ÉDITION FRANÇAISE
L'Art au morier. Petit in-folio, de vingt-quatre feuillets imprimés d'un seul côté du papier, avec de l'encre grise. Les onze pages de figures et les treize pages de texte sont disposées comme dans les éditions latines et allemandes. Brunet, qui le premier a fait connaître cette édition, ne mentionne ni signatures, ni lettres initales, ni filets d'encadrements.
Le texte de la préface commence à la première page par le titre: lart au morier (sic), et par ces mots : Ja soit que selon le philosophe, . . . ; il finit à la page suivante par : considère deligentement. Ces deux pages, titre compris, ont ensemble 59 lignes.
Les pages de texte qui suivent portent pour titres : Teniptacion du dyable de la foy , Bone Inspiracion p lagele de la foy, etc.
La dernière page de texte commence ainsi : Bien ctile exclusion de ceste salutaire doct'ne si le morilur labourant en agonye et extrémité peult parler.
Les trois dernières lignes du volume sont composées d'un sizain. L'exemplaire décrit par Brunet est probablement unique ; en 1820, il appartenait à M. Van der Croisse de Waziers, de Lille. Actuellement,
1. Nou» avoua eu l'occasion de voir le» fac-similés de neuf planche» non décrite* d'un Art moriendt. Elles sont sans légendes, bordée* duo trait carré seulement. Haut., 95 millim.; larg., 80.
Fig. II. Le malade est à droite. — Fifç. III. L« malade est à gauche. — Fig. IV. Le malade est à droite. — Fig. V. Le malade est à gauche. — Fig. VI. Le malade est à gauche. — Fig. VII. Le malade est adroite. — Fig. VIII. Le malade est a gauche; il y a un grand écrileau à la tète du lit. — Fig. IX. Le malade est à gauche ; dans la catc trois tonneaui. — JFig. X. Le malade c*l à gaoebe.
Nous croyons que ces estampes peuveut Lieu être les même* que celles de l'exemplaire du prince GaliUine.
AHS MORIFNDI «il
il fait partie de la collection de M. le comte Louis de Waziors. Il a figuré* en 1871 à l'exposition faite au profit des Alsaciens-Lorrains; il a reparu à l'exposition rétrospective du palais du Trocadéro en 1878, et, grâce à cette circonstance, j'ai pu l'étudier, ce qui m'a permis de compléter la description que feu Brunet en a donnée, et, de plus, j'ai eu la bonne fortune de faire à cet égard une découverte qui n'est pas sans importance.
Brunet a remarqué que les planches de ce volume paraissaient appartenir à une édition latine, car les légendes des rouleaux sont en latin. En cela, il avait parfaitement raison ; mais où il s'est trompé, par suite d'une inadvertance, c'est lorsqu'il a avancé que ces planches étaient les mêmes que celles de la seconde édition latine (B) décrite par Heincckon, la cave du mourant ayant, dit-il, quatre tonneaux dans l'une et dans l'autre. Or, l'édition B d'Heineckcn n'offre que trois tonneaux, tandis que Y AH au morier en contient bien quatre, avec un valet incliné qui tire de l'un d'eux, ce qui n'a lieu, comme on a pu le constater plus haut, que dans l'exemplaire réputé unique et qui avait appartenu à Weigel (voir ci-dessus, p. 40). Cette coïncidence m'avait fait soupçonner dès le début que les gravures de l'édition française pourraient plutôt être les mêmes que celles de l'exemplaire latin de Weigel : la comparaison minutieuse que j'ai faite du beau livre de M. de Waziers avoc la reproduction photographique do l'exemplaire Weigel a pleinement confirmé mes prévisions.
Ces gravures sont, en effet, absolument les mêmes, sans aucune différence. Elles sont entourées de trois filets, et leurs dimensions sont strictement identiques. Les pages de texte offrent plusieurs particularités que Brunet n'a pas signalées. Ainsi, à la page 4 {Temptacion du dyable de la foy), on voit au bas, à droite, la signature ÎB ; à la page 6 {Bonn hispiracion p lâgele de la foy), la signature C; à la page 20 {Tcmptacion du dyable daimeice), la signature il ; à la page 22 {Iiône Inspiration de luge contre dauarice), au bas, sur le deuxième trait d'encadrement, on aperçoit une lettre qui est probablement £ ; enfin, à la dernière page, se trouve, au bas à gauche, la lettre Q. Les lettres du texte sont de deux dimensions différentes, comme dans l'édition dite prince ps, de Weigel ; on trouve aussi, dans l'une comme dans l'autre, ce signe = au bout d'un grand nombre de lignes, et le seul signe de ponctuation parait être le point.
32 LIVRES XYLOGHAPHIUUES
Nous avons dit plus haut, et cela d'accord avec M. Wcigcl, que son édition dite princeps est un produit do l'école de Cologne ; tout nous porte aussi à croiro que VArt au morier pourrait bien avoir été imprimé dans cette ville. Ce titre si étrange, l'expression : si le moritur (moritiirus) labourant en agonye, etc., ne font guère songer à la France. N'oublions pas, d'ailleurs, que c'est à Cologne que fut imprimé, selon toute apparence par Ulrich Zell, avant 1407, sous les auspices de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, le premier livre français exécuté en caractères mobiles : le Recueil des histoires de Trot/es, par Raoul le Fevre. Il n'y aurait donc rien d'étonnant qu'ello eût donné aussi le jour au premier livre français xylographique, qui est VArt au morier
ÉDITIONS TYPOGRAPHIQUES