‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 66 sur 119 · QUATRE PREMIÈRES ÉDITIONS · texte numérisé non relu

QUATRE PREMIÈRES ÉDITIONS

Toutes les controverses bibliographiques et iconographiques roulent exclusivement autour de ces quatre éditions, parce qu'elles sont dépourvues de toute indication de graveur, d'imprimeur, de lieu et de date; c'est pourquoi nous les détachons de l'ensemble pour la clarté de notre démonstration.

On a d'abord discuté la question de savoir si le texte de ces éditions a été, comme les vignettes, grave sur bois et sur planches fixes ou bien s'il a été imprimé en caractères mobiles. L'existence seule de ces quatre éditions ayant les mêmes gravures, mais présentant des différences de caractère et de composition, exclut l'hypothèse de l'emploi exclusif du procédé xylographique, car il est inadmissible qu'on ait gravé des planches de texte si différentes pour chaque édition. Au surplus, on a remarqué, surtout dans les éditions latines du Spéculum, qui sont en vers, que les bouts des lignes courtes ont été complétés, tantôt par une réunion de lettres quelconques, tantôt par des mots entiers n'ayant aucun rapport avec le texte, et destinés seulement à soutenir ces lignes à l'impression. Pour la plupart, ces remplissages ont été masqués au tirage et ne marquent pas en noir sur le papier, mais la trace en est visible à sec, par suite de la pression. Cette double opération n'aurait évidemment pas eu lieu si l'impression avait été xylographique.

Meerman, Fournier \ Léon deLaborde s et d'autres ont soutenu que les Spéculum en question ont été exécutés avec des caractères mobiles de bois, mais des spécialistes compétents, et principalement Auguste Bernard, le savant historien de la typographie 3 , ont démontré que pratiquement la chose était impossible pour un livre entier par rapport

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