‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 30 sur 119 · LIVRES X Y 1-0 GRAPHIQUES · texte numérisé non relu

LIVRES X Y 1-0 GRAPHIQUES

celui de la bibliothèque de l'abbaye de Gottwic ou Kettvein (Autriche), et celui de la bibliothèque de Hanovre (incomplet).

Cette deuxième édition a été vendue : Verdussen, 250 florins; La Vallière, 780 francs ; Crevenna, 430 florins ; Mac Carthy, 750 francs.

C. — La troisième édition se reconnaîtrait à la hache que Ton voit sur la planche chiffrée .t. (29' pl.) représentant la Résurrection de Notre-Seigneur : il n'y a qu'un seul point sur cette hache, tandis qu'il y en a trois, disposés en triangle (.-.), dans l'édition précédente. L'ornement de la planche .k. (30* pl.) est le même, mais la tiare d'Aaron pl. .p.) n'a qu'un bouton de cette façon :

et sur la planche .q., l'ornement est ainsi fait :

Heinecken cite de cette édition deux exemplaires dans la collection Gaignat, lesquels, selon Sotheby, appartiennent à deux éditions différentes (voir plus loin ).

D. — La quatrième édition serait celle qui n'a point de lettres pour marquer les planches. « Peut-être est-ce la plus ancienne, » dit Heinecken qui en cite l'exemplaire de la bibliothèque de Vienne, incomplet de la première planche.

E. — La cinquième édition d'Heinecken est facile à distinguer : elle compte cinquante planches. Les quarante anciennes auraient subi des changements aux figures et au texte. Elles sont numérotées par deux sortes do lettres : grandes, vingt-cinq planches ; potites, suivies d'un point, vingt-cinq planches. Heinecken (pl. 7) a donné un fac-similé de la dernière.

On le voit, les différences constatées par Heinecken pour les quatre premières éditions n'offrent pour ainsi dire aucune importance au point do vue iconographique, car elles ne portent ni sur le dessin ou la gravure de l'ensemble des planches ni même de quelques-unes d'entre elles, mais seulement sur certaines particularités secondaires.

BIBLE DES PAUVRES

b. CLASSIFICATION DE SOTHEBY.

Sothcby, qui a eu la bonne fortune de pouvoir étudier un plus grand nombre d'exemplaires (une quinzaine), s'est livré à un travail minutieux de comparaison, page par page, ligne par ligne, trait par trait '. Il a soigneusement noté les moindres cassures des planches xylographiques, le plus ou moins d'épaisseur des ombres portées, la disposition des traits indiquant le feuillage des arbres, etc., etc. Contrairement à Heinecken qui attribue à l'art allemand toutes les éditions en quarante planches, Sothcby se prononce pour l'origine hollandaise de ce livre, mais il ajoute que l'une de ces éditions, et c'est précisément celle qui occupe le premier rang dans le classement d'Hcinecken, porte visiblement l'empreinte de l'art allemand, et, comme telle, doit être reléguée au dernier plan. Nous nous empressons d'ajouter quo le jugement de Sothcby, sur cette dernière édition, ne nous semble pas pouvoir être admis comme étant sans appel.

11 n'est pas aisé non plus de dégager, des descriptions données par Sotheby, un ensemblo do traits caractéristiques qui permettent de distinguer sûrement entre elles les différentes éditions de son classement; le savant iconophile anglais s'est abstenu de nous offrir une synthèse de ses observations, et personne après lui n'a encore essayé de débrouiller complètement ce chaos : nous ne nous sentons pas non plus le courage de nous engager dans cette voie hérissée de difficultés, et nous nous bornerons à présenter un résumé rapide du classement en question.

D'après Sotheby, les éditions en quarante planches do la Bible des Pauvres seraient au nombre de sept; les six premières appartiendraient à la Hollande ou aux contrées voisines ; la dernière, à l'Allemagne.

A. — Cette première édition, qui correspond à la seconde d'Heinecken, se distinguerait non seulement par la supériorité du dessin et de la gravure, mais surtout par lo caractère uniforme des planches et du tirage. Sotheby adonné des fac-similés de la première et de la dernière planche (t. I, pl. x et xn). 11 a eu sous les yeux deux exemplaires de

\. rrincipia typop-aphica, t. I, pp. 43-6S'; l. Il, pp. 51-62 ; t. III, pp. 25 et IS6-I87.

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cette édition : celui d'Inglis, auparavant chez M. Horn et aujourd'hui en la possession de M. Holford (vente Inglis, 1826, 36 L. 15 s., acheté par lord Vernon, d'où il passa chez Holford), et celui de lord Pembroke. Notre Bibliothèque nationale en possède aussi un exemplaire, reconnu comrao tel par Sotheby lui-même, mais qui néanmoins ne paraît pas pouvoir être identifié avec la seconde édition d'Heinecken.

B. — Dans cette édition, qui n'a pas été décrite par Heinecken, vingtquatre planches seraient a peu près les mornes que dans celle ci-dessus, et seize autres n'offriraient que des copies des planches correspondantes de la première. Sotheby a donné des fac-similés de la première et de la dernière planche (t. I, pl. xr et xm). A cette édition appartiendraient les exemplaires suivants : a, celui de lord Spencer (A) provenant de la collection sir Arthur Paget; /», celui du Musée britannique, bibliothèque royale, provenant de la collection Gaignat (n° 113 de son catalogue), imprimé an frollon; c, un autre du même Musée, ayant successivement appartenu au comte Lucca(182G)età M. Ker à la vente duquel (1848) il a été payé 89 L. 5 s. : il est imprimé A la presse et colorié; ef, celui provenant de la collection Renouard, aujourd'hui chez M. Loscombe, de Clifton ;e, celui de Botfield.

C. — Cotte édition se rapprocherait beaucoup de la seconde d'Heinecken, et elle aurait été gravée par la même main que la troisième édition xylographique de /VI pocalypse décrite par Sotheby (voir plus loin). A cette édition appartiendraient les deux exemplaires suivants : a, celui du Muséo britannique, ayant successivement fait partie des collections Gaignat (n° 112 de son catalogue), Mac Carthy et lord Grenville; il est imprimé au frotton; 6, celui du duc de Dovonshiro (acheté 210 L. à la vente Edwards).

L'exemplaire que possède notre Bibliothèque nationale avait appartenu au pape Pie VI. Il a une reliure italienne assez élégante de style Louis XVI; dans un rond, on lit : AMOR L/ETITIAQUE POPULI; sur le second plat:PIUS SEXTUS; dans l'intérieur, on voit un titre manuscrit : HISTORLE NO VI TESTAMENTI, avec les armes pontificales. Suit une notice manuscrite sur ce livre, dans laquelle on en signale quatre éditions.

D. — Cette édition correspond à la troisième d'Heinecken. Sotheby a examiné l'exemplaire de lord Spencer (B), et celui de la bibliothèque Bodléienne, à Oxford, qui provient de la collection Masterman Sykes et

BIBLE DES PAUVRES

ne contient que les vingt premières papes (vente Sykes, 1824, acheté par Thorpe 18 L. 17 s. 6 d., revendu 7 L. 7 s. à Rodd, qui l'a cédé à Douce, de chez qui il passa à Oxford).

E. — Édition non décrite par Heinecken. Certaines planches seraient des copies de celles des première et troisième éditions ci-dessus. Sotheby n'en a vu qu'un exemplaire, celui du Musée britannique, Cabinet des estampes (Prinl Room), ayant appartenu précédemment à Woodburn, à Cunningham et à Smith ; il est imprimé « la presse.

F. — Selon Sotheby, cette édition, non décrite par Heinecken, aurait été exécutée dans une autre localité que les cinq précédentes. Il n'en a vu que l'exemplaire conservé à la bibliothèque Bodléienne, à Oxford.

G. — Cette édition, qui correspond à la première d'Heinecken, aurait été exécutée en Allemagne, et elle no serait qu'une grossière copio do la précédente. Sotheby a donné des fac-similés de la première et de la dernière planche (t. II, pl. lxvi et lxvii), d'après l'exemplaire ayant alors appartenu à Lea Wilson, et qui depuis a passé chez lord Vcrnon. Il s'en trouve un autre exemplaire à la bibliothèque du Corpus Christi Collège, à Cambridge (signalé à tort par Heinecken comme étant à Oxford). Notre Bibliothèque nationale en possède un aussi.

Sotheby n'a pas admis l'existence indépendante de l'édition désignée comme quatrième par Heinecken. Il a constaté en outre que, dans les exemplaires Inglis (1" édit.), Sponcer (A) etLucca{2* édit.), Grenville (3* édit.), Sykcs(i'édit.), Musée brit.(5 0 édit.), appartenant à des éditions différentes, les lettres n, o, r, », du second alphabet, ne sont pas placées entre deux points, co qui, selon Heinecken, n'aurait lieu quo dans les exemplaires de l'édition qu'il désigne comme étant la première.

Sotheby, à l'exemple de son devancier, fait aussi des réserves sur la sûreté de son propre classement, et il ajoute qu'il doit sans doute exister d'autres éditions quo celles qu'il a décrites.

H. — La cinquième édition d'Heinecken passe au rang du huitièmo d'après Sotheby, mais les deux iconographes sont d'accord qu'elle appartient à l'art allemand.

Nous avons vu que le classement d'Heinecken ne s'appuyait que sur certaines particularités secondaires qui supposeraient seulement des retouches aux planches, mois non point leur changement, soit total, soit partiel; Sotheby est allé plus loin, car il a cru reconnaître quo les

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six éditions hollandaises qu'il décrit ont été tirées, tantôt en totalité, tantôt en partie, sur des planches toutes différentes. Il est à remarquer, toutefois, qu'il n'a reconnu qu'un type unique dans ces six éditions, dont la première offrirait l'original, et les suivantes, des copies plus ou moins parfaites.

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