‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 24 sur 119 · ÉDITIONS IMPRIMEES EX ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ÉDITIONS IMPRIMEES EX ALLEMAGNE

(avec teste latin ou allemand)

A. — Ars moriendi. ||(Q) Vamuis sedm philosopha tertio ethicoru. .. A la fin, folio 11 verso : El tm de arlc moriëdi qê ars artiwn. Sans lieu ni date. In-folio, gothique, à longues lignes, sans chiffres, réclames ni signatures ; douze feuillets, avec onze gravures sur bois. Comme dans la troisième édition xylographique, il y a quatre tonneaux dans la cave et un homme incliné qui tire de l'un d'eux. Les banderoles portant des légendes se terminent par de longs enroulements. L'encadrement des planches est composé de trois traits, les deux premiers ombrés en haut et à droite, comme dans les éditions C et D. Les figures sont des copies plus ou moins réussies de celles de l'édition dite princeps de M. Wcigcl ; on y reconnaît la main de deux artistes. Quelques points varient à la fin des légendes, notamment dans les sixième, septième et onzième figures. Sur plusieurs on remarque différentes lettres ; à la première estampe un b, à la deuxième une % , à la troisième un à la sixième et à la huitième, t, l.

1. Il eiiite aussi une traduction française du Y Ars moriendi, Imprimée à Bruges, par Colanl Mansion, en 1474. Selon fiuichard, culte traduction diffère de celle «le VArt nu morier. Le li»re deColard Matisiuu ert un ptlit in-folio lylngrapbique, sans chiffre», réclame», signature» ni initiait»; il contient vingt-deux feuillets, mais sans aucune gravure. On en connaît quatre exemplaires : 1* à la Bibliothèque ualioua'e ; 2* à Bruges ; 3* aux archives de Lille ; le quatrième appartenait à Van Prat-l.

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Cette édition ancienne et très précieuse n'est citée ni dans le répertoire de Hain, ni dans le Manuel de Brnnet.

Kilo offre encore lo type parfait des xylographies. D'après le catalogue de Tross, il existo des épreuves de ces mêmes planches avec un texte xylographique au musée de Berlin, à l'hôtel de ville de Harlem, et dans la bibliothèque de lordPembroke (édition C d'Heinecken. M. "Weigel possédait un exemplaire semblable (n° 241, vendu 376 fr.); mais il lui manquait un feuillet contenant la préface et le texte de la première estampe. Sotzmann {Serapeum, 1842) en fait connaître un exemplaire appartenant au baron von Liphart, à Dorpat, et un autre dans la bibliothèque du pasteur Donker Curtius, à Arnheim. Il yen a un au Musée britannique et un autre (incomplet) chez lord Pembroke. Cette édition paraît être la première qui ait été imprimée en caractères mobiles. Sotheby la croit sortie des presses de Guldenschaff, de Cologne. M. Weigel a constaté qu'elle est due à Nicolas Gotz de Schlettstadt, imprimeur à Cologno de 1474 à 1478; les caractères en sont identiques avec ceux du Fasciculus temporum de Rolewinck, imprimé par le même Gotz à Cologne en 1478.

Je possède de cette édition un exemplaire parfaitement complet et bien conservé. Les planches ont été, à l'époque, légèrement coloriées.

Haut, des planche», 213 i 223 milUm.; larjr., 153 à 163.

B. — Ars moriendi \\Quamuis secundum philosophum. . . A la fin : Et lantum de arte moriendi. . . Sans lieu ni date. In-quarto, gothique, à deux colonnes, sans chiffres, réclames ni signatures ; douze feuillets, avec onze figures sur bois. On attribue cette édition, citéo par Hain (n° 1831 ), aux presses de Henri Qucntell, de Cologne.

C. — Ars moriendi. Édition sans date, imprimée à longues lignes, peut-être vers l'année 1480. Elle consiste en quatorze feuillets, dont treize pages contiennent le texte, et douze, les figures. Ce petit inquarto paraît être la reproduction de l'édition xylographique B, mais il y manque les figures 2 et 11. La V e figure est répétée deux fois, et la figure 10, trois fois. Mariette, qui en avait un exemplaire, l'a fait décorer d'une reliure analogue à celle de l'édition B. Il a été vendu 240 fr. chez La Vallière, et il est aujourd'hui à la Bibliothèque nationale.

D. — Ars moriendi. Édition sans date, imprimée à longues lignes. Brunei l'attribue aux presses lyonnaises, vers la fin du quinzième siècle, et dit qu'elle offre beaucoup de conformité avec la précédente. C'est

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un petit in-quarto, gothique, composé aussi de quatorze feuillets, sans chiffres, réclames ni signatures, avoe douze planches gravées sur hois. Le dernier feuillet est hlanc au verso. Un exemplaire de cette édition se trouvait dans la bibliothèque de M. Coste, de Lyon. C'est sans doute la même que celle décrite par Hain au numéro 1832.

E. — On connaît une autre édition de VA rs moriendi imprimée aussi vers 4i80 et ornée de quatorze figures. Dans V Index librorum du P. Laire (n° 231), elle est annoncée sous ce titre : A rs moriendi ex variis scripturarurn sententiis collecta cum figuris ad resistendum in mort is agone diabolicœ suggestioui, ce qui, selon Brunet, paraît se rapporter à l'article 2 du numéro 1252 d'Ebert, si toutefois le texte a trente lignes. Elle est in-quarto et compte quatorze feuillets.

F. — Ars moriêdi ex va\\rijs scripturarû sentettis collecta^cû figuris... In-quarto, sans lieu ni date, en quatorze feuillets, avec le même nombre do gravures. Les pages du texte ont de trente et une à trente-deux lignes en caractères gothiques (Hain, n° 1833). Imprimée avec les mêmes caractères que celle décrite par Hain sous le numéro 1832 (notre édition D ci-dessus).

G. — Une autre édition imprimée avec les mêmes figures, mais en plus gros caractères; elle se distingue do la précédente par cette remarque qu'à la dernière ligne du troisième feuillet, le mot consideret est imprimé côsiderct. Ebert dit à tort que les caractères de cette édition sont les mêmes que ceux de la précédente, et Brunet l'a répété, sans avoir consulté la description détailléo donnée par Hain (n° 1834).

IL — M. Wcigel cite (n° 2i2) une édition typographique inconnue de VArs moriendi, sans lieu ni date (à Leipzig, chez Conrad Kachelofen). Elle a quatorze feuillets; dans l'exemplaire Wcigel, manquaient les feuillets 1, 8, 9, 10, 13 et 14.

I. — Au numéro 213 du même catalogue, est décrite une autre édition inconnue du même ouvrage, exécutée par le même imprimeur que la précédente, mais moins ancienne. Elle consiste en quatorze feuillets; il y a quatorze figures et treize pages de texte petit in-quarto. \ la page 1, le titre : Ars moriêdi ex va\\rijs scripturarû sentent iis collecta || cû figuris ad resistendn in morlis | agone dyabolicc sugestioni vatès^cuilibel christ i fideli. v tilts ac mid-\\tum necessaria. Les figures sont les mêmes que celles de l'édition précédente, et s'accordent pour lo reste en partie avec l'édition A princeps de Weigel, en partie avec

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colles de la septième édition xylographique. La gravure en est un peu dure, mais ello accuse une certaine originalité*. La première figure représente un pénitent qui se confesse à un religieux, et que deux anges accompagnent; à gauche, un démon suivi de six personnages. La seconde image nous montre la communion du mourant, et l'on n'y voit aucun diable. Les onze piècos suivantes offrent les sujets déjà connus, avec cette différence quo le mourant est à gauche dans les dix premières planches, et à droite dans la onzième. D y a dans la cave quatre tonneaux, sans pot ni valet. La figure qui est au verso du dernier feuillet en rappelle une qui fait partie de certains exemplaires de la septième édition : elle représente un ange pesant les âmes (voir plus haut, p. 46).

Je possède do cette édition de Leipzig l'exemplaire même de Weigel (388 fr.); il est relié en maroquin vert. Le même livre se trouve aussi à la Bibliothèque nationale.

J. — Les figures de l'édition précédente, ainsi que le titre et les caractères, reparaissent dans une édition typographique du même ouvrage conservée à la bibliothèque de l'université de Leipzig, édition que l'on attribue à Conrad Kachelofen qui imprimait dans cette dernière ville de 1489 à 1495.

K. — Weigel possédait aussi (n 4 244, vendu 356 fr.) une édition typographique allemande, imprimée à Leipzig en 1494 : Ein loblich vnd nulzbar\\lich buchelein von dez sterben. .. A la fin : . . . gedruckt tzu leip-\\tzigkNach christi geburth Im xciiii. Iar. In-quarto, de seize feuillets, sans chiffres ni réclames, mais avec quelques signatures. Le texte est une traduction en dialecte saxon do celui de l'édition A do Weigel. Les figures sont les mêmes que celles des éditions de Leipzig ci-dessus; il en de même pour les caractères et le papier.

L. — M. Berjeau décrit, dans son Bibliophile illustré, 1863, page 21, une autre édition typographique, avec texte allemand, imprimée à Leipzig, en 1496, et dont un exemplaire est conservé au Muséo britannique. C'est sans doute la même que celle citée par Grasse, sans aucun détail. En voici le titre : Einloblichvndnutsbarlich buchlein vonl\dem

sterben Au recto du f. Ciij : Hie endet sich dus bucheleyn genannt

das || bucheleyn des sterbens gedruckt tzu Leyp - 1| czigh Nach christi geburt /mxcvi. Iar. In-quarto, avec les mêmes gravures que la précédente.

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M. — Une autre édition typographique allemande a été imprimée par Melchior Lotter, à Leipzig, en 1507, sous ce titre : Eyn loblich vnnd || nutzbarlich buchlein vô dem ster^ben. . . A la fin : . . . gedruckl tzu Leyptsk Nach\christi geburth M.cccgc.vij. Jar. durch Mel-$ chior Lotter. Petit in-quarto, de quinze feuillets, sans chiffres ni réclames, mais avec signatures. Même texte que celui de l'édition précédente. Planches avec légendes en latin, identiques avec celles des éditions de Kachelofen. Dans la collection Weigel s'en trouvait un exemplaire complet (n" 245, vendu 278 fr.).

On connaît trois éditions latines imprimées à Nuremberg et Landshut, par Jean Weyssenburger, et deux éditions allemandes :

N. — La plus ancienne est intitulée : Ars moriendi ex Q Varijs sententijs collecta cum Figuris ad resistendum\in mortis agone diabolice suggestioni. . . A la fin (recto du f. 13) : Tmpresstim Nûrmberge p Ven. dhm Jo. W. Presbïvn. Petit in-quarto, de quatorze feuillets, sans chiffres ni réclames, mais avec signatures. Texte identique jusqu'aux fautes avec celui des éditions de Leipzig. Les figures, d'un travail grossier, diffèrent dans les détails. Elles se rapprochent de celles de l'édition xylographique de Weigel dite princeps. Heinecken pense que cette édition a paru vers 1504. Weigel en possédait un exemplaire complet (n° 246, vendu 2i8 fr.).

0. — La deuxième édition latine imprimée dans la même ville par Weyssenburger, en 1512, porte le même titre que la précédente, sauf que le mot diabolice est écrit dyabolice. A la fin, on lit : Impressum Normbcrge oppido Impe-\riali : in officina dhi Joannis Weyssenburger. Anno salulis. 1512. Petit in-quarto, de quatorze feuillets. Quelques différences dans les gravures avec l'édition précédente. Exemplaire complet chez Weigel (n° 247, vendu 260 fr.).

P. — Dans l'édition imprimée par Weyssenburger à Landshut, en 1514, le titre est le même que dans celle de 1512 ci-dessus, mais autrement disposé. On lit à la fin : Impressum in ciuitate Landesutens' . Du\\cali : in officina dhi Joànis Weyssen-^burger. Anno salutisAMi. Petit in-quarto, de quatorze feuillets. Exemplaire complet chez Weigel (n« 248, vendu 315 fr.).

J'ai acquis à la vente Tuflon l'édition suivante qu'Heinecken, Brunet et Weigel ne mentionnent pas; elle est en allemand.

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Q. — Titre : Eyn loblich vnd \ nutzbarlich puchelein von dem sterbenfwie ein ytzlich christen mensch recht in waren ctonsten H glauben sterben soljvnd der anfechtung des bô\\sen geystes widerstehen. . . Au verso du f. 15, au-dessous d'une prière à saint Michel : Gedriickt zû Nùnnberg durch Hcr Hansen Weyssenbûrgen A m erichtag nach Letare Im neionten Jar (1509). La page on regard contient une marque composée d'un globe surmonté d'une croix terminée d'un côté en forme do la moitié d'un fer de flèche, et accompagnée des lettres Jfë-f et ^tyj , chiffre de l'imprimeur, le tout en blanc sur fond noir. Petit in-quarto, gothique, de seize pages, contenant treize figures sur bois. La première représente le malade dans son Ut, recevant la communion; il y a des légendes sur des rouleaux. A la fin, l'ange tenant les balances dont nous avons déjà parlé. Les onze autres figures n'ont pas de rouleaux; le mourant y est tantôt à gauche, tantôt à droite, mais elles offrent cette particularité qu'elles sont ontourées d'arabesques assez médiocres. On y voit des fleurs, des fruits, des mascarons, etc., et répétée plusieurs fois la fable de Pyrame et de Thisbé. Ces figures, inspirées par celles des éditions de Leipzig, sont de composition différente.

R. — Une autre édition allemande imprimée par Jean Weyssenburger àLandshut, en 1520, porte ce titre: Von dem sterben ein^nùtzbarlich buchlein voie ein yder christen mensch recht jn toarem christen

glaubê sterbë\\ sol On lit à la fin : Gedrucht zît Landszhùt an dem

vierdë tag des^AprilensM. ccccc. vnd xx. Jar Durch\Johann Weysseuburger (sic). Au-dessous, la marque de l'imprimeur. Petit in-quarto, de quatorze feuillets. Même figure au titre que dans l'édition de Weyssenburger de 1504. Exemplaire complet chez Weigel (n°250).

Nous mentionnerons encore une édition latine du Spéculum artis bene moriendi. Elle n'a pas de date. Le catalogue Weigel (n°249) la place entre les années 1480 et 1490. On Ut sur le titre : Speculû artis bene moriedi || de tempiatÔnibus-penis infernalibus interrogatuibus ago^nisantium-et variis oratbnibus pro illorum sainte faciendis. Petit in-quarto, de seize feuillets. A la suite du titre, une gravure sur bois. Le texte est un développement de celui de YArs moriendi.

Grasse cite aussi une édition allemande in-quarto, sans lieu d'impression, mais avec la date 1497.

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Nous signalerons enfin une édition allemande : Kunst wol zu sterben. . . , ouvrage rédigé par Adam Walasser ; Dilingen, J. Mayei\ 1572, in-8", avec figures sur bois imitées de celles de Y Ars moriendi. La dédicace du volumo est datée do 1569. Il a été réimprimé dans la même ville en 1579, 1585, 1603, et à Sulzbach en 1688.

Le texte latin de toutes ces éditions typographiques est identique avec celui des éditions xylographiques. Il diffère complètement de celui d'un traité de Y Ars moriendi qui lui est antérieur et qui a été rédigé au commencement du quinzième siècle par Mathieu de Krokov, cardinal allemand (voir plus loin, kY Appendice).

Les bibliographes qui se sont spécialement occupés de cette question n'ont pas parlé d'un troisième texte de Y Ars moriendi, composé par Jacques de Clusa, moine de la chartreuse d'Erfurt, mort en 1465. Il est intitulé : Tractatus Doctoris Iacobi ordinis carlhusiensis De arte bene moriendi. Hain en signale deux éditions (n M 9339,9340), dont l'une de Leipzig, sans date, et l'autre imprimée dans la même ville en 1495, par Arnold de Cologne. Cette dernière a été indiquée dans le catalogue Chedeau (1865) comme étant ornée de figures sur bois, et on lui a attribué ce titre : Ars moriendi ex variis scripturarum sentenUis collecta cum figuriSj qui est celui de plusieurs éditions décrites ci-dessus. Apparemment ces deux ouvrages se trouvaient réunis sous la même couverture, et le rédacteur du catalogue a copié le titre de l'un et le colophon de l'autre.

ÉDITIONS IMPRIMÉES EN HOLLANDE

On cite trois éditions de YArs moriendi avec texte hollandais {Dat Sterfboeck). La plus ancienne est celle de Delft, 1488, in-4*, goth.", de 168 ff. à 28 lignes par page ; la seconde a été imprimée à Zwolle, par Pierre van Os, aussi en 1488, in-fol., goth., de 97 ff. à 2 col.; la troisième est sortie des mêmes presses en 1491, pet. in-fol., goth.. de 84 ff. à 2 col. Weigel, qui possédait de celle-ci un exemplaire incomplet de deux derniers feuillets, dit que les figures sont des copies très fidèles et très réussies de celles de son édition dite princeps, mais que la gravure en laisse à désirer. Le texte est une imitation développée de celui des éditions xylographiques.

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ÉDITIONS IMPRIMEES EN FRANCE

Nous placerons en tète une édition connue depuis peu de temps et qui probablement a été imprimée en France. Elle a d'abord figuré à la vente Libri à Londres, en 1802 ; un autre exemplaire {peut-être le même) en a reparu à celle do Randin et Rostain, de Lyon, faite par les soins de M. Claudin, savant libraire-expert (1876), et il fut acquis par le Cabinet des estampes do Paris au prix de 400 francs.

C'est un petit in-quarto, gothique, sans lieu ni date, de vingt feuillets, avec onze planches xylographiques, signées toutes des initiales : I. D. L'intitulé du livre, en deux lignes, porte :

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