SOHO SQ. W
Tous droits réserve*
PRÉFACE
Au début d'un ouvrage qui, du moins par V étendue , sera d'une certaine importance, on doit s'attendre à en connaître le plan et le but que l'auteur se propose d'atteindre, on réclame encore quelques détails sur les auteurs qui ont déjà traité le même sujet et sur ceux qui avaient ouvert la carrière.
Il faut citer d'abord les deux catalogues de l'abbé de Marolles. Le premier (1666) donne une courte notice sur une collection qui contenait plus de cent vingt mille estampes; on sait que cette collection fut achetée par le roi et qu'elle forme aujourd'hui le premier fonds du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale.
Le second catalogue ( 1672) offre une particularité remarquable, qui consiste en une série de plus de cent soixante monogrammes gravés pour la première fois, et qui, sous ce rapport, quoique la collection fût bien moins importante, le rendent plus précieux que le premier. Ces deux catalogues constituent les plus anciens inventaires, mais tris insuffisants, de ce qu'on connaissait alors en fait d'estampes.
Il faut descendre ensuite jusqu'en 1744 pour rencontrer une publication analogue, mais faite avec plus de soin : c'est le catalogue de la collection de Quentin de Lorangere , rédigé par Gersaint. Le précieux dictionnaire de Mariette ne fut imprimé en partie que de nos jours sous le titre (TAbecedario. De remarquables monographies iconographiques sont ensuite consacrées à quelques artistes plus ou moins célèbres : tels sont les catalogues de Rembrandt par Gersaint, Helle, Glomy et Yver (1751, ijS6) y de Poilly et Rubens par Hecquet (1752), ce dernier catalogue réédité et amélioré par Basan (1767); de Cochin fils, d'Êtienne de La Belle et de Sébastien Leclerc, par Jombert (1770, 1771, 1774}, etc. Il en sera plus complètement question quand nous parlerons des maîtres qu'ils concernent.
Le premier ouvrage général sur la matière, mais dans un cadre trh restreint.
Il PRÉFACE
est le volume d'un iconophile saxon, le baron d'Heinecken, publié en français en 1771, sous ce titre : L'Idée générale d'une collection d'estampes, ouvrage précieux encore aujourd'hui sous beaucoup de rapports.
Cependant il manquait toujours un manuel plus pratique pour guider les curieux et les amateurs d'estampes dont le nombre augmentait sans cesse. Cette tâche, assurément très lourde, fut entreprise par Adam Bartsch, qui s'était déjà fait connaître avantageusement par les catalogues des oeuvres gravés de Guido Reni (1795], de Rembrandt {1797; et de Lucas de Leyde (1798). Bartsch était lui-même graveur et premier garde de la Bibliothèque impériale de Vienne. Son grand ouvrage : Le Peintre-Graveir forme vingt et un volumes (i8o3- 182 1), et il est regrettable qu'il n'ait pu l'achever. L'approbation universelle qu'a reçue ce travail nous dispense d: tout éloge.
C'est le propre des ouvrages de ce genre de donner naissance à une foule de découvertes et de nécessiter des suppléments. Nous mentionnerons d'abord celui de Rodolphe Weigel (1843) et de J. Heller (1844), et ensuite le Peintre- Graveur de Passavant, directeur de la galerie de Stxdel à Francfort (1860- 1864, 6 vol.). La part de la critique est plus considérable dans ce dernier que dans le travail de Bartsch, mais il s'arrête avec le XVI e siècle, et, malgré la science et les vastes connaissances de l'auteur, ce n'est pas un guide qui offre toujours une complète sûreté.
Le grand ouvrage de Nagler et le Dictionnaire des monogrammes de Brulliot ont comblé de nombreuses lacunes et jouissent de toute l'estime des savants et des curieux.
Nous devons mentionner encore le Manuel de l'Amateur d'estampes de Ch. Le Blanc, où l'on peut trouver beaucoup d'utiles renseignements, mais qui malheureusement s'arrête au milieu de la lettre P. Enfin, nous citerons le Peintre-Graveur français de Robert-Dumesnil (i835-i85o, 8 vol.), ouvrage qui a obtenu de nombreux éloges qu'il mérite sous beaucoup de rapports et auxquels nous nous empressons de souscrire. Il a été continué par M. P. de Baudicour, et ensuite par M. G. Duplessis, mais,comme celui de ses devanciers, il aurait encore besoin d'un supplément.
Un travail analogue, faisant suite à Bartsch et consacré aux peintres-graveurs allemands depuis le dernier tiers du XVI* siècle jusqu'à la fin du XVIII e , a été publié par A. Andresen et Rod. Weigel (1864-1878, 5 vol.), et le premier de ces auteurs a fait sur les peintres-graveurs allemands un ouvrage semblable, continué par M. Wessely (1866-1877, 5 vol.).
Il a été publié en outre un grand nombre de monographies très estimables dont nous parlerons aux écoles respectives.
Les documents iconographiques s'étant amoncelés de toutes parts, à l'heure
PRÉFACE
qu'il est l'embarras de tous ceux qui désirent être renseignés s'est singulièrement accru par la multiplicité des recherches, et souvent par l'impossibilité de les faire. Nous avons donc pensé que le moment était venu de faire une synthèse de tous ces renseignements épars, sous forme d'un véritable Manuel, commode à consulter. Nous n'avons cru devoir nous occuper que des graveurs dont les oeuvres ont depuis nombre d'années joui de la faveur publique. Visant à la facilité des recherches, nous avons divisé noire travail par écoles, en suivant dans chacune l'ordre alphabétique des noms des artistes. Non seulement nous avons cherché à réunir pour chaque estampe tous les renseignements connus, mais nous avons pu bien des fois y ajouter soit des remarques nouvelles, soit des pièces qui n'avaient pas encore été décrites. Nous y avons, de plus, introduit un élément nouveau, en enregistrant le prix des estampes atteint dan» les ventes, ce qui rendra de réels services aux amateurs et ne sera pas moins intéressant pour l'histoire rétrospective de l'iconophilie.
Notre ouvrage poursuit encore un autre but : c'est de rendre ces sortes de travaux de plus en plus attrayants par de nombreux détails amusants ou instructifs et de faire en sorte, dans les limites du possible, qu'un catalogue sorte de la classe d'un dictionnaire et qu'il puisse même devenir un livre.
Nous aurions bien d'autres développements à ajouter, mais nous désirons nous borner à ce peu de mots. En voici la raison : quoique notre manuscrit soit prêt, le champ que nous avons à parcourir est si vaste, les exigences des amateurs peuvent être telles que nous ayons à modifier telles ou telles parties de notre plan. En envisager aujourd'hui les grandes lignes et l'ensemble lorsqu'il reste encore plus de la moitié à publier ne pourrait que nuire à l'ouvrage; il vaut mieux réserver ces développements pour les écoles qui restent à paraître et même pour chacun des volumes qui les composeront.
Dans l'histoire de la gravure, on ne saurait séparer les estampes isolées ou les recueils d'images des livres à gravures, où le texte joue un rôle égal ou prépondérant. Certaines manifestations de cet art ne se trouvent d'ailleurs que là, comme, par exemple, l'imagerie religieuse des livres d'heures. Une collection d'estampes sérieuse doit donc obligatoirement comprendre des livres illustrés typiques en tout genre, de manière à présenter un ensemble harmonieux et instructif. Passavant l'a bien compris, mais il n'a pas suffisamment développé cette partie, de sorte que le lecteur ne peut en tirer assez de profit.
Notre tome l tr n'est donc qu'une introduction où, dans la plus grande partie, l'imprimerie et la gravure sont mêlées : il est autant bibliographique qu'iconologique. Les estampes, et encore seulement celles dites d'orfèvre [nielles], n'arrivent qu'à la fin.
En raison de la longueur des études qu'il a fallu entreprendre pour offrir au
PRÉFACE
lecteur sur ces questions complexes un travail de première main, et non une compilation stérile, ce fascicule n'a pu voir le jour plus tôt.
Dans notre premier chapitre consacré aux origines de la gravure, nous ne nous sommes attaché quà des estampes qui ont ou paraissent avoir une date certaine; elles sont peu nombreuses avant 1 460
Si nous avons compris dans cette nomenclature une estampe cél}bre non datée, c'est que, par suite de circonstances particulières, on la rattache à Cannée 1^2. Cette gravure, attribuée à Maso Finiguerra et découverte par l'abbé Zani, n'a jamais été acceptée sans contestation; des doutes ont été émis sur la question de savoir si la fameuse Paix de Florence était l'auvre du grand orfèvre, et si elle avait donné naissance en Italie à la gravure en taille-douce. Ces doutes sont aussi les nôtres, et nous les avons accentués d'une manière plus précise qu'on ne l'avait fait jusqu'à présent. Nous croyons avoir apporté des arguments nouveaux pour la solution de cette question controversée, et nous avons mis sous les yeux de nos lecteurs non seulement les textes, mais aussi les reproductions fidèles de la plaque niellée et de l'encadrement qui l'entoure, ainsi que des citations du registre sur lequel on prétend s'appuyer. Nous pensons qu'après notre exposé on ne pourra se dispenser de soumettre cette affaire à une enquête sérieuse qui fasse éclater la vérité. Faute de cet examen, nous maintiendrons résolument le bien fondé de ce que nous avançons. Nous ne demanderions pas mieux d'ailleurs que de reconnaître que nous avons pu nous tromper 7 .
Les estampes en manière criblée devaient appeler notre attention, mais d'une manière plus succincte. Ce procédé est, en effet, loin d'avoir produit des chefsd'ceuvre, et l'on n'en trouve un assez heureux emploi que dans les fonds d:s estampes des livres d'heures.
La découverte de M. le vicomte Delaborde, qui croit pouvoir attribuer à deux gravures de ce genre la date de 1 406, lui donne un intérêt particulier pour l'histoire générale de la gravure J . Le genre criblé a été cultivé assez longtemps, et ce n'est que bien tard dans le XVI* siècle qu'il fut abandonné. On trouve encore des traces de son emploi, en 1600, dans les oeuvres de Bluel d'Arbères.
1. Les sept gravures allemandes de la Passion ayant appartenu à Rcnouvicr, et dont l'une port.- la date de 1446, ont été acquises par le Cabinet des estampes du Musée de Berlin.
2. Le savant historien d'an, M. Gaétano Milanesi, en vertu de considérations d'ordre purement esthétique, a aussi émis l'opinion qu'on ne saurait attribuer à Maso Finiguerra la Paix représentant le Couronnement de la Vierge. Voit se» deux articles dans le journal l'An { ■ 885 , t. I* r , p. 111-11}, et 1884,1. »*"> P- 66-7}), sur lesquels nous reviendrons dans noire chapitre consacré aux nielles.
J. Le savant M. Lehrs, conservateur du Cabinet d'estampes de Dresde, nous signale que ces deux gravures, avec dix-huit auttes d'une même série et d'une même main, figurent dans un volume avec telle allemand imprimé en caractères mobiles \ Dibdin l'a cru à tort xylographique 1, par Mister, a Bamberg, vers 1460. La bibliothèque royale de Munich possède le seul exemplaire connu de ce livre précieux qui a été décrit par Falkenstein sous le titre de Passion de Je»us-Chmt (Dir Ltidtn^iuhuhlt J«u;. Un fac-similé s'en trouve dans le BibtwgraphicaU Tour de Dibdin, t. 111, p. 180.
PRÉFACE
Nous avons cru devoir nous ilendrc sur tes livres xylographiques, d'abord en raison de leur intérêt iconographique et de leur rareté, ensuite parce qu'ils se rattachent intimement aux origines de l'imprimerie. Le travail d'ensemble le plus ancien sur cette matière se trouve dans l'ouvrage d'Hcinccken (1771), tris remarquable pour son époque, mais de beaucoup surpassé aujourd'hui, tout en conservant une grande valeur rétrospective. Les ouvrages d'Oltley, de Sotheby, de T. O. Weigely de Renouvier, de Guichard, de Berjeau, etc., ont élucidé sur beaucoup de points ce sujet hérissé de difficultés; mais, d'un côté, ils sont peu accessibles à un public plus considérable, et, de l'autre, aucun d'eux n'a présenté la synthèse des connaissances acquises sur ce sujet. Il y avait donc lieu de l'entreprendre dans l'intérêt général, d'autant plus que des renseignements de date récente et une plus grande facilité qu'aux temps de nos devanciers d'étudier les monuments xylographiques, grâce aux procédés perfectionnés de reproduction, permettaient de mieux approfondir cette matière et d'approcher plus près de la vérité. Nous croyons donc pouvoir affirmer que sous ce rapport notre travail offre une étude originale. Nous nous sommes attaché plus spécialement aux grands ouvrages xylographiques, qui ont été et qui sont encore l'objet d'une vive controverse.
I'Ars moriendi, dont rimportance est extrême, a été l'objet d'un sérieux examen, et nos recherches nous ont convaincu qu'lieinecken avait bien vu dans cette circonstance. Nous avons distingué trois groupes : celui des Pays-Bas, auquel se rattachent les deux premières éditions mentionnées par le savant iconographe allemand. Nous avons ensuite signalé le groupe de Cologne et celui d'Ulm. Nous avons principalement appelé l'attention sur l'exemplaire de M. Didot, probablement identique avec la première édition d'Hcinccken ; on sait qu'il provenait de la collection Yemcnitz et qu'il a été acquis à la vente de 1879, pour notre Bibliothèque nationale, au prix de 18,000 francs. Le fameux exemplaire de M. Weigel, acheté 3o,ooo francs par le British Muséum, n'est pas, selon nous, le type primitif, mais il appartient au groupe de Cologne, et, pour la beauté du texte et des gravures, se place en première ligne. Une découverte qui nous appartient en propre est d'avoir constaté que l'exemplaire jusqu'à présent unique 1 de M. de Wazicrs, /'Art au morier, est composé des mêmes gravures que celui de Weigel avec un texte xylographique en français, et qu'à cause de cette dernière particularité il est, à notre jugement, le plus précieux de tous les Ars moriendi. Il a aussi été imprimé à Cologne. L'exemplaire gâté de la Bibliothèque nationale, malgré quelques légères divergences, appartient aussi au même groupe. Les exemplaires de l'école d'Ulm, issus du groupe précédent,
1. La Bibliothèque nationale en pojwde quatre feuilleU [deux page* de figure» et deux pagei de texte), provenant c'un don (au par M. Roman (187 V'.
PRKKACE
sont moins beaux, mais encore très recommandables. Nous avons cherché A donner, sur tout l'ensemble des éditions xylographiques et typographiques de ce livre, la bibliographie la plus complète «.
// était bien difficile de suivre pour la Bible des pauvres le plan d'Hcincckcn, qui n'avait pas pu étudier un assez grand nombre d'exemplaires de ce livre. Les renseignements fournis par Sotheby et d'autres devaient être pris en sérieuse considération. Si nous ne pouvons nous flatter d'avoir résolu les difficultés inhérentes à cette xylographie, nous avons du moins exposé clairement l'état actuel de la question.
Il eut été beaucoup plus hardi encore de soutenir pour /'Apocalypse l'ordre établi par Hcineckcn. Cet iconographe, qui ne veut voir partout que des impressions allemandes, était parti de l'idée que le type le plus barbare était le type primitif. Comme on trouve des textes manuscrits allemands sur ses deux premières éditions, il avait été encore plus confirmé dans son opinion.
Cependant ce qui peut être vrai en général ne l'est pas pour les livres xylographiques, où presque toujours le type le plus élégant représente la première conception de l'ctuvrc. Nous avons divisé les éditions de /'Apocalypse en deux groupes : celui des Pays-Bas et le groupe allemand, ce dernier n'étant qu'une imitation grossière et plus ou moins libre des premières éditions du groupe précédent, comme nous en fournirons la preuve. D'ailleurs nous étions confirmé dans
». Dans le CL!» catalogue de la librairie Albert Cohn i Berlin (t88})e« décrite (n» 89) une édition typographique de ce livre, présentée comme • inconnue i toui le; bibliographe! .. C'en un in-quarto gothique de quatorze feuillets, avec autant de gravures. Nous croyons que c'en le même que noire édition E (voir page Jij. dont un exemplaire, incomplètement décrit par le P. Laire, te trouvait dans la collection de Loménie-Brienne. En voici le titre : An moritndi tx rarijt \ teripturaru unttriji rolltclj eu figurit ad | rtntltdu in morftj agont djabohet tugetli \ ont valent Cmlibtl [ tic ) chrim/idtU irtilh ac | mullum ntctitaria. M. Cobn demande de von exemplaire S3o fr, — Dant le même catalogue e»l décrite (n* oojune autre édition typographique, imprimée en groi caractère* gothiquetdu genre de ceux dont on l'est lervî généralement pour l'impression des missels, la première ligne en gros caractères de forme. C'est sans doute notre édition G (voir page 5^), décrite d'après Hain, n" 18J4. En voici le titre : Art ntoritdi tx va | rys teripturaru unltnïji tollteta | cû figura ad rttitttndu in mortit \ agent djabolict tugtniont [t'j valît \ cuilibtl chhslifidtli vlilii. ae mul \ lum ntctitaria. M. Cohn ajoute qu'elle est exécutée avec les mêmes caractères que son numéro précédent, ci-dessus. Il en demande Soo fr.
Il est fort possible que notre édition H (voir page J4;, présentée comme indépendante sur la loi de Weiget, qui n'en donne pas le titre (son exemplaire en était incomplet , fasse double emploi avec notre édition F . de même que l'édition I pourrait être la même que notre édition G, te titre de l'exemplaire Weigel n» i 4 3 paraissant identique avec celui de l'exemplaire de M. Cohn n» 90. Mais la-dessus nous n'avons aucune certitude.
Dans le catalogue de» livres appartenant à M. H. Tro<s. ancien libraire, 1881, n° XXI. est décrite (n" 6o361 une édition typographique (cotée 600 francs; petit in-quarto, de quatorze feuil>is. » 11 ente et une et trente-deux lignes, avec quatorze gravures. En voiciie titie : An moritdiexva | ri/i teripturaru stnltntiH tollteta [ ci figurii ad rtutlendu in morlit | ajonc djabolict tuggetliom valet | cvitibtt chrittifideli Wiïn ac mut- | lum ntctitaria. La note nous informe que la cinquième (?) page finit par le mot eonûdtrtl, et M. Tross attribue cette édition a l'imprimeur Kacheloven, i Leipzig, vers 1487. Si le titre en a été exactement transcrit, cette édition ne correspond à aucune de crlles que nous avons déiriles, tout en se rapprochant de nos éditions F et I, à moins qu'elle ne soit la même que notre édition J. dont nous ne connaissons pas le titre et qui a été signalée par Weigel comme se trouvant à la bibliothèque de l'Université de Leipzig.
PRÉFACE
cette opinion par la savante dissertation de M. Didot sur la même matière. Propriétaire du manuscrit de /'Apocalypse de Van Hulthem, il put constater la ressemblance des éditions du groupe néerlandais avec ce manuscrit, qui leur était de beaucoup antérieur, et dont s'éloignent celles du groupe allemand.
On trouvera dans notre livre une étude complète sur cette xylographie, et grâce à nos indications, lorsqu'on rencontrera même des feuilles isolées de /'Apocalypse, on pourra savoir tout de suite à quelle édition elles appartiennent.
Depuis longtemps, le Cantique des cantiques est regardé comme une des meilleures productions de la Néerlande. On n'en est plus à discuter les qualités exceptionnelles des gravures de ce livre, mais nous avons démontré qu'il n'en existe pas seulement trois éditions, mais quatre : deux avec le mot vino et deux avec la faute viro. Nous n'avons pu voir, avec Sotheby, dans certains emblèmes qu'on y trouve, des allusions cachées au concile de Bâle, ni aux différends qui partageaient l'Église à cette époque, mais simplement une tentative d'explication graphique du sens mystique attribué à l'œuvre de Salomon par saint Bonaventure.
Nous avons bien établi l'existence des trois éditions de f Exercitium super Pater noster, à peine connue. La première édition, sans texte imprimé, est une des premières productions de la gravure sur bois; on ne se trompe pas beaucoup en la faisant remonter à l'année 1420. La deuxième édition, contemporaine de l'année 1440, a beaucoup de rapport avec le Spirituale Pomerium, comme l'a très bien démontré M. Alvin. H suffit de mentionner la troisième, dont on ne connaît que l'exemplaire de Mons, incomplet de deux feuillets.
Nous renvoyons à notre livre pour le Defensorium beatje Maria semper virginis, dont nous avons décrit les éditions tant xylographiques que typographiques, et nous nous hâtons d'arriver au Miroir du salut humain.
Ce livre, malgré son extrême importance, ne touche que trh peu à la xylographie et encore par une seule édition où l'on rencontre seulement vingt tables de bois. Mais c'est à son occasion que se pose la question de l'origine du véritable inventeur de l'imprimerie. Quoique nous penchions un peu du côté de Mayence, nous ne pouvons cependant méconnaître qu'à travers des fables dont il faut faire justice une tradition constante et ancienne n'existe en faveur de Harlem. Nombre de bons esprits ont soutenu cette dernière thèse, et, s'ils n'ont pas fait la preuve, ,7s ont empêché du moinsqtte l'affirmation contraire n'ait prévalu. Nous avons présenté avec le plus grand soin les arguments pour et contre, et nous sommes obligé de convenir que nous n'avons pu arriver à rien de bien positif. Toutefois, nous croyons être le premier à prendre dans cette affaire la seule attitude possible aujourd'hui. Nous espérons avoir jeté assez d'intérêt sur celte question pour que de nouveaux efforts soient tentés. Il ne nous paraît pas impossible que, sur une