C. CLASSIFICATION DE M. BEHJKAC
M. Berjeau, dans l'ouvrage cité plus haut, tranche la question dans un tout autre sens. Après avoir soigneusement examiné les exemplaires conservés au Musée britannique, ainsi que plusieurs autres, il combat la classification d'Heinecken et de Sotheby, et arrive à cette conclusion que les exemplaires, qui selon ces deux iconographes constituent quatre ou six éditions différentes, ne représentent en réalité que des tirages différents d'une édition unique, exécutée dans les Pays-Bas. M. Berjeau, s'appuyant d'ailleurs sur l'opinion de Chatto', fait observer que les différences signalées, et qui consistent en partie dans la présence ou l'absence d'un trait, d'un point, dans l'aspect plus ou moins doux des gravures, etc., peuvent suffisamment s'expliquer par les conditions différentes de papier, d'encre et de tirage, sans qu'on puisse se croire autorisé à y voir l'emploi de nouvelles planches. Il insiste surtout sur le tirage dont les effets varient sensiblement selon qu'il a été fait au frotton ou à la presse. En ce qui concerne certaines variantes dans les ornements d'architecture, dans le feuillage des arbres, etc., M. Berjeau les attribue à des substitutions de nouveaux morceaux de bois gravés, au moyen desquels on aurait remplacé, dans les planches originales, les parties détériorées par les tirages précédents ou autrement, usage d'ailleurs confirmé par l'examen do quelques-unes des planches de certains monuments primitifs de xylographie qui se sont conservées jusqu'à nos jours. La Bible des Pauvres, ajoute le même savant, a été exécutée et publiée peu de temps avant l'invention de l'imprimerie ; à partir de cette époque, la production des livres xylographiques s'arrêta presque complètement, et les anciennes planches furent sciées en morceaux pour être employées à illustrer des ouvrages typographiques : si donc il avait réellement existé six éditions hollandaises différentes de la