbeau,

420 fr.

Le ConTRE-TEMPSs. Vente 10 mai 1894, état non décrit, 66 fr. — Vente Ligaud, 60 f>. — Vente Gerbeau, à l’eau-f. p., 230 fr.

Le RerTour TRoP PRÉcIPITÉ. Vente Ligaud, 90 fr. — Vente H. Lacroix,

Le RESTAURANT. Vente 17 mars 1910, av! t. 1., 1520 fr.

Les SoiNs MÉRITÉS. Vente Muhlbacher, avt 1.1., 210 fr. — Vente 11 janvier 1894, 81 fr.— Vente du Be» Pichon, 61 fr.— Vente Kuhnen, 350 fr. — Vente 4 mars 1909, 400 fr.

qu’a gravé Ch.-Et. Gaucher, mais là se borne son rôle de portraitiste.

Le portrait tient une place prépondérante dans le xvitie siècle, nous l’avons déjà dit ; nous avons évoqué La Tour et Perronneau, Tocqué et Roslin, Michel Vanloo et Aved; d’autres peintres se sont encore exclusivement, ou presque, consacrés au portrait : Nattier et les Drouais appartiennent à l’histoire de leur siècle, tout comme Baudouin, Fragonard ou Lavreince, non qu’ils aient exercé sur la gravure une influence égale à celle émanant des peintres de genre, mais parce que leur art, à la fois distingué et conventionnel, est l’exact reflet de leur temps.

. Des deux Drouais, le plus estimé est François-Hubert Drouais fils, né à Paris, le 14 décembre 1727, mort en 1775 ; un certain nombre de ses peintures ont été gravées, par Beauvarlet surtout qui semble avoir particulièrement prisé sa facture brillante et soignée ; c'est à Beauvarlet qu’on doit en effet non seulement le Comte d'Artois enfant et Mademoiselle Clotilde sa sœur montée sur une chèvre, mais encore les Enfants du duc de Béthune, jouant avec un carlin, ainsi que Bandiéri de Laval, Edme Bouchardon et la Comtesse du Barry,

en veste de chasse : pour cette dernière estampe, contrai-

Le CoMTE Dp’ArTors ET sa Sœur. Vente Camberlyn, avt t.1., 41 fr. — Vente 23 mars 1894, 18 fr. — Vente du Bo Pichon, 105 fr. — Vente Bouvrain, 210 fr.

Les ENFANTS DU PRINCE DE TURENNE. Vente 20 déc. 1909, 72 fr.

Les ENFANTS pu Duc DE BÉTHUNE et les ENFANTS DU PRINCE DE TURENNE. Vente 15 déc. 1908, 150 fr. — Vente 18 mai 1906, 105 fr.

rement à ce qui se passe d'habitude, ce sont les épreuves avec la lettre qui sont les plus rares : on ne les rencontre même qu'exceptionnellement. Quant au Comte d'Artois el Sa Sœur, mentionnons ici que la pièce a été copiée à la manière-noire, en Allemagne, par J.-J. Haïd.

On doit à Melini (1740+....), graveur d’origine italienne, élève de Beauvarlet, le pendant des Enfants du duc de Béthune: les Enfants du Prince de Turenne, en Savoyards, jouant avec une marmotte.

Quelques-unes des autres planches gravées d’après Drouais méritent au moins une mention, telles que Mademoiselle Pélissier, actrice de l'Opéra, en pied, par J. Daullé, estampe déjà citée; Madame du Barry, dans un cadre orné de roses, avec arc et carquois, par Ch.-Et. Gaucher, une des plus fines planches de ce très habile graveur ; le Prince Galitzine, par J.-N. Tardieu ; Duhamel du Monceau, par P.-E. Moitte; une Marie-Antoinette jeune, tournée de trois-quarts à gauche, et Marie- Thérèse de Savoie, Comtesse d'Artois, par L.-J. Cathelin ; enfin la Comtesse de Provence, par R. Brookshaw ; et Nathalie Petrowna Czernicheff, par W. Pether.

La Ctesse pu Barry (par Beauvarlet), Vente 10 mai 1894, avt I. I., 490 fr. — Vente 28 févr. 1908, avt 1. 1., 465 fr. — Vente du B° Pichon, avt 1. 1., 420 fr. — Vente Ligaud, avec I. 1., 137 fr. — Vente de Lapeyrie, 390 fr. — Vente Defer-Dumesnil, avt 1. 1., 900 fr. — Vente Bouvrain, avt 11,605 14r.

La Ctsse pu Barry (par Gaucher.) Vente 16 janvier 1894, 49 fr. — Vente du B°r Pichon, 26 fr. — Vente Bouvrain, avt 1. 1., 60 fr.

Les BuLLes DE SAvon. Vente 6 avril 1894, avtt. 1., 20 fr. — Vente 15 déc. 1908, 260 fr.

La Ctesse DE PROVENCE. Vente 4 juin 1909, 60 fr. — Vente Ligaud, 136 fr.

PE XIVe

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CHEZ TOUT DOUX, PARLEZ TOUT BAS : P. P. Choffard, d'après P. 4. Baudouin.

Deux scènes enfantines, assez gentiment gravées par une femme, Madame Adélaïde Boizot (1744+1800), le Château de cartes et les Bulles de savon, sont, à notre connaissance, les deux plus importants sujets de genre de Drouais consacrés par l’estampe : il n’y aurait même pas lieu de s'étonner que ce fussent des portraits, Drouais ayant pour coutume de représenter ses personnages, surtout lorsqu'il s'agissait d’enfants, dans les occupations de leur âge ou sous des accoutrements imprévus.

François-Hubert Drouais, premier peintre du Roi, puis de Monsieur et de Madame, avait été élu conseiller de l’Académie Royale en 1774. Elève de son père (1699+1767), Drouais fils fut encore le disciple de Nonnotte, de Carle Vanloo, de Natoire, enfin de Boucher : il ne manqua pas de conseils, comme on le voit. Il avait eu un fils, Jean-Germain Drouais, mort tout jeune, en 1788.

Si F.-H. Drouais a été peu reproduit par l’estampe, Nattier qui le précéda, ne le fut guère plus, et en dépit de l’agrément des effigies transposées sur le cuivre, l’œuvre gravé de Nattier reste quand même sans accent. La meilleure gravure de cet œuvre est due à l’habile buriniste Jacques-Nicolas Tardieu: c’est un portrait à mi-jambes de la reine Marie Leczinska qui fait pendant à un portrait de Louis XV, exécuté par le même graveur d’après Vanloo. Dans l’ordre de la valeur des

pièces gravées d’après Nattier, nous devons mentionner

Marie LEcziNskA. Vente Didot, 14 fr.— Vente 29 nov. 1899,32 fr. — Vente Goncourt, 78 fr.

une série de quatre planches dans lesquelles Mesdames de France, filles de Louis XV, sont représentées sous les figures allégoriques des « Eléments » : Madame Adélaïde de France, ou « l'Air», Madame Elisabeth de France, duchesse de Parme, ou « la Terre »; Madame Henriette de France ou « le Feu » puis Madame Thérèse-Victoire de France, ou « l’Eau ». Ces quatre planches ont été exécutées par Beauvarlet, Baléchou, Tardieu et Gaillard.

Nattier usa et abusa du portrait allégorique, fort à la mode de son temps: voulait-il peindre Madame de Pompadour (?) il la symbolisait en Flore ou en Belle source; s’agissait-il de Mademoiselle de Beaujolais (?), l’aimable personne devenait une Chasseuse aux cœurs, que gravait Henriquez ; il en était de même de Madame du Bocage ou Flore à son lever, par Maleuvre, de Louise- Henriette de Bourbon-Conti, duchesse d’Orléans, en Hébé, par François Hubert, de la Duchesse de Châteauroux ou la Nuit passe, l' Aurore parait, par Maleuvre, ou

sous la figure de la Force, par Baléchou; tous ces portraits

Les ELÉMENTS. (série de 4 planches). Vente du B°2 Pichon, 200 fr.

L'Eau seule. Vente 19 mars 1910, sans marge, 30 fr.

La BELLE Source. Vente Goncourt, 33 fr.

La CHASSEUSE Aux Cœurs. Vente Goncourt, 22 fr.

Mre de *** EN FLore. Vente Goncourt, 77 fr.— Vente du B° Pichon, 33 fr. — Vente Lacroix, 82 fr. — Vente Davesne, 62 fr.

FLORE A SON LEVER. Vente Goncourt, 49 fr.

Hégé. Vente H. de Roissy. 86 fr.

La Nuit passe. Vente Didot, avi 1. I. 50 fr.— Vente 29 janv. 1909, 80 fr. — Vente Goncourt, 50 fr. — Vente Lacroix, 40 fr. — Vente 12 déc. 1904, 100 fr.

La Force. Vente 11 jauvier 1894, 18 îfr. — Vente 20 déc. 1909, 61 fr. — Vente Bouvrain, 32 fr. — Vente H. de Roissy, 26 fr. — Vente 19 mars 1910, 36 fr.

sont le plus souvent médiocrement gravés et n’ont qu'un pâle rapport avec les toiles originales.

Fort peu de portraits d'hommes ont été gravés d’après Nattier : nous avons cité celui de son gendre, le peintre Louis Tocqué, par L.-J. Cathelin ; c’est le seul présentant de l'intérêt.

Enfin, l’œuvre gravé de Nattier se complète par quelques sujets: David et Goliath, par Surugue ; la Chasteté de Joseph, par Beauvarlet; Enée secouru par Vénus, par L. Desplaces; Nul amour sans peine, par Lépicié, etc.

Né à Paris le 17 mars 1685, Jean-Marc Nattier était le fils d’un peintre de portraits dont le Musée de Versailles possède deux œuvres ; il avait aussi un frère, Jean-Baptiste, peintre d'histoire, non sans talent — il avait été reçu à l’Académie Royale — mais qui, compromis dans un scandaleux procès de sodomie, s’était donné la mort dans sa prison, le 27 avril 1726.

Nattier, qui jouissait de revenus assez importants, peignit d’abord en amateur : en 1718, l’Académie l'avait admis au nombre de ses membres ; mais en 1720, le krach de la banque de Law le ruinaït ; c’est alors qu'il se mit à peindre avec ardeur ses nombreux portraits de femmes, toujours un peu les mêmes, mais fort séduisants, sous leur fard et leurs mouches.

J.-M. Nattier, mort le 7 novembre 1766, eut quatre enfants : un fils qui donnait de grandes espérances, mais

qui se noya accidentellement dans le Tibre, et trois filles,

dont une mariée au peintre Challe.

D'intéressantes figures d'artistes vont se retrouver sur notre route, et si nous avons déjà vu Watteau, Chardin, La Tour, Boucher, Fragonard, Baudouin, nous allons bientôt nous trouver en présence d’Augustin de Saint- Aubin, de Moreau le jeune, d’Hubert Robert, puis plus tard de David et de Prud’hon, pour ne citer que les grands noms. Mais avant Saint-Aubin et Moreau, d’autres artistes, plus ou moins leurs contemporains, ne doivent pas être complètement oubliés : Charles Monnet, Le Barbier l’aîné, F.-M. Queverdo, et J.-E. Schenau, à des mérites divers, ont apporté une contribution à l’art de leur temps. Nous ne parlons pas de Le Prince dont nous avons évoqué l’homme et l’œuvre dans le chapitre que nous avons consacré à la gravure en couleurs ainsi qu’aux procédés qui en dérivent.

Parmi ces artistes, Monnet est peut-être, avec Queverdo, le moins bien doué : ses compositions ont le plus souvent l’aspect de vignettes agrandies, qu’il nous fasse assister aux Principales journées de la Révolution, que grava Helman, ou qu'il nous donne des sujets, prétextes à grivoiseries, comme les Baigneuses surprises, Vénus et Adonis, Jupiier el Antiope, Renaud el Armide, gravés par G. Vidal.

Ces dernières planches nous permettent de rappeler

Les PRINCIPALES JOURNÉES DE LA RÉvoLurIonN. Vente 17 mars 1910

(12 planches), 325 fr.

VÉNUS ET ADonis. Vente 6 mars 1894, avt I. I., 22 fr. RENAUD ET ARMIDE. Vente 6 mars 1894, avt I. 1., 17 fr.

Pre XIVe

ro

Rose ET CoLAs : J. B. Simonet, d'après P, 4. Baudouin.

un usage assez fréquent au xvirie siècle, qui consistait — pour la satisfaction des amateurs de raretés et de. frivolités — dans le tirage à petit nombre d'épreuves où la nudité des femmes était d’abord divulguée sans voile aucun. On trouve d’autres exemples de cette recherche un peu spéciale dans deux des quatre Heures, de Baudouin, dans la Gimblette et le Verre d’eau, de Fragonard, dans la Belle cachette, de Huet, etc.

Monnet était né en 1732, Hubert Robert en 1733.

Le nom d’'Hubert Robert est célèbre dans les annales de la peinture, mais ce n’est pas sous ce jour brillant que nous avons à l’envisager ici; c’est son œuvre personnel de graveur à l’eau-forte qui nous appartient plus particulièrement, ainsi que l’œuvre gravé d'après ses peintures, ses aquarelles ou ses dessins. Sous ces deux aspects, Hubert Robert ne tient pas une place en rapport avec sa notoriété : ce que sa pointe a tracé est presqu’insignifiant — nous entendons pour un artiste de son envergure —. Ses Soirées de Rome, une suite de dix petits paysages, sont amusants de facture, mais rien de plus ; ce sont des planches qui pourraient tout aussi bien être signées d’un nom quelconque, de même que les huit autres planches composant tout son œuvre original.

Janinet et l’abbé de Saint-Non ont été les meilleurs traducteurs des aquarelles ou des dessins d’Hubert Ro-

bert ; l’abbé de Saint-Non, tout amateur qu'il était, a

gravé avec un goût délicat, non-seulement Hubert Robert,

mais Boucher (entr’autres Naïades et Tritons) et Fragonard ; parmi ses paysages, des sites d'Italie notamment, exécutés soit à l’eau-forte, soit au lavis, d’après Hubert Robert, il en est de réellement délicieux ; ce sont des petits riens, mais pétillants d'esprit.

Hubert Robert, élève de Panini, qu’il surpassa, mourut subitement à Paris, sa ville natale, le 15 avril 1808, frappé d’une attaque d’apoplexie ; comme il en advient le plus souvent des artistes, sa carrière fut entravée à ses débuts, car ses parents avaient voulu en faire un prêtre; mais ses grandes dispositions pour les arts eurent raison des dernières résistances et, protégé par le Marquis de Marigny, Hubert Robert put séjourner douze ans en Italie, où il faillit même périr dans le labyrinthe des Catacombes de Rome; sous la Révolution, c’est encore par miracle qu'il échappa à la mort ; emprisonné, le hasard voulut qu’un autre prisonnier portât le même nom que lui, et c'est ce malheureux homonyme qui paya alors de sa tête, l’erreur commise.

Passons maintenant aux Saint-Aubin. — Ce nom patronymique de Saint-Aubin est fort répandu au xvie siècle : nous avons déjà fait connaissance avec Gabriel, nous allons présentement étudier l'important œuvre d'Augustin; cette famille sympathique compte encore dans les arts Charles-Germain de Saint-Aubin

aîné et Louis-Michel, tous deux frères d’Augustin.

NAÏADES ET TRITONS, Vente 19 mars 1910, 46 fr.

.Né à Paris le 3 juin — et non le 3 janvier — 1736, Augustin de Saint-Aubin était fils du brodeur du roi, Germain de Saint-Aubin, qui n'eut pas moins de quatorze enfants, parmi lesquels Gabriel et Charles-Germain ; Augustin de Saint-Aubin, destiné à la gravure, reçut les conseils d’Etienne Fessard et de Laurent Cars, mais c’est son frère Gabriel qui lui enseigna les principes du dessin.

Marié en 1764 à Louise-Nicole Godeau, qu’on croit retrouver dans l’une des deux planches portant ce même titre : l'Hommage réciproque, et dans Au moins soyez discret, Aug. de Saint-Aubin débutait vers le même temps comme dessinateur et comme graveur; et tandis qu'il gravait — de 1759 à 1761 — les Jeux des pelits polissons de Paris ou les Habillements à la mode de Paris, Pierre- François Courtois, mort à la fleur de l’âge, à vingt-sept ans, en 1763, mettait au jour, d’après ses dessins, la Promenade des Remparts et le Tableau des Portraits à la mode, deux pendants bien composés et non moins bien gravés : l’eau-forte de la Promenade est délicieuse. Il existe à la Bibliothèque Nationale, du Tableau des Portraits à la

mode, une première planche assez avancée et qui fut

L'HOMMAGE RÉCGIPROQUE (2 planches). Vente 23 mars 1904, impr.en coul., 300 fr.

La PROMENADE DES REMPARTS. Vente Muhlbacher, épr. non term. 505 fr.

Le TABLEAU DES PORTRAITS À LA MODE. Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 705 fr. — Vente 17 mai 1894, 60 fr.

La PROMENADE DES REMPARTS et le TABLEAU DES PORTRAITS A LA MODE. Vente Didot, 175 fr. — Vente Goncourt, avt t. 1., 1.260 fr. — Vente 10 mai 1894, 350 fr. — Vente Josse, 530 fr. — Vente Destailleur, 375 fr. — Vente Gerbeau, 640 fr. — Vente Barrot, 1.000 fr. — Vente Kuhnen, 975 fr.

abandonnée ; on la reconnaît de la planche publiée par l'absence, à droite, d’une porte monumentale.

Agréé à l’Académie Royale, Augustin de Saint-Aubin ne fut pas reçu académicien et pour cause ; il ne présenta jamais les deux planches d'usage qu’il avait commencées cependant, mais qu’il laissa inachevées: les portraits de J.-B. Le Moyne, d’après L. Tocqué, et de L. de Silvestre, d’après Greuze. Par contre, en 1776, il succédait à son premier maître, Etienne Fessard, comme graveur de la Bibliothèque du Roi.

Ruiné par la Révolution, Augustin de Saint-Aubin, le délicieux graveur de tant de jolies femmes, l’auteur de tant de scènes tout simplement adorables, s’adonna pour vivre, dans les dernières années de son existence aux travaux les moins artistiques: il lui fallait alors gagner son pain au jour le jour. Comme Greuze et Moreau, c'est d’ailleurs à peu près complètement oublié qu'il mourut le 9 novembre 1807, dans les bras de sa femme, trop heureux d’avoir rencontré sur ses pas le libraire Renouard. Le catalogue de la vente qui eut lieu après son décès, témoigne qu'Aug. de Saint-Aubin avait pu conserver toutefois, au milieu de sa détresse, les œuvres de ses amis réunies au cours d’une longue et laborieuse carrière : on y trouve l'indication, outre diverses estampes, de peintures et de dessins de Boucher, de Fragonard,

de Cochin et de Vanloo.

J.-B. LE Moyxe. Vente févr. 1908, 16 fr.

Pr:

Voyez laine,

ECRET

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