DEUXIÈME GROUPE ÉDITIONS C
tXEMPLillE WBICHI..
Maintenant où peut-on placer l'exemplaire de M. Weigel qualifié de princeps, et dont il a publié une reproduction photographique (1860)? Les différences si grandes que nous venons de signaler, et la lettre o> entourée de quatre traits qui figure au coin du bas, à droite, dans jLk la planche représentant la Bonne Inspiration de V Ange touchant la patience, constituent à nos yeux, sinon une preuve, du moins une très grave présomption que la première place ne lui appartient pas.
Le type en est plus élégant quo celui de la septième édition d'Heinecken que nous décrirons plus bas (édition G), qui en est la copie, sauf quelques légères différences, dont voici les principales :
1' Le saint qui est près du Christ dans la Bonne Inspiration de l'Ange touchant la patience a sur la tête des rayons et une auréole, au lieu d'un nimbe crucifère ;
2* La neuvième figure a quatre tonneaux dans la cave, comme dans la septième édition, mais il y a un valet qui tire do l'un d'eux; de même que dans l'édition A, il est incliné et non debout.
Les légendes ont conservé de longs enroulements à la fin, et le nombre de points qui les terminent est différent. Toutes les figures indécentes ont disparu. Le malade est à droite dans les dix premières planches, et à gauche dans la dernière seulement. Les éditions sui-
1. Prinripia typographiea ; London, 1858 ; 3 «1. gr. in-4 ; t. Il, pp. 10-13.
2. Cependant Sotheby et Rcnouvier clauent l'édition B à l'école allemande.
3. L'exemplaire de Mariette a pour filigrane une roue dentelée et le* lettres P et Y (Philippe le Bon, due de Bourgogne, et ta femme Isabelle), papier qui ne «aurait être antérieur à 1429.
Ans MORIRNDI 41
vantes offrent la même disposition. Cello-ci commence également par /lrs moriendi. Le premier feuillet se termine par unit (île et obcd'wncin ; le second a pour premiers mots : Secundo xd recognoscat. . .
Hauteur des planche», 220 millim.; larg., 158 à 166 millim.
Les planches ont une grando parenté avec celles de l'édition B, mais le type primitif y est amélioré et ennobli. Toutes les coiffures bourguignonnes ont disparu, ainsi que le haut chapeau de saint Paul.
Toutes les éditions xylographiques postérieures semblent dériver de celle-ci, et elle est presque identique pour les planches avec la première édition typographiquo imprimée à Cologne.
Nous la plaçons donc en tète de ce groupe et nous la regardons comme un produit de l'école de Cologne. Sous ce dernier rapport, nous ne faisons que reproduire l'opinion de M. Wcigel lui-même. En outre, dans son exemplaire, se trouve ajoutée une feuille contenant un texte du quinzième siècle.qui traite de la mort ; il est écrit dans le dialecte de Cologne.
Cett ? '/ossification nous parait de nature à tout concilier. Si, au contraire, on persistait à voir dans l'exemplaire de M. Weigel l'édition prototype de toutes les autres, nous répétons qu'on ne saurait où placer les éditions A et B d'Heinecken.
Ce livre est, par sa grande beauté, digne du haut prix qu'il a été payé parle Musée Britannique. Jusqu'à présent, il est unique.
EXF.MPLUHR DE Ï.A UIBLIOTBÊQtR NATIONALE
Nous nous décidons à placer à la suite l'exemplaire gâté et incomplet qui est à la bibliothèque de la ruo do Richelieu. Le type des figures est aussi beau ; le texte nous paraît supérieur comme netteté d'impression. Il n'offre d'autres différences que quelques points à la fin des légendes, et dans lo nombre de lignes qui n'est pas le même. Peutêtre l'eussions-nous placé avant l'exemplaire de M. Weigel, si l'on ne rencontrait des signatures à toutes les pages, soit du texte, soit des figures, et s'il n'était pas admis de reléguer ces sortes d'exemplaires après ceux qui n'offrent pas ces signes ou qui les ont en moins grand nombre. Manquent les feuillets 1 a 7, ainsi que les cinq derniers (20 à 25).
LIVRES XYLOGRAPHIQUES
Description du litre.
Feuillet 8. Tentation du diable touchant le désespoir : vingt-neuf lignes de texte, «ignaturo JD. Exemplaire Weigel, trente lignes. Figure IV, signature illisible.
Feuillet 10, trente lignes de texte, signature Exemplaire Weigel, vingt-huit lignes.
Figure V, signature b.
Feuillet 12, vingt-six lignes, signature S. Exemplaire Weigel, vingt-huit lignes avec un grand ornement dans le bas.
Figure VI, signature Jl.
Feuillet 14, trente-deux lignes, signature Exemplaire Weigel, trente-six lignes. Figure VIT, signature k.
Feuillet 10, vingt-trois lignes, signature ^. Exemplaire Weigel, vingt-sept lignes. Figure VIII, signature
Feuillet 18, trente cl une lignes, signature 3. Exemplaire Weigel, trente lignes. Figure IX, signature f.
C'est à tort que Guichard a regardé la planche IX comme n'ayant point de valet dans la cave. Il est facile, à l'aide d'une loupe, de reconnaître les traces d'un valet qui tire d'un des tonneaux. Si Guichard s'en était aperçu, il n'aurait certainement pas placé cet exemplaire au sixième rang, c'est-à-dire à sa lettre F. D'ailleurs les yeux des deux diablos sont pareils à ceux de l'édition de M. Weigel. Celui du milieu offre les mêmes grands yeux avec un point noir dans le centre. Dans la troisième édition d'Heinecken, les yeux de ces diables sont tout différents (voir p. 410, son fac-similé de cette planche).
<DmOK C D'HEINCCSKN
Ars moriendi. Petit in-folio , de vingt-quatre feuillets; lettres initiales au trait, sans ornements ni fleurons. Le livre est imprimé au frotton, d'un seul côté du papier et avec de l'encre grise. On en a signalé trois exemplaires, tous incomplets : 4« A l'hôtel de ville de Harlem, feuillets 2, 4-11, 16-18, 21, 22 et 24;
2° A la bibliothèque de Francfort-sur-le-Mein, feuillets 16, 18 et 19;
3° L'exemplaire de lord Pembroke, qui est le moins incomplet : il n'y manque que les six derniers feuillets.
La première page de la préface, feuillet 1, verso, finit par ces mots : wiitate et obediencia. Le deuxième feuillet commence ainsi : Secundo ut recognoscat. Le cadre, comme dans les deux éditions pré-
ARS MORIENDI
cédentes, est formé de trois filets. Guichard reconnaît, ce qui est vrai, quo les figures sont dessinées avec goût et qu'on remarque dans la pose des vêlements des personnages une certaine élégance qu'on chercherait vainement dans les éditions précédentes (il ne connaissait pas alors celle représentée par l'exemplaire Weigel). On y voit, comme dans ce dernier et dans le suivant, quatre tonneaux seulement dans la cave, mais, d'après le fac-similé donné par Heineckon sur le feuillet de Francfort, le valet est debout, uu grand pot à la main. Les yeux des deux diables sont différents. Une lettre de l'alphabet gravée au bas do quelques planches et servant de signature indique l'ordre des feuillets. Le feuillet 18 porto la lettre i. Le feuillet 16 porte la lettre M dans l'exemplaire de Harlem, et la lettre J§ dans celui de Francfort. Malgré cette différence, Heinecken regarde ces deux exemplaires comme appartenant à une même édition, ce qui n'est pas certain. Ces lettres, selon Koning ', peuvent avoir été ajoutées après coup. L'exemplaire de lordPembroke ne porte pas de signatures, et il a été tiré par feuilles isolées. Sotheby, qui a fait reproduire la deuxième figure et le texte correspondant d'après l'exemplaire do Harlem (hauteur, 213 millim.; larg., 107 millim.; filigrane du papier : une Licorne), considère cette édition comme la première de toutes, ot l'attribue à l'école néerlandaise (t. I", pp. 09-70); cependant ses fac-similés permettent do constater que les planches de cette édition ne sont que des copies, presque fidèles, de celles de l'exemplaire Weigel. Elle pourrait bien être la même que celle ci-dessus, dont les signatures semblent concorder.
Nous croyons néanmoins dovoir faire des réserves à l'égard de cette édition que nous ne connaissons pas assez. Cependant nous ne pouvons la rattacher au groupe suivant où l'on ne voit plus de valet dans la cave. Ce seul point servira à montrer toutes les difficultés d'un classement irréprochable.