‹ Manuel de l'amateur d'estampes (volume 2)Chapitre 86 sur 119 · LE LIVRE DE L'ANTECHRIST · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE L'ANTECHRIST

{Der Enndhrist.)

Il y a de cette xylographie plusieurs éditions, encore insuffisamment étudiées. Celle qui est considérée comme première est un petit in-folio, de vingt-six feuillets imprimés d'un seul côté, au frotton, à l'encre grise. Le volume commence par une sorte de préface : Rie hebt sich

ann von dem entkrist Viennent ensuite vingt-cinq pages à images,

dont la première et les cinq suivantes sont à un sujet, et les dixneuf autres à deux sujets.

On trouve dans l'ouvrage de Falkenstein un fac-similé de la sixième page de dessin, et dans celui de Sothcby (t. n, p. 38-46) un facsimilé de la deuxième page de dessin, d'après l'exemplaire do lord Spencer, incomplet du premier feuillet.

Heinecken cite de cette édition l'exemplaire du comte Pertusati, actuellement dans la bibliothèque Brcra, à Milan, et celui de la bibliothèque de l'évèché de Passau, l'un et l'autre incomplets. 11 donne aussi la liste de tous les sujets.

Le jugement porté sur cette œuvre par l'iconophile saxon ne mérite d'être rappelé qu'au point de vue de la critique d'art rétrospective. « Les figures, dit-il, quoique toujours d'un goût gothique, sont cependant dessinées avec plus d'intelligence; aussi la gravure n'est-elle pas si grossière que celle des Cantiques. »

Il y a tout un abîme entre cette appréciation et celle do Renouvier 1 . « Les sujets, dit-il, ne sont point encadrés de portiques ogivaux ; l'ordonnance en est sans art; les plans mal entendus; les édifices rares, très pointus et maladroitement faits; les costumes peu soignés; la plupart des personnages, parallèlement alignés, visent au laid dans leur expression ; l'esprit n'y vient point corriger la rudesse de la taille, et pourtant un ami déterminé du gothique ne le trouverait pas sans originalité. »

1. Histoire de l'origine el des progréi de la gravure, p. 94.

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L'Histoire de l'Antéchrist est suivie de douze feuillets, imprimés également d'un seul côté, et consacrés au traité ascétique de Quinze Signes du Jugement dernier. La première page et les deux dernières n'ont que du texte, en haut allemand, en dialecte saxon ; les pages intermédiaires offrent une série d'images, au nombre de seize, dont les quatorze premières sont placées à raison de deux par page. Sotheby a donné un fac-similé de la neuvième page, déjà connue par la reproduction insérée dans l'ouvrage de Falkenstcin.

Ces deux ouvrages sont gravés par le même artiste, imprimés de la même manière, sur un même papier, et n'ont pas été publiés séparément, contrairement à l'opinion de Dibdin. C'est certainement l'œuvre d'un cartier, et elle est loin d'être aussi ancienne que le croyait Dibdin, qui en reculait la date jusqu'en 1430.

La Bibliothèque nationale possède un très bel exemplaire de cette édition, mais incomplet de deux feuillets (6 et 18) dans l'histoire de V Antéchrist et de deux autres feuillets (6 et 9) dans les Quinze Signes, mais, particularité curieuse, à la place de la neuvième page, il s'y trouve un sujet tout différent.

Hcinecken a signalé ensuite, d'après l'exemplaire de la bibliothèque ducale de Gotha, une autre édition de ce livre, d'une main différente. Elle ne compte que trente-huit feuillets, la première gravure n'ayant pas été reproduite par le copiste. Le tout ne forme qu'un cahier; l'impression est faite au frotton, d'un seul côté du papier. Lo texte débute ainsi : Hic hebt sich an von dem entkrist. Au bas de cette page on lit : Der junghanns priff maler || hat daspuch zu Nurnberg 1472, ce qui veut dire : le Junghanns, peintre de cartes, a ce livre, à Nuremberg, en 1472, sans que nous sachions s'il l'a gravé ou s'il n'en a été que l'imprimeur.

La bibliothèque royale de Munich possède do cette édition un exemplaire composé de vingt feuillets seulement, dont lo premier et le dernier sont anopistographiques et les autres opistographiques. Les feuillets 1 v\ 14 29 v° et 20 r° n'ont que du texte, et les feuillets 14 r° à 20 sont consacrés aux Quinze Signes.

Le D' Massmann {Serapeunt, 1841, p. 304) estime que cette édition n'est qu'une mauvaise copie d'un second exemplaire de ce livre con-

NOTICE SOMMAIRE

servé à la même bibliothèque de Munich, composé de vingt-quatre feuillets anopistographiques, et où les feuillets 21, 22, 23 et 25 n'ont qu'une seule gravure.

Il existe de ce livre plusieurs éditions typographiques allemandes

La première est un petit in-folio, sans lieu ni date, composé de vingt-deux feuillets, dont le premier et le dernier sont blancs, sans chiffres, réclames ni signatures; le volume commence par une page de texte de trente-deux lignes ; en voici le début : Hye hebt sich an von dem Entcriste il genomen vnd getzogen vsss vil bu-\\ch-em der

heilig'e geschrifft Les Quinze Signes commencent au verso du

quinzième feuillet. Le volume est terminé par ces mots : inei deus Got erbarm dichûber mich Amen.Ce&l l'édition décrite par Hain (n* 1 149). M. T. 0. Weigel estime qu'elle est sortie des presses de Nuremberg ou d'Ulm vers 1474. Les gravures sont des copies, en sens contraire, de celles de l'une des éditions xylographiques. L'exemplaire de Weigel, colorié, a été vendu 881 fr. 25 c.

La seconde édition, imprimée à Strasbourg, par Mathias Hûpfuff, sans date, est un petit in-quarto, do vingt-deux feuillets, signatures;! -D. Elle porte ce titre : Dis bûchlin sagt vô \\ des Endtkrists leben vn

regierung durch verhengnisz \\ goltes Au recto du dernier feuillet

on lit, à la fln : Getrïtckt zù Slraszburg von Mathis hupfuff. D'après Weigel, les gravures offrent beaucoup de ressemblance avec celles de la première édition xylographique. Elles sont de l'école strasbourgeoise, dans le style de celles des éditions de Grùninger. Leur exécution doit remonter à la première dizaine du seizième siècle. L'exemplaire Weigel a été vendu 375 francs.

La troisième édition, imprimée à Erfurt, par Mathias Maler, en 1516, est composée de même que la précédpnte. En voici le titre : Dys buchlein sagt \\ von des Entkrists leben vnd regierung durch ver-

hengnusz || gottes Le colophon porte : Zu Erffordt hat

gedruckt mich |i Matthes Maler fJeyssigklich II Zu dem schtcartzen hàni bey der Kremer brucken \\ Do wil ich der keuffer warten M.CCCCC. xvi. Jar. Le texte et l'ordre des planches sont les mêmes que dans l'édition précédente, à la différence du dialecte et de l'orthographe. Les gravures sont des copies libres de celles de la même

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édition, avec changements dans les costumes, en raison de la différence du pays d'origine. L'exc mplaire Wcigel a été vendu 226 fr. 25 c.

Il a paru de co livre à Paris, chez Michel le Noir, une édition sans date, en un petit in-quarto, de vingt-deux feuillets. Chaque feuillet, à l'excoption du dernier, porto une gravure sur bois au recto, et au verso un texte latin avec un résumé en vers français. Il doit remonter aux dernières années du quinzième siècle.

Une autre édition, probablement antérieure, ayant au colophon : Le Traicte de laduenement De antechrist. Des quinze sigyies precedens le iugemet gênerai de dieu et les ioycs De paradis. Imprime a paris le xxviij iour Doctobre Lan mil CCCC nonàte /ç Deux (1492). Pour Anthoine verard marchant libraire, formo la troisième partie du volume : L'Art de bien vivre et de bien mourir (voir plus haut, p. 61).

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