PHROSINE ET MÉLIDORE
N. Verkolje, Punt ou Folkema, mais rien ne demeure dans leurs œuvres, au point de vue de l’Art. Est-ce à dire que tout soit à rejeter ? Non ; ne serait-ce qu'en se plaçant au point de vue documentaire, il y a toujours à glaner, même dans l’ensemble qui paraît le plus terne; dans l’estampe, il y a l’histoire, le portrait, le costume...
Jacob Houbraken (1698+1780), le plus habile buriniste hollandais de son temps, était l’élève de son père, Arnold Houbraken. On doit à Jacob au moins trois cents planches renfermant en majorité des portraits; quelques-uns ne sont pas sans finesse, ni sans charme, mais ils manquent toujours de force et de chaleur. Citons ceux du tzar Pierre Ie et de Catherine, sa femme, d'Anne d'Angleterre, femme de Guillaume IV, du peintre-graveur Romeyn de Hooghe, enfin le sien propre, exécuté d’après J.-M. Quinkhard.
Nicolas Verkolje (1673+1746) s’adonna à la manièrenoire qu'avait cultivé son père : œuvre assez terne également.
J. Punt (1711+1779), Jacob Folkema (1692+1767), Peter Tanjé (1706 +-vers 1760), René Vinkeles (1741+1816), l’auteur du Grand Bal donné à Amslerdam en 1768, et son collaborateur David Vridag (1765+1822), Simon Fokke (1712-1784), Jacob van Schley, sont autant d’ha-
biles graveurs, sans plus.
PIERRE Ier et CATHERINE. Vente Hubert, 500 fr.
ANNE D’ANGLETERRE. Vente Camberlyn, 2 épr. avt I. 1, 31 fr.
GRAND BAL DONNÉ A AMSTERDAM. Vente Muhlbacher, av! 1. 1., 63 fr. — Vente Destailleur, 110 fr,
Enfin, mentionnons (Cornelis Ploos van Amstel (1726 +1798), qui a gravé et publié, en 1765, un recueil de quarante-six fac-simile de dessins anciens, fort habilement reproduits et dont une seconde édition, faite en 1821 par les soins de C. Josi, était augmentée de quelques planches dues à d’autres graveurs. Ces fac-simile ont déjà, à diverses reprises, placés sous verre, été présentés comme des dessins originaux ; nous signalons le fait. Ces fac-simile d’ailleurs portent au verso, dansle coin inférieur de gauche, un cartouche avec le nom du graveur.
Les nations que nous avons étudiées plus ou moins brièvement avaient toutes un glorieux passé artistique ; la Russie, au contraire, ne s’est éveillée intellectuellement qu'au xviri siècle, sous l’impulsion de Catherine IT qui non seulement fut en correspondance suivie avec Voltaire, Diderot et d’Alembert, mais qui encore attira des artistes français à la cour de Russie. Au point de vue spécial qui nous occupe —la gravure —, nous mentionnerons E. Tchemesoff, Gabriel Scorodomow, Nicolas Outkin, Ivan Berseneff,
De Tchemesoff, citons outre son propre portrait, ceux de Catherine IT, d’après P. Rotari; de Paul Petrovitch, grand-duc de Russie ; du Comte Orloff, d’après Rokotoff, et de Pierre Ier, ce dernier d’après une peinture de Nattier.
Gabriel Scorodomow, né à Saint-Pétersbourg en 1748,
PAUL PETRovITCH. Vente Gaiffe, 32 fr. — Vente Soulavie, 46 fr. GRAVURES DE Scoropomow. Vente H. de Roissy, 4 planches d’après Angelica Kauffman (en collaboration avec W. Ryland), 330 fr.
mort en 1792, est le plus estimé et le plus répandu des graveurs russes ; élève de F. Bartolozzi, il a exécuté à la manière du pointillé un certain nombre de sujets de genre et des portraits, ces derniers surtout fort recherchés par ses compatriotes. Parmi les portraits signés par Scorodomow, citons ceux de Catherine II et de Paul Ie, de Lady Campbell, d’après Angelica Kauffman ; dans les scènes de genre, une trentaine de pièces d’après les compositions d'Angelica Kauffman, qui semble l’avoir plus particulièrement attiré, et Zara, d’après P.-J. de Loutherbourg.
Le nom d’Outkin est également populaire en Russie et les portraits qu’il a exécutés sont très recherchés ; à quelques exceptions près, ils appartiennent aux premières années du xix® siècle ; ses planches sont exécutées au burin. Il fut le disciple de Bervic.
Quant à Ivan Berseneff, également disciple de Bervic, il a surtout gravé des sujets religieux ; on lui doit en outre quelques portraits, dont celui de Katharina Nicolaewna Orlow.
L'Ecole Russe possède encore à la fin du xvire siècle d’autres graveurs, mais dont nous ne pouvons guëre que citer le nom : Iwanovitch Feodor (vers 1766+1821), G. Iwanow, A. Grekow, D. Gerasimoff, I. Vasilieff, E. Vinogradow (1725+1766), Jean Zubow, Ivan Sokoloff (1717+1756), J. Selivanow, ce dernier auteur d’un aimable
ZarA. Vente 11 nov. 1907, 25 fr.
portrait de la Grande Duchesse Maria Pawlowna, d’après Beravikowski.
C'est sur ces derniers noms que nous terminons un Manuel que nous aurions voulu plus ample et par conséquent plus complet ; l’estampe est, en effet, un vaste champ d'où surgit à chaque minute un document inédit, une œuvre encore inconnue. La matière est donc inépuisable. Nous avons essayé toutefois de renfermer dans le peu d'espace qui nous était assigné le maximum de renseignements. Nous avons fait la part belle, cela va de soi, aux maîtres dignes de ce qualificatif trop souvent prodigué mais nous n'avons pas cru devoir négliger en outre les artistes de plus modeste valeur, le but d’un Manuel étant avant tout de fournir une source d'informations multiples. Puissent ces pages répondre, en partie du moins, aux recherches que voudront bien y faire les amateurs, ou plus
simplement les curieux.
La GRANDE Ducesse MarIA PAWLOwNA. Vente de Lapeyrie, 685 fr.