‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 52 sur 119 · I.IVHES XYl.lMillAl'HIOt'KS · texte numérisé non relu

I.IVHES XYl.lMillAl'HIOt'KS

DKFKNSOHIL'M IN VIOLAT. K VIRGLNITATIS H. V. MAltl.E

m: (iknkratiom: uirimi Dr rininmcvlêc Conception de Jdsus-Chrid .

Les Alitions de ce livre singulier étant dépourvues de titre, on lui on a appliqué plusieurs, et souvent erronés. Il a été désigne sous les dénominations suivantes : Historia lieata- Virginia Marin' ex Erangelislis et I'atribus excerpta et per figuras demonslrala; Defensorîum inciolat<e Heatw Mar'ue Virginis; Defensio immaculœ cunceptionis li. V. M.; — De Maria- Virginis intemerata generatione Christi. Il est essentiel de faire remarquer qu'il n'est nullement consacré à l'histoire de la saint»; Vierge et qu'il ne s'occupe point de son immaculée conception, ruais exclusivement de celle de Jésus- Christ.

Après avoir invoqué l'autorité de saint Amhroise, de saint Augustin, de saint Jérôme et de saint Grégoire, l'auteur du texte cherche à démontrer l'immaculée conception de Jésus-Christ par voie de comparaisons, les unes plus extraordinaires que les autres, puisées sans distinction aux sources sacrées et profanes. Parmi les auteurs qu'il cite en faveur de sa thèse, Job et E/échiel se trouvent à coté de Boèee et de Justin, saint Augustin fraternise avec Térence et Ovide, Albert le Grand donne la main à Tite-Live. saint Isidore va de pair avec Zoroastre, qui sont censés se prêter un appui mutuel. On y a juxtaposé*, sous forme de distiques latins, des sujets empruntés a l'histoire naturelle, à la mythologie, aux croyances chrétiennes et des arguments tirés des pères do l'Eglise, des poètes et des historiens pour affirmer la possibilité physique et morale d'une conception miraculeuse. I'our donner une idée de l'excentricité de h\ démonstration qu'on en prétend faire, il suffira de citer quelques exemples :

Si Cyrus >t fiiitcnhi mitrilns tinrd,

l'ut l'hrisliiHi jut'iiritlu Yn'j" mtl <j-ioi<nrt>

CONI.LI'TIO.N DK JtSLS-ClllUST l'H

Si Cyrus a pu être allaité par une chienne, pourquoi une jeune Vierge n'aurait-elle pu engendrer le Christ?;

Si oui strn:-i<mis sol eucubare valet

Cur veri m>U$ opcn Virgo non générant?

iSi le soleil l'ait (-clore des œufs d'autruche, pourquoi la Vierge n'aurait-elle pu engendrer par l'effet du vrai Soleil?)

Si socios Dyoïiiedis aves facto* appant,

Cur Hwkmptorem hominis Vi"jo non générant?

( S'il est constant que les compagnons de Diomèdc ont été changés eu oiseaux, pourquoi la Vierge n'aurait-elle pu engendrer le Rédempteur du genre humain ?,

Postérieurement, dans des éditions typographiques, un commentateur a trouvé bon d'appuyer ces arguments à l'aide de nouveaux exemples qui se valent. En rapportant que saint Augustin affirme la vérité do la métamorphose des compagnons de Diomèdc en oiseaux, il ajoute : « ce qui n'est pas plus merveilleux que ce que nous savons des abeilles et des scarabées qui naissent de la chair putréfiée des boeufs et des chevaux, ainsi que des scorpions qui sont engendrés par les éerevisses. >■

Ce livre est d'origine germanique et il en existe plusieurs éditions xylographiques et typographiques que nous allons passer en revue.

ÉDITIONS XYLOGRAI'IIIOTKS

Première édition.

Cette édition compte seize feuillets petit in-folio, imprimés d'un seul côté, au frotton, à l'encre brune. Les deux premières pages ont chacune deux figures qui représentent : saint Ambroise, saint Augustin, saint Jérôme et saint Grégoire, tous coiffés de bonnets de docteur. Les quatorze planches qui suivent sont divisées en quatre compartiments, sauf la septième qui n'en a que trois, et chaque compartiment contient une figure avec quelques lignes de texte au-dessous. Le nombre total de sujets est de cinquante-neuf. Ces seize feuillets forment huit cahiers

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dont chacun porte, dans la marge du Tond, en guiso de signature, une grande initiale gothique (A à H), moitié sur une page, moitié sur la paire en regard.

Il ne serait pas sans intérêt de transcrire tous ces distiques étranges qui ont servi de thème à l'illustrateur, mais comme les différences enlre les éditions xylographiques sont tranchantes à première vue, nous nous dispenserons de donner la liste des sujets, qu'on trouvera, d'ailleurs, pour cette édition, dans l'ouvrage de Sothebv (t. II. pp. 03-71).

Ijc texte de celte édition est en gothioi e ci-rsivk, imitant l'écriture.

Il commence ainsi : AMbrosins In exatuer' \\ libro secundo A

la même page, au bas du deuxième compartiment, on trouve cette inscription : f £ ,\t> . (1470). Ces initiales V. W. désignent

incontestablement le peintre Frédéric Walthern, de Nordlingen, le dessinateur d'une édition allemande de la Bible des Pauvres que nous avons décrite plus haut p. 1)2).

Waagcn' et Renouvier 1 placent cette édition au second rang, avec cette différence (pie le premier la considère comme antérieure à celle décrite par Ileinecken ( voir plus bas), et le second, comme postérieure. « La taille, dit-il, a des hachures plus multipliées, les figures y sont exagérées, grimaçantes et chargées de détails puérils étrangers aux autres éditions. Saint Augustin a des lunettes, un lapin se réfugie sous les jambes de Danaé, représentée, elle aussi, comme exemple de grossesse immaculée. C'est par de pareils traits que l'esprit allemand se trahit. » Ce jugement a été trop hâtif, car Renouvier ne s'est point aperçu qu'à la page précédente il avait déclaré que l'édition décrite par Heinecken est imprimée à la presse, en caractères mobiles et à l'encre noire, ce qui la rend forcément postérieure. Son article dans son entier, d'ailleurs, laisse à désirer. Heinecken n'a pas connu cette édition. Sothebv a donné les fac-similés de la première et de la dernière page, d'après l'exemplaire colorié du Musée Britannique, acheté pour la somme de 1,000 francs à la vente Delessert, en 18iS.

La Bibliothèque nationale en possède un très bel exemplaire, non colorié, et il s'en conserve un autre à la bibliothèque de Munich. Un

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