LA CHIROMANCIE
{Die Kunst Ciromantia. )
Le préambule nous apprend que ce livre a été écrit en allemand on 1448 par le docteur Jean Harllieb, à la prière de la princesse Anne de Brunswick, épouse d'Albert, duc de Bavière.
Il en existe plusieurs éditions xylographiques, mal connues encore. Jusqu'à Guichard ' on avait cru qu'il n'y en avait qu'une.
Le volume se compose de vingt-quatre feuillets petit in-folio, divisés en trois cahiers, avec les signatures A-C, et de deux feuillets de couverture, en tout vingt-six feuillets, imprimés des deux côtés, à la presse.
La première et la dernière page portent le titre, l'une : Die Kunsl Ciromantia ; l'autre : Die Kuttst Cyromantia; au-dessous, un grand orment xylographique. La seconde et la troisième page, de même que les deux qui précèdent le titre final, sont blanches. Au-dessous du préambule (p. 4) est une gravure ayant pour sujet la présentation du livre à la princesse Anne. Cette page a été reproduite dans l'ouvrage de Sotheby (voir t. II, p. 84-95). A la page suivante, au-dessous de vingt-quatre lignes de texte, on voit une autre gravuro représentant divers personnages qui accomplissent leurs destinées selon les prédictions de l'auteur. Elle a été reproduite par Heinecken.
Chacune des pages qui suivent offre une gravure représentant l'intérieur d'une main ouverte, plus grande quo nature, tantôt la droite d'homme, tantôt la gauche de femme, remplie de figures bizarres et de signes cabalistiques, qui sont accompagnés d'un petit texte explicatif où l'on apprend le sort réservé à la personne qui a sur la main un signe analogue.
Voici quelques échantillons de ces prédictions.
Une main droite d'homme, portant un triangle sur une ligne allant
i. Bulletin du bibliophile, 1840, pp. 189-190.
2!>2 L1VHES XYLOGRAPHIQCES
obliquement de la base de la première phalange du pouce à la première phalange du doigt auriculaire, indique une grande sagesse. « Salomon l'avait, » ajoute le docteur Harliob.
Une main gauche de demoiselle, portant deux lignes qui partent de chaque côté du carpe et vont se rejoindre vers le milieu de la paume de la main, pronostique que cette personne sera séduite par un étudiant.
Une croix, sur une ligne qui traverse la main gauche d'uno femme en partant de la base du pouce jusqu'à la face interne du carpe, indique que cette femme sera enterrée vieante.
Un triangle sur l'éminence thénar d'une main droite d'homme annonce que cet homme sera assassiné par sa femme.
Chaque page est encadrée. Au bas delà dernière (feuille 25 r), sous le filet, on lit lo nom du graveur ou de l'éditeur : iotQ *(\)apff)n ûugapurg, sur lequel on ne possède aucun renseignement.
Il y a des exemplaires où co nom est estropié et ainsi écrit : irojj ecupf yn augepurg, ce qui indique forcément une édition différente, sans doute une copie de la première, bien que Guichard déclare que tous les exemplaires sont semblables, quoiqu'il ne les ait pas vus, et qu'ils ont été « évidemment imprimés avec les mêmes planches ». Sotheby a exprimé la même opinion dans sonMcmorandum sur les xylographies de la Bibliothèque Nationale, en ajoutant que le nom de Schapff est imprimé en caractères mobiles. Au contraire, on a trouvé d'autres différences tranchées entre certains exemplaires de ce livre, ce qui démontrerait l'existence de plus de deux éditions.
On connaît de ce livre un certain nombre d'exemplaires, dont trois seulement sont complets. En voici l'indication : 1. Bibliothèque de la famille Spencer, exemplaire complet, indiqué à tort par Dibdin comme provenant de la bibliothèque impériale de Vienne ; — 2. Bibliothèque nationale, exemplaire complet ; — 3. Même bibliothèque, un exemplaire incomplet du premier feuillet, et provenant, croit-on, de la bibliothèque de Munich; — i et 5. Bibliothèque de Wolfenbuttel, deux exemplaires incomplets ; l'un d'eux avec le nom : irog scapff; — 6. Bibliothèque impériale à Vienne, exemplaire incomplet des titres, provenant de celle du Séminaire de Windhag ; — 7. Bibliothèque de Ratisbonne, exemplaire complet ; — 8. Bibliothèque de Mcmmingen,
NOTICE SOMMAIRE
exemplaire sans lo nom de Schapff, titres ni signatures, paraissant, selon Heineckcn, être « une nouvelle impression ». Il y a certainement en Allemagne d'autres exemplaires de ce livre.
Plusieurs bibliographes ont pris la date de 1U8, inscrite dans le préambule, et qui est celle de la composition du livre, pour celle de l'impression. L'illustre Leibnitz lui-même a défendu cette opinion avec vivacité, dans un article publié sous le nom de son ami Georges Eckard * . La question est cependant assez simple : l'impression opistographique à la presse et la présence de signatures obligent à placer l'exécution du volume à une date très voisine de la fin du quinzième siècle.