‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 15 sur 119 · Itlre yéiurole (.'«ne cof/rcfrOM d'estampes, p. 599-li · texte numérisé non relu

Itlre yéiurole (.'«ne cof/rcfrOM d'estampes, p. 599-li

34 LIVRES XYLOGRAPHIQltS

notables particularités': la maison du mourant est en pierre, et toutes les assises en sont marquées; il y a sept tonneaux cote à côte dans la cave, et un homme incliné tire de l'un d'eux. Une grande porte cintrée, presque de face, se trouve à côté de celle où est entièrement entré l'homme qui conduit le cheval. Cet homme est coiffé d une toque. La petite maison a trois fenêtres dont le fond est noir. L'homme, dans le haut à gauche, a une espèce de toque à bords relevés ; dans les autres éditions, il a un chapeau.

Haut, des planche», 207 à 228 millim.; larg., 160 à 168.

KIEJUtAIRR DE M. DI!K>T

Ce doit être, très probablement, la même édition que la première d'Heinecken. Elle compte vingt-quatre feuillets : treize pour le texte et onze pour les figures. Il y a deux traits autour des pages. Elle est imprimée au frotton ; l'encre en est très noire.

La particularité la plus significative est que la première page ne commence pas par : Ars moriendi.

Préface. I. QVAUIS secundu philosophïi. . . II. dientia secundo uti. . .

Voici quelques remarques par rapport aux figures des éditions suivantes.

Première figure.

La tête du lit du mourant est plus ornée. A gauche, les deux légendes sont en l'air. Derrière le roi, il n'y a que deux hommes. La légende du bas touche au trait carré. La colonne est beaucoup plus grande Le moribond est à droite.

Texte : Temptacio dyaboli de fide. Même nombre de lignes (vingt-six) que celui indiqué par Heinecken.

Deuxième figure.

Le couronnement du lit est très orné : c'est une espèce de dais gothique. Sur le lit : Sis firmus in fide. Fugiamus est en haut à gauche. Victi sutnus est placé horizontalement. L'ange est au pied du ht.

Texte : Bona inspiracio angeli de fide. Trente et une lignes, en

I. Dan» l'exemplaire de Wolfcnbullel le* figure* IX el X «ni transposées après la figure IV, cl Heinecken a »ui»i cet ordre, qu'il faut rectifier.

AHS MORIENDI

comptant le titre ; Hcinecken dit trente. Cette différence peut n'être qu'apparente, comme plusieurs autres que nous allons signaler.

Troisième figure.

Le mourant est à gauche; il a la tête très chauve. La femme porte une espèce de grand hennin. L'homme est coiffé d'un chaperon. Les diables ne sont pas pareils à ceux des éditions suivantes. Au-dessus du lit, horizontalement : Fornicalus es.

Texte : Temptacio dy aboli de desperatione. Vingt-huit lignes, y compris ce titre ; Heinecken dit vingt-sept.

Quatrième figure.

Le mourant est à gauche ; saint Paul a un grand chapeau sur la tête.

Texte : Bona inspiracio angeli contra desperationem. Trente ligues, y compris ce titre ; Heinecken dit vingt-neuf.

Cinquième figure.

Le mourant est à gauche. Un diable est à la tête du lit. On voit deux hommes et une femme, au lieu d'un homme et d'une femme seulement. La servante est de très petite taille; elle est coiffée d'un linge relevé.

Texte : vingt-six lignes, avec Temptacio dyabolide itnpaciencia; Heinecken dit de même.

Sixième figure.

Le mourant est à droite. Sainte Catherine, à gauche, contre le trait carré, est couronnée.

Texte : Bona inspiracio angeli de pacienca. Trente-cinq lignes après co titre, comme dans Heinecken.

Septième figure.

La tête du lit est plus ornée. A gauche, il n'y a que quatro tètes, au lieu de cinq, comme dans l'édition suivante. Les diables sont différents. Un diable et une diablesse laissent voir leur sexe.

Texte : Temptacio dyaboli de vana gloria. Vingt-cinq lignes après ce titre.

Huitième figure.

Tète de lit différente. Trois personnages sont derrière le lit, ce qui n'existe pas dans les éditions suivantos. Le tau au lieu d'être droit est

38 LIVRES XYl.OGRAPIIIQl'ES

tenu obliquement. Sis humilia est à gauche, et, dans le bas, au coin, à gaucho : Victtis sum,

Texte : Bona inspiracio angeli contra vanam gloriam. Vingt-neuf lignes; Heinecken dit vingt-huit, non compris le titre.

Neuvième figure.

Même estampe que celle de l'édition A dont un fac-similé figure dans l'ouvrage d'Hcinecken. Nous rappelons qu'il y a sept tonneaux dans la cave, et qu'un homme tire de l'un d'eux ; nous ne retrouverons plus cette particularité dans les autres éditions.

Texte : Temptacio dyaboli de amricia. Vingt-trois lignes après ce titre ; Heinecken indique le même nombre.

Dixième figure.

La légende Intendas s'étend sur la bordure à gauche. Les

deux premières femmes, derrière le bon pasteur, ont des coiffures ; les deux autres sont en cheveux. A droite, le diable a une gueule de crocodile.

Texte : Bona inspiracio angeli contra avariciam. Trente-deux lignes, y compris ce titre ; Heinecken dit trente et une.

Onzième figure.

Le mourant est à droite. Les diables diffèrent de ceux de l'édition suivante.

Texte : Si agonisons loqui. . . . sans titre. Trente-deux lignes ; Heinecken n'indique rien à ce sujet.

Haut, de l'eieraplaire, qui a toute ta marge : 290 millim.; larg., 20* million.

N'ayant pas vu les exemplaires de l'édition A, d'après lesquels Heinecken a fait sa description, nous ne pouvons nous prononcer définitivement sur celui de M. Didot. Le lourd coloriage des estampes no permet presque pas d'apprécier les travaux. Les costumes sont ceux des Pays-Bas.

L'exemplaire de M. Didot a été acheté 9,550 francs à la vente Yemeniz, en 1867, où il a paru en premier lieu. Il est indiqué dans le catalogue comme étant de la première édition, co qui parait probable, en raison de l'absence de tout titre.

A l»S MORIËNDI »; ÉDITION B D'UEINKCKKN

Petit in-quarto, de vingt-quatre feuillets, sans chiffres, réclames ni signatures, imprimés au frotton,d'un seul côté du papier, avec de l'encre grise; treize pages de texte, onze pages do figures. Le cadre des planches n'a qu'un seul filet. La première et la dernière page sont blanches.

Le premier fouillet commence par : Ars moriendi; le deuxième, par : sceTm cacellariîi. . . .

On en connaît quatre exemplaires (dont deux sont incomplots) :

i° A la Bibliothèque nationale ; il a appartenu à Mariette, à La Vallièrc, à la vente duquel il a été payé 1,010 livres, et ensuite à Camus de Limare. Mariette avait découvert, en 1738, ce précieux volume dans la boutique d'un libraire, quai des Augustins, parmi des papiers de rebut destinés à faire des enveloppes. Il fit orner ce livre d'une belle reliure, il y inséra un portrait de Laurent Coster et un titre latin imprimé, dans lequel il lui attribuait l'impression, environ vers l'an iiiO. Les figures ne sont pas coloriées ;

2° A la bibliothèque de lord Spencer ; il est incomplet des deux feuillets de la préface. Les figures sont coloriées ;

3° A la bibliothèque de Munich ; exemplaire provenant du couvent de Tegernsee ;

4* Au Musée Britannique ; exemplaire acheté en 18t5, à la vente de Benj. Heywood Bright (30 L. 10 sh.), incomplet de la dernière page de texte.

Cette édition étant complète à la Bibliothèque nationale, nous pouvons faire quelques remarques sur les gravures.

Première figure.

La légende est au-dessus do la |tête du mourant, au lieu d'être sur le lit ; le diable, à gauche, a la légende au-dessous de ses mains. La coiffure des trois hommes est différente.

Deuxième figure.

Le Saint-Esprit est placé en haut du lit, sur lequel se voit une légende en travers. Les démons sont différents.

38 LIVRES XYLOr.RAPHIQUES

Troisième figure.

La légende se trouve en haut de la tête du lit qui est différente. Le diablo qui tient occidisti est représenté sous les traits d'une femme vue d'une manière obscène. L'homme, à gauche, a un chapeau de forme élevée.

Quatrième figure.

Saint Paul, renversé de son cheval, est coiffé d'un chapeau pointu. La tête du diable diffère beaucoup. Saint Pierre n'a pas le même aspect, et il ne tient pas de livre.

Cinquième figure.

A gauche, le deuxième personnage est un homme, tandis qu'on y voit une femme dans l'édition précédente. Un diable est au-dessus du lit, dans le fond. Derrière la servante, coiffée d'un mouchoir, on aperçoit un plat renversé.

Sixième figure.

Le gril de saint Laurent manque. Saint Étienne a la légende sur son vêtement; dans d'autres éditions, ello part du pied du lit. A gauche, Tune des saintes porte une couronne sur la tète ; l'autre, une coiffure; dans d'autres éditions, elles sont en cheveux.

Septième figure.

La tête du lit est beaucoup plus ornée : on y voit une espèce de crête gothique. La couronne que porte le diablo placé à gauche est plus grande. La légende est entre le Christ et la sainte Vierge. Le diable femelle qui, dans le bas, à gauche, tient une couronne, a une coiffure élevée, à la modo de Bourgogne. Sa poitrine n'est point mouchetée ; sa gorge est pendante. Un diable, de l'autre côté, tient aussi cette couronne.

Huitième figure.

Le lit est surmonté, à la tête, d'un grand couronnement en forme de dais.

Neuvième figure.

Trois tonneaux sont superposés dans la cave, où il n'y a personne. L'homme qui conduit lo cheval a un bonnet de forme élovée ; il n'a qu'un pied'dans la maison. La petite maison n'a qu'une fenêtre, mais

ARS MORIENDI 3!»

elle est vitrée. L'homme, dans le haut, porte le chapeau de même forme que dans d'autres éditions.

Dixième figure.

La légende fait un demi-cercle sur la tête de l'ange. A gauche, l'oreiller a des glands et ne laisse pas voir le bord du lit. Los femmes sont coiffées en cheveux, sans tresses sur la tête. Au bas de la page imprimée en regard, on voit un ornement de forme allongée.

Onzième figure.

L'estampe est dans le sens opposé ; le malade est à gauche. Sous le bas tle la croix, contre le bord de la planche, deux figures seulement ; il y en a trois et un chapeau en plus dans l'édition précédente. Les saintes femmes ne sont pas pareilles à celles des autres éditions. L'ange qui emporte l'âme du défunt ressemble à un enfant.

Hautenr des planche», 137 millim.; larg., 100 millitn.

Guichard a cru devoir intervertir l'ordre des numéros d'Heineckcn : de l'A il a fait le B, et vice versd (et M. Berjeau 1 est aussi de cet avis). La raison qu'il en donne est loin d'être concluante. Il prétend que le numéro B est plus beau que le numéro A ; c'est sur ce motif qu'il base son opinion. Si cet argument devait être admis, il faudrait tout de suite en tirer une conclusion directe on faveur de l'exemplaire de M. Wcigel qui, sans contestation, est le plus beau de tous.

Brunet, dans le Manuel du Libraire, se borno à diro que l'on croit généralement que l'édition B d'Heinecken est la première.

Guichard nous paraît avoir été entraîné involontairement par cette raison qu'un exemplaire complet est à la Bibliothèque nationale, et peut-être aussi par la note de Mariette. Ce motif ne nous paraît pas suffisant pour intervertir l'ordre des numéros.

Des connaisseurs objectent encore que l'édition B ne peut pas êtro la première, parce que son format est un petit in-quarto. Ils affirment quo tous les livres xylographiques publiés en différents formats ont d'abord commencé par le plus grand, et ont ensuite été reproduits dans un plus petit. C'est ce fait qui a décidé Heineckcn à regarder cette édition comme la deuxième. Je dois dire, en même temps, que Guichard repousse cet argument auquel il n'accorde aucune valeur.

1. Catalogue illustré des livret xylographiques ; Loni're*. 1865; ïq-8.

40 LIVRES XYLOCRAPHIQUES

En tout cas la composition des planches diffère sensiblement do celles de l'édition A.

Sotheby • a donné en fac-similé la première page du texte et les figures I et IX, d'après l'exemplaire du Musée Britannique.

Ces éditions, qui offrent de si notables différences avec toutes les suivantes, nous semblent en même temps avoir un aspect tout à fait primitif, et portent tous les caractères de l'école néerlandaise*. Nous croyons que c'est avec raison que Mariette a fixé cette date : 14i0 circiter, pour le numéro B

Page 1