‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 53 sur 119 · CONCEPTION DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

CONCEPTION DE JÉSUS-CHRIST

double, provenant de cette dernière, a «t«S payé 1,255 francs à Augsbourg. en 1S58, pour la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg.

L'exemplaire de la collection Weigel (n° 281 ), qui a atteint en 1872 le prix de 1,502 thalers (4,130 fr. 50), était de cette édition, bien que le catalogue ait oublié de mentionner qu'il porte la date de 1470.

Seconde édition.

Elle compte vingt-huit feuillets petit in-folio, imprimés d'un seul côté, à l'encre brune, dont chacun porte au bas, dans la bordure, une grande initiale gothique en guise de signature ( A à Z; les lettres A K Z sont répétées deux fois). Cinq pages (la première, la vingt-deuxième et les trois dernières) n'ont que du texte ; chacune des autres contient deux gravures, excepté la dix-huitième (seconde signée K) qui n'en offre qu'une, la Nativité, ce qui fait en tout quarante-cinq sujets. Ceux des quatre premières figures de l'édition précédente, représentant les docteurs de l'Église, de même que douze autres sujets, n'ont pas été donnés dans celle-ci, où, par contre, on en trouve deux nouveaux : celui du bas de la planche signée ©, qui représente saint Macaire, et le premier de la planche 1J, qui représente Jupiter métamorphosé en taureau surprenant Europe.

Les figures de cette édition ne doivent, à celles de 1470, que la communauté des sujets qui ont été traités différemment. Le dessin en est suffisamment correct, mais la gravure confine davantage à l'imagerie. Les légendes sont presque identiques.

La première page commence ainsi : Magnarum rerwn yfundilas \\ Quamuis salins et si'pintelle = || ctualis lucis irradiacione sit ||

vimanda Elle offre trente lignes de texte. L'ordre des sujets

n'est pas le même que dans l'édition précédente : le premier de celle-ci correspond au quatrième de la planche XIV de l'autre, et le dernier au troisième sujet de la planche XII. Le texte de la dernière page nous fait connaître en mém'e temps le nom de son auteur, et aussi celui de l'imprimeur du volume. Voici les lignes concernant le premier, que nous reproduisons sans abréviations : Quas ad laudes virQht is gloriose Reverendus paterfraterFRAsascvH de Resza, ordinis fratruni 2»°edi

LIVRES X YLOGRAPHIQl'ES

catomm sacrequc théologie doctor, in unum opusculum redegii ut subjecta ocuiis fonna etiam aniun sit oblectacîo legentibus per oculis habita niemorie impressio et dévote ampleocantibus ad vite eterne beatiludinem adepcio. Le nom de l'imprimeur est indiqué dans le colophon suivant : Johannes eysemiut impressor || Anna ab incarnacbis dhice M" \ quadringentesimo septuagesirao i" (1471). Le dominicain François de Rel/a (nom tiré* d'une petite localité en Autriche), professa pendant trente-cinq ans à Vienne et mourut en 1425. On croit qu'il n'est l'auteur que du commentaire additionnel occupant les cinq pages entières de cette édition, et non point des syllogismes inscrits sur les figures et empruntés à l'édition de 1470. On lui doit aussi un gros volume de théologie morale, intitulé : Comestorium vitiorum, qui est le premier livre daté (1470) imprimé à Nuremberg. On ne possède aucun renseignement sur le graveur-imagier Jean Eysenhut, et on ignore même dans quelle ville il a exercé. En tout cas, il est bien certain que son édition de la xylographie dont nous nous occupons a vu le jour en Allemagne et nullement dans les Pays-Bas, comme le prétend Waagen, qui la place chronologiquement au premier rang, ce à quoi sa date s'oppose absolument.

Cette édition, également inconnue à Heinecken, a été décrite pour la première fois par Jacobs et Ukert 1 , d'après l'exemplaire complet de la bibliothèque ducale de Gotha; ensuite par Falkenstein', qui l'a mise en parallèle avec l'édition décrite par Heinecken ; enfin par Sotheby, qui a donné le fac-similé de la première, de la deuxième et de la dixhuitièmo page, d'après l'exemplaire non colorié du Musée Britannique, dépourvu des deux dernières pages (acquis en 1854). En dehors de ces deux exemplaires, Brunet en signale un troisième, payé 800 francs, à Paris, en avril 1858, à la vente de M. Martelli, de Florence. Nous croyons qu'il est au Musée de Berlin.

Passavant, en parlant de cette édition 3 , l'a, par une singulière inadvertance, confondue avec celle décrite par Heinecken, dont nous allons nous occuper.

1. Beitriige :ur tïtteren Ltteratur; Leipzig, 1835: t. I. ji. 98-114.

2. G«schichledtrBuchdruckerkuru(;Vt\[>iig, 1840; iu-4, p. 34-38.

Page 1