L. Cars, d'après Nic. Lancret
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ture 21 J'antnet) fect, 1779; "qui se lit habituellement derrière le fauteuil sur lequel la Duthé est assise. Ce premier état est pour ainsi dire introuvable. On rencontre le plus souvent ce portrait gravé d’après Le Moine, rogné et réappliqué dans un cadre mobile de ton jaunâtre et fort simple.
Benjamin Franklin a été également gravé par Janinet, en 1789, et l’on confond même parfois ce portrait avec l'effigie gravée, à quelques années de distance, par P.-M. Alix : la planche de Janinet est modelée avec plus d’art.
Tout ce qui se rattache à Paris a ses fidèles : à leur intention mentionnons les Vues pittoresques des principaux Edifices de Paris, de Janinet, en soixante-treize petites planches de forme ronde, publiées par Esnauts et Rapilly en 1792, et qu'il ne faut pas confondre avec une autre suite de cent-douze planches éditées, quelques années auparavant, par les Campion et gravées par Campion, Guyot et Roger. Enfin, pour les curieux, n’oublions pas de mentionner de nombreuses petites scènes galantes, dans des ronds, motifs pour boutons, dessus de boîtes et tabatières, puis des coiffures.
Toujours au point de vue du document, citons un recueil publié de 1789 à 1791, dans le format in-8 :
« Gravures historiques des principaux évènemens depuis
BENJAMIN FRANKLIN (par Janinet). Vente 23 mars 1894, 16 fr. — Vente Ligaud, 155 fr.
VUES PITTORESQUES DES PRINCIPAUX ÉDIFICES DE PARIS (par Campion), Vente Sardou, 50 vues, laŸplupart coupées au cadre, 260 fr.
l'ouverture des Etats-Généraux de 1789 » et qui comprend 52 planches à la manière du lavis accompagnées d’un texte explicatif.
La figure de Janinet serait forcément incomplète, si l’on ne faisait allusion à son rôle passager d’aéronaute. Les ascensions de Montgolfier, de Charles et Robert, de Pilâtre de Rozier venaient de soulever un enthousiasme indescriptible et Janinet, d’abord spectateur, rêva d’être, par la suite, leur émule. Après s’être assuré un collaborateur en la personne d’un certain abbé Miollan, Janinet tenta en sa compagnie des essais à l'Observatoire, essais qui les satisfirent sans doute, puisqu’une ascension publique fut décidée, dans le Jardin du Luxembourg, à la date du 11 juillet 1784. Elle échoua piteusement, et Janinet et son co-associé n’eurent que le temps de prendre la fuite, pour éviter les brutalités de la foule, devenue menaçante en apercevant l'incendie du malencontreux ballon. Il va sans dire que caricatures et chansons, prudemment anonymes, relatèrent cet insuccès, ce qui manquait de la plus élémentaire générosité; mais les vaincus n’ont-ils pas toujours tort ?
Janinet, né à Paris en 1752 et mort en 1813, avait une fille, Sophie, qui a gravé au lavis et a exposé, au Salon de 1800, l’Abondance, d’après Sauvage.
Nous avons écrit précédemment que les estampes
GRAVURES HISTORIQUES DES PRINCIPAUX ÉVÈNEMENS.... Vente Sardou, avec portrait-silhouette de Lafayette ajouté, 1.020 fr.
en couleurs de Janinet, étaient exécutées au moyen du repérage, expliquons-nous. La gravure en couleurs s'obtient de deux manières :
1° Au repérage, c’est-à-dire par le secours de plusieurs cuivres, chacun ne contenant que la partie gravée correspondant à une couleur prévue d'avance. Un trou placé à un endroit déterminé du cuivre, sert alors de point de repère rigoureux pour leur application contre le papier qui doit, après son passage sous la presse, fournir l'épreuve. Une gravure en couleurs comprend trois ou quatre cuivres, rarement cinq : noir ou bistre, bleu, jaune, rouge ; par la superposition de ces couleurs, on obtient d’autres tons: le bleu et le jaune combinés donnent le vert; le bleu et le rouge, le violet ; le jaune et le rouge, l'orange. La gravure en couleurs, par le repérage, s’obtient non pas au burin, ni au pointillé, mais à la manière noire ou à la manière du lavis. La gravure au repérage est la véritable gravure en couleurs: c’est celle de Janinet, de Debucourt le plus souvent, de Descourtis, de Sergent,
2° À la poupée. Sur un cuivre unique, gravé soit à la manière noire, soit à la manière du lavis, soit au pointillé, incidemment au burin ou à l’eau-forte, on peut obtenir une gravure imprimée en couleurs, par le subterfuge suivant : muni de tampons d’étoffes baptisés poupées, on encre chaque partie gravée avec une encre de la couleur qu’on désire obtenir sur l’épreuve et l’on tire. Ce moyen d'impression est plus long que celui du repérage,
mais il permet une plus grande gamme de tons et évite
les erreurs qu’offrent parfois un mauvais repérage dédoublant les contours au détriment de l'harmonie de l’épreuve. Ce moyen simplifie la besogne du graveur : c’est là un point important et nous concluons que cette simplification a poussé certains d’entre eux à abandonner, à un moment donné, la gravure en couleurs à plusieurs cuivres. Les gravures exécutées à la manière noire, au lavis ou au pointillé, donnent des épreuves agréables lorsqu'elles sont tirées à la poupée ; ce n’est pas le cas pour celles gravées au burin, ces dernières n'étant jamais préparées à cet effet. Une épreuve de la Coquette fixée, de Couché et Dambrun, d’après H. Fragonard, que nous avons rencontrée, tirée en couleurs, paraissait vide et sans liaison. Dans ce sens, rien n'est-il plus lamentable que les épreuves coloriées après coup du Bal paré et du Concert de Saint-Aubin ? Quel effet produirait des épreuves imprimées en couleurs, à la poupée, de ces deux mémes très belles estampes ? Déplorable, à n’en pas douter. Ajoutons une particularité touchant l'impression. Il a été de mode, il y a 40 ou 50 ans, de tirer en sanguine, des épreuves provenant de vieilles planches. L’on pensait alors en agissant ainsi, masquer l’usure des cuivres qui souvent avaient été gravés deux siècles auparavant. L’'impression en couleurs joue un trop grand rôle dans l’estampe au xvirie siècle, pour que nous ne remettions pas au point une appellation erronée, pouvant
dérouter l’amateur, nous faisons allusion à la mention
« épreuve en couleurs » que l’on rencontre dans certains
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