‹ Manuel de l'amateur d'estampesChapitre 116 sur 144 · PEREGRINI · texte numérisé non relu

PEREGRINI

<le l'écriture. Il est même bon de faire remarquer que parmi ces nielles se trouvent tous ceux dont les épreuves portent l une des marques de Peregrini. Ces différentes marques sont toujours dans le sens ordinaire de l'écriture, de gauche à droite. Il est vrai que cette marque est souvent placée dans la marge du bas, sur la portion de métal qui est en dehors de la gravure. On peut donc conclure, d'après cela, que ces marques et ces inscriptions n'ont été mises sur la planche qu'avec l'intention de faire des épreuves, tirées apparemment pour servir de modèles aux élèves ou aux orfèvres d'un mérite inférieur. Il est à croire qu'au moment de nieller des plaques d'argent, Peregrini faisait sauter cette portion inutile de métal, ou que si quelquefois elle était conservée, elle se trouvait cachée dans les jointures de petites plaques d'argent qu'on réunissait dans le même bijou, et que la marque cessait ainsi d'être visible. Les observations précédentes ne peuvent expliquer que la moitié des difficultés; il reste encore à dire ce que devenait la marque P, lorsqu'elle se trouve placée au milieu d'arabesques, sur des boucliers, des médaillons ou d'autres partics d'ornement qui ne permettaient pas qu'on la fit disparaître comme celles qui avaient été tracées en dehors de la composition. Il reste également à dire ce que devenait l'inscription S C O F ou les initiales S C, répétées l'une ou l'autre différentes fois, et toujours sur des tablettes qui font partie intégrante des arabesques. Il est sans doute permis de croire que, dans ce cas, les lettres étaient effacées par l'orfèvre, après qu'il avait fait épreuve de sa planche, et avant de les nieller. Telle est au moins la présomption que je crois pouvoir me permettre d'exposer, en avouant cependant que, quelque probable que puisse paraître cette explication, elle n'a pas été adoptée par toutes les personnes à qui je l'ai présentée. Je sais que quelques-uns aiment mieux supposer que les épreuves sur lesquelles se lisent des inscriptions dans le sens ordinaire de l'écriture ne sont point des nielles» mais des gravures destinées à servir de modèles. »

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Jusqu'à présent, Duchesne est resté seul de son avis. Après Ottlcy, tous les autres iconographes, tels que Passavant, MM. G. Duplessis et le vicomte H. Delabordc, sont d'accord pour ne reconnaître dans les pièces de Peregrini que de véritables estampes à l'usage des orfèvres, et si nous les avons admises dans notre ouvrage, ce n'est qu'en raison de leur destination spéciale et surtout parce que dans toutes les collections on a l'habitude de les classer parmi les nielles. On peut encore faire cette remarque générale qu'aucune des épreuves de nielles véritables ne porte de signature ou monogramme, même à rebours, ce qui suffit pour mettre les pièces de Peregrini en dehors de cette classe.

Dans le catalogue qui suit, nous n'avons fait figurer que les estampes portant l'une «les marques reconnues de cet artiste. Nous admettons volontiers (pie parmi les pièces anonymes il y en a qui doivent être indubitablement de sa main, de même que pour d'autres, les avis sont partagés; mais pour éviter toute controverse, en faveur «le laquelle on n'aurait à invoquer «juc des raisons d'ordre esthétique, «|ui ne sont pas toujours probantes, nous avons jugé plus rationnel «le fondre ces pièces dans notre catalogue général, nous bornant à dresser une liste d'attributions avec des renvois respectifs.

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