‹ Manuel de l'amateur d'estampes du XVIIIe siècleChapitre 38 sur 81 · L'ECOLE ANGLAISE · texte numérisé non relu

L'ECOLE ANGLAISE

Après la France, l’école de gravure la plus brillante au xvirie siècle, est l'Ecole Anglaise. Elle se recommande, comme la nôtre, par l’agrément des sujets, la distinction de ses artistes, l’habileté de ses graveurs : elle s’en distingue toutefois par deux points essentiels : la majorité des estampes anglaises sont exécutées à la manière-noire ou au pointillé, tandis que le plus souvent nos graveurs n'ont fait usage que du burin, et alors que nos peintres ont surtout traduit des pensées pour le moins grivoises, les artistes anglais se sont cantonnés, à quelques exceptions près, dans les scènes champêtres, morales ou romanesques. Le portrait, enfin, a joué un grand rôle outre- Manche et occupe même la place prépondérante dans l'Ecole Anglaise.

Qu'il s'agisse de scènes de genre ou de portraits, les

peintres et les graveurs anglais se sont montrés pleins de grâce et de distinction, mais avec une prédisposition à la monotonie. La faute en est surtout au procédé employé: la manière-noire, qui, en dépit dela maîtrise ou de la personnalité des graveurs, donne toujours, en raison de ses moyens limités, les mêmes effets. Il en est d’ailleurs ainsi de l’autre procédé employé par les graveurs anglais: le pointillé. C’est la plus grande critique d'ensemble qu'on puisse adresser à l’art anglais du xvine siècle, et cette critique nous ne sommes pas les premiers à la formuler ; mais cette réserve faite, on constatera combien sont délicieux, regardés isolément, les jeunes femmes et les babies portraicturés par Reynolds, Hoppner ou Lawrence.

Parmi les premiers portraitistes qui obtinrent la faveur de la gravure en Angleterre, il faut citer Peter Lely et Godefroy Kneller; mais le premier appartient au xvIIe siècle ; quant au second, originaire d'Allemagne — il était né à Lubeck en 1648 — ïl a été surtout gravé par John Faber (....+1756) et par John Smith (1662 + 1742), tous deux bons graveurs en manière-noire, mais sans caractère particulier.

L'un des artistes anglais qui font le plus grand honneur à leur pays est Willlam Hogarth, personnalité en marge de son temps. Né à Londres en 1697, mort à Chiswick, le 28 octobre 1764, Hogarth était un esprit observateur, porté à la satire: il a en effet peint et gravé — en dehors d’un petit nombre de portraits — des com-

positions morales, à la fois vivantes et expressives,

d’une intention burlesque parfois exagérée, mais développant, toujours avec un heureux humour et avec plus d’exactitude que d'élégance, une idée. Tout amateur se rappelle ses séries sur les Aventures d’un fils prodigue et débauché (en 8 planches), les Aventures d'une fille publique (6 planches), les Effets du travail et de la paresse (12 planches), le Mariage à la mode (6 planches) : cette dernière suite a été plusieurs fois copiée par Baron, Scotin, Ravenet et Riepenhausen ; Riepenhausen ne se contenta pas de reproduire le Mariage à la Mode ; il a aussi copié, en les réduisant, presque toutes les planches gravées par Hogarth. Dans toutes les séries que nous venons d'indiquer, c’est un but moral qui prédomine ; Hogarth a aussi fait des incursions dans le comique pur, comme dans les Comédiens ambulants et les Comédiennes ambulantes ; enfin, parfois, il a visé quelques personnalités politiques ou des artistes, voire même des médecins. Hogarth est en somme un isolé, et il faudra attendre la venue de Rowlandson, de Cruiksank et de Gillray pour retrouver la satire morale ou politique en Angleterre.

C'est avec Sir John Reynolds que commence réellement l'ère la plus brillante de la peinture et de la gravure en Angleterre ; avec ce maître essentiellement distingué et pittoresque, le portrait s'épanouit en grâce et en séduction ; non pas que l’art d’un Reynolds soit

sans reproche ; un artiste,quelque grand qu’il soit, ne sacri-

Le MARIAGE A LA MODE. Vente Muhlbacher, à l’eau-f. p., 70 fr.

fie pas impunément au seul mérite du charme, sans perdre en force et en grandeur ce qu'il gagne en grâce et en élégance ; mais Reynolds a de multiples mérites : une facture large et sans heurts, un sens heureux du groupement et de la présentation des figures, de l’agrément et de la vie, de l’aisance, enfin beaucoup de charme et de distinction. Aussi l’œuvre gravé d’après Reynolds est-il l’un des plus agréables à feuilleter. Nous allons à cette place, dans son œuvre nombreux où abondent les planches importantes, signaler les suivantes: Son propre portrait, qui a été gravé par J. Watson en 1770, par Charles Townley en 1777, par V. Green en 1780, par J. Condé, par Pariset, par Ridley ; parmi les personnages représentés en pied : Lady Bampfylde, par Thomas Watson (1743+1781), accoudée dans un paysage contre une pierre devant laquelle croît un Iys, planche dont une épreuve atteignit, il y a quelques années en Angleterre (vente Blyth), la somme de 23.100 francs ; Jane, comlesse de Harrington, par V. Green (vers 1715+1800), se dirigeant à droite, une couronne de fleurs dans la main gauche ; la même lady, assise, avec deux enfants près d’elle, cette seconde planche exécutée par F. Bar-

tolozzi ; Miss Horneck, en costume oriental, assise à

Lapy BAmPryLpEe. Vente Blyth, 23.100 fr.— Vente 16 juin 1902 (Londres), 9.175 fr. — Vente 15 mai 1907, 3e état, 3.800 fr.

JANE COMTESSE DE HARRINGTON (par Bartolozzi). Vente Mailand, 39 fr. — Vente F. de L.., 562 fr.— Vente J. Gerbeau,avt1.1., impr. en coul., 9.200 fr.

Miss Hornecx. Vente Mailand, 42 fr.— Vente 10 mai, 1894, 52 fr. — Vente 3-5 avril 1901, avt 1. L., 1.200 fr. — Vente J. Gerbeau, la même épr., 610 fr,

terre, par R. Dunkarton (1744+vers 1800); Lady Elisabeth Keppel enguirlandant un terme surmonté d’un buste, par E. Fisher (1730+1785) ; M" Mathew, se dirigeant à gauche, suivie d’un chien qui aboiïe, par William Dickinson (1740+1828); Miss Monckton, assise sur un banc de pierre et accoudée, un chien couché à ses pieds, par John Jacobé (1733+1797) ; Lady Catherine Pelham Clinton — une fillette donnant du grain à des poulets — par J.-R. Smith, 1782 ; Elisabeth comtesse de Derby — accoudée contre un piédestal, tenant une guirlande de fleurs —, par W. Dickinson ; Lady Talbot, en « Vestale », par V. Green; Lady Caroline Montagu — enfant, les mains dans un manchon, paysage d'hiver —, par J.-R. Smith ; Miss Meyer, en « Hébé », par J. Jacobé; Diana vicomesse Crosbie — se dirigeant à droite, la main gauche étendue, l’autre retenant sa robe —, par W. Dickinson ; Lady Elizabeth Compton, — debout, de face dans un paysage, son bras droit appuyé sur une pierre —, par V. Green ; Miss Price — une enfant, debout, de face, les mains jointes, deux moutons derrière elle —, par J. Watson ; enfin le ZLieutenant-Colonel Tarleton, par J.-R.

Smith.

Parmi les portraits groupés ou à mi-jambes, il est

Mrs MatHEw. Vente Mailand, 120 fr. — Vente mai 1904, 1.790 fr.

Miss MoncxTon. Vente 12 déc. 1902 (Londres), 23.625 fr.

Lapy C. PerxaAmM. Vente Mailand, 33 fr. — Vente Blyth, 24.675 fr. — Vente J. Gerbeau, 800 fr.

DiIANA VICOMTESSE CROSBIE. Vente Mailand, 81 fr. — Vente Normanton, 1e état, 15.200 fr.

Le LIEUTENANT-COLONEL TARLETON. Vente 10 mai 1894, 300 fr.

aussi un certain nombre de pièces célèbres : M" Stanhope — assise, rêvant dans un paysage le soir, au clair de la lune —, par €. Watson ; Lady Smith et ses trois enfants, par F. Bartolozzi, et le pendant, Jane comtesse de Harrington, cité plus haut ; Misses Emma et Elisabeth Crewe — enlacées, l’une tenant une corbeille de fleurs — par John Dixon (1740+1780 ?).

Retenons encore de l’œuvre de Reynolds : Lady Louise Manners, par V. Green ; la Duchesse Elisabeth de Buccleugh et sa fille — en pied, entourées de deux chiens —, par James Watson (17404 1790) ; Georges III, roi d’Angleterre, en grand costume de cour, planche capitale, par W. Dickinson et Watson ; Miss Bingham et son pendant, la Comtesse Spencer, deux célèbres œuvres de Bartolozzi, dont nous signalerons deux copies anciennes par F. Bonnefoy et Aug. Legrand et une copie moderne de M. Edm. Gosselin ; Lady Elisabeth Foster, par F. Bartolozzi ; Lady Catherine Powlet, par J.-R. Smith, 1778; Lady

Mrs STaAnHoPe. Vente Maïland, 40 fr. — Vente Ligaud, impr. en coul., 385 fr.

LaDy Smitx. Vente Mailand, 32 fr.— Vente Destailleur, épr. non term., 82 fr. — Vente Blyth, 1.901 fr. — Vente J. Gerbeau, imvor. en coul. 5.600 fr.

Misses CREWE. Vente Blyth, 1.800 fr.

Miss BiNGHAM et la COMTESSE SPENCER (par Bartolozzi). Vente Maïland, 26 Îr.— Vente 19 juin 1903, 3.000 fr.— Vente 5 nov. 1909, 2.450 fr.

Miss BINGHAM et la COMTESSE SPENCER (par Bonnefoy). Vente 28 févr. 1908, 305 fr.

Miss BiNGHAM et la COMTESSE SPENCER (par A. Legrand). Vente 30 janv. 1908, 221 fr.

LADY ELISABETH Foster. Vente Ligaud, impr. en coul., 440 fr.— Vente Mailand, avt 1. 1., 68 fr.

LADY CATHERINE PowLert. Vente 3-5 avril 1901, 730 fr. — Vente J. Gerbeau, 500 fr.

Charlotte Filzwilliam — jeune fille à mi-corps, tournée à gauche, ramenant une draperie sur sa poitrine —, par J. Mac Ardell; Lady Frances Ingram, par J.-R. Smith ; M”° Abinglon, par J. Watson, puis par Elizabeth Judkins ; A Bacchante — qui n’est autre qu'Emma Hart, servante connue par sa vie déréglée mais qui captiva par sa beauté l’ambassadeur Sir William Hamilton qui en fit sa femme —, par J.-R. Smith; Miss Sarah Campbell, par V. Green ; Elisabeth Taylor, par W. Dickinson ; Marie comtesse de Waldegrave, par J. Mac Ardell (1710 ?+1765); Felina, — une fillette assise, de face, tenant un chat — par J. Collyer, estampe qui ne se rencontre pas communément, pas plus d’ailleurs que la majorité des gravures que nous signalons de l’œuvre de Reynolds ; Lady Cockburn, entourée de ses trois enfants—, on remarque à droite un perroquet —, par C. Wilkin (vers 1750+....); Lady Charles Spencer — en amazone, s'appuyant contre un cheval —, par W. Dickinson, 1776; la Duchesse de Devonshire et Lady Cavendish, par C. Keating (1762+...); Georgina

duchesse de Devonshire — en pied, debout, s’apprétant

LADY FRANGES INGRAmM. Vente Muhlbacher, 215 fr. M'S ABINGTON (par J. Watson). Vente 10 mai 1894, avt I. I., 1000 fr. A BaccHAnTE. Vente 17 mai 1894, 165 fr. — Vente Ligaud, 800 fr. — Vente Blyth, 6.300 fr.— Vente Gerbeau, sans marge, 460 fr. Miss SARAH CAMPBELL. Vente Muhlbacher, 55 fr. -— Vente J. Gerbeau, lettre grise, 5.000 fr.

ELISABETH TAyLor. Vente J. Gerbeau, 4.000 fr. MARIE COMTESSE DE WALDEGRAVE. Vente 26 oct. 1903, 300 fr. — Vente Mailand, 27 fr.

FELINA. Vente Mailand, 15 fr. — Vente 10 mai 1894, 80 fr. — Vente 27 janv. 1899, 505 fr.

Lapy C. SPENCER. Vente Mailand, 18 fr. — Vente 16 mai 1903, 330 fr.

à descendre les marches d’un escalier se détachant sur un fond de parc —, par V. Green ; Leicester Stanhope — enfant, jouant du tambour —, par Bartolozzi: en 1e état, on lit le nom du personnage ; dans le 2€ état, le nom du personnage a été remplacé par ce simple titre : Sprightliness ; enfin The Age of Innocence — fillette assise à terre, dans un parc, les bras croisés sur.sa poitrine —, par Bartolozzi également, et qui représente, paraît-il, Miss Gwatkin, nièce de Joshua Reynolds.

Les estampes que nous venons d’énumérer sont suffisantes pour faire comprendre l'importance de l’œuvre de Sir Joshua Reynolds, la «stella perennis» de l’Angleterre ; né à Plympton, le 26 juillet 1723, Joshua Reynolds fut peintre du Roi, à la mort de son confrère Allan Ramsay (1784) ; la fin de sa vie fut attristée par une grave infirmité : il devint aveugle dans les derniers mois de l’année 1791, mais ne survécut d’ailleurs que peu de temps à la perte de sa vue. Il mourut en effet le 23 février de l’année suivante. L'œuvre gravé de Reynolds serait presqu’impossible à reconstituer de nos jours, où une seule des meilleures pièces atteindrait un total supérieur à celui obtenu par les 160 estampes qu'avait réunies, vers 1870, Maïland dont la collection est une des plus importantes qui aient jamais été formées par un particulier.

Dans l’ordre des dates, Thomas Gainsborough, paysa-

La DUCHESSE DE DEVONSHIRE. Vente Maïland, 180 fr. — Vente 4 juin 1901 (Londres), 1.628 fr.

DEEE

E RENDEZ-vOus PouR MARLY : C. Guttenberg, d'après J. M. Moreau le Jeune.

giste et portraitiste — il naquit en 1727 — se place aux côtés de Reynolds, dont il n’a pas toujours le charme, mais qu'il surpasse souvent par plus de saveur et de sensibilité. Ses œuvres n’ont été traduites qu’assez rarement et nous aurons fort peu d’estampes reproduisant ses peintures à signalerici: M" Bacelli — en pied, esquissant un pas, — par J. Jones :le premier état porte la date de publication : 1784 ; le deuxième, celle de 1811 ; la Duchesse de Cumberland, par V. Green ; M" Gwyn, par J. Young ; M Richards — à mi-corps, sa main gauche retenant un bouquet au corsage, — par Jonathan Spilsbury (vers 1730+1795) ; la Comiesse d'Oxford, par S.-W. Reynolds, 1799; Miss Coghlin, par J.-R. Smith, planche qui eut trois tirages datés : 20 février 1770, 1% novembre 1470; et, :1772 ; M°° Elliot: en pied, pas John Dean; Georgina comtesse de Devonshire, par J. Jackson (planche gravée en 1814); Georgina comtesse Spencer, par F. Bartolozzi ; enfin Sir Harbord — en pied, contre un piédestal, une canne dans la main droite, — par J.-R. Smith. N'oublions pas de citer le portrait de Gainsborough, gravé d’après lui-même, par F. Bartolozzi.

Thomas Gainsborough s’est essayé à l’eau-forte

ce qu'il a gravé lui-même est sans grand intérêt.

Mrs Bacezu. Vente Gentien, 260 fr. — Vente Blyth, 1.200 fr.

Mrs Ezriot. Vente J. Gerbeau, impr. en coul., sans marge, 850 fr.

GEORGINA COMTESSE DE DEVONSHIRE. Vente Ligaud, 142 fr.

GEORGINA COMTESSE SPENCER. Vente Vignères, 82 fr. — Vente 10 mai 1894, 77 fr.

PORTRAIT DE GAINSBOROUGH. Vente Vignères, 11 fr.

Charles Le Blanc cite de lui une série de douze Paysages, puis une planche plus importante : The Gipsies (les Bohémiens), planche que termina au burin le graveur John Wood (1720+vers 1780).

Avec Reynolds et Gainsborough, Georges Romney et John Hoppner comptent parmi les plus agréables portraitistes anglais du xvirit siècle, rien qu’à en juger par les estampes traduisant leurs peintures; ces deux habiles artistes sont loin toutefois de posséder comme peintres la maîtrise des deux maîtres que nous venons d'étudier à travers leur œuvre gravé.

De Georges Romney (né à Dalton-in-Furness, le 15 décembre 1734, mort le 15 novembre 1802), citons plus particulièrement : Nature (c’est encore la célèbre Lady Hamilton), par J.-R. Smith ; Miss Anna Parr, par John Dean; Miss Cumberland — à mi-corps, les mains dans un manchon —, par J.-R. Smith ; Emma (toujours Lady Hamilton), par J. Jones ; Edmund Burke, par le même graveur; M Musters, par J. Walker, 1790; Lady Louisa Stormount — assise, les bras croisés —, par

J.-R. Smith ; Lady Isabella Hamillon — sur les marches

Miss ANNA Parr. Vente F. de L.., 312 fr.

Miss CumBErLAND. Vente G. Beaufoy, 3.360 fr. — Vente Barrot, lettre grise, 9.600 fr.

Emma (Lady Hamilton). Vente J. Gerbeau, 370 fr. — Vente Ligaud, avt1., 1.750 fr. ; avec 1. L., impr. en coul., 410 fr.

EpmunDp Burke. Vente A. Hubert, 950 fr.

Mrs Musrers. Vente Ligaud, 390 fr.

Lapy IsABELLA HAmiLToN. Vente 11 juillet 1901 (Londres), 1trétat. 11.025 fr.

d'un perron —, par J. Walker, 1782; M" Davenport et la Duchesse de Malborough, par J. Jones ; Ozias Humphry — à mi-corps, de profil à gauche, tenant un livre qu'il appuie contre sa poitrine —, par V. Green

Parmi les scènes de genre, qui cachent le plus souvent des portraits de personnages connus, signalons : The Seamstress (Lady Hamilton), par Thomas Cheesman (vers 1760+vers 1820); The Spinsler (la Fileuse), par le même graveur.

De John Hoppner, qui rappelle parfois Reynolds, du moins dans la composition de ses toiles, nous allons signaler : M Benwell — à mi-corps, de face, coiffée d’un ample chapeau à ruban —, par W. Ward; Lady Charlotte Greville — assise sur un banc de gazon et caressant un chien —, par J. Young ; M'° Bouverie, par J.-R. Smith; M Gwyn, par J. Young, 1791; la Comtesse d'Oxford — à mi-corps, regardant à droite, ses deux mains se rejoignant —, par Samuel-William Reynolds l'aîné, 1799 (1773+1835) et par le même graveur M" Whilbread, en pied, sur une terrasse, un lévrier devant elle, 1798 ; M°"*° Sheridan and her son, par T. Nugent ; Eli-

sabeth comtesse de Mexborough, par W. Ward ; M'° Bun-

THE SpiNsTER. Vente 23 mars 1904, 320 fr.

Mrs BENWELL. Vente Mailand, 85 fr. — Vente Muhlbacher, 130 fr. — Vente Ligaud, 1.850 fr. — Vente F. Doistau, 5.100 fr.

LADY CHARLOTTE GREVILLE. Vente Blyth, 2.625 fr. — Vente C. G. et G. K., 4.100 fr.

Mrs Gwxx. Vente F. Doistau, 2.300 fr.

ELISABETH COMTESSE DE MEXBoroUGu. Vente Ligaud, 1.100 fr,

Mrs Buxgury. Vente 4 juin 1909, 130 fr.

bury, par I. Jones ; The Right Honourable Adam Duncan, par W. Ward.

A diverses reprises, John Hoppner, suivant en cela la mode, a peint des portraits dans la représentation de sujets de genre: Miranda, c'est Mrs M.-A. Taylor ; A Contemplative Youth, par G. Hodges, c'est le jeune Master Lambton universellement connu par la toile de Thomas Lawrence qu'a gravée Samuel Cousins ; Sophie Western, c'est Phébé Hoppner : cette estampe de J.-R. Smith a été copiée par Bonnefoy ; The Setting Sun ou le Soleil couchant, par J. Young, c'est Caroline de Lichtfield. Dans les autres scènes de genre gravées d’après John Hoppner, nous nous garderons d’oublier la célèbre planche de W. Ward : Sallad Girl, non plus que Juvenile retirement et Children bathing, ces deux dernières gravées par James Ward comme pendants. D’autres peintres de portraits, contemporains de Reynolds, de Gainsborough, de Romney et d'Hoppner, ont laissé des œuvres qui sont loin d’être sans mérite et qui ont donné lieu à de belles estampes recherchées avec ardeur ; sans vouloir nous étendre sur ces artistes dont

la réputation n’a pas toujours franchi le détroit, nous

THE RIGHT HONOURABLE ADAM DUNCAN. Veñte 10 mai 1894, impr. en coul, 4354IT.

SoPHIE WESTERN (par Smith). Vente Ligaud, 515 fr. — Vente 2 juin 1906, sans marge, 505 fr. — Vente mai 1904, 1.300 fr.

SopHiE WESTERN (par Bonnefoy). Vente Ligaud, 52 fr. — Vente F. Arnault, 30 fr.

SALLAD GirL. Vente 18 mai 1900, en noir, sans marge, 295 fr. — Vente Ligaud, impr. en coul., 2.200 fr. — Vente J. Gerbeau, 3.000 fr.

Pre LEXXTT

SASETN NL LESLITI DE TTUT

GRANDE TOILETTE : Romanet, d'après Moreau le jeune.

ne pouvons les passer sous silence, sous peine d’être trop incomplet, même dans un aperçu d’ensemble comme le nôtre. Nous signalerons donc: de Daniel Gardner, M Wilbrahm (mi-corps, tournée vers la gauche, les mains croisées), par Th. Watson, et par le même graveur, Miss Gardner, puis Lady Rushout and children (une jeune femme assise au pied d’une colonne, en compagnie de deux fillettes et d’un garçonnet) ; — de Francis Cotes (1726+1770), Lady Mary Boynton, en pied, accoudée contre un piédestal, une fleur dans la main droite, par J. Watson; Lady Bridgey, par E. Judkins ; Lady Catherine Beauclerck, par F. Bartolozzi ; Anna Lady Fortescue, par J. Watson ; Lady Broughton, par J. Finlayson ; Elisabeth duchesse d’Hamilton, par Richard Houston ; — de Ch. Read, Miss Jones et Miss Trimmer, par J. Watson ; — de John Downman (...+1824), Miss Kemble, par F. Jukes ; la Duchesse de Richmond, par Thomas Burke ; Miss Farren (en ovale, à mi-corps) par Collyer et qu’il ne faut pas confondre avec le célèbre portrait en pied de Bartolozzi d’après Thomas Lawrence ; M" Siddons, par P.-W. Tomkins (1760+ 1840) ; Lady Duncannon, par F. Bartolozzi; Lady Elisabeth Lambert, et The Hon** Maria and Louisa Holroyd, par J. Baldray ; M" Billinglon, par R. Dunkarton ; — de Tilly

Miss GARDNER. Vente 28 févr. 1908, 850 fr.

Lay Brip@ey. Vente Barrot, 380 fr.

La DUCHESSE DE RicHMono. Vente Ligaud, impr. en coul., 700 fr. ; en noir, 91 fr. — Vente 8 avril 1910, 160 fr.

Miss FARREN. Vente Ligaud, 1.245 fr

Kettle (1740+1785), Miss Elliot (en Junon, accoudée, deux paons à ses côtés), par James Watson ; Lady Molineux, par le même graveur ; Richard Kempenfield, par R. Earlom ; M Barrington, par J. Watson ; — de John Opic (1761+1807), Almeria (une jeune femme, Elisabeth Meymot, à mi-corps, assise de profil à gauche, coiffée d'un grand chapeau) ; Sir Th. Bernard, par W. Ward; Samuel Johnson, par Charles Townley (1746 +1778) ; — de John Russell (1745+1806), le Prince de Galles (au pied d’une statue, un arc dans la main gauche), par F. Bartolozzi; Thomas Hibbert, par J.-R. Smith ; Charlotte, Reine de la Grande-Bretagne et Rowland Hall, par J. Collyer ; Miss Russell (presqu'à mi-corps, de trois quarts à droite, coiffée d’un bonnet, ruche au cou) par J. Wright ; Sir Joseph Banks; Pilâtre de Rozier, par J. Collyer; enfin une scène de genre, Rural Employment, par P.-W. Tomkins ; — de William Lawranson, M”° Edwards, par J. Jones.

Deux femmes se sont également signalées au xviri® siècle, en Angleterre, dans l’art du portrait: Angelica Kauffman (1741+1807) et Maria Cosway (1745+vers

Mrs BrLziNGron. Vente Ligaud, 495 fr.

Miss Error. Vente 23 mars 1904, 321 fr.

ALMERIA. Vente 25 nov. 1902, 5.512 fr.

LE PRINCE DE GALLES. Vente 28 févr. 1908, 310 fr.

CHARLOTTE, REINE DE GRANDE-BRETAGNE. Vente A. Hubert, 760 fr.

SIR JOSEPH BANKs. Vente Ligaud, 47 fr.

PILATRE DE Rozier. Vente Soulavie, 20 fr.

RURAL EMPLOYMENT. Vente 20 déc. 1909, avec le 1er titre changé ensuite, 220 fr.

Mrs Epwarps. Vente Ligaud, 146 fr. — Vente J. Gerbeau, 180 fr.

1825). L'une et l’autre de ces artistes ont fait preuve de facilité et de grâce dans leurs œuvres et elles égalent la plupart des peintres que nous venons de citer à l’instant. Maria Cosway avait un frère, Richard Cosway (1740+1821), considéré comme l’un des plus habiles miniaturistes de son temps et de son pays. Différentes œuvres d’Ang. Kauffman et de Maria Cosway — portraits et sujets — ont été reproduits en gravure, quelques-unes avec beaucoup de goût par des artistes d’ailleurs habitués à traduire Reynolds et ses plus célèbres émules : Lady Rushout et son fils, par Thomas Burke ; les Duchesse de Devonshire et Vicomtesse Duncannon, par W. Dickinson ; M°* Towshend — maintenant l'Amour sous son charme — par Th. Cheesman ; Louisa Hammond — assise de profil à droite, écrivant sous un arbre — par F. Bartolozzi ; À Lady in a turkish dress (la Duchesse de Richmond), par William Vynne Ryland ; Lady Bingham — en pied, assise, feuilletant un livre posé près d’un vase — par Watson ; John Barker Holroyd, en pied, par J.-R. Smith, sont autant d’aimables œuvres montrant les diverses facettes du talent d’Angelica Kauffman dont le portrait, peint par Reynolds, a été gravé par E.

Morace. Angelica Kauffman a elle-même manié la pointe

Lapy RusHour, Vente 10 mai 1894, impr. en coul., 601 fr. — Vente L. Mar, 460 fr.

Les DUCHESSE DE DEVONSHIRE et VICOMTESSE DUNCANNON. Vente de Guizelin, 175 fr.

PORTRAIT D’ANGELICA KAUFFMAN. Vente Muhlbacher, avt 1. 1. 70 fr. — Vente 20-22 mai 1901, avec la lettre grise, 12 fr.

Pme renir de

et a gravé une quarantaine de pièces, parmi lesquelles un portrait du peintre J.-L. Winckelmann ; on ne les recherche pas et plus d’un les ignore même.

De Maria Cosway, nous signalerons son propre portrail — où elle s’est représentée assise, les bras croisés — gravé par V. Green ; Georgiana duchesse de Devonshire, par Th. Watson ; Cynthia, par V. Green, enfin Sir Sidney Smith, eau-forte gravée par Maria Cosway, d’après un artiste français, Ph. Hennequin.

Quant à Richard Cosway, l'œuvre gravé d’après ses peintures, ses dessins ouses miniatures est plus considérable ; si on reproche à Cosway de doter uniformément ses personnages d’yeux énormes,ses productions en dépit de leur afféterie, n’en sont pas moins goûtées par tous ceux qu'intéresse surtout la grâce. Dans son œuvre, retenons ici: le portrait de sa sœur — assise à terre, au pied d’un arbre —, par F. Bartolozzi ; M" Fitzherbert un livre dans la main droite, un chien à ses côtés —, par John Condé; The Fair Moralist and her Pupil (MS Har-

assise sur un tertre,

ding et son fils auquel elle apprend à lire), par F. Bartolozzi; Lady Isabelle Safion, par W. Dickinson ; M”

Tickell — en pied, debout sur un perron —, par J. Condé;

Marta Cosway. Vente Ligaud, 330 fr. — Vente C. J. et G. K., 1.180 fr. Sir SYDNEY SNiTH. Vente Vignères, 9 fr 50. — Vente Soulavie, 15 fr. Mrs FrrzumerBert. Vente Muhlbacher, 49 fr. — Vente 11 janvier 1894, 41 fr. — Vente Ligaud, 320 fr. -— Vente Defer-Dumesnil, 510 fr. Tue Fair Morazisr… Vente de Guizelin, 580 fr. — Vente F. de L..., la lettre grise, 406 fr.

Mrs Ticker. Vente Vignères, 50 fr. — Vente 13 déc. 1900, 120 fr. — Vente Ligaud, 209 fr.

Pc. LXXIEL

PS sens, 2-7

AME DU PALAIS DE LA REINE : P. 4. Martini.

d'après J. M. Moreau le Jeune.

Tzabella Czartoryska — également en pied et debout, sur un perron, la main gauche appuyée à la balustrade —, par G. Testolini; M°"° Swinburne, par Mariano Bovi; Harriet vicomtesse Bulkeley, par K. Bertolozzi; Madame Récamier, par À. Cardon ; Lady Vernon — en pied —, par N. Schiavonetti; enfin par Marino Bovi, le portrait de Richard Cosway, d’après lui-même.

Dans la liste que nous venons de donner des estampes exécutées d’après les portraitistes anglais les plus renommés du xvirie siècle, nous n’avons pas l’ambition d'’avoir enclos tout ce que l’art de la gravure a produit d’excellent outre-Manche ; il faudrait nombre d’autres pages. pour rester encore très incomplet ; mais cet aperçu est à tout le moins suffisant pour laisser préjuger de l'importance du portrait dans l'Ecole Anglaise ; en se contentant du choix que nous avons dû nous imposer, l'on posséderait un ensemble digne des maîtres qu’il serait chargé de représenter. Les graveurs les plus habiles, comme W. Ward, F. Bartolozzi, W. Dickinson, J.-R. Smith, V. Green, Th. et J. Watson, se sont appliqués à rendre avec une science peu commune, les peintures qu'ils étaient chargés de transcrire sur le cuivre, au moyen du burin,

mais surtout du racloir ou de la roulette.

ISABELLA CzARTOoRYsKA. Vente Ligaud, 50 fr.

HARRIETT VICOMTESSE BUuLKELEY. Vente 26-27 nov. 1901, 114 fr.

Mme Récamier. Vente Muhlbacher, en noir, 100 fr. — Vente 16 janvier 1894, 72 fr. — Vente E. Séran, impr. en coul. 140 fr. — Vente J. Gerbeau, impr. en coul. 105 fr. — Vente A. Hubert, impr. en coul. 1.060 fr.

Lapy VERNON. Vente Gerbeau, avt. t. 1., 85 fr.

Nous avons dit plus haut que la majorité des gravures en Angleterre étaient exécutées soit à la manièrenoire, soit au pointillé; nous allons indiquer en quoi consistaient ces deux procédés de gravure.

La manière-noire, d’origine allemande, — elle fut trouvée par un officier, Ludwig von Siegen, qui communiqua immédiatement sa découverte au prince Rupert, comte Palatin du Rhin, — se pratique ainsi : sur un cuivre préalablement grené au moyen du balancement d’un instrument appelé berceau, le graveur intervient pour écraser ou diminuer au moyen d’un brunissoir ou d’un racloir, le grain posé sur le cuivre par le berceau ; les valeurs sont alors plus ou moins fortes, selon que le graveur conserve ou enlève plus ou moins le grain couvrant la surface de la planche. Le nouveau procédé se répandit bientôt, non seulement en Allemagne, mais encore en Hollande eten France ; mais c’est en Angleterre et au xvre siècle que la manière-noire, baptisée aussi « mezzotinte» devait atteindre à son apogée : aussi la qualifie-t-on parfois de « manière anglaise ».

Quant à la gravure au pointillé, dont Bartolozzi a été le meilleur et le plus prolixe représentant, A. de Lostalot, dans « Les procédés de la gravure », en donne cette description : « Pour graver au pointillé on se sert du € burin et de la pointe-sèche ; on peut employer aussi «un ciselet que l’on fait agir à coups de marteau. La « grosseur des points, leur degré de rapprochement,

« leur disposition, sont les éléments au moyen desquels

« le graveur traduit la forme et les colorations de l’image «qu’il veut produire. Pour donner plus de vigueur «au travail, on peut le faire mordre à l’eau-forte. La « planche, terminée ou non, aura été vernie au rouleau «avant d’être plongée dans le bain, afin que toute la « surface du cuivre non pointillée soit protégée contre

la morsure de l'acide. »

En dehors des portraits gravés, l'Ecole Anglaise se recommande par ses peintres de genre ou de scènes champêtres, qui forment, parallèlement aux portraitistes, un noyau important. Georges Morland (1763 + 1804), James Northcote (1746 + 1831), Francis Wheatley (1747 +1801),John Raphaël Smith (1752-+1812), tour à tour peintre et graveur, William Redmore Bigg (1755+1828), William Hamilton (1751 + 1801), les Ward (James, 1769+ 1859, et William, 1755+1828), Woodford, John H. Ramberg (1763 + 1840), Matthew William Peters (1740 ?+1814), ont fourni matière à un grand nombre d’estampes qui eurent un véritable succès dans leur pays d'origine, de même qu’en France et en Italie, ainsi qu’en témoignent les copies qui y furent faites.

Le plus connu des peintres de scènes champêtres est Georges Morland : la réputation de ce peintre est énorme auprès des amateurs ; est-elle parfaitement légitime ? Nous ne saurions en tout cas admirer sans de grandes réserves certaines des traductions de Morland si avidemment recherchées ; il faut donc choisir dans son

œuvre assez important. Nous mentionnerons les estampes

suivantes: À Visit to the Boarding School et son pendant : À Visit to the Child at Nurse, deux scènes fort agréables gravées par W. Ward, et que les graveurs français, Le Cœur et Mixelle ont copiées, le second, avec le titre suivant: la Jolie Nourrice en lieu et place de À Visit to the Child at Nurse; Dancing Dogs et Guinea Pigs, par T. Gaugain, copiées par J.-P. Lévilly; Sun set : a view in Leicestershire, par W. Ward ; la série de quatre planches — Industry and Œconomy — montrant les heureux effets du Travail et les malheurs qu’engendre par contre la Paresse ; cette série gravée par W. Ward, existe également contrefaite par L. Darcis; ajoutons d’ailleurs que deux de ces planches sont de la composition de H. Singleton; The Anglers’ repast — six pêcheurs prenant leur repas sur l'herbe — et À Party Angling — les mêmes six personnages pêchant dans une barque —, pendants gravés par W. Ward et G. Keating; comme pour les pièces qui précèdent, il existe de ces deux sujets des reproductions françaises

par Aug. Legrand, portant comme titres : La Partie de

A VIsiT To THE CHILD AT NurSE. Vente 10 mai 1894, 225 fr. — Vente 29 nov. 1899, en noir, 150 fr. — Vente Gerbeau, impr. en couleurs, 650 fr.

À VISIT TO THE BOARDING SCHOOL €t À VIsiT TO THE CiLp. Vente Mailand, 210 fr.

La Jozre Nourrice. Vente 16 juin 1902, 140 fr.

SUN SET. Vente F. Arnault, 610 fr.

INDUSTRY AND (Economy. (Série de 4 planches par Ward). Vente 18 mai 1900, 500 fr. — Vente J. Bouillon, 2 planches seult. impr. en couleurs, 900. — Vente J. Gerbeau, 2 pl. seult. impr. en coul., 650 fr.

THE ANGLERS'REPAST et À PARTY ANGLING. Vente Destaikleur, 390 fr. — Vente F. de L... 4.344 fr.

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